‹ Maison à vendreChapitre 10 sur 25 · VER.SAC, DERMONT · texte numérisé non relu

VER.SAC, DERMONT

VERSAC. Tout va bien, mon ami, la maison est on ne peut pas plus agréable, la maîtresse on ne peut pas plus accommodante . et tout en regardant les gros murs , j'ai aperçu une jeune personne jo'ie comme un ange.

DERMONT. Mais, mon cher Versac !

VERSAC vas-tu encore m'impatienfer avec tes observations ? Tantôt , quand la bonne tante est arrivée , ne tournais-tu pas en ridicule tout ce que je disais ?

DERMONT. Je te voyais mentir effrontément.

VERSAC Quel mal? Oublies-tu que nous sommes près de Bordeaux ? (GasconnantJ. Et je suis du péïs.

DERMONT. Jlais OÙ tout Cela te mènera-t-il ?

VERSAC Pauvre génie ! Comment , tu ne le devines pas ? Grâce à mes petits mensonges , on me prend pour un homme très-riche , on s'imagine que je vais acheter la maison ; on entre dans les détails de sa valeur, je n'ai pas l'air de me passionner , je trouve des incommodités, je crains la dépense , il y a beaucoup à refaire cependant si l'on est raisonnable, le pays me plait, et puis

les « mais » les « si » on craint que je ne

parte je diffère , on veut lier connaissance , on fait

préparer un goûter, j'accepte par complaisance; nous causons encore de l'acquisition ; il est tard, la nuit vient, on nous offre des lits, nous acceptons encore : on soupe, je dois rendre réponse dans quelques jours , nous partons, nous arrivons demain à Bordeaux ; et, grâce à mon esprit, sans posséder un sou, nous trouvons un bon souper, un bon lit , et nous achetons même une maison , si tel est notre bon plaisir.

DERMONT. Dans notre position, je ne vois rien de très condamnable ; mais

VERSAC. Ah ! le souper t'attendrit !

DERMONT. Mais je te connais , je suis certain que tu t'écarteras de ton plan , et que tu feras quelqu'imprudence dont nous aurons à nous repentir.

VERs,\c. Tu as toujours peur.

Des domestiques apportent un poùler qu'ils servent sui- la table de i)ien-e qui est sous le Lequel.

Tiens, vois-tu ce qu'on apporte ?

DERMONT. Comment ! ici ?

VEBSAC C'est encore une attention de ma part. —

On a voulu servir ces rafraîchissements dans la maison ; mais tu étais ici ; « Oreste , sans Pilade , aurait-il pu goûter ?» — J'ai parlé de la fraîcheur du bosquet , du point de vue , et tu vois si l'on s'empresse à contenter mes désirs. — On vient , c'est la bonne dame : nous priverait-on de la présence de la jeune personne ? — J'y mettrai bon ordre.

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