Œuvres inédites..., t. II, p
THÉORIE DE LA CONNAISSANCE. l^'^
les détache de lui et les érige en objet. Nous retrouvons le même progrès, dans le même sens et pour les mêmes causes, dans le souvenir.
Nous ne nous souvenons pas de nos affections.
Privées de siège reconnaissable et d'intensité fixe, elles nous semblent toujours nouvelles : elles n'ont rien qui les rattache à notre vie antérieure et porte la marque du vécu. Nous nous souvenons sans doute d'avoir éprouvé des impressions innombrables; nous ne sentons pas le besoin d'identifier une impression présente avec une impression passée et nous n'avons nul moyen d'y parvenir K
11 n'en est pas de même des intuitions. Elles ont un siège, l'organe. Elles y laissent une trace apte à reproduire, dans le centre organique, une image. Cette image estnette : elle a pénétré dans la conscience et a été associée au moi; elle peut être distinguée et reconnue quand elle
réapparaît^.
Elle peut renaître en nous par des causes accidentelles; elle le peut aussi par le retour de la sensation, cause de l'intuition. (( CeUe-ci, en redevenant présente, coïncide avec son image ; le modèle ou original qui frappe de nonveau le sens externe vient se comparer et, pour ainsi dire, se patroner avec la copie préexistante dans l'imagination; pendant que la conscience actuelle du moi se joint à l'intuition répétée, la réminiscence et la conscience du moi passé se joint à l'image 3. » De là une comparaison rapide : nous reconnaissons simultanément et la ressem-