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THÉORIE DE LA CONNAISSANCE
Il conçoit le non-moi à l'image du moi : tous les modes perçus se rattachent à une force, comme la pensée à l'effort ; tous reposent en une substance comme la pensée sur le moi^.
II faut voir en détail comment, dans le non-moi qui lui est donné en même temps que lui-même, le moi parvient à discerner le corps qui lui est uni ; dans ce corps, à mesure que se fractionne l'effort, les parties qui le composent ; et, par lui, les autres corps.
Toutes les substances sont également étrangères au moi situées hors de son enceinte. 11 en est une cependant à laquelle il faut faire une place privilégiée et qui, quoique extérieure, est intimement unie à l'effort, à savoir notre propre corps. Le corps nous est un obstacle ; mais aussi un appui, notre intermédiaire obligé pour nous m^îttrc en relation avec les autres corps, pour subir leur influence et les mouvoir : il est comme un prolongement du moi.
Par lui débute notre connaissance. Il s'affirme d'abord comme une résistance confuse à Faction de l'effort; il est perçu par une sorte de tact, dans un espace analogue, mais non identique, à celui que plus tard nous trouverons mêlé à nos intuitions 2. C'est là que, avec le temps, nous apprenons à situer les parties de notre corps : celles qui sont aux ordres de la volonté y prennent, dès que nous sommes parvenus à les mouvoir, une place précise; les autres, immobiles ou mues par des forces réfractaires à la direction de l'effort libre, res-