‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 96 sur 135 · Ibid.y p · texte numérisé non relu

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perception ce que la mémoire passive que nous venons de décrire est à l'intuition. Le moi n'attend pas le retour spontané ou fortuit des images; il les appelle, les dirige, les conduit. Mais sa puissance évocatrice est resserrée dans les mêmes limites que sa volonté : il ne peut rappeler que ce qu'il a pu produire. De là vient la situation éminente qui est faite aux intuitions et aux images, résultat du contact : comme la main qui nous les procure est mobile à volonté, nous pouvons, même en l'absence de l'objet, reproduire le mouvement qui accompagna la perception et, par suite, en ramener l'image devant le regard de notre eJprit Toutes celles qui nous arrivent par les autres sens resteraient en un rang secondaire, si elles n'étaient associées à la parole. L'articulation des mots ne dépend pas moins de nous que les mouvements de la main; nous les proférons à notre gré et, par eux, nous faisons réapparaître les images qui leur sont unies».

Il n'y a de souvenir que s'il est reconnu comme passé; et il n'est reconnu comme tel que s'il est uni à un des moments antérieurs de l'existence du moi, dont la durée est immédiatement perçue. Ceux qui prétendent qu'd suffit, pour qu'un état de conscience nous apparaisse comme passé, qu'il soit faible, se trompent. La faiblesse d'une sensation peut être le signe de son éloignement dans le temps comme elle l'est de sa distance dans l'espace. Mais le signe, s'il peut éveiller l'idée de la chose signifiée, ne peut la suppléer, encore moins la supplanter. Si nous ne

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