FERME DE RAIMONT
«Au XIII* siècle, les religieux possesseurs de cette ferme en cédèrent « une partie viagèrement à des particuliers. Mais en 1377, cette portion leur « fut rendue par un gentilhomme appelé Louis Turch avec la dîme et les « revenus qu'il possédait à Ferrière-la-Grande. Depuis, la ferme de Raimont « continua à être possédée dans tout son entier par les moines d'Hautmont, « qui en faisaient exploiter les biens par des fermiers. C'est dans cette « ferme qu'en 4790, lors des appréhensions que leur donnaient les disposi- « tiens de l'Assemblée constituante et du peuple à l'égard des communautés « religieuses, ils cachèrent momentanément leurs archives et leurs objets « les plus précieux, et c'est aussi là qu'au retour de l'émigration, le dernier « abbé d'Hautmont passa une partie de ses dernières années. Aujourd'hui la « ferme de Raimont, ainsi que la charmante maison de campagne d'origine « toute moderne qui a été construite à côte, appartient à M. Bully, ancien « avocdt du barreau de Valenciennes. »
3° Jean-Antoine de Bully, mort en bas âge ;
!l° Joseph-Nicolas de Bully, ondoyé le 6 décembre 1723, qui va représenter la prochaine génération ;
5" Augustin de Bully, né le 17 avril 1726;
6° Marie-F. de Bully, baptisée le 17 avril 1714;
7° Marie-Catherine de Bully, née le 3 avril 1721, se maria à Jean-François Trencart, dont elle eut une fille du nom de Marie-Louise, qui décéda le 27 novembre 1708. Son inscription obituaire porte que Nicolas et Augustin de Bully étaient ses oncles ^
JOSEPH-NICOLAS DE BULLY, quoiqu'ayant sa résidence habituelle à Paris, mourut en son manoir du Quesnoy-sur-Airaisnes, diocèse d'Amiens, le 9 août 1790. A ses obsèques furent présents quatre de ses enfants : Charles-Joseph-Augustin de Bully, avocat au parlement de Paris, Antoine-Jean-Nicolas de Bully, Agnès- Marguerite-Claire etMarie-Geneviève-Françoise de Bully, ainsi que Pierre-Remi de Savoie et Charles-Clément Bizet, ses neveux, Jacques Leroy, son beau-frère'.
1. Toutes les constatations de mariages, de naissances ou de décès qui précèdent sont tirées des anciens registres de la commune du Quesnoy-sur- Airaisnes, arrondissement d'Amiens, années MOI et suivantes.
2. Anciens registres ecclésiastiques de la commune du Quesnoy-sur-
Joseph-Nicolas de Bully est qualifié bourgeois de Paris dans son contrat de mariage du 29 juillet 1766. La bourgeoisie des grandes villes et surtout de Paris était essentiellement compatible avec la noblesse. Les hommes de race s'y précipitaient pour participer aux privilèges dont elle avait été dotée par les rois de France. Joseph-Nicolas de Bully ne fit donc, sous ce rapport, qu'imiter les Montmorency, les Bureau, sires de la Rivière, les Luillier, les Bordeaux, les du Goût, vicomtes de Lomagne, les barons d'Arpajon, les Pelegrue, les de Pins, barons de Taillebourg, les Corneillan, et tant d'autres membres des plus grandes familles de r Ile-de-France, de Guyenne, de Gascogne, de Languedoc et de partout.
Joseph-Nicolas de Bully s'était marié le 29 juillet 1766 avec MARIE-GLAIRE DE DIGEONS qui avait pour auteurs Jean de Digeon et Agnès Pignon. Leurs enfants furent :
1" CIIARLES-JOSEPU-AUGUSTIN DE BuLLY ;
Airaisncs, arrondissement d'Amiens, pour l'année 1790; extrait authentique délivré le 12 mars 1825 par Trécourt, greffier du tribunal d'Amiens.
1. Anciens registres ecclésiastiques de la paroisse Saint-Étienne-du- Mont, de Paris, année 1766 ; extrait authentique délivré le 25 avril 1834 par M. Merruau, secrétaire général de la préfecture de la Seine. — Marie-Claire de Digeon était de la môme famille que les de Digeon de Montélon, alliés aux de Virieu, de Gervain, etc., et représentés sous la Restauration par le comte de Digeon, député, qui passait, avec le marquis d'Aligre, pour un des plus riclics propriétaires du temps. C'est lui qui fit don à la ville de Nérac (Lot-et-Garonne) de la statue en bronze d'Henri IV.
2° Antoine-Jean-Nicolas de Bully, doyen du chapitre et vicaire général du diocèse de Soissons, fut promu, le 11 mai 1825, au grade de chevalier de la Légion d'honneur, sur la présentation de Son Excellence M^' l'évêque d'Hermopolis, ministre des affaires ecclésiastiques et de l'instruction publique*;
3° Agnès-Marguerite-Claire de Bully, qui fut marraine, le 29 avril 1790, d'Augustine-Joséphine-Émilie, fille d'Augustin de Bully et de Marie-Françoise Trencard;
li° Marie-Geneviève-Fbançoise de Bully.
CHARLES-JOSEPH-AUGUSTIN DE BULLY fut, le Il décembre 1788, reçu avocat au parlement de Paris ^ Il entra plus tard dans l'administration de la guerre, devint payeur général de l'armée de Hollande et en 1814 de la 6^ division militaire, dont le siège était Lille. Le 30 août même année, Charles-Joseph-Augustin de Bully fut nommé chevalier de la Légion d'honneur, en récompense de ses services, sur la recommandation de M. le duc de Berry ^
1 . Brevet officiel. Archives domestiques de M. Victor de Bully.
2. On sait que cette fonction judiciaire communiquait la noblesse à ceux qui ne l'avaient point et ne pouvait par conséquent la faire perdre à ceux qui la possédaient.
3. Archives domestiques de M. Victor de Bully, brevets officiels.
La particule qui précédait son nom patronymique ayant été supprimée à l'époque de la Terreur et postérieurement, il se pourvut auprès du Tribunal de la Seine pour la faire rétablir. Un jugement du 18 février 1815 déclara que son appellatif patronymique, depuis un temps immémorial, était de Bully, et ordonna la rectification des actes de l'état civil où le préfixe de avait été omis. M. de Bully s'était acquis dans de hautes fonctions financières et politiques une sérieuse notoriété qui lui valut en 1822 et 1828, de la part de ses concitoyens, le mandat de député pour le département du Nord. Sa pertinence en matière administrative et son esprit pratique lui permirent de coopérer à d'importants travaux législatifs. Charles-Joseph-Augustin de Bully eut de MARIE-ANNE-VIGTOIRE BIENAYMÉ :
ESPRIT-CBARLES-GABRIEL DE BULLY reçut, le 23 mars 18i7, de M. le colonel général des gardes da royaume, l'autorisation de porter la décoration de la ileur de lis. La fonction de payeur de la 6'= division militaire étant devenue vacante par l'entrée à la Chambre de Charles-Joseph-Augustin de Bully, les députés de Lille, dans une adresse à Charles X, deman-
dèrent que le fils succédât à son père. Sa Majesté, par une faveur tout exceptionnelle, donna satisfaction à l'opinion publique. En 1830, Esprit-Charles-Gabriel de Bully, n'écoutant que la voix de son dévouement à la branche aînée des Bourbons, donna sa démission et refusa les offres les plus séduisantes du baron Louis, jaloux de conserver à l'administration des finances ce fonctionnaire modèle et populaire. Il contracta deux alliances, la première avec EUGÉNIE BULTEAU, de laquelle est issue :
Eugénie de Bully, mariée au marquis de Foresta ^ ; ils ont eu trois enfants : — I. Henri; — II. Pierre; — III. Marie- Thérèse.
Du deuxième lit, d'Esprit-Charles-Gabriel avec ÉLISE LOÙY, sont nés :
1° Esprit -CHARLES-ÉTiENNE-PmLipPE de Bully, décédé à l'âge de vingt-neuf ans ;
2° Victor de Bully, mort en bas âge ;
\. La maison de Foresta est originaire du nord de l'Italie où, dés le xii'= siècle, elle apparaît sur la scène historique. J'ai manié dans les Archives de Bergame, de Vérone et de Venise plusieurs manuscrits qui la concernaient.
Elle se transplanta en Provence dans les premières années du règne de François l'''. Ses illustrations sont nombreuses. Les Foresta ont contracté des alliances avec les d'Adhémar de Castellane, comtes de Grignan, les d'Oraison, comtes de Boulbon, les Forbin, marquis de Janson, les Glandevez, barons de Faucon, les d'Audiffret, etc. Ils étaient eux-mêmes et sont encore marquis de La Roquette.
3" Victor de Bully, qui a épousé M"" Augusla-Pauline de Soubiran de Campaigno, fille de M. Pierre- François-Charles de Soubiran de Campaigno S ancien colonel au 92"= de ligne, et de M"" Lavinie Duval de Mondeville. Les de Soubiran sont issus d'une famille notoire de Gascogne, sortie elle-même de la souche illustre des seigneurs d'Arrifat en Languedoc. La branche cadette du Condomois s'identifia, au milieu du dernier siècle, en vertu d'une alliance, d'une consécration royale et du droit coutumier, avec les Fatras, seigneurs de Campaigno, qui ont une origine et un passé tout à fait chevaleresques.
En septembre 1870, M. Victor de Bully et son frère Léon vinrent s'enfermer dans Paris pour concourir à sa défense. Leur premier soin fut de se faire incor-
'I. M. Pierre-François-Charles de Soubiran de Campaigno était le troisième des fils du comte de Campaigno, qui résidait au château de ce nom en Condomois. Il sortit de l'école de Saint-Cyr le l" octobre 1831 avec le grade de sous-lieutenant. Nous le trouvons capitaine adjudant-major le 7 juillet '1842 et enfin colonel au 92* de ligne le 10 novembre '1836. Il avait fait les campagnes de Belgique (1832-'! 833), celles d'Afrique de 1842 à 1847 et de 1832 à 1854 inclusivement. M. Charles de Soubiran de Campaigno fut appelé, sur la fin de l'expédition de Crimée, à l'armée d'Orient, où il arriva le lendemain de la prise de Sébastopol. Nommé commandant de la place de Kamiestch, il fut chargé de réembarquer les troupes et d'assainir les hôpitaux, où les épidémies étaient en permanence. Ce fut une nouvelle occasion pour lui de témoigner au soldat ce dévouement profond et efficace dont il lui avait donné tant de gages en Algérie. Nul plus que lui ne fut soucieux du devoir militaire, qu'il poussa jusqu'à l'austérité. Aussi personnifiaitil au plus haut degré les traditions d'honneur et l'esprit de discipline.
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porer dans la garde nationale. Pendant ce temps, les Prussiens avaient enveloppé la capitale d'une triple muraille d'airain et s'étaient retranchés dans le château de Cœuilly, propriété de M'"" de Bully, mère des deux volontaires. M. Victor de Bully fut appelé au fort de Nogent pour donner au commandant des indications qui devaient faciliter la destruction dltltb- villacj|<L-^ appartenant à sa famille, où l'ennemi s'était cantonne et fortifié.
k" Henri, \ descendus prématurément dans la
5° Albert , ) tombe ;
6° Léon de Bully est celui que nous avons vu, au mois de septembre 1870, en compagnie de son frère Victor, s'enrôler dans la garde nationale, des rangs de laquelle il passa bientôt après dans le corps des éclaireurs de Franchetti. A partir du mois de novembre, nous le trouvons à toutes les batailles qui se livrèrent sous les murs de Paris. Le 30 novembre, le général Ducrot l'appela à faire partie de son escorte, et lui fit l'honneur de le garder auprès de lui pendant cette meurtrière journée. Sur la fin du combat, il venait de porter un ordre du général en chef au général d'Exéa, lorsqu'un éclat d'obus l'atteignit à l'épaule et le renversa sur son cheval dont la croupe fut labourée par le projectile. L'intrépide éclaireur n'échappa à la mort que grâce à son chassepot, posé en bandoulière, qui avait reçu et amorti le coup. C'est en récompense de
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SI belle conduite pendant les journées du 30 novembre et du 2 décembre que M. Léon de BuUy fut nommé chevalier de la Légion d'honneur le 8 décembre 1870. Ses camarades, heureux de cette promotion, 1 1 ratifièrent par une démonstration aussi flatteuse que sympathique.
7" Élise de Bllly, alliée au vicomte de Pardiel ^ (de la puissante race de ce nom), est décédée à trente-sept ans, laissant une fille ;
8° Jllie de Bllly, qui a épousé le kvuon de Jessé- Levas ", dont sept enfants ;
1. M. le comte de Pardieu appartient à la maison deux fois marquisale de ce nom, dont l'origine est antérieure à 1230 et qui compte dans ses diverses branches de très-hautes personnalités militaires. Ses alliances sont à la hauteur de son rôle et l'apparentent avec les de Raffelot, marquis de Canouville, avec les de Pi?seleu qui touchent de très-près à la maison de France, avec les marquis de Le Veneur, avec les de Beauvau, de Pellevé, de Mailly, etc.
Les de Pardieu étaient marquis d'Avremesnil et aussi de Maucomble dès le commencement du xvii* siècle. Boulainvilliers cite la famille de Pardieu parmi les quatre les plus distinguées de la généralité de Rouen.
2. Les de Jessé, d'après une tradition immémoriale, seraient sortis, de même que David et le Messie, de la tige de Jessé; mais une telle provenance est un peu trop fabuleuse et lointaine pour rencontrer beaucoup de croyants. La maison qui nous occupe revendique également comme sien un dignitaire de l'Église appartenant au cycle carlovingien et- portant le nom de Jessé. Il est malheureusement très-difficile de constater son identité, non comme prélat, mais comme ancêtre, par la raison que les appellatifs propres ne devinrent patronymiques ou héréditaires qu'au XI* siècle. Quoi qu'il en soit, ce personnage érainent fut évéque d'Amiens, ambassadeur de Charlemagne en 802, un des signataires du testament de ce glorieux empereur en 81 1 et un des grands qui déposèrent Louis le Débon-
9° Marie de Bully, mariée au vicomte de Vesvrotte^ dont les ancêtres directs, sous le nom originel de Richard, ont brillé dans les annales de Bourgogne \
naire. Ceux qui n'acceptent point ces deux légendes, dont la source se perd dans la brume des temps bibliques et de l'âge féodal, ne peuvent du moins refuser l'ancienneté d'extraction à la race des Jesséde Languedoc. Elle apparaît parmi les victimes delà croisade des Albigeois, et tint, dès le xiv« siècle, les premières fonctions dans la magistrature, à Béziers et à Montpellier, ainsi que diverses charges militaires aux armées. André de Jessé, né vers 1410, se signala au service de Louis XL Pimpré de Jessé concourut avec sa compagnie aux magnificences du drap d'or en 1520. Les de Jessé furent, en vertu d'un jugement de maintenue, inscrits en 1668 sur le catalogue des véritables gentilshommes. Henri de Jessé fut en 1789 élu député de la noblesse de Languedoc et président de l'Assemblée constituante en 1790. I1& sont barons de Levas, Carlencas, Campillargues et la Fregère.
1. Les de Richard, comtes de Vesvrotte, sont de très-vieil estoc. 11 sont en évidence dans l'histoire de Bourgogne dès le xiii« siècle. Jean de Richard était avocat général du duc de Bourgogne vers 1268, ainsi qu'il résulte d'une bulle du pape Clément IV, approuvant la fondation des Gordeliers de Beaune. Louis de Richard était conseiller du duc de Bourgogne lorsqu'il épousa Marie de Plaines, fille du chancelier de ce duché, à une époque que nous ne pouvons déterminer aujourd'hui. A la montre faite à Lyon par Aymes de Saint-Pierre, banneret, le 5 août 1355, figure Pierre de Richard. On le retrouve à une autre passée par Bertrand du Guesclin. Jeanne de Richard, femme d'Antoine Bossuet, fut l'aïeule du grand orateur sacré. Jacques de Richard était écuyer de la grande écurie du roi le 1 0 octobre 1 637. C'est en faveur de Jean-Baptiste, mousquetaire de la garde de Sa Majesté,^ que les terres de Corabœuf, Ivry et Corcelles-sus-Molinot furent élevées au rang de marquisat sous la dénomination de marquisat de Richard d'Ivry. Les alliances de cette race sont assorties à son illustration.