A liées ; bordures
L’ordre et la propreté sont les premières parures d’un jardin sans luxe. Quelque bien tenu que soit un jardin , il ne peut avoir bonne | mine si ses allées ne sont soigneusement entretenues. Le moyen le ) plus simple et le plus usité consiste à sabler les allées ; mais il ; n’est pas toujours facile de se procurer du sable. En Belgique et en j Angleterre , on y supplée par les cendres de houille , ce qui donne I au sol une couleur noirâtre assez lugubre et fait le désespoir des personnes chaussées de bas blancs. Avant d’employer soit le sable, soit les cendres ou tout autre moyen de tenir propre la surface des allées, et d’empècher la terre, par les temps humides, d’adhérer aux chaussures des promeneurs, il importe que les allées aient été sarclées avec des soins minutieux. Il est surtout une famille de plantes dont le jardinier a beaucoup de peine à se défaire , ce sont j les chicoracées qui , d’une part , poussent d’innombrables racines j vivaces pénétrant à une grande profondeur dans le sol , et , de l’autre, lorsqu’on les laisse venir à graines , se répandent de toutes I parts au moyen des aigrettes dont leurs semences sont pourvues.
I ' Si l’on sable sans avoir complètement extirpé ces plantes , elles re- ! poussent chaque fois que le sol reçoit quelque humidité , et il est I impossible de tenir les allées dans un état de propreté satisfaisant, i Bans ce cas , on s’épargne beaucoup de soins en adoptant la méthode de gazonner les allées. On y sème du gazon fin qu’on a soin de tenir très-court ; on y mêle un peu de petit trèfle blanc, et on forme de chaque côté de l’allée , le long de la plate-bande , un sentier de 40 centimèt. de large qu’on tient propre au moyen de grattages. Cet entretien est facile comparé à celui de toute l’allée, et, outre que ces petits sentiers sont d’un bon effet à l’œil , ils permettent de marcher sans se mouiller les pieds quand l’herbe est imbibée par la rosée ou la pluie. Lorsqu’on ne veut pas employer ce moyen , il faut enlever la terre des allées et la remplacer par un empierrement en cailloux ou en roche concassée , semblable à celui ’ (*ont on bût usage pour les routes à la Mac-Adam.
* , Bans un petit jardin d’agrément il faut se borner à tracer des al-
lées de largeur convenable pour trois ou quatre promeneurs de front : 3 mètres su (lisent. Les instruments de formes diverses ,
armés de roues commodes charrues, servant à ratisser les allées, + ne peuvent servir que dans les parcs ; partout ailleurs il suffit du J sarcloir à main.
Les bordures sont indispensables à la propreté des allées; outre leur effet ornemental , elles ont l’avantage de soutenir la terre et de l’empêcher d’envahir les allées ; le buis est d’un bon effet et se conserve bien ; mais il faut avoir soin de le renouveler et de le tailler assez souvent pour que la brodure soit mince , peu élevée et ne devienne pas l’asile des limaçons qui s’y multiplient énormément. Quelques personnes trouvent qu’il donne aux plates-bandes un aspect de tristesse qu’on peut éviter au moyen des bordures florifères. Celles-ci sont annuelles ou vivaces ; les bordures annuelles se sèment en place au printemps , et peuvent quelquefois être renouvelées pendant le courant de la saison; elles soutiennent mal le sol et n’offrent point assez d’égalité de végétation. Les bordures vivaces florifères sont bien préférables ; il faut avoir soin de les rajeunir assez souvent pour qu’elles n’envahissent pas plus d’espace qu’il ne convient. Telles sont les bordures de thym et d’œillets ; mignardise qui , si on les laissait faire, couvriraient bien vite une portion considérable de l’allée et de la plate-bande.
Les carrés du potager ne doivent être bordés que de plantes utiles : oseille, lavande et fraisiers. Parmi ces derniers, on choisit pour bordure les espèces qui no produisent pas de coulants, telles que le buisson de Gaillon. Ces bordures doivent être relevées tous les deux ou trois ans pour être rajeunies.