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Lavage des laines

Quoique le lavage de la laine soit en lui-même une opération fort simple, il est cependant assez difficile de la bien réussir, et il est

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toujours plus avantageux pour un propriétaire de vendre la laine en suint, d ailleurs la laine mal lavée perd une grande partie de sa valeur. J’engagerai donc notre ménagère à ne laver sa laine que si elle veut l’employer à faire des matelas ou autres objets de ménage.

Il y a trois manières de laver la laine : à dos, c’est-à-dire sur l’animal avant de le tondre; en toison, à l’eau froide; enfin à l’eau chaude. Le lavage à dos est le plus difficile; il demande de grands soins. Je n en parlerai que sommairement. Il consiste à plonger à plusieurs îeprises 1 animal dans de l’eau courante en pressant fortement la toison dans les mains, parties par parties. Après la première immersion, on reconduit promptement l’animal à la bergerie, pour qu’il n’ait pas le temps de se refroidir, et on ferme toutes les ouvertures afin de prévenir le même inconvénient. Il faut bien se garder de faire passer le troupeau dans des lieux couverts de poussière, où les toisons seraient bientôt salies. On donne abondance de litière fraîche. Le lendemain on recommence la même opération ; si la laine est parfaitement blanche, on laisse l’animal au soleil afin que sa toison puisse sécher; puis on le tond immédiatement, même avant que sa toison soit parfaitement sèche. Il est très-difficile d’éviter que la laine se salisse.

Le lavage en toison à froid est le plus usité dans les ménages. Il est le plus facile ; mais il n’est pas toujours suffisant pour les laines fines, dont le suint contient une bien plus grande proportion de parties grasses, que le lavage à froid n’enlève pas toujours.

Avant de soumettre la laine au lavage, il faut étendre les toisons sui une table et enlever avec soin, en écartant la laine avec les doigts, tous les objets étrangers qui peuvent s’y trouver. Les parties crottées ou trop sales doivent être lavées [à part.

Pour rendre cette opération plus parfaite, après avoir trié la laine, on la place sur des claies en osier bien polies et on la bat avec de petites baguettes lisses. Il ne faut pas relever les baguettes lorsqu’on a frappé, parce qu’on lancerait la laine en l’air, mais les retirer en reculant les bras en arrière. Ce battage ôte la poussière et toutes les petites impuretés qui pourraient se trouver dans la laine. Lorsque cette opération est finie, on met tremper la laine dans des baquets remplis d’eau qui puisse dissoudre le savon. Cette condition est indispensable. On laisse ainsi la laine tremper pendant deux ou trois jours. On pourrait aussi, si l’on

avait un lieu convenable , la mettre dans de grandes mannes qu’on plongerait dans un courant d’eau et qu’on y laisserait ainsi pendant deux jours. Mais si la laine est très-fine et très-sale, il vaut mieux la laisser tremper dans le suint. Lorsqu’elle est trempée, on la porte dans des mannes au lieu où elle doit être lavée ; ce doit être un courant d’eau, une mare ou un étang dont l’eau soit parfaitement claire. Alors on prend la laine parpetites portions de 500 grammes ou de 1 kilogr. ; on la met dans des paniers tissés un peu clair, et on la soulève de temps en temps avec une baguette lisse, sans jamais la retourner, ce qui la feutrerait. Si l’eau n’est pas courante on l’agite autour des paniers, ou l’on promène vivement ceux-ci dans l’eau ; on les relève et on les replonge à plusieurs reprises. On reconnaît que la laine est propre lorsqu’elle surnage en forme de nuage dans le panier et que l’eau en sort parfaitement claire. On laisse égoutter quelques instants et on dépose la laine dans des mannes. Lorsqu’elle est un peu égouttée, on l’étend sur du gazon bien propre, sur des claies ou sur des toiles posées à terre. On la retourne à la main par petites portions, en apportant un] grand soin à ne pas la mêler.

Pour laver à chaud, on fait chauffer l’eau à 40 ou 45 degrés; on la verse dans des cuves, et l’on y plonge la laine après l’avoir nettoyée comme je l’afdit plus haut. On la laisse tremper un ou deux jours dans cette eau ; on la retire en la prenant avec de petites fourches de bois bien lisses, on la met dans des paniers, et on la laisse égoutter sur la cuve. On réchauffe cette eau en y ajoutant de l’eau bouillante ; on l’amène de nouveau à 45 degrés, et on y plonge de nouvelle laine. Le suint de la première est une sorte de savon qui sert à dégraisser da seconde. Comme les laines les plus grasses sont les plus difficiles ; à laver, il faut commencer par celles qui le sont le moins, parce i qu’elles chargent l’eau des principes nécessaires au dégraissage des autres. On rince ensuite à la rivière, comme je l’ai dit précédemment. Le lavage à chaud offre cette difficulté que, si l’eau est emiployée trop chaude, la laine trop saisie ne se dégraisse plus. Cependant le lavage à chaud est nécessaire à certaines espèces de laine que le lavage à froid ne dégraisse pas suffisammeut.

La laine doit être parfaitement sèche au moment où on la serre, et elle doit être conservée dans un lieu sec. Tant que la laine n’est Ipas dégraissée les teignes ou les vers ne l’attaquent pas; dès qu’elle IL 22

est propre, elle peut en être atteinte; il est clone indispensable do la mettre à l’abri de ces insectes destructeurs, et, si elle n’est pas bien enfermée, de la battre et de la secouer souvent, afin de ne pas les laisser s’y établir.

La toison de races à laine fine ne convient nullement pour faire des matelas; elle se sépare, se pelotonne, et les matelas, au lieu de former en quelque sorte une seule pièce, se divisent intérieurement en gros flocons qui se durcissent; de plus, cette laine ne supporte pas bien le cardage grossier qu’on est obligé de donner souvent aux matelas.

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