‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 202 sur 304 · Disposition de la bergerie · texte numérisé non relu

Disposition de la bergerie

La première condition à remplir pour améliorer un troupeau, c’est de le bien loger. Dans les pays où, comme je l’ai dit, les troupeaux ne forment pas une des principales branches des exploitations, on entasse les moutons dans des étables obscures, privées d’air, humides, sur des litières en fermentation et rarement renouvelées. Ces animaux, que la nature a pourvus d’une fourrure qui leur permettrait sans inconvénient d’être exposés aux intempéries des saisons, souffrent considérablement de la chaleur et de l’infection de leur bergerie ; il s’établit entre eux une espèce de fermentation qui leur cause de graves maladies, dont la pourriture est la plus commune (cachexie aqueuse), et ce terrible fléau, surtout dans les années humides, enlève ordinairement une bonne partie des troupeaux. L’art vétérinaire même ne peut soustraire à la mort que les moutons chez lesquels la maladie ne fait qu’apparaître. Il faut donc, avant de songer à les guérir, employer tous les moyens possibles pour prévenir le mal.

SGI

Une bergerie a besoin d’air et de jour; dans la partie méridionale de la France elle doiten avoir plus que dans le Nord. Il est donc convenable d’y pratiquer, à une certaine hauteur, des ouvertures qu’on puisse laisser ouvertes quand il ne fait pas froid, sans craindre l’introduction des animaux carnassiers. Dans les régions froides ces ouvertures doivent avoir des volets. Il serait avantageux de pratiquer presque au niveau du sol quelques ouvertures fort étroites à l’extérieur et s’élargissant au dedans. Le sol intérieur de la bergerie doit être plus élevé que l’extérieur, et il est préférable quelle n’ait pas de plafond, c’est-à-dire qu’elle soit sous la latte; dans les pays froids on couvre le sol en hiver de quelques soliveaux et de branchages sur lesquels on place de la paille, parce que, l’agnelage ayant lieu dans cette saison, les agneaux auraient trop froid, surtout lorsque leur mère, se rendant aux champs, les laisse seuls dans la bergerie.

En Angleterre, les bergeries sont beaucoup plus aérées qu’en France, mais le climat de l’Angleterre est plus uniforme que le nôtre : ii y fait moins froid et moins chaud. Il faut ajouter à cela que les Anglais ont des races perfectionnées, habituées depuis longtemps au climat et à ce genre d’habitation, ce qui nous manque en France. Je suis convaincue que , si la bergerie n’offre pas, ou à peu près, les conditions que je viens d’indiquer pour le logement, il sera difficile de conserver un troupeau en bon état. .

Fig. 135.

L’intérieur de la bergerie [fg. 135) doit être garni de crèches

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