‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 295 sur 304 · Asphyxie par le froid · texte numérisé non relu

Asphyxie par le froid

On enveloppe le malade, la tête exceptée, dans une couverture de laine, et on le transporte dans un lieu commode, mais dont on

(1) Préparation de l’eau chlorurée. Prenez :

Chlorure de chaux sec. ...... 30 grammes.

Eau 1 litre.

On verse sur le chlorure de chaux une petite quantité d’eau pour l’amener à l’état pâteux, puis on le délaie dans la quantité d’eau indiquée ; on tire la liqueur h clair et on la conserve dans des vases de verre ou de grès bien fermés.

laisse la porle et les fenêtres ouvertes, afin que la température ne soit pas plus élevée que celle de l’extérieur. On le déshabille, en coupant ses vêtements, puis on le met dans un lit non bassiné. Il faut bien se garder de V approcher, mdu feu; il serait irrévocablement perdu.

On prépare un bain avec de l’eau à la température de celle d’un puits ; on prend de cette eau de préférence, afin d’être plus certain de sa température. Après y avoir placé l’asphyxié et l’y avoir laissé pendant deux ou trois minutes, on y ajoute un peu d’eau chaude, en agitant à mesure qu’on la verse du côté des pieds ; le même espace de temps écoulé, on en ajoute encore un peu, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’on ait amené le bain à la chaleur de i 0, 15, 20, 25 degrés centigrades. Cette augmentation de température doit s’obtenir dans l’espace de trois quarts d’heure à peu près. Enfin, quand on sent le pouls se ranimer, on peut porter l’eau à 30 degrés.

Pendant que le malade est dans le bain, on lui fait sur le visage de légères aspersions avec l’eau du bain même, et des frictions sur le corps, particulièrement sur les extrémités. Si l’on n’a pas de baignoire à sa disposition, on remplace le bain par des frictions avec des linges imbibés d’eau de puits, qu’on réitère avec persévérance en faisant des aspersions sur le visage. Dès que le corps commence à devenir moins roide, on provoque la respiration par des pressions exercées de bas en haut sur la poitrine et le ventre. Lorsque le malade commence à donner des signes de vie, on l’essuie avec soin, on le place dans un lit non chauffé , et on lui fait des frictions sur tout le corps, d’abord avec des linges froids, puis graduellement avec des linges de plus en plus chauds. On chatouille l’intérieur du nez avec une barbe de *plume ou de petits rouleaux de papier imbibés d’alcali volatil allongé de trois fois son volume d’eau. On lui fait avaler le plus tôt possible quelques cuillerées d’eau froide mêlée d’un peu d’eau de mélisse ou de Cologne. Dès qu’il parait pouvoir avaler plus facilement, on lui fait prendre du bouillon et de l’eau mêlée avec du vin. On doit bien se garder des liqueurs fortes et spiritueuses ; elles sont fatales dans ce cas. Si le malade continuait à rester engourdi, on lui ferait boire de l’eau vinaigrée ; si cet engourdissement était léthargiquo, on emploierait les lavements irritants.

On applique ensuite le traitement indiqué pour les autres asphy*

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xiés. C’est, do toutes les asphyxies, celle qui offre aux opérateurs le plus de chances de succès. On cite des asphyxiés par le froid qui ont été rappelés à la vie après être restés pendant 12 ou 15 heures dans un état d’engourdissement complet.

On comprend quelle partie de ces secours serait applicable aux cas de congélation partielle.

— Asphyxie par la chaleur.

1° On commence par transporter l’asphyxié dans un endroit frais, sans être trop froid ; 2° on le débarrasse de tout vêtement qui pourrait gêner la circulation ; 3° on lui donne des bains de pieds d’eau salée médiocrement chaude ; 4° si le mal persiste, on applique huit ou dix sangsues derrière les oreilles et à l’anus ; 5° dès que le malade peut ffvaler, on lui fait boire par petites gorgées de l’eau froide acidulée par du citron ou du vinaigre (une demi-cuillerée dans un verre d’eau), et on lui donne des lavements d’eau fortement vinaigrée (quatre cuillerées pour un litre).

Le traitement est le meme lorsque l’asphyxie a été produite par 1 action du soleil, comme on le voit quelquefois arriver aux moissonneurs ; dans ce cas on met le malade à l’ombre, on attend que la sueur ait disparu, et on lui applique sur la tête des compresses trempées dans de l’eau dont on abaisse graduellement la température.

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