FERME
SECTION I. — De la maison d'habitation et du mobilier de la ferme.
L’ordre et la propreté indispensables dans le ménage de la maison de maître doivent s’étendre au ménage de la ferme ; l’aspect de l’intérieur de la maison doit respirer un air d’aisance et de propreté villageoises qui dispose le visiteur à aller prendre sa part du frugal repas des cultivateurs.
Il faut, autant que possible, éviter la présence des lits dans la pièce qui sert de cuisine et de salle à manger, car ordinairement ce sont les femmes qui couchent dans la maison, les valets devant coucher dans les écuries, où leur présence est nécessaire. Or on conçoit combien il est gênant, pour des femmes surtout, d’habiter une pièce où tout le monde a le droit d’entrer. Si cependant il n’était pas possible d’obvier à cet inconvénient, il faudrait garnir les lits de grands et amples rideaux qui pussent les entourer entièrement.
Cette chambre doit être carrelée ; il faut pratiquer en deux endroits, au niveau du sol, de petites ouvertures dans l’épaisseur duj mur, pour faire écouler l’eau facilement lorsqu’on lave le carreau ; ce soin de propreté est indispensable ; un bouchon de bois ferme ces ouvertures, qui causeraient du froid aux pieds en hiver.
11 est très-important que le sol intérieur de la maison soit plus élevé que le sol extérieur ; s il se trouvait plus bas, on devrait tout tenter pour parvenir à l’exhausser, même aux dépens de la hauteur de l’étage ; enfin, s’il y avait impossibilité, il faudrait chercher à abaisser le sol extérieur, car il ne me paraît pas possible d’avoir, une maison saine et exempte d’humidité pendant l’hiver lorsqu’elle est au niveau du sol. On doit aussi faire paver ou fortement sabler les approches de la porte d’entrée et y établir une pente douce qui donne aux eaux un écoulement du côté opposé à la maison. 11 faut, autant que possible, ménager des jours du côté du midi ; ils doivent être spacieux et garnis de châssis vitrés pouvant s’ouvrir par le haut pendant que le bas reste fermé, afin que les volailles ne puissent pas s’introduire dans la maison. On doit exiger impérieusement qu’on ne laisse pas les balayures de la maison près de la porte d’entrée, mauvaise habitude qu’ont ordinairement les gens de la campagne. Ces ordures doivent être portées au sortir de l’habitation sur le tas de fumier, où, loin de nuire, elles accroîtront d’autant cette source de richesse des champs.
Dans une grande partie des provinces de France on a conservé l’usage des lits en quenouille et des lits à la duchesse. Ces lits ne peuvent recevoir de roulettes, et on est obligé de les placer à une certaine distance du mur pour pouvoir circuler autour. Ils occupent un grand espace, inconvénient grave dans une chambre souvent trop petite. De plus, il faut d’énormes couvertures pour les envelopper, parce qu’ils n’ont ni dossier au pied, ni encadrement tout autour. Il est plus convenable, à mon avis, d’adopter les lits à bateau en chêne ou en noyer, selon la valeur du bois dans la contrée qu’on habite, et d y adapter des roulettes en fer, qu’on se procure aujourd’hui à assez bas prix. Si la forme en bateau semble trop élégante, on peut atteindre le même but au moyen d’une barre droite d’une certaine hauteur; on introduit les couvertures entre cette barre et la paillasse. Ces lits n’ont pas les inconvénients que je viens de signaler. Pour placer les rideaux, on suspend au plafond un cadre en bois, au moyen de quatre pitons placés dans les. soliveaux et de qualie auties fixés sur le cadre. On suspend alors le cadre avec des cordes attachées aux pitons des soliveaux et du ciel du lit. Ce cadre doit a\oir en largeur et en longueur 20 centimètres environ de moins que le lit; on fixe en dedansdu cadre, dontle dessus est couvert
d’un plancher léger ou d’une toile, des tringles en fer dans lesquelles on passe les anneaux cousus à la tôte des rideaux, qui s’ouvrent, devant et derrière le lit et l’entourent de toutes parts. Il faut qu’il y ait un grand espace entre le lit et le ciel du lit, afin que l’air puisse circuler ; c’est, une faute que font presque tous les gens de la campagne de ne pas conserver assez de distance entre leur couche et le ciel de leur lit ; ils ferment leurs rideaux pour ainsi dire hermétiquement et reposent pendant toute la nuit dans un si petit espace que l’air y est bientôt vicié par leur haleine, ce qui est extrêmement malsain. J’exigerais même que les rideaux restassent enlr’ouverts sur le devant ou sur le derrière pendant la nuit, et, si je ne pouvais pas l’obtenir, j’arrangerais ces rideaux de telle sorte qu’ils ne pussent pas se joindre exactement derrière le lit; je considère cette disposition comme très-importante. Pour orner un peu le ciel du lit, on y forme une petite corniche. Peu importe l’étoffe qui sert à faire les rideaux ; cependant il ne faut pas qu’ils soient blancs, et ils doivent pouvoir être lavés. Les couvertures en laine bleue, verte ou grise, sont aussi préférables aux blanches ; un couvre-pieds d’indienne, de couleur gaie, qu’on enlève le soir, et qui peut se laver, coûte très-peu et donne au lit un aspect de propreté agréable ; il pourrait être pareil aux rideaux.
Rien n’empêche d’orner la chambre et la cuisine de quelques gravures sur bois ou de lithographies représentant des sujets gais et de bon goût, petite dépense qui habitue les yeux aux choses gracieuses; les gens de la campagne sont sensibles comme les autres à tout ce qui peut embellir leur habitation ; seulement l’ignorance où ils sont malheureusement encore les dispose souvent à rechercher des objets hideux; il faut donc chercher à améliorer leur goût.
Les pièces de la ferme doivent être fréquemment blanchies à la chaux ; outre la salubrité qui en résulte, cette peinture donne à tout un aspect agréable et de la clarté.
Il me paraît très-utile, pour ne pas dire indispensable, d’avoir une petite pièce qui puisse servir d’infirmerie ; car il est presque impossible de laisser un domestique malade dans une écurie ou dans une chambre commune. Cette petite pièce doit être saine, bien close,munie d’une fenêtre et d’une cheminée, meublée d’un bon lit et d’un fauteuil. Les gens de la campagne ont pour la plupart des idées si contraires au bon sens pour soigner les malades, ils sont imbus
de tant de préjugés à cet égard, que le seul moyen de s’en affranchir est d’isoler le malade ; quand on ne lui procurerait que l’avantage du repos, cela suffirait pour justifier la nécessité d’une petite infirmerie. Lorsqu’un paysan est malade, tous ses parents et amis viennent le voir, les uns par affection, les autres par curiosité; ils le fatiguent de questions et aggravent ainsi son état. Puis, si la maladie est sérieuse, ce ne peut être qu’en plaçant le malade dans une pièce séparée de celles qu’habitent les autres gens de la maison qu’on pourra s’assurer qu’il ne recevra que les aliments prescrits, et que les médicaments ordonnés lui seront administrés. C’est aussi le moyen d’éviter la contagion, si elle est à craindre, et enfin le désordre que la présence d’un malade cause toujours dans une maison, ce qui est fort à considérer lorsqu’on a un nombreux domestique. On trouvera peut-être que j’appuie beaucoup sur ce point; c’est que l’expérience m’en a fait comprendre toute l’utilité.
Des armoires appartenant, soit aux domestiques, soit aux maîtres, quelques chaises, une petite table et un miroir, sont les seuls meubles à ajouter aux lits dans les chambres à coucher.
La table qui doit occuper le milieu de la cuisine servant de réfectoire doit être longue et n’avoir que la largeur nécessaire pour mettre un plat entre deux rangs d’assiettes. Il faut qu’elle soit faite de madriers ou de planches épaisses, montée sur des pieds solides, contenus par des traverses, et munie de deux tiroirs qui puissent se tirer des deux côtés. Deux bancs en bois solides seront placés de chaque côté de la table. Il est plus convenable de laver le dessus de la table, comme je l’ai indiqué à l’article Cuisine (t. Ier, ire partie), que de le cirer ; ce soin de propreté doit être répété fréquemment.
Le buffet, ou vaissellier , est encore un des meubles indispensables
toutefois cette forme offre les commodités nécessaires. En général, il ne faut point contrarier les habitudes locales quand elles ne s’opposent pas à ce qui est bien. Dans notre pays, le vaissellier se compose de deux corps : celui du bas, fermant à deux battants, est garni de planches à l’intérieur ; celui du haut, moins large en profondeur, et reposant sur celui du bas, est composé d’étagères devant lesquelles sont placées de petites traverses, ce qui permet d’y poser la vaisselle sur champ ; c’est l’ornement obligé des ménages rustiques. Au bas des étagères se trouvent deux petits tiroirs pour U.
2/l2 MAISON RUSTIQUE DES DAMES.
serrer les fourchettes et les cuillers ; il y a de chaque côté, sur les montants, des clous auxquels on suspend certaines pièces de vaisselle, comme saladiers, gobelets à anse, etc. Le bas du meuble, fermant à clef, est réservé pour serrer du lingo de table de cuisine etdiirérents objets qu’on ne veut pas laisser à la disposition de tous les domestiques. Ce buffet doit être ciré et les ferrures en êLre polies et brillantes : c’est le meuble de luxe; son extrême propreté et l’arrangement des objets qu’on y dépose doivent en faire le principal ornement. lime paraît convenable que la clef du buffet ne soit confiée qu’à la femme chargée spécialement des soins du ménage de la fernie. C’est là qu’elle serrera ce quelle voudra soustraire à l’indiscrétion et souvent à la gourmandise des autres domestiques. lime semble indispensable qu’outre le buffet il y ait une armoire ou un placard dont les battants soient coupés en deux dans leur hauteur. Le haut est employé soit à mettre le linge, soit à tout autre usage; le bas, fermé au moyen d’une porte garnie d’une toile métallique, tiendra lieu de garde-manger, pour serrer les restes des repas, qui, ainsi à l’abri de certains animaux , n’y seront cependant pas privés d’air, comme ils le sont dans les huches ou pétrins qui servent ordinairement à les renfermer. Ils s’y aigrissent presque aussitôt, et communiquent au pétrin une odeur détestable, ce qu’il faut éviter.
S’il n’est pas d’usage dans le pays que les domestiques apportent un coffre ou une armoire pour serrer leurs vêtements, il faudra avoir une autre armoire en noyer ou en chêne, séparée par le milieu et dont chaque battant formera une armoire particulière ; alors elle pourra suffire à deux personnes. Ces deux armoires doivent être cirées ou peintes à l’huile, et fermer à clef.
Il convient aussi d’avoir un évier en pierre, sur lequel on place les seaux et où l’on peut laver la vaisselle; on met à côté de cette pierre à laver un panier à vaisselle, dans lequel on la dépose au fur et à mesure qu’elle est lavée. Je condamne comme très-contraire à la propreté l’usage presque général où l’on est de mettre à terre la vaisselle lavée; de plus, on s’expose ainsi à de fréquents accidents. On peut remplacer le panier à vaisselle par une boîte montée sur quatre pieds et dont le fond est à claire-voie. Il faut veiller à ce que ce panier ou cette boîte soit lavé de temps à autre avec de la lessive, faute de quoi il deviendrait promptement infect.
Une fontaine à laver les mains est aussi un meuble indispensable et peu coûteux; on suspend un essuie-main à côté.
Le pétrin, s’il n’est pas dans le fournil ou la boulangerie (ce qui serait préférable), doit être placé dans la cuisine et tenu avec la plus grande propreté à l’extérieur comme à l’intérieur; on ne doit jamais rien y renfermer d’étranger à son usage.
Un fourneau placé près de la cheminée, construit en pierres ou en briques, ayant un ou deux trous garnis de grilles, pour y mettre des plats ou des casseroles, est fort commode et me paraît essentiel. Le manteau de la cheminée doit être haut et large, et l’âtre en être élevé de 1 décimètre environ au-dessus du sol de la cuisine. La cheminée demande à être garnie de chenets en fer et de deux crémaillères soutenues par un anneau passé dans une barre de fer scellée dans la cheminée même; avec cette disposition les crémaillères.sont mobiles, ce qui est extrêmement commode pour le service. Un porte-poêle et un trépied doivent également faire partie du mobilier de la cheminée, ainsi que des pincettes, une pelle et un bon soufflet.
Je désire que le manteau de la cheminée soit large et haut, parce qu’à la campagne, les domestiques rentrant souvent mouillés, il faut qu’ils puissent se chauffer du haut en bas devant un grand feu clair, et plusieurs à la fois. Si la cheminée fumait, il faudrait essayer tous les autres moyens avant d’en venir, pour y remédier, à abaisser le manteau de la cheminée; on pourrait, par exemple, élever le tuyau, ou le rétrécir dans la longueur de \ mètre à 2 mètres 50 intérieurement, immédiatement au-dessus du manteau, couvrir la sommité de la cheminée d’un faîtage de briques. 11 *st rare que, dans une pièce du rez-de-chaussée qui ne ferme pas plus hermétiquement qu’une cuisine de ferme, l’un de ces moyens ne soit pas suffisant pour éviter la fumée.
Dans certains pays on se sert de poêles dans les fermes; sans doute ce moyen de chauffage est très-économique, mais il ne me semble pas en toute saison aussi commode qu’une cheminée ; et, à moins d’avoir un poêle parfaitement organisé, on ne peut placer à ce foyer qu’une ou deux marmites; d’ailleurs la facilité avec laquelle on peut élever la température intérieure au moyen des poêles laisserait craindre que les domestiques, qui vont et viennent sans cesse, ne soient exposés à des refroidissements lorsqu’ils n’ont pas
contracté dès l’cnfanco l’habitude de l’usage des poêles. De plus il faudrait changer toute la manière de faire le service des choses qui vont au feu, et l’approprier à ce mode de chauffage. Enfin, si j’admettais l’emploi d’un poêle en hiver, je ne supprimerais pas pour cela la cheminée, dont je ferais usage pendant toute la belle saison. Le poêle serait en fonte, placé au milieu de la chambre, et il pourrait recevoir une marmite. La dépense d’un de ces petits poêles est peu considérable, et c’est assurément le meilleur moyen de réchauffer l’intérieur d’une ferme. 11 faut entourer le poêle d’une petite balustrade, parce que les poêles en fonte rougissent facilement et peuvent causer de fréquents accidents.
Il me semble indispensable d’avoir, à côté de la cuisine de la ferme, une pièce qui serve de débarras, c’est-à-dire dans laquelle on place tous les objets qui nuiraient à l’ordre de la pièce principale, et dont cependant on fait un fréquent usage. Dans cette pièce se placeraient aussi les coffres ou les armoires des domestiques qui couchent dans les écuries. La ferme doit toujours être munie de bons balais, dont les uns sont destinés à l’intérieur de la maison, et les autres, plus grossiers, au nettoyage extérieur.
La vaisselle de la ferme doit se composer des vases de terre en usage dans le pays; mais on trouvera toujours une économie réelle à employer de la vaisselle de bonne qualité, parce qu’il est plus facile de la maintenir dans un état parfait de propreté. La ménagère de la ferme soignera davantage la vaisselle qui pourra contribuer à orner son habitation que celle qui ne lui plairait pas : l’amour-propre est toujours un mobile puissant chez un bon domestique.
L’usage des vases de Lois est mauvais; ils contractent de l’odeur et sont très-difficiles à nettoyer. La vaisselle d’étain, telle qu’on l’emploie en Allemagne, serait sans contredit la meilleure, mais elle est fort coûteuse; cependant je pense que la différence de prix serait assez promptement compensée par la longue durée de l’étain ; d’ailleurs , lorsqu’un vase d’étain est brisé, on peut le refondre à peu de frais, et presque sans perte. On pourrait au moins avoir en étain les plats et les soupières.
L’étain noircit à l’usage, mais il est très-facile de lui rendre son premier éclat en le nettoyant avec du blanc de Meudon, et en le plaçant sur une lessive.
Les cuillers doivent être en étain ou en quelques-unes de ces
nouvelles compositions qui sont assez bonnes ; pour les fourchettes, on préférera le fer, comme plus solide. Loisquon a le soin de les faire étamer de temps en temps, elles ne donnent aucun mauvais goût aux aliments, inconvénient que présentent les cuillers du meme métal. Il faudra exiger l’emploi des cuillers de bois pour faire la cuisine, parce qu’il arrive souvent qu’une cuiller d'étain fond lorsqu’on s’en sert pour remuer un mets dont la cuisson s’opère dans un vase de fonte ou dans une poêle placés sur le feu ; outre la perle de la cuiller, cet accident pourrait avoir de graves inconvénients s’il restait de petites parties d’étain dans les mets. Grâce aux progrès de la chimie, la fabrique de M. Christofle, de Paris, peut livrer à raison de 60 fr. la douzaine des couverts en maillechort argenté par les procédés de Ruolz. Espérons que des perfectionnements nouveaux mettront bientôt à la portée de toutes les bourses ces couverts si supérieurs à toutes les autres compositions.
Les marmites ou pots de fonte sont les seuls convenables pour la ferme ; mais leur forme n’est pas indifférente ; elles doivent avoir un gros ventre, être plus étroites d’embouchure et munies de trois pieds et d’un couvercle, également en fonte. Les marmites droites, et par conséquent larges d’embouchure, s’échauffent beaucoup plus lentement, et sont plus difficiles à placer sur la crémaillère aussi bien qu’à retirer du feu. Cependant il en faut une pour préparer certains ragoûts qu’on a besoin de retourner avec une cuiller. Il faut en avoir au moins de quatre grandeurs différentes*, lorsqu’elles sont neuves, on doit, avant de s’en servir, les faire chauffer fortement, puis les frotter intérieurement, sur tous les points, avec un morceau de graisse de cochon non salé ; si on négligeait ce soin, elles donneraient un goût désagréable aux mets, et noirciraient pendant fort longtemps ceux qu’on y ferait cuire. Les poêles neuves et les casseroles de fer, dont il est indispensable d’avoir une couple, doivent subir la même préparation ; elles se placent sur le petit fourneau dont j’ai parlé, et servent à divers usages. On doit avoir des poêles de diverses grandeurs et une petite casserole en fer battu étamé pour faire chauffer du lait.
Pendant la moisson, la fenaison et les vendanges, on porte à manger aux ouvriers dans les champs ; il est fort incommode de porter plusieurs plats en terre, non moins fragiles que pesants; il vaut mieux avoir deux vases en métal, l’un pour la soupe, l’autre
pour le mets qui se mange après le potage. Le fer-blanc donne quelquefois un peu do goût à certains mets; des vases en étain, avec une anse mobile en fil de for, garnie au milieu d’une poignée de bois et d’un couvercle fermant exactement, sont préférables ; cependanton peut employer le fer-blanc. Ce moyen de transporter le dîner des ouvriers au dehors est fort commode ; l’acquisition de ces deux vases n’est pas d’un prix élevé, t andis que leur durée est fort longue ; l’économie qu’ils procurent aura bientôt remboursé leur valeur. Dans certains pays, ces vases sont en cuivre; mais il peut en résulter des dangers qu’il faut éviter, car les mets qu’on porte dans les champs y refroidissent souvent.
De petits barils cerclés en fer ou des cruchons en grès, au col desquels on attache une bonne corde, fixée elle-même à une petite poignée de bois qui forme une anse, sont ce qu’il y a de mieux pour transporter les boissons ; elles se conservent fraîches dans cette espèce de terre, d’ailleurs fort solide. Il convient aussi de porter dans les champs quelques gobelets, qui pourraient être en étain : lorsque les ouvriers boivent à la bouteille, les plus gourmands absorbent tout. Les gobelets peuvent être attachés aux cruchons par une petite ficelle.
SECTION 11. — De la nourriture des gens de la ferme.