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Transplantation ; sarclages; semis

Le plantoir, le plus simple des instruments du jardinage, consiste en un morceau de bois effilé par un bout, quelquefois garni de fer pour le rendre plus durable. Son emploi est plus commode lorsque le bout opposé à la pointe , au lieu d’ètre droit, a la forme d’une crosse sur laquelle la main de l’ouvrier peut s’appuyer. Peu de jardiniers plantent avec les soins convenables. Si les trous n’ont pas été percés assez profondément, ou si le plant y a été introduit avec négligence, la racine principale se trouve repliée sur ellemême, ce qui compromet ou môme empêche absolument sa reprise. Souvent aussi les trous sont bouchés négligemment, il reste du vide à l’intérieur , la terre n’adhère pas à la racine sur toute sa longueur , inconvénient aussi grave que le premier. Les bons planteurs ont - soin de piquer leur plantoir en terre à quelques centimètres du plant, contre lequel ils pressent la terre le long de la racine, par une pression modérée. Le second trou, fait parle plantoir, reste vide pendant un certain temps ; il sert de réservoir pour l’eau des pluies et des arrosages, et finit par se combler de lui-même, sans qu’il cn résulte autre chose que du bien pour le jeune plant. Get usage devrait donc s’adopter partout. On s’assure qu’une plante est bien plantée en tirant légèrement sa tige ; si l’on n’éprouve pas de résistance, c'est que la terre n’est point pressée contre la racine, ce qui indique une plantation négligée; il faut que le plant qu’on

essaie d’arracher résiste et entraîne une portion de terre avec sa racine.

Ces détails peuvent sembler minutieux , mais ils ne sont point > mutiles: une bonne plantation influe puissamment sur les produits ue toute culture repiquée.

Le plant doit avoir toute sa racine ; s’il adhère fortement au sol , au lieu de 1 arracher avec la main, il vaut mieux, au moyen d'une ouiclie, soulever la terre par-dessous les racines qu’on obtient ainsi tout entières sans les endommager. On croit généralement

pouvoir sans inconvénient supprimer une partie des racines du ; plant en conservant toutes ses feuilles; ce sont au contraire lesj i feuilles qu’il faut rogner ou supprimer , en conservant toutes lesj I racines. Pourtant, quelques plants d’une force végétative très-éner-H gique, comme les œilletons d’artichauts, reprennent bien aveejJ très-peu ou point de racines ; ils agissent dans ce cas comme bou- il tures, mais il ne faut pas leur laisser trop de feuilles, qui, jus- j qu’à la formation des racines , feraient perdre au plant , par la transpiration, plus qu’il ne peut recevoir de la terre.

A moins que la transplantation no soit suivie immédiatement d’une pluie abondante , le plant a toujours besoin d’être arrosé. On ne doit point transplanter quand la terre est molle; la terre forme en séchant une espèce do mortier qui nuit à la plante.

Quand l’espace manque entre les lignes pour faire usage de la binette, on se contente de sarcler. Ce travail est facilité par l'emploi d’un instrument à manche court (fig. 15 et 16), dont le fer, à

Fig. 15 et 16. Sarcloirs.

peu près de la forme d’un fer de lance , sert à déraciner les mauvaises herbes qui ne cèdent pas à la main. Il sert aussi pour lever le plant destiné à être repiqué.

Le sarclage, ordinairement confie à des femmes de journée, I doit être surveillé de très-près; si , au lieu d’enlever la racine de la mauvaise herbe, on casse celle-ci près du collet de la racine , tfi elle reparaît tout aussi vigoureuse peu de jours après ; on n'a fait que la sollicitera taller du pied.

Un bon arrosage , donné le soir , prépare très-bien la terre pour les sarclages à donner le lendemain ; il ne faut sarcler ni sur une terre trop sèche , qui ne permettrait pas d’enlever les racines des plantes qu’on veut détruire, ni immédiatement après un arrosago qui laisse le sol trop amolli à sa surface. Les sarclages doivent être donnés assez à propos pour que les jeunes semis no soient point étouffés sous les mauvaises herbes qui, du reste, dans un jardin

bien tenu , où l’on a soin de ne leur pas laisser porter graine, finissent par disparaître en grande partie, à l’exception des plantes a semences garnies d’une aigrette qui , comme un parachute, leur permet de flotter dans l’air et d’être transportées à de grandes distances ; celles-là , le jardinier peut les détruire par des sarclages à mesure quelles lèvent , mais il ne peut en préserver complètement son jardin, surtout s’il est environné de cultures peu soignées.

Un bon paillis de litière ou de paille hachée , le marc de raisin et de pommes sont fort utiles aux semis ; nous en avons fait ressortir les avantages; une couche de terreau répandue par-dessus les semis est aussi d’un très°bon effet.

Les semis doivent être faits avec beaucoup de régularité ; les jardiniers inattentifs les manquent souvent par leur faute. Les graines légères ne doivent être semées que par un temps calme si l’on veut qu’elles soient également réparties sur la surface ensemencée. Les semences d’une finesse excessive , comme celles de mâche et quelques autres , ne peuvent être bien répandues que quand on les mêle avec deux ou trois fois leur volume de sable fin ou de cendre. Pour les semis en lignes, on emploie avec succès, pour ces mêmes semences , une petite fiole bouchée d’un parchemin percé de trous d’épingles. Quelques graines, garnies d’aspérités qui leur permettent de s’accrocher les unes aux autres , se prêtent difficilement aux semis réguliers ; telles sont , en particulier , les . graines de carotte. On diminue cet inconvénient en les froissant entre les doigts avec une poignée de sable.

On recouvre les semis soit par un léger binage donné avec les dents du râteau, dont les fig. 47 à 20 représentent les modèles les plus usités , soit en répandant par-dessus de bonne terre légère. Lorsqu’on se propose de semer par un temps sec, on peut humecter la terre , non pas immédiatement avant de semer, mais, par exemple, le soir, lorsqu’on se propose de semer le lendemain matin. Les semis se font en place ou en pépinière. Dans le premier cas , les précautions que nous avons indiquées suffisent pour assurer le ! succès de l’opération. Les semis en pépinière réclament des soins , particuliers. Les plantes destinées à être repiquées , se trouvant nécessairement beaucoup plus rapprochées en pépinière qu’elles ne peuvent 1 être dans les semis en place , ont besoin , pour se déveopper, d une terre plus substantielle ; la terre la meilleure doit en

core , dans ce cas , être mélangée de bon terreau ; c’est aussi avec du terreau qu’il faut couvrir les graines.

Les semis du printemps en pépinière doivent être faits à l’exposition du midi , ou tout au moins dans une situation abritée contro ce qu’on nomme vulgairement le hâle de mars. En été, au contraire, ces mômes semis veulent une situation abritée contre l’action directe des rayons solaires, et par conséquent une exposition plutôt au nord qu’au midi. Non-seulement il faut les sarcler avec soin, aussitôt que les plants ont assez de force pour ne pas être déracinés par le sarclage , mais encore il faut les éclaircir d’assez bonne heure pour ne pas permettre aux plants les plus forts d'étouffer les plus faibles.

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