VERSAC, DERMONT
VEBSAC. Eh bien, s'est-on grondé ? brouillé, — raccommodé ■? Enfin, es-tu content ?
DERMONT. Je suis au combleifle la joie ! Combien je te dois, mon cher Versac , pour m'avoir ménagé cet entretien !
VERSAC. Sais-tu ce que me coûte ton entretien ?
DERMONT. Non.
VEBSAe. Soixante mille francs.
DERMONT. Que veux-tu dire ?
VERSAC. Je veux dire que , tandis que tu te passionnais auprès de ta belle, moi, j'étais au supplice.
DERMONT. Après ?
VERSAC. Eh bien, après avoir marchandé longtemps, j'ai fini par acheter la maison.
DERMONT. 0 ciel !
VERSAC. Oh ! mon Dieu , oui : soixante mille francs. Cela n'est cher que relativement aux circonstances.
DERMONT. Qu'allons-nous devenir? Pas un sol dans le monde, et acheter une maison !
VERSAC. Je ne suis pas le premier.
DERMONT. Jlais uc pouvaL-^-tu donc remettre i un autre jour ?
VERSAC. Impossible ! — Nous étions d'accord ; le hasard ne conduit-il pas lit le notaire? La boime dame, qui craignait que je me dédisse , profite de cette occasion ; elle propose un engagement, un dédit même
Le notaire me i)ressait ; je ne savais que dire; on me présente deux feuilles de papier timbré. — Ennuyé de toutes ces formalités , je prends mon parti , et je signe enfin , aussi lestement qu'ft Paris , je signais des billets d'auli'ur.
DERMONT. Détestable élouidi 1
VERSAC. Mais, au reste, qui.'l mal ? je n'etii|iorle pas la maison.
DKiiMoNT. M.ils, quand il faudra payer, que diras-tu?
VEnsAC. Ji' leur offrirai ma lettre de change payable
DBRMoNT. Lorsque Ion onele va savoir tout cela I VKRSAC. Il se fAdiera , prul-éln; ; eh bien , il aura
tort : {|iiand l'oncle [losséde cinij à six maisons, li> neveu
j)eiil bien en acheter une.
DERMONT. Mais , il faut payer , malheureux I
payer soixante mille francs. Entends-tu bien ce que cela veut dire ?
VERSAC. Oh ! nous avons du temps ; on me donne deux jours.
DERMONT. Ainsi , dans deux jours , nous passerons pour de misérables mtrigants.
VERSAC. Jloi , j'espère toujours ; la maison peut convenir à mon oncle. — Le grand mal , d'ailleurs , quand il m'en ferait cadeau, à compte sur la succession !