Maladies
Le porc est sujet à plusieurs maladies qui lui sont particulières, qui deviennent d’autant plus graves qu’il est moins bien nourri et logé, et tenu moins proprement, mais qui so montrent rarement dans les porcheries bien conduites.
A. Ladrerie.
La ladrerie, la maladie la plus commune, est incurable. Les meilleurs préservatifs sont un logement sain et sec, une bonne nourriture, distribuée régulièrement , l’habitude des bains et une grande propreté.
La chair du cochon ladre peut être mangée sans inconvénient, mais elle est flasque et se conserve mal étant salée; son lard est blanc. 11 est sage de faire examiner la langue d’un cochon avant de le mettre à l’engrais, parce que, s’il était ladre, Userait préférable de ne point l’engraisser, mais seulement de l’amener à un état qui permît de l’abattre et de le vendre à bas prix dans la campagne. De petites vésicules se montrent sous la langue et meme dans la chair des cochons ladres. Plus la langue en est chargée, plus la maladie est grave. Un ou deux grains de ladrerie sur la langue n’annoncent qu’une légère atteinte; mais sept ou huit sont le symptôme d’une lésion profonde; un plus grand nombre de vésicules met l’animal hors d’état d’être abattu.
B. Angine.
L’angine est une maladie assez commune chez le porc; on la reconnaît au gonflement inflammatoire de barrière-palais. L’animal alors respire et avale difficilement; il arrive même que les aliments lui reviennent par le nez ; il bave. Il faut, aussitôt qu’on s’en aperçoit, le séquestrer rigoureusement et le mettre à la diète blanche , c’est-à-dire se borner à lui donner de l’eau tiède blanchie avec un peu de farine, lui envelopper le cou d’une peau de mouton ou d agneau, la laine en dedans, et le tenir dans un toitchaud, garni d une abondante litière. On peut frotter la gorge avec clc l’onguent populeum. Cet état dure quelquefois huit, dix et même douze jours.
Des symptômes à peu près semblables accompagnent l’esquinancie. Alors il se forme à la gorge une tumeur qui doit se résoudre par un abcès. Il est indispensable, dans ce cas, d’appeler le vétérinaire pour ouvrir l’abcès et donner écoulement au pus. On se conforme à ses ordonnances. Ce qu’il faut éviter surtout, c’est d’appeler certains charlatans, comme on en trouve dans presque tous les villages, et qui se donnent pour fort habiles; ils font au cou de ces pauvres animaux une ouverture à tort ou à travers, que ce
soit angine ou esquinancie, et risquent très-souvent de blesser gravement le patient, en attaquant des parties non atteintes par le mal. L’angine cédera presque toujours au traitement indiqué, mais il faut savoir opérer pour ouvrir convenablement une esquinancie. Dans certains pays on appelle les mauj de gorge des porcs les mauvaises ; c’est sous ce nom que leur traitement est livré à l’ignorance.