ÉCRITES PAR LII-MÉME
Goliath , si nous en croyons l’Ecriture, était haut de six coudées.
Voili, certes, une fort jolie taille. On comprend le mieux du monde que les guerriers du roi Saill devaient y regarder à deux fols, avant de se mesurer avec un gaillard d’une dimension pareille.
Aussi l'énorme Philistin les défiait inutilement. Scs bravades n’obtenaient point de réponse , et l'armée des Hébreux tout entière était glacée de crainte , quand un jeune berger de Bethléem qui gardait, (ont prés de lit, le troupeau de son père, accourut, pi it un caillou dont il arma sa fronde, et tua le géant.
Or, voici devant nous un autre Goliath, un colosse de gloire, un homme qui nous surpasse de toute la grandeur de sa renommée.
11 se dresse, lui aussi, à la tête d’une horde insolente de Philistins. II nous outrage , il nous jette l’insulte et le mépris ; il nous somme de briser l'arche sainte et d’adorer les faux dieux.
Pour nous, qui essayons de le combattre, nous sommes beaucoup plus faibles encore que le berger d'Israël ; car David avait le secours d'en haut cl, malheureusement , le Seigneur a perdu l’habitude, très-louable , quoi qu'on en puisse dire , de protéger le timide contre l'audace du fort. (Jui donc appellerons-nous à notre aide ? le génie des belles-lettres et des arts? Il y a mille h parier contre un qu'il sera sourd à notre voix, ahuri qu’il est par le glapissement commercial du siècle et le tintement des écus.
üe U, que conclure ?
Une chose très-simple : c’est que nous entrons en lice avec notre lion droit et beaucoup d’audace, rien de plus.
Gomme bien on se l'imagine , on nous a prodigué tous les conseils de la prudence ; mais nous sommes résolus à marcher quand même, et notre
premier cri sera pour désigner aux juges du camp celui que nous attaquons :
M. Alexandre Dumas.
Deux mots axant de commencer la bataille.
11 était une fois certain marquis de la l'aillcterie, très grivois de sa nature et très en appétit de cotillons, comme se montraient du reste tous les marquis de l’époque. Le nôtre, après avoir fait plus d’une brèche aux vertus poudrées de la cour de Versailles, prit en dégoût les robes à falbalas et franchit l’Océan, pour aller étudier le costume infiniment plus dégagé des négresses du Nouveau-Monde. Il résulta de ces études par trop locales nu charmant petit mulâtre, que monsieur son père abandonna pour aller continuer sous d’autres cieux de fécondes explorations.
Grâce aux soins de la noire africaine qui lui avait donné l’étre, l’enfant devint homme i son tour, et trouva quelque peu de légèreté dans la conduite paternelle.
En conséquence, il fit voile pour l’Europe , débarqua sur les côtes de France et se mit â visiter minutieusement la capitale , espérant y vpir de retour M. de la Pailleterie, et comptant bien le décider â signer ses oeuvres.
Vain espoir, le fouet révolutionnaire avait chassé la noblesse et tous les marquis possibles.
Force fut au jeune mulâtre de prendre au hasard le premier nom qu’il rencontra sur sa route. Il se fit appeler Dumas et s'engagea dans les troupes républicaines , où de beaux faits d’armes lui valurent bientôt un grade élevé.
Personne n’ignore que M. Alexandre Dumas, l’homme de lettres , est fils du général Dumas.
Niais ce qu’on apprendra peut-être avec étonnement, c’est que Fauteur de Henri III, lequel plus d’une fois a fait sonner bien haut ses opinions radicales, exprime non moins haut le regret de ne pas se nommer de la l’aillcterie.
Alexandre Dumas de la Pailleterie ?
Certainement ! Nous reléguons aux vieilles défroques le bonnet phrygien. Notre aristocratie littéraire s’arrangerait au mieux des honneurs de la particule. En eiTet, ce nom précieux, qui semble évoquer certaines idées de paillettes et d'oripeaux , baptiserait admirablement Fun des rois de la coulisse.
Oui... Mais comment oser le prendre ?
Décidément , monsieur ie marquis , vous avez eu bien peu d'égards pour l’amour-propre de vos descendants.
Néanmoins, une satisfaction reste à M. Dumas.
\\ ? déterré , pous ne savons où , les armes de son prolifique aïeul , et les a bel et bien fait graver sur un cachet d'W . de façon que toutes les personnes honorées de sa correspondance peuvent admirer l'orgueilleuse empreinte du sceau nobiliaire.
Nous prions nos lecteurs de nous pardonner ces détails futiles, au commencement d’une brochure qui doit être sérieuse avant tout Mais ce qui précède était indispensable pour arriver à donner le portrait exact de l'homme que qous prenons à partie.
Le physique de M. Dumas est assez connu t stature de tamhour-major, membres d’Hercule dans toute l’extensiqp possible , lèvres saillantes, nez africain , tète crépue , visage hronzé. Son origine est écrite d’nn bout à l’autre de sa personne ; mais elle se révèle heaucoup plus encore dans son caractère.
Gratta l’écorce de M- Dumas et vous trouverez le sauvage.
11 lient du nègre et du marquis tout ensemble. Cependant, le marquis ne va guère au-delà de l'épiderme.” Efface? pu peu ie fard, déchirez un costume débraillé, pe faites pas le moindre cas de certaines façons- régence, ayez l’air d’ètrc sourd è un langage de ruelle, aiguillonnez un point quelconque de la surface civilisée, bieplôt le nègre vous montrera les dents.
haï marquis joue «on rôle en public, le pègre se trahit dans l'intimitc.
W. Dumas jette l'or par les fenêtres; il courtise la hrutte et la blonde. 11 effleure la passioq , se moque de la constance et rend ses captives aux douceurs de la liberté, pour coovoler à d'autres amour* ! — Marquis !
Le beau sexe, admirant l’éclat d’un nom splendide, vaincu par une prodigalité folle, affriandé par les promesses d’une encolure puissante, le beau sexe, disons-nous, ne tarde pas à recourir au flacon d'éther pour neutraliser certain parfum suspect, quj vient se mêler indiscrètement au charme du tête-à-tête : Nègre 1
Si notre homme voyage , il insulte les postillons, et paie, en revanche, très largement les guides. On se demande quel est le prince éthiopien qui voyage incognito. Lorsqu’il descend dans une aubergë, il jure , tempête, fait damner l’hôte, courtise les filles de service et met tout en bouleversement , depuis l’écurie jusqu’à |a cuisine : — Marquis !
Rentré dans ses pénates, il prend d’autres allures. Ses vêtements le gênent, il les dépouille et travaille dans le négligé pittoresque de notre premier père. Il s’étend sur le carreau , comme un chien de Terre-Neuve ; il déjeune, en tirant de la cendredu foyer des pommes-de-terre brûlantes, qu'il dévore sans ôter la pelure : — Nègre !
11 court après les honneurs , il recherche les distinctions. On l'a vu gratter doucement à la porte des palais et se prosterner dans les environs du trône : — Marquis !
Comme ces chefs des tribus indiennes , que les voyageurs savent amadouer avee des babioles, M. Dumas aime tout ce qui brille, tout ce qui
chatoie. Il a des rubans de tous les ordres, des crachats de tons les pays; il met ses décorations à la brochette. Les joujoux le séduisent , les fanfreluches lui tournent le cerveau : — Nègre !
lin un mot, c'est un personnage très original et très fantasque, un prototype incroyable. C’est une nature à désorienter tous les psychologues , h confondre tous les moralistes , un mélange bizarre de qualités supérieures et de défauts absurdes. Il est vantard, fanfaron, tranche-montagne ; tantôt orgueilleux comme Satan, tantôt populaire comme un épicier ; aujourd’hui féroce , demain timide. Le caprice est sa loi , le premier mouvement sa règle. On dirait d’un arbre des tropiques , transplanté sur nos parages et qui pousse à tort et à travers scs rameaux usurpateurs. Grand enfant de la solitude, il fut apporté par le hasard dans le berceau de la civilisation. Nos mœurs n’ont pu réussir à l’apprivoiser. Vous pouvez le voir le plus gaiement du monde donner le croc-en-jambe aux usages et rire au nez des convenances. A ses yeux, dans le ressort des lettres , la conquête justifie tout , la possession vaut titre. 11 se livre avec un sang-froid magnifique au métier d’écumeur sur l’océan littéraire, et débarque audacieusement ses prises dans tous les bazars du journalisme et de la librairie.
Mais l'instant n'est pas encore venu d’exposer nos griefs.
Il s'agit de bien dépeindre l'homme et de mettre nos lecteurs au courant de son histoire. Les préfaces d ’slntony et de Napoléon (1) nous fournissent un assez bon nombre de documents précieux : en conséquence, nous allons céder la parole à M. Dumas lui-même.
« Quani on saura, dit-il, que josuis né k Villers-Coltcrels, petite ville de deux mille u âmes, on devinera tout d'abord que les ressources n'y étaient pas grandes pour réduit cation. Un brave abbé, que tout le inonde aimait et respectait plus encore à cause de « son indulgence pour ses paroissiens qu'à cause de sou savoir, m'avait donné pendant u cinq ou six ans des leçons de latin et m'avait fait faire quelques bouts-rimés français. « Quant à l'arithmétique, trois maîtres d’école avaient .successivement renoncé à me faire « entrer les quatre premières règles dans la télé. Kn échange, et sous beaucoup d'autres « rapports, je possédais les avantages physiques que donne une éducation agreste, c'esl- • è-diro que je monlais tous les chevaux, que je faisais douze lieues à pied pour aller
danser à un bal, que je tirais assez habilement l'épée et le pistolet, que Je jouais à la a paume comme Saint Georges, et qu'à ire a le pas je manquais très-rarement un lièvre et « un perdreau. »
Vous aviez lè , 51. Dumas, de ravissantes dispositions à devenir un romancier célèbre. La postérité se félicitera d’apprendre, en outre, que vous étiez excellent joueur de billard et que, la veille de votre départ de Villcrs- Cottcrcts pour la capitale , vous avez manœuvré la queue , de manière à gagner votre place à l’entrepreneur des voitures publiques. Vous voyagiez alors à peu de frais.
(0 l’on consulte ccs préfaces, on y trouvera tous las passages que nous rapportons, et bieu d'autres que le cadre trop étroit de cette brochure nous oblige de passer sons silence.
Nous vous laissons poursuivre , à condition que vous nous permettrez , de temps à autre , de vous interrompre.
« J'allai dire adieu à mon digne abbé. Je m'attendais à un long discours moral sur « les dangers de Paris, sur les séductions du monde, etc., etc... Le brave homme ap- « prouva ma résolution, m'embrassa les larmes aux yeux, car j'étais son élève chéri, et, « lorsque jo lui demandai des conseils, qu'il ne me donnait pas, il ouvrit l'KvangUe, « et me montra du doigt ces seules paroles : .Va fais pas ans autres es (jus tu ns vou* k drais pas qu'on ts fit. •
Daignez recevoir nos compliments sur la manière dont vous avez profité de la leçon, M. Dumas. Mais nous n’aurons plus le droit de nous étonner de rien après les aveux qui vont suivre.
. J'entrais dus le inonde siée des idées do morale et do religion complètement » faussées. > ,
Vous n’avez pas eu le temps de les rectifier depuis.
. J'étais matérialiste cl vollairten jusqu’au bout des ongles... »
L’n homme instruit par nn abbé, fi I
. Je mellaii le ampirt MUkieu au rang des livres élémentaires >
Quelle horreur I prenez donc la peine de choisir un abbé pour faire l’éducation de vos enfants ! Nous signalons ce funeste exemple aux membres de la chambre basse , qui s’empresseront de laver la tête à messieurs du clergé , tout en faisant justice de leurs prétentions actuelles à l’enseignement de la jeunesse.
• Colin, poursuit M. Dumas, je préférais Pigault-Lebrun à Walter-Scott. >
Impossible de se confesser de meilleure grâce, lin goût si délicat nous force & déclarer que le futur homme de lettres s'annonçait dés lors sous de acétieux auspices.
Nous sauterons ici quelques pages, où M. Damas traite assez cavalièrement nos gloires de l'Empire, à l'exception du général Verdier, qu’il a la bonté de coiffer d’une casquette de loutre, et du général Foy, devant lequel il rougit de son ignorance avec la plus aimable candeur.
Après un examen approfondi, le seul mérite que lui reconnaît le phénix de la tribune est une belle écriture, et M. Dumas s'écrie :
. Voilé tout ce que je savais ! je pouvais arriver un jour à être ttpidiliomaire.
le- mot nous semble très-heureux, nous dirons bientôt pourquoi.
Comme le protecteur exhortait le jeune homme à remplir au plus vite les nombreuses lacunes de sou éducation , la préface rapporte , en toutes lettres, cette admirable réponse du protégé :
« GéLéral, je vais vivre lie mou écriture; mais je vous promets de vivre un jour de . ma plume. »
La prophétie s’est réalisée avec itne légère modification.
RI. Dumas vit tin peu de sa plume, et beaucoup de celle des antres.
Quant au conseil qui lui fut donné fort à propos d’éclairer les ténèbres de son ignorance , il nous annonce qu’il le mit sur l'heure çn pratique çt qu’il (leviut un puits d'érudition.
Nous ne l'en croyons pas sur parole.
Eufin, n'importe. Le provincial aux abois, le disciple ignorant, |e jeune homme pauvre , qui possédait cinquante-trois francs pour toute fortune R son départ de Yillers-Cotterets ( bien lui prit de gagner sa place au billard I il est évident pour nous que l’entrepreneur des voitures publiques a fait preuve, tout exprès , d’inexpérience pour offrir à son compatriote une aumône délicate ) , ce jeune homme , disons-nous, fut accueilli , sur la recommandation du génénl l-o y , parle duc d'Orléans, aujourd’hui Louis-Philippe. Installé dans le secrétariat du prince , M. pumas fut dès lors !i l'abri de la faim qui le menaçait, qui menaçait sa mère.
Voilà de ces choses que n'oublie jamais un noble cœur, et M. Dumas les oublia parfaitement
Nous reviendrons là-dessus.
Par quel hasard le modeste employé, le simple expéditionnaire, devint-il auteur dramatique ? Il va nous l’apprendre, silence !
« Ver» co temps. les artistes anglais Arrivèrent à Paria. Je n'avala jamais lu une seule « pièce du théâtre étranger. Ils annoncèrent Uamlet. 4e pc comiatssaU qfle colut Un u Duel». J'allai voir celui de Shakespeare, h
Lumière d’en haut ! révélation soudaine ! éclatant miracle)
« Supposez, dit M. Dumas, un aveugle auquel on rend la vue ; supposez Adam l'éveil- « lant après sa création et trouvant sous t-es pieds U terre émaillée, sur sa télé le ciel « flamboyant, autour de lui des arbres ji fruits d'or, dans le lointain un fleuve, nu beau « et large fleuve d'argent, à ses côtés la femme jeune, chaste et nue, cl vous aurez une • Idée de l'Edcn cuelianlô dont celle représentation m'ouvrit la porte. »
Voici de l’enthousiasme , à la bonne heure.
Mais ou voit aussi de l’enthousiasme chez le bandit, qui s’embusque an détour de la route, l’cscopette au bras, ppur attendre une riche berline au passage et dévaliser le voyageur. On remarque aussi de la joie chez le corsaire qui, découvrant avec sa longue-vue, dans les profondeurs de l’horizon maritime , les flancs rebondis d’nn gros vaisseau de la compagnie des Indes , fait hurler son porte-voix, sonne le branle-bas et se prépare à l’abordage.
En voulez-vous 1a preuve t car nous n’exagérons rien , Dicq merci. Nptrc attaque est loyale et franche. Ce n’est pas notre faute si l'ennemi nous donne autant de prise.
Immédiatement après sa tirade poétique, M. Dumas commence i’apologic du plagiat. — C’est trop d’impudence, allez-vous nous dire. — - Nous sommes entièrement de votre avis.
Lisez et jugez.
« C* ma! le» homwe», et non pas l'hommr% qui Intentent, chacun mite k 10a tour « et & son heure, s'empare des choses connues de ses pères, les met en crutre per des a combinaisons nouvelle», puis meurt après atoir ajouté quelques parcelles à la somme e dna connaissances humaiuea. Quant à U création complète d’une chose, je U trois « impossible, pieu lui même, lorsqu'il créa l'homme, ne put ou n'osa point C inventer : u II le fit à son image. Ceat Ce qui faisait dire à' Shakespeare, lorsqu’un critique slnm pile l'accusait d'atoir pi h parfois une scène toute entier o dans quelque auteur eon- • temporaia ; C'est une file que ;*a< tirée de la mauvaise société pour la faire entrer m dans la bonne. C'est ee qui fal«ait dire plus naïvement encore à Molière : Je prends mon f Lien où je le trouve. Et Sblkeapaara el Molière avaient raison, car l'homme de géuis « ne vole pas., II conquiert... Je me trouve entraîné à dire ce# chose», parce que, loin a de me saroir gré d'avoir fait connaître à notre public dei beautés scéniques inconnues, u on me le» marque du doigt comme de» vola, on me les signale comme des plagiai». Il « est vra|, pour me consoler, que j’ai du moins cette ressemblance avec Shakespeare et « Molière, que ceux qui les ont attaqué» étaient si obscurs qu’aucune mémoire n a con* « serve leur nom. » 4
Ouf! arrêtons-nous Ut , s’il vous plaît !
I.es bras nous en tombent , et nous avouons que la simple lecture de ces lignes nous a fait l'effet d'un coup de massue.
Voyez un peu ce qui nous arrive, à nous, simples moutons de Panurge, qui sautons le fossé pour imiter les autres, qui lisons M. Dumas parce que tout le monde le lit. Nous nous promenons ci et là, sur la foi des traités, dans les champs fertiles de son imagination, le nez en l'air comme de vrais flâneurs ; nous croyons respirer l’atmosphère de son génie, humer le parfum de ses souvenirs; nous arrêtons nos regards sur les roses éblouissantes de sa poésie. .. Imbéciles que nous sommes! Le voili qui nous déclare lui-même qu’il n'est pas le propriétaire de ces champs; que cette poésie, ces fleurs, ces parfums appartiennent i tont le monde, qnenous marchons sur an terrain banal. Pour justifier ses usurpations , il tend , an beau milieu dn sentier , le traquenard du paradoxe et quand il noos y lient les jambes prises , il détache un roc, et le fait rouler sur nous du haut en bas de sa montagne d'orgueil.
On est écrasé d’abord par la stupeur , mais l’indignation ne tarde pas à prendre le dessus.
Ah ! ce sont les hommes, et non pas l’homme, qui inventent ! Merci beaucoup, monsieur Dumas ! Nous vous promettons de ne pas écrire dorénavant un seul ouvrage , pas le pins petit feuilleton , pas le moindre article , pas une ligne enfin , sans mettre au bas celte signature un peu vague, mais qui devient de rigueur :