Œtwres inédites..., t. II, P
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percevions pas directement la durée, nous ne la connaîtrions pas, et nul signe n'en pourrait éveiller l'idée.
Entre la théorie de Maine de Biran et celle de Condillac à laquelle était réservée de nos jours une fortune inattendue, le contraste est saisissant et l'opposition complète. Nous ne nous souvenons que du moi, dit Maine de Biran, et par lui de notre vie passée. Il y a en nous des images, disent les continuateurs de Condillac : fortes, elles nous paraissent présentes ; et faibles, passées. D'après l'un, lacontinuité du moi et la connaissance que nous en avons, est primitive comme le moi lui-même; d'après les autres, elle est dérivée : elle résulte de la succession des sensations. De plus, d'après l'un, le souvenir nous permet do reconnaître, non seulement des états de conscience, mais des objets auxquels nous attribuons une identité semblal)le à la nôtre; d'après les autres, nous sommes murés dans le sujet, nous n'en pouvons logiquement sortir et le monde que nous construisons demeure hypothétique.