Idem
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Guinée. Ses dispositions merveilleuses pour les calculs astronomiques lui méritèrent l'estime de M. d'Entrecasteaux, qui l'attacha à sa personne et l'incorpora dans l'expédition qui devait aller, sous sa conduite, à la recherche de la Pérouse. La qualité d'habile observateur est donnée à Pierre-Guillaume Gicquel des Touches par le savant ingénieur M. Beautemps- Beaupré. M. d'Entrecasteaux rendit un hommage éclatant aux services et aux travaux de son jeune compagnon en appliquant le nom de Gicquel à un promontoire du sud de la terre de Van Diémen et à une autre pointe de la même région. De 1795 à 1799, le personnage qui nous occupe s'embarqua sur le Tyrannicide, commandé par le chef de division Allemand et compris dans l'armée navale de la Méditerranée. Il fit ensuite une croisière dans l'Atlantique sur la Régénérée, qui perdit sa mâture dans un combat contre les Anglais. Pierre-Guillaume Gickel vint relâcher à Ténérjffe, où il se maria. En 1800 il montait la corvette le Géographe, qui devait faire une excursion aux terres australes sous les ordres du capitaine Baudin. Celui-ci, étant au mouillage à l'Ile de France, dépêcha son lieutenant à Paris pour, porter au ministre des instructions importantes. Il profita de cette occasion pour présenter au ministre de la marine des projets de croisières. Ces plans n'ayant point reçu l'accueil qu'ils méritaient, Pierre-Guillaume Gicquel des Touches donna sur-le-champ sa démission, quitta la
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France et alla se fixer à Sainte-Croix de Ténériffe. Durant son séjour en cette île il arma un vaisseau pour Mozambique, par suite de divers incidents qui le dévièrent de sa route, le marin français arriva à Buenos- Ayres, au moment où les Anglais se disposaient à bombarder cette ville, qui fut sauvée par le sang-froid et le courage de Gicquel des Touches. Sa goëlelte embossée dans le port, en face de la rue principale, mitrailla si victorieusement les Anglais, qu'ils s'engagèrent, à la suite d'une capitulation , à ne plus rien tenter contre Buenos-Ayres. Les habitants de Buenos-Ayres lui témoignèrent leur reconnaissance par l'envoi et le don d'un mulet chargé de piastres fortes. M. de Linières, gouverneur général, lui offrit le brevet de colonel et la conduite d'un régiment. Gicquel repoussa ces présents, mais il accepta un cercle de Mendoza et des lettres de congratulation qui constataient son action héroïque. Il avait regagné Ténériffe, où il résidait depuis quelque temps lorsque le général Daendels aborda dans cette île sans savoir comment il pourrait se diriger sur Batavia, dont il était gouverneur *. Gicquel, dit Levotdans saBiographie bretonne, « lui fut désigné comme « le seul homme capable de le conduire. Après une
1. Le général Daendels lui proposa des sommes considérables pour décider Pierre-Guillaume Gicquel à le guider dans son voyage aux îles de la Sonde. Ce mode de récompense n'ayant pas été accepté, le général lui offrit de rentrer dans la marine avec le grade de capitaine de vaisseau. Cette promesse détermina Pierre - Guillaume à partir pour Batavia.
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< traversée de cent cinq jours, pendant laquelle il sut
< dérober sa marche aux croiseurs anglais, le navire américain qu'il avait frété arriva à Batavia sans avoir
( vu d'autre terre que celle de Java, sur laquelle il atterrit le lei janvier 1808, par une grande brume, tant i il était sûr de l'exactitude de ses observations. Le général Daendels ayant déterminé Gicquel à rester à Java, le nomma aux fonctions d'adjudant général de la marine, qu'il remplit jusqu'à la prise de l'île, en 1811. Les services qu'il rendit pendant ces trois années sont immenses. La marine hollandaise était nulle, les côtes étaient journellement dévastées par les pirates de la Sonde et de l'île Gélèbes. Gicquel se chargea de pourvoir aux seuls moyens de se débarrasser de ces ennemis, il parcourut les forêts, recueillit les plantes propres à faire des câbles et du filin, abattit les bois, et, se faisant ingénieur, il construisit, avec le secours d'ouvriers qu'il forma luimême , cent quarante-cinq bâtiments de diverses grandeurs, portant une ou deux pièces d'artillerie. Il les fit monter par des canonniers, des matelots, des capitaines même, qu'il forma également, et en moins d'une année il eut purgé les côtes de Java des essaims de pirates qui les infestaient. » Les Anglais s'étant rendus maîtres de l'île lui firent les offres les plus séduisantes pour le décider à rester dans le pays, mais il préféra aux avantages matériels une captivité plus
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honorable pour son patriotisme et plus satisfaisante pour sa conscience. Rendu à la liberté en 18H, il fut réintégré dans les cadres de la marine comme capitaine de vaisseau. Deux ans après il fut appelé à faire valoir ses droits à la retraite lors de la réduction des cadres dé la marine. On lui doit un grand ouvrage intitulé :
— Tables comparatives des principales dimensions des bâtiments de guerre français et anglais de tous rangs, de leur mâture, gréement, artillerie, etc., d'après les derniers règlements; avec plusieurs autres tables relatives à un système de mâture proposé comme plus convenable que celui actuel, aux bâtiments de guerre français; ouvrage utile aux officiers de la marine royale*. Plusieurs autres publications sont également sorties de sa plume. Dans le nombre nous pouvons citer : — Traité des manœures courantes et dormantes contenant le gréemenl des bâtiments marchands de différentes espèces , de trente-quatre à quinze pieds de largeur2. — Lettre contenant des renseignements importants sur les îles de Tristan d'Acunha. — Instruction sur la route d'Europe à Rio de la Plata, et sur la navigation de ce fleuve5. Pierre Guillaume laissa deux enfants — I. Barthélémy Gicquel des Touches, mort sans postérité à Ténériffe; — II. Virginie Gicquel des Touches.
— 3° Jean-Jacques-Charles Gicquel, mort en bas âge;