CONTRE-SCEAU
Écu d'un plein sous un chef.
(Sans légende. )
Les armes de Geoffroy ne sont pas les mêmes que ciMIes des repré^cn-
rOrme, Hugues de Saiul-Véran , Bernard de Montlaucon, Pierre de Livron et Ansel Bridaine furent les répondants fournis à Philippe- Auguste par Hervé,
lants de la famille de Bully au xvrr siècle et de nosjours. Celte dissemblance ne prouve rien contre la communauté d'origine et l'unité de la race.
Avant l'édit d'yVmboise (loSo), les armoiries étaient sans fixité et chacun pouvait les modifier suivant ses convenances. Le chevalier banneret, dans les courses ou les batailles, était exposé à perdre fréquemment son sceau. Il opérait alors avec celui de son ofTice, ou d'une alliance, ou de l'un de ses fiefs, ou môme avec celui d'un autre capitaine. « Il y eut les armes dos « familles et les armes personnelles, » dit M. de Coston, dans son Élymologie des noms propres, p, 207. Dalloz, en son Répertoire de Jurisprudence, article Noblesse, vol. XXXIl, p. 501, n" 13, nous apprend que « l'usago permettait, dans les premiers siècles de l'emploi des armoiries, de « changer arbitrairement; mais on fit à la longue un tel abus de celle « faculté, que l'ordonnance du 26 mars 1555, article 9, défendit à toutes « personnes de changer leurs armes sans avoir obtenu des lettres de dis- « pen?e et permissi ^n, à peine de mille livres d'amende et d'être puni comme u faus-aire. Los armoiries non timbrées étaient l'apanage de certaines « dignités ou fonctions. »
M. de Semainville, dans son Code de la Noblesse, p. 443, explique ainsi la cause de la différence dans la forme des armoiries : « Il ne faudrait « pas conclure de ce qu'un acte fait par un particulier est signé d'un sceau, « que ce sceau fût le sien. Ainsi qu'on le voit dans le Dictionnaire diplo- « malique, on scellait souvent d'un sceau emprunté à des personnes égales « ou supérieures en dignité. »
Bien avant, l'auteur contemporain que nous venons de citer, de la Roque, dans son traité de Y Origine des Noms, chapitres xxxiii et xxxiv, p. 5i, 207 et 20S, avait démontré victorieusement « qu'il y a des familles qui ont « mesme nom et diversité d'armes, et d'autres qui ont diversité de noms el « des armes semblables, et quelques autres qui tirent leurs armes de leur « seigneurie. »
Le célèbre feudiste corrobore son opinion par des exemples :
« Je commenceray par celles de Caumont en Gascogne, dont l'une porte : « Tranché d'or, de gueules, et d'azur et l'autre : D'azur, à trois léopards d'or.
« Percy, en Angleterre, qui vient du sang de Louvain, désigne son escu :
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comte de Nevers, qui s'était obligé à ne donner d'époux à sa fille Agnète qu'avec l'agrément du roi de France.
« D'or, au lion d'azur; et ceux de ce nom, en France, originaires de Nor- « mandie et établis en Angleterre, portent : De sable, au chef danché d'or.
V- Ainsi l'ancien Montgommery, en Normandie, portoit: D'azur, au lion « d'or, et en Angleterre, en Ecosse et encore en Normandie : De gueules, à « trois fleurs de lis d'or.
« On remarque aussi que les seigneurs d'Audelay, du nom de Touchet, <( en Angleterre, portent : D'hermines, au chevron de gueules, et en Nor- « mandie, ceux de ce nom ont : D'azur, à trois mains d'or; les premiers y « ont ajouté un chevron d'argent.
« Bray, en Angleterre, porte : D'argent, au chevron, accompagné des (I trois pattes de griffon de sable.
« En Angleterre, deux autres maisons du nom de Bray ont des armes « différentes; l'une, D'argent, au chef de gueules, chargé d'un léopard « d'or; l'autre, Échiqueté d'or et d'azur à la bande accompagnée de deux « cotices de gueules.
« Bailieul, en Artois : D'argent, à la bande de gueules.
« Bailieul, en Flandres : De gueules, au sautoir de vair.
« Bailieul, en Picardie, s'arme : D'hermines, à l'écusson de gueules.
« Bailieul, en Normandie : Parti d'hermines et de gueules; et encore « D'hermines, semé de croisettes recroisées, au pied fiché, à la croix « niellée de gueides. Autre Bailieul : De gueules, semé de croisettes, et « à la croix niellée d'argent.
« (Chapitre xxxiv.) Au nombre de ceux qui ont pris les noms et les (i armes de leur seigneurie qu'ils avoient acheptée, Jean Scohier cite Cha- « noine Bergue, Jacques Mouton, seigneur de Turcoing, qui achepta la « terre de Harchies en 1440, dont il porta le nom et les armes, brisées d'un « canton de gueules; il les écartela de celles du Quesnoy, à cause de Mar- « guérite du Quesnoy, sa mère.
« De même Guillaume Lejosne, seigneur de Contay, gouverneur d'Arras, « qui mourut en 1467, prit les armes de Contay, sa seigneurie, qui étoient : « De gueules, semé de fleurs de lis d'or, fretté d'argent. Jean de Landois « possédoit la terre de Hérouville-Azeville, dont il prit le nom et les armes.
« Ceux qui succèdent à une souveraineté en peuvent prendre les armes
D'après un relevé de dépenses pour chevauchées, Geoffroy de Melun fut dépêché en 1229 par Geoffroy de Bully vers le comte et la comtesse de Nevers^
Geoffroy de Bully, chevalier, tenait en plein fief, sous la mouvance du roi, tous les domaines qu'il possédait dans le bailliage de Lorris, en Gâlinais, 11 se porta caution de la promesse faite à Philippe-Auguste par le comte de Nevers. On sait que ce dernier s était engagé, l'an 1219, à ne marier sa fille qu'avec le consentement du monarque ^
Sur le compte de Th. Carnot et d'Aymeric Poul, dressé au mois de juillet 1231, le mercredi après la Madeleine, figure Geoffroy de Bully, comme ayant touché vingt livres quatorze sols, pour un service de vingt-trois jours \
Nous savons par un rôle des baillis de France,
a de plein droit et mettre dans un quartier inférieur celles de leur inaison. » {Traité de l'origine des noms et des surnoms, par messire Gilles-André de la Roque.)
1. « Ilinera, dona et hernesia, an. MCC. XXXIX. — Gaufridus de « Meleduno, missus pro Gaufrido de Bui.liaco ad comitem et comitissam « Mathildem Nivernensem et dominum Gaufridum do Arseio XX s. » [Recueil des historiens des Gaules et de la France, t. XXII, p. 591.)
2. Collection de Camps, vol. III, fol. 210; Bibl. de Richelieu, Cabine des titres. — Ancien Cartulaire de Philippe-Auguste, fol. 3 et 120.— Cartulaire de Philippe- Auguste, chapitre x, acte 3, et chapitre iv, acte 29.
3. Recueil des historiens des Gaules et de la France, publié par WM. Guigniaut et de Wailiy, tome XXI, page 221. (Voir à \' Appendice le