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DOCUMENT XIX

remontant à 1248, que Geoffroy de Bully était à la tête du bailliage de Cotentin en 1234 ^

Deux ans après il reparaît dans la même charge, voici à quelle occasion. Le roi, en 1236, assembla son conseil pour délibérer sur une demande de la comtesse de Boulogne, relative aux grands fiefs de Caux et d' « Alisiaco. » Dans l'entourage du prince et de la reine, on remarque Geoffroy de Bully, chevalier, le comte de Montfort, Jean de Nesle, Jean de Beaumont, Renaud de Triecot, Geoffroy de la Capelle, Jean de Dôme et plusieurs autres grands personnages, gouverneurs de diverses régions de Normandie ^

Geoffroy de Bully est désigné comme pourvu de la dignité de bailli, ailleurs que dans l'ouvrage ci-dessus,

4. Fragmenta computoruji ab anno m. ce. xxvii ad annum m.ccc.xxvi.

E compulo baiilivorum Franciae, de termino Candelosae, aniio -1248.

Lucas de Villaribus, baillivus Constantiensis. [Ici se trouve un renvoi à la note ci-après :) Ante hune occurrunt apud Brussel, anno -1215, Milon de Levées (reclius fortasse, quemadmodumanno 1217, de Lineisvel de Lignes) ; aiino 1217, Milon de Lignes; anno 1227, Jean de Friscan ; anno 1234, Geoffroy de Bully. [Recueil des historiens des Gaules et de la France, tome XXII, page 739.)

2. Isti sunt quos consuluit dominus rex super pelilione comitisse Bolonie de terra Caleti et Alisiaci, anno Domini m. cc.xxx" sexto, die inventionis Sancte Crucis ; et dixerunt consilium suum, presenlibus istis : domino regp, domina regina, comité Monlisfortis, Johanne de Nigella, Joiianne de Bellomonte, Renaldus de Triecot, Gaufridus de Capella et Petro Trisli, militlbus, et Gaufrido de I llleio, milite, magistro Johanne de Curia, Johanne de Vineis, et Johanne de Domibus, ballivis. {Cartulaire normand de Philippe-Auguste, Louis Vlll, saint Louis et Philippe le Hardi, publié par Léopold Delisle, 1832, in-4'', p, 69.)

notamment dans les Recherches historiques et archéologiques sur le Braij Normand et le Bray Picard, par N. P. de la Mairie, tome I", p. 3/i7.

D'après les lettres de JMahaud, comtesse de Xevers, datées de 1250, messire feu Geoffroy de Biilly avait été aussi maréchal de Nevers^ Il maria sa fille Isibeau à messire Glion Bercilvrt, chevalier, et lui constitua en dot une terre mouvante du sire de Bourbon. La même charte rappelle un partage de biens fait entre ADELINE, maréchale de Nevers, veuve de GeoflVoy de Bully, et ses enfants Jean-Geoffiioy et Isabeau, femme du susdit Berchart. Celle-ci, par suite d'un échange, rendit les fiefs qui lui avaient été précédemment assignés et reçut en compensation les moulins de Mex, sr.r la Nièvre, avec la dîme de vin de Nannai,

\. Il ne faut poiat s'étonner de voir, aux xiii* et xiv siècle.-', les grands officiers de la couronne se transporter, selon les nécessités de la inonarcliie, dans un pays éloigné de leur gouvernement. La politique d'alors, comme celle d'aujourd'hui, désireuse de soustraire ses agents aux influences locales, envoyait les hommes du Nord dans le Midi et réciproquement. Il advenait aussi que ks serviteurs du roi possédant sa confiance étaient i)Ourvus de diverses charges en des provinces différentes et distantes. C'est ainsi que Jean de Marigny, évèque de Beauvais, reçut de Philippe de Valois le commandement de ses armées opérant es parties de Languedoc, que Pierre de Galard, grand maître des arbalétriers, né en Gascogne, et grand feudataire en Périgord, était gouverneur des Flandres. On le trou\e constamment en pérégrination guerrière d'une contrée à l'autre. Geoffroy de Uully, qui paraît avoir été familier de Philippe-Auguste, pouvait très-bien exercer successivement ou simultanément les dignités de bailli du CoteiiLin et de maréchal de Nevers.

sur laquelle les moines de Saint-Nicolas avaient le droit de prélever annuellement dix muids de vin, mesure d'Auxerre, en vertu d'une concession antérieure de Geoffroy de Bully. {Pièces justificatives j document XX.)

ALBÉRIG DE BULLY (de BuUiaco), chevalier, est signalé dans la première moitié du xm^ siècle, comme un vassal de la couronne de France, pour plusieurs fiefs dépendants de la châtellenie de Gien ^

YDONIE ou IDOINE DE BULLY, fille et héritière de JEAN DE BULLY, épousa Robert de Vieuxpont' ou Vatripont, lord de Westmoreland et bailli de Caen en l'année 1217. Le mariage est rappelé dans les Magni

\. Coll. de Camps, vol. III. Bibl. de Richelieu, Cabinet des titres, 2. De même que les de Bully, les Vieuxpont normands s'étaient implantés en Angleterre dans une de leurs branches à la suite de Guillaume le Conquérant. La souche était resiée en France, où elle existait encore à la fin du xvi" siècle, ainsi qu'il appert de la citation suivante :

« En 1558, il reçut la fondation d'une messe du Saint-Sacrement faite par messire Jean Peigné, prestre pensionnaire d'Hébecourt et chapelain de la chapelle du château du Quesnoy, à l'intention dudit donateur et à celle de haut et puissant seigneur messire André des Courtils. Le même jour, ce dernier fit don de la maison vicariale, à la charge par le vicaire de dire avec ses écoliers, après le salut, un De profanais sur la tombe de dame Nicole de Vieuxpont, épouser du donateur, et d'y jeter de l'eau bénite; ce qui se pratiquait aussi par le sieur curé, accompagné desdits sieurs clerc et écoliers, à l'issue de la messe et des vespres. Le donateur de cette maison l'avoit achetée pour y établir le vicaire précepteur des écoles, et y être enseigné audit lieu comme en un collège. » {Essai historique et archéologique sur le canton de Gournay, par l'abbé Decorde, note 1 de la page 86.) Les de Vieuxpont- Ile de France portaient : D'argent, à six annelets de gueules.

rotuli Normaniœ, publiés par M. Stapleton. Idonie donna à son mari un fils du prénom de Jean, dont la targe, dessinée sur un rôle de 12/i0, représente un Ecu de gueules à six faux rondelets.

Nous trouvons dans le The baronage de Dugdale, page 348, quelques lignes intéressantes sur Robert de Vieuxpont, époux d'idonie de Bully. Nous les copions :

« Robert de Vieuxpont^ fit construire en Powys- « Land un château fort que LcNveline, prince de Galles, « assiégea en 1212. Il jouissait, ainsi que son frère Ivo, « d'une grande faveur auprès du roi Jean. Mathieu « Paris les range tous les deux parmi les conseillers « funestes du souverain auquel Robert offrit quatre « palefrois pour reconnaître la concession d'une foire « de quatre jours, qui devait s'ouvrir la semaine de la « Pentecôte dans sa chatellenie de Bautre, en Pork- « shire. Par suite de son alliance avec Idonie, fille de « Jean de Bully, Robert de Vieuxpont concentra dans « ses mains tous les territoires et manoirs qui compo- « saient la succession dudit Jean (de Bully), et dans « lesquels était comprise la baronnie de Tickill. n

Idonie était veuve l'an 1232, lorsqu'elle ratifia une donation précédemment faite au prieur et aux moines de Blyth et à l'église Sainte-Marie du même lieu. Cet

1. II était petit-fils d'un aulre Robert qui, en 1096, partit pour la Palestine. Les exploits de ce croisé se confondent avec ceux du célèbre Tancrède, dont il était l'émule et le compagnon d'armes.

acte de bienfaisance, qui fut inspiré à noble dame Ydonie de Vieuxpont^ par le désir d'opérer le salut de son âme et de celle des siens, assurait au couvent la terre de Lyenini de Dumo, avec ses appartenances. La donatrice s'engagea, pour elle et son successeur, à sauvegarder la cession territoriale, rapportée dans cette charte, de toute atteinte et empiétement ^

Idoine ou Idonie de Vieuxpont fait savoir à tous les enfants de la sainte Église catholique et romaine, qu'étant veuve et soucieuse d'outre-tombe, elle sanctionne les dotations faites par elle ou ses devanciers à Sainte-Marie de Blyth. Elle réunit en outre à cette église les chapelles de Dillerfeld et de Bautre. Elle entend que les moines les possèdent en élémosine entière et perpétuelle, ainsi qu'il est prescrit dans une charte de son père, Jean de Bully. La noble dame, pour que sa concession soit à jamais stable et ferme, fit appendre son sceau au bas de l'acte accompli en présence de Richard, abbé delà Roche, de Jean Wascelin, Richard de Busevill, Roger de la Haye, chevalier, Hugon, prêtre, Jean de Noketon, etc.

Richard de Boyvil atteste, en présence d'amis et de

1 . Voir DOCUMENT XXI. — Les conquestes et trophées des Normands^ par Gabriel Dumoulin, mentionnent une Yvonne de Vieuxpont qui me paraît ne faire qu'une seule et même personne avec Idonie de Vieuxpont.

2. Monaslicon anglicanum, page 554, 2* col. (Voir aux Pièces justificatives, DOCUMENT XXÎI.)

familiers, que Ydonie de lîully a Iransporlé, en l'année J241, à l'abbaye de la Roche, le manoir de Sandbec, avec toutes les charrues et les objets mobiliers qui s'y trouvaient*.

Il est prouvé, par les Magni rotuli Normaniœy que certains fiefs d'Idoine de Vieuxpont étaient en 12fi2 dans les mains d'Alix, comtesse d'Eu.

M. Fourcin commente cette appropriation dans les termes ci-après : « Nous regrettons, — dit-il, — que le détail de ces biens ne soit point donné par M. Staple- ( ton, nous eussions peut-être su si notre terre sei- ( gneuriale était encore dans les mains des descendants de Roger de BuUy en 1202, au moment de la conquête de la Normandie par Philippe-Auguste. Cet i auteur nous dit seulement que la comtesse d'Eu était en Angleterre la suzeraine d'Idoine de Bully ( pour un grand nombre de fiefs, et qu'en cette qualité, la garde des biens des enfants de cette dernière, devenue veuve, lui appartint jusqu'à leur majorité; ( mais qu'elle lui fut contestée par le roi, auquel il lui fallut payer 100 marcs pour en avoir la jouis- ( sance, par accord fait entre eux en 12/i2.

« Celte vassalité des biens anglais tirait probable- « ment son origine des fiefs donnés par Guillaume le

1. Monaslicon anglicanum, page 836, %* col. (Voir à M Appendice le

DOCUiMENT XXIII.)

28 DE BULLV.

(( Conquérant à Roger de Bully, à condition de les tenir « du comte d'Eu, qui l'avait aidé si vaillamment dans « la conquête. Quant à notre terre de Bully, nous « croyons qu'elle relevait avant i'i02 du comté d'Eu, « et cela d'après le texte de la charte d'Alix de 1219, « que nous avons rapportée ailleurs ^ »

ROBERT DE BULLY, dans l'espoir de gagner le ciel, confirma, en 1237, de concert avec Guillaume de Nutuniel, l'abandon d'une maison à Secqueville, fait par Robert Richer, au prieuré bénédictin de Sainte- Marguerite de Vignals, au diocèse de Séez ^

Les pouvoirs de faire des enquêtes et des restitutions

en Languedoc furent renouvelés et confirmés en 1256 par saint Louis aux commissaires de l'année précédente. GEOFFROY DE BULLY, archidiacre, fut chargé d'une mission analogue dans l'Orléanais et le Berry, pendant que d'autres députés royaux procédaient aux mêmes informations dans le diocèse d'Evreux \

RICHARD-VINCENT, seigneur de Bully, approuva, en 1259, la rente d'un muid d'orge dont le monastère des dames Sainte-Marie de Villers-Canivet, ordre de Cîteaux, au diocèse de Séez, avait été jadis gratifié par

1. Recueil statistique et historique sur la commune de Bulbj, par M. Fourcin, exemplaire de l'auteur, p. 506.

2. Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie^ t. VIII, 2' partie, p. 285. Cette charte porte le ti° 66.

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