‹ Maison à vendreChapitre 4 sur 25 · DORVAL, LISE · texte numérisé non relu

DORVAL, LISE

LISE.. Vous êtes bien fAchée, nja tante?

M""' DonvAL. Oui,mademui,selle, je suis filchée, trèsfAchée.

LISE. Qu'ai-jc donc fait?

Mm" DOBVAL. Ce que vous avez fait 1 être jolie comme cela, et n'avoir pas de dot!

LISE. Ma tante, j'ignore

M"" DonvAL. Ah ! vous ignorez que vous ne vous marierez pas. — Non, mademoiselle, vous n'aurez pas lie dot, et on ne se marie pas sans dot ; a|)prencz cela.

LisK. Mais je ne songe point ft me marier.

M"'"' DoiivAL. Propos (le votre ,1gi'. — Le temps vient uii l'on pense autrement. Oli ! le méch.int voisin !

LISK. Que vous a-l-il f.iil ?

M"'" DOIIVAL. Oimnient ! ce (|u'il m'a fait ! il m'empêche (le vendre ma iiLaisoii : vous ne )>renez aunin i'il<?rêl A ce ipii me touche; l'argent de celti; vente devail

un jour être votre dot Mais vous êtes si étourdie !

tout mou bien (;sl en viager; en dépit de mes liérillers, jo voulais vous assurer une petite fortune pour l'.ivcnir ; mais non, mademoiselle ne .songe A r'wn t

LisB. Oh ! ma bonne, mon e\<vilente amie I

M"" roiivAL. Oui, votre excell(>nte amio, (|iil ne pcul

rien faire pour vous ~- Allons, il faut que je cause avec mon notaire, que je voie par quel moyen je pourrais. . . 11 demeure au bout du village .... Je vais .... Rentre, et dispose tout pour notre départ.

LISE. Quoi, ma tante ! nous retournons à Paris? Oh! tant mieux !

M^e DOBVAL. Quelle joie ! j'en devine le motif. Vous espérez y retrouver un certain jeune homme qu'on appelle Dermont , que je ne connais pas , mais qui vous faisait la cour ; je sais tout

LISE. Oh ! je serais bien fâchée de le revoii-.

51"'= DORVAL. L'n jeune fou , qui ne sait faire que des opéras.

LISE. Qui pense plus à ses ouvrages qu'à moi.

M'as DORVAL. C'est peut-être un mauvais sujet.

LISE. Très-mauvais sujet ! il ne m'a pas écrit une seule fois.

M"»» DOBVAL. Tu as bien fait de l'oublier.

LISE. Oh ! je n'y pense plus du tout. — Oh I ma chère tante, si vous l'eussiez connu, vous l'eussiez aimé: il est doux, prévenant, honnête, sensible et un talent! il est impossible d'entendre sa musique, sans éprouver un plaisir un trouble

11""= DORVAL. Hem?

USE Aussi je serais bien fâchée de l'épouser jamais

M"i"= DORVAL. S'il avait eu quelque fortune , j'aurais pu consentir

LISE. Ah ! moi , je n'y consentirais pas , /ai de la fierté dans le caractère.

M""! DORVAL. Mais unir des jeunes gens sans bien ! que ferait cet étourdi pour sa femme ? de la musique ! en effet, voilà une petite femme bien heureuse.

LISE. Oui, de la musique En effet, c'est trèsintéressant ! De grAce , ne m'en parlez plus ; sou

nom seul me met en colère ; c'est un ingrat un traître,

un perfide ; et si je le revois jamais Retournons

bien vite A Paris<

M'"'' DORVAL. J'y consens. Va eommenc<>r tous les liréparatifs pour notre départ ; allons . allons , r.e songe plus A ce Dermont. — Crois-moi, ne te marie pas, reste fille, tu en seras plus heureuse et moi aussi.

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