‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 203 sur 304 · II · texte numérisé non relu

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et tic râteliers qu’on peut placer le long des murs (/?</. 136)'; ils sont formés d’une échelle large, dont les barreaux sont rapprochés,

et d’une petite augelte composée de deux planches bien jointes, dont l’une forme le fond , [l’autre le bord. Elles sont posées sous le râtelier et soutenues en avant par des pieds placés de distance en distance. Les râteliers, appuyés le long du mur et soutenus par des crampons de fer, s’en écartent du haut; on les maintient à distance convenable par des cordes qu’on attache à d’autres petits crampons scellés dans le mur et à la traverse du haut du râtelier. Les râteliers les mieux disposés sont mobiles et suspendus au milieu de la bergerie, au moyen de cordes ou de montants fixés à la charpente. Très-simples et peu coûteux, ils se composent d’une petite pièce de bois de 10 centimètres de largeur sur 6 d’épaisseur; elle est percée, de 10 en 40 centimètres, de trous faits de telle manière que les barreaux qu’on y place s’inclinent en dehors et laissent entre eux à leur sommité une ouverture de 4 mètre 50 ; ces barreaux sont fixés à leur partie supérieure dans des traverses de 6 centimètres carrés, également percées de trous dans lesquels on les introduit. Pour former la crèche, on fixe à la traverse du bas des planches qui

Fig. 137-

font une saillie de 25 centimètres de chaque côté. Des planches de peuplier, coupées de cette longueur et clouées en travers de la Ira-

verse du bas, conviennent très-bien à cet usage; elles forment le fond de la crèche. On adapte ensuite un petit rebord do 10 centimètres de hauteur de chaque côté du fond, ce qui forme une petite crèche ou auge, placée au bas et de chaque côté du râtelier. Au lieu de suspendre ces râteliers, on peut les placer sur des pieds qu’on enfonce en terre et qui portent des coches à leur sommet. On place le râtelier sur les coches, et on peut ainsi l’enlever à volonté : c’est ce qu’on nomme un râtelier mobile (fig. 137). La hauteur du râtelier dépend de la taille de la race qu’on élève. C’est une mauvaise méthode de mettre le fourrage des moutons à terre; d’abord il se salit et contracte une odeur qui leur répugne ; ensuite les moutons le piétinent et il s’en perd beaucoup.

Si les râteliers sont établis autour de la bergerie, on place au milieu, dans toute, la longueur, des auges solides dans lesquelles il doit y avoir constamment de l’eau propre; si, au contraire, les râteliers occupent le milieu de la bergerie, on met, contre le mur, les auges, qui peuvent être remplacées par des baquets plats. C’est encore une erreur fort commune et très-préjudiciable aux moutons de croire qu’ils n’ont pas besoin de boire. Comme tous les autres animaux ils éprouvent ce besoin, et la privation d’eau leur est aussi pénible que nuisible. Les râteliers doivent être assez nombreux pour que toutes les bêtes puissent y prendre ensemble leur repas ; pour cela il faut compter, au moins, sur 30 à 40 centimètres par tête.

L’étendue de la bergerie, eu égard au nombre de bêtes, est aussi une chose fort importante. En général, on les y entasse tellement qu’à peine peuvent-elles se coucher, et que souvent les agneaux se trouvent étouffés. Je ne donnerai pas comme invariable l’espace indiqué pour les bergeries bien organisées : il effraierait les personnes qui habitent les pays où les moutons sont maltraités; mais cependant j’engage notre ménagère à s’en rapprocher le plus possible. Je pense que 1 mètre ou 1 mètre 20 centimètres carrés par tête n’a rien d’exagéré. Je lui recommande également de faire dans sa bergerie, au moyen d’une cloison mobile, une séparation pour loger les brebis mères et leurs agneaux, jusqu’au moment où ceux-ci auront assez de force pour n’être plus exposés à souffrir du contact des autres. On pourra facilement donner ainsi aux nourrices et à leurs agneaux une nourriture particulière.

Il est bon d’établir dans cette partie de la bergerie une sépara-

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tion pleine de \ mètre 20 centimètres de hauteur, dans laquelle on pratique do petites ouvertures très-basses et très-étroites, pouvant se fermer, au besoin, par des portes à coulisses, mobiles de bas en haut. On établit dans celte partie de petits râteliers munis de crèches de la môme forme que ceux de la bergerie, mais d’une dimension moindre et placés à une hauteur telle que les jeunes agneaux puissent facilement y manger. On leur donne là une foule d’aliments qui leur sont parfaitement appropriés et dont je parlerai plus loin ; ils passent par les portes, trop petites pour que les autres puissent en faire autant ; ils vont et viennent de leur bergerie dans celle de leur mère sans que celles-ci puissent les suivro.

Il convient aussi de loger les béliers séparément et de ne les réunir au troupeau qu’au moment de la monte. 11 est également essentiel qu’à cette époque les béliers reçoivent une ration d’avoine.

Le fumier doit être enlevé une fois par mois, et la litière rafraîchie chaque fois qu’elle n’est plus propre. Je recommande spécialement ce soin, car l’usage est, dans beaucoup de pays, de n’enlever le fumier des bergeries que tous les six mois ou même tous les ans. Cette méthode est pernicieuse : d’une part, la fermentation du fumier donne lieu à des émanations ammoniacales des plus nuisibles aux moutons; de l’autre, cette couche épaisse devient humide et leur cause de graves maladies des pieds. L’excessive chaleur qui résulte de cette accumulation de fumier en fermentation peut occasionner des maladies, surtout par le passage subit d’une température élevée à une température froide, au sortir de la bergerie; enfin le fumier, loin d’acquérir de la qualité, se détériore et perd ses principes fécondants, puisqu’il arrive à l’état de terreau, et qu’alors il n’a presque plus d’action; en dernier lieu on en obtient une quantité bien moindre, et la diminution atteint des proportions qui paraîtraient incroyables si l’on n’avait sous les yeux les preuves les plus palpables à l’appui de cette assertion.

Une excellente méthode est de mettre dans la bergerie une couche de marne de 20 à 25 centimètres d’épaisseur; elle absorbe les urines qui s’infiltrent en pure perte dans le sol, et forme un bon fumier et un excellent amendement pour les terres froides. A défaut de paille les moutons peuvent sans inconvénient coucher sur cette marne. On en ajoute à mesure qu’elle est imbibée, comme on ajouterait de la paille.

Il faut aussi avoir soin de faire blanchir tous les ans la bergerie au lait de chaux, et de faire laver avec de la lessive les crèches et les râteliers.

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