‹ Maison de BullyChapitre 21 sur 51 · ESCUIERS · texte numérisé non relu

ESCUIERS

« Jehan de Cantilly % etc. »

Ces services militaires et ceux qui suivent sont rappelés dans une maintenue de noblesse rendue le 22 mai 1667 en faveur de Jacques de Bully, seigneur de Destramé et de Guerramé, qui sera rapportée plus loin et qui est conservée aux Archives de l'ancienne Cour des Aides de Normandie. Il y est dit au sujet des

tance au point de vue philologique et généalogique : elle ne préjudicie en rien à l'identité des familles ou des individus. Roger de Bully, compagnon d'armes de Guillaume le Conquérant et baron de Blyth, s'appelait de son temps le sire de Brully. M. de Maseville le constate en son Histoire de Normandie. De 1278 à lâSS, Raoul de Bruilly [de Brulleio) était bailli de Caux. (Voir la Nomenclature des chevaliers et capitaines du château d'Arqués.) Guillaume de Melleville lui-même, dans les Titres scellés [oh l'on voit ses armes et son nom de Melleville), est trois fois de suite appelé Guillaume de Brully, de Bruellie ou de Bruilly ; Pierre de Melleville est au contraire qualifié Pierre de Bully, ce qui prouve que les deux formes étaient indifféremment employées. On ne trouve d'ailleurs en Normandie aucun lieu et aucune famille du nom de Bruilly ou Brully.

1. Carentan, une des places principales du Cotentin au moyen âge, est aujourd'hui un chef-lieu de canton de la Manche.

2. Titres scellés, vol. XXIII, BR, BU, fol. 1629, verso, Bibl. de Richelieu, Cabinet des tilres, Mss.

ancêtres de Jacques de Bully, produisant, que « son « pure, ayeul, bisayeul, quatrayeul estant nobles, « avoient toujours servi au ban et arrière-ban. »

Chose digne encore de remarque : dans le vol. XXIII des sceaux, lettres BR et BU, les de Bully et les de Melleville, dont les quittances originales sur parchemin se trouvent mêlées, sont tous orthographiés Bmlly avec un r; mais on les distingue par leurs armes différentes et aussi par les légendes circulaires des sceaux.

Thomas de Bully fut marié à ISABEAU DE FAVEN- GOURT, sœur de Pierre de Favencourt, que le roi d'Angleterre, Henri V, confirma, en i/i20, dans ses domaines et revenus *.

Thomas de Bully et Françoise de Favencourt laissèrent, entre autres enfants :

1° GAumiER DE Bully, qui était, en 1455, dans les

troupes placées sous la conduite de M. de Beuil, grand amiral. Il fut présent à la montre faite le 17 avril de la

dite année, après la fête de Pâques ^;

2" Charles de Bully, qui va revenir;

1. Coll. Bréquigny, vol. XLYIII, Normandie VIH, Moreau 672, p. 57. Thomas de Bully reparaît, avec la qualité de chevalier bachelier, dans

une autre montre reçue à Rouen le 14 septembre 1415. 11 avait sous lui quinze écuyers et dans ce nombre Jehan de Gain, Jehan d'Ocquetot, Guillaume Huart, Robert de Bury, Guillaume GorbcUon. [Titres scellés, vol. XXIII, BR, BU.)

2. Collection Gaignières, Monstres du iO octobre lio3 au 13 mars 1460. Fonds français, n» 21,496.

3" Jean de Bully, qui trempa dans la révolte de Louis XI, en i/i56. C'est lui peut-être dont le crime de lèse-majesté fut puni de la peine du bannissement , et dont il est question dans ces lignes de Y Ordinaire de JVeufchâtel^ où il est dit que ses biens furent réunis à la couronne pour défaut de postérité :

« De la forfaiture de Jean de Bully, banny par juge- « ment, dont il soulloit être rendu par Guillaume « Leprêtre, pour moitié la somme de cinq sous tour- (( nois, néant. Si d'autant que les dits héritages, qui (( sont sujects et affectés au paiement des dites « rentes, sont demeurés en la main du roy faute d'hoirs <( et tenans propriétaires, et qu'il en sera répondu « ci-après, au chapitre de loage, conformément aux « comptes précédents, néants »

En même temps que Jean de Bully, vivait :

Colas ou Colard de Bully, dont le nom est rappelé dans V Ordinaire de Neufchâtel j, à propos de la recette de Pâques pour 1579. Il est inscrit comme ayant autrefois possédé, de même que Collette de Bully, présumée sa tante ou sa sœur, une terre dans la juridiction de Bully. On voit encore, dans le même livre terrien, que diverses rentes annuelles furent servies par un Thomas de Bully, au nom dudit Colas ou

\. Recueil statistique et historique sur la commune de Bully, par M. Fourcin, preuves, p. 87.

Colard de BuUy S qui était vraisemblablement son père. (Voir Appendice j document XXIX.)

CHARLES DE BULLY, cité dans le manuscrit - de Hugues, religieux du Mont-Saint-Michel, parmi les gentilshommes qui, en 1469% défendirent celte forteresse sous Charles VIL D'après le chroniqueur susnommé, ces seigneurs avaient conservé, par leur vaillance, la seule citadelle normande qui restât au roi de France. C'est pour honorer leur mémoire que leurs noms furent gravés sur une des murailles intérieures de l'église Saint-Michel et précédés de cette inscription :

« Suivent les noms et armes des gentilshommes, « lesquels, avec le sieur d'Estouteville, capitaine de ce « Mont-Saint-Michel, gardèrent la dite place contre la « puissance des Anglois qui, pour lors, occupoient

1. Il semble avoir été postérieur de deux générations au Thomas qui incarne ce degré et de quatre ou cinq au Thomas de Bully de 1333.

2. Ce manuscrit faisait partie de l'ancien Fonds Saint-Germain-des-Prés sous le n" 1424; il figure dans le nouveau sous la cote 924.

3. Table des 44 volumes manuscrits sur vélin, composant la Collection des Montres de Gaignières , par Léchaudé d'Anisay ; Fonds français, n° 14,551 ; Bibl. de Richelieu, Cabinet des titres.

(( toule la Normandie, ormi ce lieu, durant le règne de « Charles VII ^ »

Jaloux de reconnaître ce brillant fait d'armes, Charles VII accorda à quelques-uns des féaux chevaliers qui avaient préservé le Mont-Saint-Michel, le droit d'introduire une fleur de lis dans leurs armes. Celle qui figure dans l'écu des de Bully doit, selon toute .plausibilité, remonter à ce souvenir héroïque.

Charles de Bully fut père du ci-dessous.

JEAN DE BULLY, écuyer, présenta Jean Le Gendre, archer, pour le remplacer dans le service militaire. Cette substitution est consignée dans un extrait des

1 . Charles avait pour contemporain et sans doute pour parent : BENOIT DE BULLY, qui figure dans les compagnies commandées par le sire de Jaioignes, maréchal de France, et cantonnées dans le Limousin, où elles furent passées en revue le 12 mars 1447. Sa paye d'homme d'armes lui fut comptée à cette dernière date ; en voici la preuve :

« S'ensuivent les noms d'aucuns des hommes d'armes et archiers estant « de la charge de monsieur de Jaioignes, maréchal de France, soubs Robinet « d'Auterville, lesquels sont ordonnés vivre et logiez en haut pais de Limo- « sin, et auxquels par ordonnance du roi ont été avancés leurs paiements « du mois de mars 1447 eux estans au siège, tenu devant le Mansle, au « prix de quinze livres par homme d'armes et de sept livres dix sols par « archier par moys. » Dans le rôle qui accompagne cet intitulé comparaît ledit Benoit de Bully. » [Coll. Uaignières, Monstres, vol. 21,495, Bibl. de Richelieu, Cabinet des titres.)

Monstres des vicomtes dWlençon, Argentan, Saint-Sylvain, Bernai, Domfront, passées à Séez, le ili mars 1477, par messire Jean Blosset, chevalier, seigneur de Saint- Pierre, conseiller et chambellan du roi, grand sénéchal de Normandie et capitaine général des nobles de cette province*. Cette copie, en due forme, fut collationnée par Perrin et Chevalier, tabellions royaux. Un factum , se rapportant à un procès engagé l'an l/i82 devant le bailli de Caux , nous apprend que Jean de Bully et JACQUETTE DE SANDOU VILLE, sa femme, avaient eu quatre enfants : Nauldin, Guillaume, Robert et Jean. Les trois derniers désignèrent Nauldin, leur aîné, comme procureur fondé dans le litige en question ".

Nous savons, par le même document judiciaire, que Jacquette de Sandouville était fdle de Gieffin de Sandouville, petite-fdle de Jean de Sandouville, chevalier, époux de Nicolle du Boscage , et héritière de Richard du Boscage , son oncle ou son aïeul. Ces énonciations sont très-précieuses pour l'ordre filiatif, puisqu'elles justifient deux degrés. En résumé, Jean de Bully et Jacquette de Sandouville eurent la progéniture ci-dessous :

i" Nauldin de Bully, mandataire de ses frères en

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