‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 102 sur 325 · CHAP. ^^ APPAREIL DE LOCOMOTION · texte numérisé non relu

CHAP. ^^ APPAREIL DE LOCOMOTION

corps ; car, dans ce cas, le ventre aurait rendu ce mouvement très-borné. — Un autre muscle assujettit le bassin auquel il s'attache, tandis que les autres, placés à l'extrémité des apophyses transverses des vertèbres lombaires ou dans les intervalles qu'elles laissent entre elles, produisent l'inclinaison latérale de toate la ■ région dont ces os forment la charpente.

3° Muscles du thorax et de i' abdomen.

a)Région thoracique. —Cesmusc\esen assez grand nombre, et généralement aplatis, entrent comme parties essentielles dans la composition de la poitrine dont ils déterminent soit la dilatation, soit le resserrement, suivant ses diamètres -transverse et antéro-postérieur; l'un de ces muscles, déployé en forme d'éventail sur les côtés de la poitrine, concourt à fixer l'épaule sur les parois de cette cavité, et à suspendre le tronc entre les 2 membres antérieurs. Un autre, le plus étendu de tous et nommé diaphragme ^fornrn une cloison intérieure qui sépare la poitrine de l'abdomen. Quatre autres enfin occupent la partie inférieure de la poitrine, d'où ils s'étendent à l'épaule et au bras qu'ils concourent à fixer et mouvoir.

b) Région abdominale. — TJabdomen ou le ventre est une grande cavité viscérale, dont la structure, les dimensions et le mécanisme sont en rapport avec les fonctions des organes digestifs, pour lesquels elle est presque exclusivement destinée. Séparé de la poitrine ou du thorax par le diaphragme , et terminé postérieure ment par le bassin, l'abdomen a ses paruis inférieures et latérales formées par filusieurs grands muscles, aboutissant à de vastes aponévroses qui occupent le centre des parois abdominales inférieures. Aux portions charnues qui constituent les muscles obliques, droits et transverses, appartiennent l'extensibilité et le resserrement; aux aponévroses et à un cordon médian nommé ligne blanche, la résistance passive et l'inextensibilité des parois abdominales. A ces parties musculeuses et aponévrotiques, s'ajoute encore dans les quaarupèdes une lai-ge expansion jaune nommée tunique abdominale, faisant fonction de ligament suspenseur, opposé à la résistance continuelle représentée par le poids des viscères digestifs abdominaux.

La composition des parois abdominales est exactement la même aans tous les animaux domestiques : observons néanmoins que, eu égard au grand développement des organes digestifs, la tunique abdominale est beaucoup

f)lus développée dans les herbivores que dans es omnivores et les carnivores surtout dont le tube intestinal est étroit et court. Dans le bœuf, la ligne blanche constitue un ruban de quelques lignes d'épaisseur et de plusieurs doigts de largeur.

4° Des muscles de la tête. — Les muscles de cette partie du tronc, nombreux et généralement petits, sont disposés par groupes au voisinage de divers appareils bien distincts de celui de la locomotion, duquel on aurait peutêtre raison ne les distraire pour reporter leur étude à celle des appareils dont ils font partie.

Point de muscles pour mouvoir les uns sur les autres les os du crâne et de la mâchoire supérieure; leur union est tellement serrée

Mb

qu'ils sont pour ainsi dire immobiles dans Ifeurs rapports mutuels.

a) Muscles de l'oreille externe. — L'oreille externe, dont la forme, la position et surtout les mouvemens entrent pour une si grande part dans la physionomie des animaux, est constituée par trois cartilages désignés par les noms de conque , d'annulaire et de scuti-

Jorme, que dix petits muscles mettent en mouvement dans tous les sens.

b) Muscles de Vœil et des paupières. — Les muscles des paupières sont au nombre de trois; l'un, nommé orbiculaire, rapproche les deux paupières l'une de l'autre; les deux autres sont élévateurs de la paupière supérieure.

c) Muscles cLu^lobe de l'œil. — Le globe de l'œil est mu dans la cavité qui le contient par 7 muscles, dont 4 droits et 2 obliques.

d) Région de la face ou du chanfrein. — Les muscles de cette région, très-nombreux, sont groupés autour de la bouche et des naseaux. Les naseaux, devant rester habituellement ouverts, ont pour charpente des cartilages auxquels s'insèrent les muscles qui doivent les dilater; on ne rencontre aucune partie musculeuse capable de déterminer l'occlusion de ces ouvertures.

Dans les lèvres, les muscles s'insèrent à la peau; leur rapprochement est déterminé par un muscle constricteur, semblable pour la disposition à celui qui rapproche les deux paupières, et le mouvement des joues par un autre muscle qui double la membrane muqueuse de la bouche.

e) Muscles de ta langue. — Les principaux mouvemens de la langue sont produits par trois muscles de chaque côté, dont un la tire hors de la bouche; quelques autres mouvemens moins étendus de la langue, ainsi que les formes particulières qu'elle peut prendre, sont subordonnés à l'action des fibres propres de cet organe.

f) Muscles de f hyoïde. — Ces muscles, au nombre de 10, sont concentrés autour de ce petit appareil osseux, auquel ils font opérer des mouvemens de totalité d'élévation et d'abaissement, ou des mouvemens partiels.

g) Muscles du larynx. — Us sont au nombre de il, et distingués en dilatateurs et constricteurs,suivantqu'ilsagrandissent ou resserrent la cavité et l'ouverture supérieure du larynx, par le mouvement qu'ils impriment aux cartilages qui en forment la charpente. Indépendamment de ces muscles, d'autres, beaucoup plus étendus, sont préposés aux mouvemens de totalité de l'organe vocal. (Voyez Appareil respiratoire.)

h) Muscles du pharynx. — Ces muscles, au nombre de 14, composent la couche musculeuse de l'arrière-bouche. Ils sont dilatateur? ou constricteurs; ces derniers, en plus gi-and nombre, doivent être considérés comme les agens essentiels de la déglutition.

i") Muscles du voile du palais. — Le voile du palais est tout à la fois tendu et élevé, dans le moment où les alimens fianchissent listhme du gosier par trois petits muscles, deux latéraux et un médian.

/) Muscles moteurs de la mâchoire inférieure.— Ces muscles sont au nombre de 4 de chaque côté, leur dévelrppenient, toujours en rapport avec le mode d'alimentation des ani-

ne ANIMAUX DOMESTIQUES : AKAÏOMIE

maux, peut être aussi bien déterminé a priori dans le squelette d'un animal par la profondeur des fosses qui logent ces muscles, et l'élévation des éminences auxquelles ils vont s'implanter, que peut l'être le genre de nourriture d'un animal par la forme de ses dents t't le n)ode d'articulation de sa mâchoire inférieure.

Des trois muscles qui rapprochent la mâchoire inférieure, deux, en raison de leurs attaches, lui font en outre opérer des mouvemens de latéralité et d'arrière en avant. — L'écartement ou l'abaissement de la mâchoire inférieure, ainsi que son mouvement d'avant en arrière, sont produits par un muscle de chaque côté.

Les muscles destinés à faire opérer les mouvemens latéraux à la mâchoire inférieure soQt les plus développés dans les herbivores, et, parmi ceux-ci, dans ceux surtout qui paraissent, comme le cheval , l'âne et le mulet, devoir principalement se nourrir de grains.

Dans les carnivores, ce sont les muscles rapprocheurs qui présentent le plus grand développement.

5° Muscles de l'extrémité postérieure du tronc. — Sous ce titre, nous comprenons : 1° les muscles des organe-i génitaux du mâle et de la femelle, dont nous renvoyons l'énoncé à celui de l'appareil dont ils font partie; 2° les muscles de la queue : deux de ces muscles élèvent le coccix , deux autres l'abaissent ; deux aiitresenfin, dontun de chaque côté, font opérer à cette partie des mouvemens latéraux.

6° Muscles des membres.

Muscles des membres antérieurs. — On les divise en muscles de l'épaule, muscles du bras, muscles de l'avant-bras et muscles du pied.

a) Muscles de l'épaule. — Ces muscles, dont l'analogie avec ceux de la croupe est aussi frappante que celle qui existe entre le scapulum et l'os des iles, sont destinés aux mouvemens que le bras peut exécuter en tous sens sur l'épaule, mouvemens dont l'étendue peut être mesurée a priori par la longueur de l'épaule, et l'intensité par l'obliquité de ce rayon.

Dans le bœuf, brièveté de l'épaule, condition défavorable à l'étendue des mouvemens, mais obliquité très-grande de cette région et du bras, condition de force; ainsi, force et lenteur dans les mouvemens du bœuf; force et agilité, voilà ce qui caractérise tous les mouvemens du cheval.

b) Muscles du bras. — Ces muscles, au nombre de 8, sont destinés aux mouvemens d'extension et de flexion de l'avant-bras sur le bras. — Des deux fléchisseurs, l'un paraît, en raison de sa structure très-tendineuse, principalement destiné à maintenir le bras et l'avant-bras dans une demi-flexion, à la manière d'un gros ligament dont les fibres musculaires très -courtes ont simplement pour usage d'augmenter la tension. Les extenseurs, dont le grand développement est aussi en rapport avec la station quadrupède, occupent l'mtervalle triangulaire formé par l'omoplale et l'humérus.

A mesure que les membres anténeurs deviennent moins indispensables à la sustentalion du tronc, les muscles extérieurs diminuent de volume. — Et dans l'homme, chez

ET PHYSIOLOGIE DES ANIMAUX, mv. m.

lequel les membres supérieurs ont une autre destination, ces muscles sont à leur minimum de développement.

c) Muscles de Cavant-bras. — Ils forment deux régions : l'antérieure comprend 4 muscles, dont deux étendent le canon, et deux autres le pied; la région postérieure se compose de 5; 3 fléchissent le canon et les deux autres le pied. Tous ces muscles, dont on apprécie le grand développement et la force, par la largeur de l'avant-Dras à son extrémité supérieure, se terminent inférieurement par des tendons, dont le glissement sur despoulie.s de renvoi favorise l'action des puissances auxquelles ils font continuité.

■d) Muscles du pied, pris dans une acception générale. — Les muscles du pied, au nombre de 4, sont tellement grêles, et leur étude offre si peu d'importance, que nous n'en eussions pas même fait mention si leur titre n'eût pas dû nous conduire tout naturellement à dire un mot sur la disposition si admirable des appareils ligamenteux et tendineux propres à cette région du membre, dont l'agencement réunit tout à la fois tant de souplesse et tant de solidité.

Parmi les ligamens, les uns placés sur le côté des articulations maintiennent les os dans leurs rapports mutuels, sans gêner, en rien les mouvemens alternatifs d'opposition qu'ils doivent exécuter les uns sur les autres; les autres, appliqués sur la face postérieure de ces mêmes os, el étendus de l'un à l'autre, suivant l'axe du membre, depuis le genou jusqu'.iu petit sésamoïde inclusivement, forment une succession de soupentes ( que l'on me passe ce mot) qui supportent constamment la plus grande partie du poids du corps. A ces ligamens formant déjà un appareil de suspension d'une très-grande force, s'ajoutent les tendons fléchisseurs dont le volume, beaucoup plus considérable que celui des extenseurs, indique bien évidemment que ces organes ne sont pas seulement destinés à transmettre l'action musculaire à la partie qui doit être mise en mouvement, mais qu'ils ont encore, et surtout pour usage essentiel, d'augmenter la somme de résistance que doit présenter l'appareil de suspension sur lequel le corps fait son principal appui. Indépendamment de cet appareil qui existe également, mais avec quelques modifications, dans le bœuf et le mouton, on trouve dans l'espace interdigité de ces animaux, des ligamens qui préviennent un trop grand écartement des doigts.

Muscles des membres postérieurs. — Ces muscles, généralement plus volumineux et plus favorisés sous le rapport de l'insertion, que ceux des membres antérieurs avec lesquels ils ont du reste de nombreuses analogies, peuvent être divisés en muscles du bassin, muscles de la cuisse, muscles de la jambe et muscles du pied.

Qu'indiquent ces conditions de force plus développées dans ces muscles, si ce n'est cette spécialité d'action des membres postérieurs dont nous avons déjà fait mention, en examinant comparativement la charpente osseuse dans les deux bipèdes ?

a) Muscles du bassin ou de la croupe. -- Cette région, qui correspond à l'épaule, com-

APPAREIL DK LA DIGKSTION.

crantant plus

criAP. r'".

prend G muscles principaux, 3 de chaque cote, dont l'étendue et l'intensité di^ contraction sont subordonnées à la longueur, ainsi qu'à la direction de l'os des iles. Ces muscles, dont les attaches postérieures et intérieures ont lieu au côté externe de l'extrémité supérieure du iémur, sont tout à la fois extenseurs, abducteurs et rotateurs de la cuisse; trois autres productions charnues, placées l'une à la suite de l'autre, et provenant de la région crurale postérieure, complètent la masse musculeuse de la croupe.

b) Mu.: des de la cuis.fe et de la fesse. — Ces deux parties du membre postérieur, que nous croyons devoir réunir, correspondent au bras; les principaux muscles qu'elles comprennent peuvent être divisés en trois régions. L'antérieure ou rotulienne se compose des muscles qui produisent l'extension de la jambe sur la cuisse en prenant leur point d'appui, soit sur l'os des iles, soit sur le fémur, et allant s'insérer à la rotule. La région crurale postérieure, ou poplitée, comprend trois grands muscles antagonistes des précédens.

Enfin, la région crurale interne, ou souspelvienne, se compose de 8 muscles, dont les uns produisent l'adduction, et les autres la rotation de la cuisse.

c) Muscles de la jambe. — Ils correspondent exactement à ceux de l'avant-bras, tant pour le nombre que pour la disposition et les usages. Des 3 muscles qui occupent la face antérieure et le côté externe du tibia, deux sont extenseurs du pied; le troisième fléchit le canon. Des 6 autres situés sur la face postérieure du même os, 3 fléchissent les phalanges, un fléchit la jambe, et deux, insérés de la manière la plus favorable, étendent le jarret ainsi que le pied.

Les diverses parties du pied postérieur, pris dans une acception générale, sont identiques sous tous les rapports à celles du pied antérieur, à l'article duquel nous renvoyons.

7° Muscles peaussiers ou .sous -cutanés. — Ce sont de grandes expansions musculeuses

aui doublent la peau dans certaines parties e son étendue. Ces muscles, dont le grand développement semble suivre l'imperfection dans les organes du toucher, se rencontrent à la tète, au cou, sur l'épaule, les côtés de la poiti'ine et du ventre, c'est-à-dire sur les régions du corps oii les animaux ue peuvent agir que frès-diflicilemenl;cesont |)récisément eux qui font opérer à la peau ces trémoussemens, à l'aide desquels les animaux cherchent à se déharrasser des corps dont le contact leur est incommode.

Section ii. — Appai-eil de la digestion.

Parmi les organes qui composent cet appareil, les uns forment un long canal étendu de la bouche, qui en constitue Ventrée, à Vanus., qui en est l'ouverture postérieure et la terminaison; les autres, annexés à certaines parties de ce canal, versent dans son intérieur différens fluides.

Le canal digestif ov. alimentaire reçoit les substances dont l'animal se nourrit, les élabore, et en extrait par inhalation la partie essentiellement réparatrice. Sa longueur^

AGRICULTCnE.

considérable qu'il existe une plus grande différence entre la composition chimique des alimens dont l'animal se nourrit, et celle de ses organes, est à son maximum d étendue dans les animaux herbivores, moindre dans les omnivores, et beaucoup moindre encore dans les animaux carnivores. 11 semble constant aussi que sa dimension en largeur balance jusqu'à un certain point la dimension en longueur. C'est au moins ce que démontre 1 examen comparatif du canal digestif dans le cheval et le bœuf, animaux d'espèces différentes, mais également herbivores; chez le dei'uier, le canal alimentaire est plus long, mais d'un calibre moins considérable que celui du cheval : ainsi donc, un tube digestif d'une grande capacité serait généralement moins long qu un canal étroit.

Dans les individus d'une même espèce, le canal alimentaire n'a pas non plus un calibre unifo! me dans tous les points de son étendue; ICI il offre des rélrécissemens, là des renflemens.

Situé en dessous de la colonne vertébrale, à laquelle il est attaché dans diflérens points de son étendue, le canal digestif commence à la lace, traverse le cou et le thorax, pénètre ensuite tlans la cavité abdominale dont il occupe la majeure partie, et se termine en dessous du coccyx. A son origine, il a des connexions avec les organes de la respiration, et avec les organes génitaux et urinaires à sa terminaison.

Ses parois sont essentiellement constituées par deux couches superposées, l'une charnue et l'autre muqueuse, auxquelles s'ajoute, comme accessoire dans la cavité abdominale, une tunique séreuse qui favorise l'ampliation et le glissement des différens organes qu'elle revêt et unit.

Généralement formée de deux plans de fibres, les unes longitudinales et les autres circulaires, la couche musculeuse presse et fait cheminer les substances alimentaires dans l'intérieur du canal digestif.

Outre les caractères généraux des membranes à la classe desquelles elle appartient, la muqueuse digestive offre encore des différences anatomiques et fonctionnelles que nous exposerons en temps et lieu.

Une immense quantité de vaisseaux et de nerfs complètent la structure de cet appareil dont toutes les parties sont liées par les plus étroites sympathies.

On divise le tube digestif en deux parties : la première se compose de tous les organes situés hors de la cavité abdominale, la seconde de ceux situés dans l'intérieur de cette cavité; la bouche, la membrane buccale., les lèvres, les joues, le palais, le voile du palais, la langue, les dents, les gencives, les glandes salivaires annexes de la bouche, le pharynx et Vœsophage, tels sont les différens organes compris dans la première division; la seconde comprend V estomac, V intestin, \eJoie, la rate, le pancréas^ enfin Vépiploon et le mésentère, moyens d'union et de communication des divers organes qui occupent la même cavité.

178 ANIMAUX DOMESTIQUES : ANAÏOMIE § l«f. — De la bouclie et de ses dépendances

La bouche commence l'appareil digestif.

C'est une cavilé oblonguc coiniTise entre les deux mâchoires. Une ouverture antérieure la fait communiquer au dehors, une autre ouverture postérieure établit sa communication avec le pharynx. Cette cavité, dans laquelle s'opèrent la mas ticdtion, \a f^ustation, Viiisa- Itvation, et le commencement de la dc^luiition, est circonscrite supérieurement par le palais, inférieuremeul par la langue, antérieurement par les lèvres, piistérieurement par le voile du palais, et latéralement par les joues. —Une portion de la muqueuse digestive, nommée membrane buccale, en tapisse l'intérieur. l\pmar(|uable dans les herbivores par sa densité et l'épaisseur de sa couche épidermique,qui l'empêchent d'être entamée à tout moment par les substances très-dures dont ces animaux se nourrissent, cette membrane a sa surface libre sans cesse imprégnée d'un mélange de mucus et de salive dont la quantité augmente d'une manière notable pendant la mastication; dans Its ruminans, la muqueuse de la bouche est hérissée çà et là de grosses papilles coniques.

r Des lèvres. — Les lèvres, au nombre de deux, l'une supérieure et l'autre inlérieure, sont deux espèces de demi-voiles contractiles qui circonscrivent l'ouverture antérieure de la bouche; de leur réunion résultent deux angles arrondis nommés comniùsures. Les lèvres sont formées à l'extérieur par la peau, qui est mince, très-sensible, et recouverte de deux sortes de poils. En dessous de la peau l'on rencontre une couche musculeuse. A l'intérieur, les lèvres sont tapissées par la muqueuse buccale. , , , . ,

Les lèvres forment à l'entrée de la bouche une espèce de chaussée qui empêche l'écoulemenl de la salive au dehors.

Dans le cheval, la lèvre supérieure sert à la préhension des alimens.

Dans le bœuf, les lèvres sont très-denses et fort peu mobiles. Lasupérieure forme le mutle, partie humectée, dans l'état de santé, d'un liquide limpide,qui s'accumule en gouttelettes à sa surface.

Dans le mouton la lè\re supérieure est divisée par un sillon.

Dans le porc, cette même partie concourt à former le groin.

•2° Des joues. — Elies forment les parois latérales de la bouche. Leur organisation résulte, comme celle des lèvres, de la superposition de trois couches : une externe cutanée, une moyenne musculeuse, et une interne muqueuse.' Dans leur action les joues poussent incessamment les alimens sous les dents molaires.

3» Du palais. — Le palais forme le plafono de la bouche; on y remarque des rugosités transversales et arquées qui paraissent avoir pour usage de retenir les alimens dans la cavi'é buccale. Une portion des maxillaires supérieurs, un lacis de vaisseaux veineux, deux grosses artères et deux nerfs sont, avec la muqueuse delà bouche, les principales parties qui composent le palais, sur lequel la langue prend un point d'appui dans la déglutition.

ET PHYSIOLOGIE DES ANIMAUX, i.iv. m-

Dans le bœuf, les rugosités palatines sont doubles et denticulées.

4" Des gencives. — On désigne sous ce nom les diverses portions Irès-denses et comme festonnées de la membrane buccale qui entourent les dents à la base de leur partie libi'e.

5° De la langue. — Cet organe, essentiellement musculeux, est situé dans la bouche, en regard du palais, contre lequel il s'applicjue lorsque les deux mâchoires sont rapprochées. Flottante dans son tiL'rs antérieur, la langue est fixée dans le reste de son étendue à l'os hyoïde ainsi qu'au maxillaire inférieur, tant par des muscles que par des replis muqueux, dont l'antérieur, le plus considérable, porte le nom dejîlct ou /rein.

La langue est formée de fibres musculaires qu'enveloppe la membrane muqueuse de la bouche.

Les mouvemens de cet organe sont relatifs dans le cheval comme dans la plupart des animaux domestiques, à la mastication, à la succion et à la déglutition; dans le bœuf, elle sert en outre à la préhension des alimens; aussi, pour répondre à ce dernier usage, la langue du bœuf est-elle plus fortement organisée que celle des autres animaux, et a-t-elle sa surface armée d'une multitude de pointes cornées, faisant l'office de crochets, qui pénètrent, saisissent et attirent les alimens.

6" Des dents. — Ces |>arties, dont il sera fait une description très-détaillée en traitant de l'âge, sont les instrumens passifs mais immédiats de la mastication.

7° Du voile du palais. — Le voile du palais est une sorte de soupape d'une structure tout à la fois membraneuse, glanduleuse et musculaire, qui sépare plus ou moins complètement la bouche, à l'exlrémité postérieure de laquelle elle est suspendue, du pharynx et des cavités nasales, hors le moment de la déglutition.

Dans le cheval, l'étendue et les rapports de cette soupape avec l'épiglotte sont tels que la respiration et le vomissement ne peuvent s'effectuer, dans les cas ordinaires, que par les cavités nasales; aussi est-ce sans doute pour obvier à cet inconvénient que la nature a accumulé, tant dans l'œsophage que dans l'estomac, une foule de dispositions et de particularités d'organisation qui rende'nt, sinon impossible, du moins extrêmement difficile dans le cheval le retour des substances alimentaires de l'estomac dans l'arrière-bouche.

Cette soupape, qui se soulève activement pour fermer l'ouverture gutturale des naseaux pendant la déglutition pharyngienne, a sans doute aussi une influence très-grande sur le timbre de la voix du cheval, pnisqu'en raison de son étendue elle foice tout l'air expiré à passer dans les cavités nasales.

§ M. — Des glandes salivaires.

Ces glandes, au nombre de six, trois de chaque côté, ont la même organisation et des fonctions tout à fait identiques; des canaux excréteurs, multiples à leur origine, versent dans la bouche la liqueur qu'elles sécrètent : cette liqueur, nommée salive, se mêle aux alimens, les pénètre, élève leur température et les prépare aux élaborations qu'ils doivent subir ultérieurement.

CB.vr. rv APPAREIL DE

Les noms de purolidc, maxillaire et suhlinf^iifilf^ donnés aux glandes salivaires, sont reîatifs à leur position seulement.

1^ De la glande parotide. — La parotide est h plus voUunineuseel la plus superficielle des glandes salivaires ; elle occupe le côté de l'articulation de la tête avec le racliis depuis la base de l'oreille jusqu'au niveau du larynx. Sou canal excréteur, après un trajet assez long, vient s'ouvrir dans la bouche au niveau de Va 3* dent molaire supérieure.

2° De la glande maxillaire. — Elle est si- , tuée sur les côtés du larynx, en dessous de la parotide, de laquelle la sépare une cloison aponésrolique; son conduit excréteur vient s'ouvrir dans la bouche, sur le côté du demi-canal qui soutient la partie libre de la langue, en dessous d'un petit mamelon fibro-muqueux, que Ton nomme barbillon.

3" De la }:^lande sublinguale. — La glande sublinguale est la plus petite des glandes salivaires; elle est située sur le côté de la langue en arrière du frein el immédiatement en dessous de la muqiieuse buccale; en tirant la langue hors de la bouche, o:i aperçoit une crête mamelonnée sur laquelle viennent s'ouvrir les canaux excréteurs de celte glande.

S m. Du pharynx.

Le pharynx est une sorte de vestibule à parois musculo-membraneuses dans lequel viennent s'ouvrir la bouche, le larynx, l'œsophage, les cavités nasales et les conduits gutturaux du tympan.

Organe principal de la déglutition, le pharynx sert encore k la modulation de la voix.

§ IV. — De l'œsophage.

L'œr.ophage est un canal membraneux, dilatable et contractile, qui s'étend du pharynx, en traversant le cou, la poitrine et le diaphragme, jusquà l'estomac. Le long du cou il est successivement en rapport avec la face postérieure et le côté gauche de la trachée. Deux membranes superposées, l'une charnue et l'autre muqueuse, blanche et plissée, en forment les parois.

Ce canal est destiné au transport actif des alimens de l'arrTère-bouche dans l'estomac.

Dans le cheval, la membrane charnue de l'oesophage forme, en augmentant considérablement d'épaisseur depuis la base du cœur jusqu'à la terminaison de ce conduit, une espèce de long sphincter qui rend sinon impossible, du moins extrêmement difficile, le l'etour des substances alimentaires de l'estomac dans l'arrière - bouche. Cette particularité ti'organisai.ion parait subordonnée à la disposition du voile du palais, puisqti'elle ne se fait point remarquer dans les animaux qui jouissent de la faculté de vomir par la bouche, en raison du peu d'étendue de cette soupape.

§V.— Des organes digestifs renfermés dans la ravitc abdoiiiinale.

L'abdomen, dont les dimensions, l'organisation et le mécanisme sont en rapport avec le volume et les fonctions des organes creux qui y sont renfermés, est la plus grande des cavités splanchniques.Une membrane séreuse, nommée //e>/Vo/«(°, la tapisse et se replie pour

Page 1