Voir DOCUMENT XXVI
mas Bully était exempt des charges ordinaires dues à la couronne par les autres habitants. Cette décharge exceptionnelle inspire à M. Fourcin cette réflexion : « C'était sans doute un privilège qui leur avait été ac- « cordé * par nos rois pour quelques services rendus « dans les guerres du xiv*" siècle. »
Celte franchise, selon nous, était la continuation des prérogatives dont jouissaient les aïeux de Thomas de Bully avant que le haut domaine ne fût sorti de leur lignée.
Il est possible encore que la portion territoriale de Thomas de Bully fût la coseigneurie pour un tiers, un quart ou un cinquième du grand fief, et qu'à ce titre la partie eût le même degré de nobilité que le tout.
La glèbe conservait quelquefois à travers les âges le nom de ses anciens possesseurs. Un homme appelé Godard avait, au xf siècle, des ténements forestiers à Bully, dont la dîme fut acquise par le monastère de la Sainte-Trinité-du-Mont-les-Rouen. Or la désignation de Bois-Godard persista pendant plusieurs siècles. Il en fut de même pour le fief de Thomas Bully, dont la dénomination se perpétua longtemps après la dépossession de la famille, ainsi qu'il appert des quittances inscrites dans les registres de l'ordinaire de Neufchâtel.
]. Il s'agit, bien entendu, des ascendants de Thomas de Bully.
Louis de l'Estendart, écuyer, seigneur de Bully, versa dans la recette de NeufchAtcl, pour les années 1579 et 1580, 24 sols tournois d'une part et 18 de l'autre. Cette double somme provenait de rentes levées sur ses domaines par Thomas de Bully, au profit de monseigneur le duc de Normandie, conformément au contrat de 1333. Louis de l'Estendart, en 1580, les servait encore au roi comme représentant, dit le registre en question, les droits de Thomas de Bully.
Anpe de l'Estendart, dans un dénombrement fait en 1G02, déclara que les fiefs de Collas et de Colette de Bully avaient été incorporés à la seigneurie de haubert de Bully, et que « les hommes et réséants du dit fief de « Colette sont exempts de rentes dues par ses autres « vassaux, pour leurs usages forestiers, quoiqu'ils aient « semblables droitures, franchises et coustumes^ » Ces privilèges sont analogues à ceux spécifiés dans le Couslumier de Normandie en faveur de Thomas de Bully, et prouvent que les de Bully, malgré leur déchéance relative, avaient conservé des terres nobles dans la juridiction féodale de Bully en la personne de Collette et de Collas de Bully, dont nous reparlerons ailleurs ^
1. Recueil statistique et historique sur la commune de Bully, par M. Fourcin, p. 277.
2. Les de Louvel, en 1620, quoique ayant perdu depuis longtemps le château et la terre de Bully, avaient, de môme que les de Bully au xv siècle, conservé une partie de leur ancien héritage, ce qui résulte d'un article de
Thomas de Bully et Humaine, sa femme, procréèrent le suivant :
GUILLAUME DE BULLY, que l'on rencontre, avec la charge de chevalier banneret, dans la seconde moitié du xiv^ siècle. Le sire de Blainville, maréchal de France, commandait, le 12 septembre 1369, une compagnie de 300 hommes d'armes , destinée à opérer en Normandie contre les Anglais. Au nombre des chevaliers bannerets qui escortaient le sire de Blainville , on remarque Guillaume de Calleville , chevalier, avec deux écuyers, Henri, sire de Tienville, suivi d'un chevalier et de sept écuyers, Tercelet de Sainte-Beuve, ayant sous lui quatre écuyers , enfin Guillaume de Bully * avec un chevalier et deux écuyers.
Dans un rôle intitulé la Monstre de M. Henri de Cou-
VOrdinaire de Neufchâtel (Recette des termes de Saint-Michel en 1620) : « De la rente que doit Jean Louvel, héritier de messire Adam Louvel, dit « Bournous, chevalier, à cause du tiers et dengier du Quesnoy de Bully, à « ce dit jour et terme de Saint-Michel pour moitié la somme de cinq sous « tournois, pour cecy en recepte, suivant qu'il est plus amplement contenu « et déclaré sur les dits comptes précédents de la dite somme de cinq sous.» Ainsi les de Bully et de Louvel tour à tour étaient devenus des vassaux dans un lieu oiî ils avaient été seigneurs dominants.
1. Collection de Camps, vol. LXXXIV, fol. 121, Bibl. de Richelieu, Cabinet des titres.
lomhier, reçue le 1" septembre 1373 et placée sous la charge de Guillaume Fayel S capitaine au pays de Basse- Normandie, défilent six chevaliers, parmi lesquels Guillaume de Bull y ^
Guillaume eut pour successeur :
THOMAS DE BULLY {de Bruilly), qui paraît avoir reçu le prénom de son grand-père; il est qualifié « chevalier » dans deux actes souscrits , le premier, le dernier juillet de l'an 1392, en faveur d'Arnoul Boucher, trésorier des guerres (Voir Appendice, document XXVIl) ; le second, en 1415, au profit de maître Héron pourvu du môme office (Voir Appendice, document XXVIII). Il porte le môme titre dans une revue passée le 10 novembre 1385 :
« La Monstre de messire Thomas de Bruilly % che-
\. Collection de Camps, vol. LXXXIV, fol. 121; Bibl. de Richelien, Cabinet des titres.
2. Guillaume de Bully avait pour contemporain et peut-être pour frère Simon de Bully, que le roi de France, en 1368, donna à celui d'Angleterre comme otage de la ville de Compiègne. Voir plus haut, page 33.
3. Brully ou Bruilly est, nous l'avons déjà dit, le même nom que Bully, qui se prononçait diversement selon l'influence dialectique des patois. Tout le monde connaît l'orthographe variable et variée des substantifs propres au moyen âge. La suppression ou l'addition d'un r est sans impor-
« valier, et de sept escuiers de sa compagnie, receue « le x^ jour de novembre, à Karrenten^l'an mil ccg,iui" « cinq,
« Et premièrement le dit seigneur de Bully, cheva- « lier.