‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 93 sur 135 · Œuvres inédites..., t. II, p. 33-34; ibid., p · texte numérisé non relu

Œuvres inédites..., t. II, p. 33-34; ibid., p

si la mémoire ne donne pas naissance à l'identité concrète, elle nous en fournit Tidée. Pour se souvenir, il faut être identique à soi-même ; mais, pour connaître cette identité, il faut se souvenir : la notion d'identité est l'image que laisse d'elle-même l'identité du moi.

Cette perception du moi, se perpétuant dans la durée, est immédiate. Elle ne vient pas d'une comparaison entre une impression actuelle et une impression passée; l'identité du moi se révèle de soi. C'est de là que procède ce « sentiment de durée uniforme qui n'admet d'elle-même aucune variété, et à laquelle se réfère tout temps réglé et déterminé, comme tout nombre se réfère à l'unité fondamentale, antécédent fixe et invariable des rapports successifs dont chaque nombre est un conséquent ^ » .

La vie affective, placée hors du moi, ne donne pas prise au souvenir ; elle n'en fournit que la matière. Le moi conscient, même après des intermittences de sommeil, se retrouve identique à lui-même et se reconnaît. Entre l'inconscience absolue de l'une et la pleine conscience de l'autre, s'échelonnent des intermédiaires : les phénomènes qui forment la trame de la vie inconsciente envahissent le domaine de la mémoire dans la mesure où le moi les pénètre. Nous allons donc trouver ici des divisions correspondantes à celles rencontrées plus haut. En allant des affections internes aux intuitions, des intuitions aux perceptions et des perceptions de la vue et de l'ouïe à celles du tact, il y a un progrès continu dans la connaissance : le moi y devient plus actif, il se distingue de plus en plus des modes,

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