Maison de Gicquel
Marquis et comtes du Nédo, seigneurs de la Lohière, de Kerrel, de la Lande, du Fresche, des Chartreux, de la Ville-Bourno, des Châteaux, du Prério, du la Bruchaie, de l'Écluse, des Touches, de Kehdreau, de Beausemaine, de Kermainguy, du Nédo, de Coetdubras, de Kerloguen, de Saint-Malo, de Kerhais, de bucazre, de kerguisien, du bûurg, de la vllle-slmon, des rochers, du coudray, de lourme, de kergars, de kjudal, du mlrouer, du murelien, de Triquené, de la Ville-Henri, de la Corechière, de Fougeray, de Fornet, de Launay, du Coudray, de Couetenuzzo, de la Gruaudière, de Couesquin,
de caslan, etc.
BBETAGNE.
Évêchés de Saint-Malo, de Saint-Brieuc, de Vannes, de Tréguier, de Dol, de Nantes.
Armes : D'azur, au chevron d'argent, chargé de cinq coquilles do sable et accompagné de trois quintefeuilles d'argent. — Couronne de marquis. — Supports : Deux lévriers.
Saint-Allais, dans sa Généalogie de l'ancienne race des Gicquel, fait observer que ce nom est identique à
2 GICQUEL.
celai de Judicaël, Iziquel, Isequel, porté, aux vie et vne siècles, par plusieurs rois et ducs de Bretagne. L'un d'entre eux, qui vivait du temps où Dagobert régnait en France, fut canonisé sous le nom de saint Judicaël ou Gicquel et son nom fut porté par tous ses descendants. Une tradition, que nous rappellerons, sans la garantir, dans cette étude basée sur une authenticité rigoureuse, fait remonter l'origine des Gicquel à ces maîtres et confesseurs primitifs de la Bretagne dont l'existence se perd dans la brume des âges. Nous renvoyons ceux qui voudraient s'édifier sur la valeur de cette légende à la Vie des saints de Bretagne par Albert le Grand. Pour notre part nous nous bornerons à constater que les Gicquel apparaissent avec un grand rôle historique, dans les annales de leur province, dès le commencement du xme siècle.
D'après l'auteur du Nobiliaire universel, le chevron, chargé de cinq coquilles de sable », aurait été ajouté aux armes originelles des Gicquel au temps des croisades. Quelques-uns d'entre eux y prirent part et introduisirent dans leur blason les coquilles, symbole du pèlerinage outre-mer et en terre sainte.
Les armes ci -dessus gravées sont conformes à celles que l'on retrouve dans de vieux sceaux de Jean Gicquel, évêque de Rennes, en 1237. Cette similitude a été remarquée, avant nous, par Saint -Allais en son Nobiliaire universel, tome XIII, page 41. Nous avons
GICQUEL. 3
expliqué plus loin, page 63 de cette notice, pourquoi les Gicquel des Touches, quoique sortis de la branche de Kerrel, reprirent les armoiries primitives de leur race.
Guy le Borgne en son Armoriai breton,, p. 94, décrit ainsi les armes des Gicquel, sieurs de Beausemaine : « Gicquel de Beausemaine : D'argent,, à une fasce nouée de gueules , accompagnée de trois quinte feuilles percées de mesme. » Le même héraldiste nous donne aussi celles des Gicquel, sieurs de Rucazre et de Kerguizien, en Plouisy, qui étaient : D'azur,, au chevron d'argent, chargé de cinq coquilles de sable, accompagné de trois roses d'argent, 2 et 1. Ces armes et les précédentes sont les mêmes que celles des Gicquel, sieurs des Touches.
Nous démontrerons un peu plus loin que la diversité des armes ne préjudicie aucunement à l'unité de race et à la communauté d'origine.
JEAN GICQUEL, évêque de Rennes en Tan 1237, était fils de Jean Gicquel S seigneur de la Lohière ou la Holière, paroisse de Guer, au diocèse de Saint-Malo. Ce prélat venait monter sur ce siège, en remplacement
1. « Guer... Ce territoire renferme les maisons, terres et hôtels nobles sui- « vants:en iWO, la Holière à Jean Gicquel, qui eut un fils nommé Jean, évêque de « Rennes en 1237, lequel fit le voyage de la terre sainte en 1250. Joinville rap- « porte que ce prélat se signala beaucoup dans le combat que les croisés livrè- « rent aux Sarrasins. Il mourut au mois de novembre 1257, ou, comme nous « comptons aujourd'hui, 1258. » {Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, par Ogée, nouvelle édition, 1855, in-4°, t. Ier, p. 318.)
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de Josselin, décédé, lorsque Pierre de Dreux, duc de Bretagne, abdiqua en faveur de son fils Jean Ier, dit le Roux k Ce dernier, après être allé prêter serment de fidélité au roi de France, s'empressa de regagner Rennes, sa capitale, où il se fit sacrer et couronner par JeanGicquel, qui lui remit l'épée et la bannière, insignes du pouvoir ducal 8. A cette solennité politique et religieuse assistèrent les évêques de Dol, de Nantes, de Vannes, de Saint-Malo, de Quimper, de Saint-Brieuc et de Léon, ainsi que Guyomarch, vicomte de Léon, Hervé de Léon, son fils, Alain, vicomte de Rolian, Henri d'Avaugour, comte de Goello, André de Vitré, Alain, fils de Conan d'Avaugour, Hervé de Léon, seigneur de Noyon. Tous ces dignitaires de l'Église et grands seigneurs, à la fin de la cérémonie, déposèrent leurs hommages aux pieds du nouveau duc 3. Guillaume de la Guerche, après avoir édifié le monastère de Fontaine- Harvys, abandonna, en 1238, aux religieux, pour leur usage particulier, tout le bois mort de la forêt de la Guerche et de Radan, ainsi que la faculté de couper les arbres ou les rameaux verts dont ils pouvaient avoir besoin pour leurs constructions ou les palissades de vignes. Cette libéralité pieuse fut validée et confirmée
4. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, par Ogée, t. Ier, p. 318.