SCÈNE VI
Les MÊMES , M"^ DOKVAL.
Elle \a pour i entrer chez elln.
M-cf DohVAL, (i l'ersnc t/iii fa sonner. Qui demandez-vous, Messieurs ?
VERSAC. Cette maison est à vendre: je désirerais \^ voir.
DERMONT, à fersac. Comment oses-tu ?
M""!" DORVAL. Vous ne pouviez pas mieux vous adresser ; j'en suis la maîtresse.
DERMONT . Combien nous sommes fâchés de vous avoir déi'angée !
VERSAC Daignez recevoir nos s.alutations.
M""^ noRVAL, A Fersac. J'espère que cette maison vous conviendra.
DERMONT. J'en doute.
VERSAC. Non , la maison me convient beaucoup , le site est charmant, l'air me parait excellent dans ce pays.
M"" DOHVAi.. Il y est vif; on y a toujours bon apjiétit.
vBBSAc. Nous nous en ai)ercevons.
M""= ixiRVAi-, sonnant. Personne ne vient nous ouvrir. — Ma nièce est certainement dans le jardin
Mais les domestiques . . . v
VKBSAC Rien ne presse, ils vont venir.
M"' nonvAi.. Non, je suis inqialiente. — D'ailleurs, vous êtes peut-être fatigués?
DERMONT. lieaiicoup. madame.
VERSAC. Nous sonnnes |)ourlant arrivés on voiture.
nERMONT. On le croirait difficilement . en nous voyant.
M"' noRVAi., en regardant les pieds poudreux des voyageurs. En voilure? El qu'en aver-vous f.til
VKRSAC. Nous l'avons laissée d.ins un village voisin.
M™' noBVAi . El dans quel endroit?
VERSAC. A l'auberge a du Crand-Cjirf. »
M™» iK)RVAi., Mai» le vill.ige le plus voisin csl encon' éloigné, et la longueur de la route
VERSAC. Oui , on nous a recommandé l'exercice pour notre santé.
DEBMONT. Oh! nous (levous bien nous porter; car voilà plus de cent cinquante li
VERSAC, âas à DermonC. Te tairas-tu?
Mine DORVAL. Mais Comment ferez-vous ce soir ? — Si vous voulez , j'enverrai un exprès dire à votre cocher Le nom du village ?
VERSAC. Son nom? Te rappelles-tu comment il se nomine? le village de. . . .
DEBMONT. Le village de Crac de Crac
M^e DORVAU- De Briac, voulez-vous dire ?
VERSAC, lui munLrant un côté. De Briac, justement, tenez, de ce côté.
M""" DOKVAL, lui montrant le coté opposé. Non, de celui-là.
VERSAC. Oui , oui , c'est que dans ce moment nous sommes un peu désorientés.
M""^ DORVAL. Maison ne vient pas! (Elle sonne encore). Moi qui veux vous offrir quelques rafraîchissements;
VERSAC Ah ! madame, vous êtes trop honnête.
M"» DORVAL. Vous refusez î Ah! je vois que vous sortez de table
VERSAC Oui ; mais dans ce village de Briac, on dine si mal ! et la longueur de la route
.M'"c DORVAL. Ah ! on vient pourtant. — Messieurs, donnez-vous la peine d'entrer.
VERSAC, lui donnant la main. Madame!
M°"^ DORVAL, à Dermont. Vous restez?
DERMONT. Oui , madame , je n'achète pas de maison, moi.
VERSAC C'est un original ; la tête un peu dérangée^ je vous conterai cela.
(Ils entrent).