LA DIGESTION
former, 1" des liens, qui ont reçu les noms d'épiploons et de mcsemères; 2° des enveloppes plus ou moins complètes, aux différens viscères qu'elle contient: Les hypocondres, les flancs, les lombes, les aines, forment, avec le bassin, les principales régions de cette cavité. \° De l'esLoniae. — L'estomac est situé profondément en dessous de la région lombaire, contre le côté gauche de la face postérieure du diaphragme, et en dessus des courbures du gros intestin, qui le tiennent constamment éloigné des parois abdominales inférieures. La forme de ce viscère est telle que l'on peut y distinguer deux courbures, une petite, au milieu de laquelle s'insère l'œsophage, et une grande, à laquelle la rate est attachée; deux sacs, un droit et l'autre gauche: deux orifices, un oesophagien toujours fermé, et l'autre in^
' testinal toujours béant. La membrane muqueuse qui tapisse l'intérieur de ce viscère diffère sous le double rapport de son organisation et de ses fonctions dans les deux sacs. L'estomac du cheval, qui paraît unique au premier abord, est donc réellement double; car ce qui doit servir surtout à établir la pluralité des estomacs, c'est moins l'existence de plusieurs compartimens, que les différences anatomiques et fonctionnelles de la muqueuse qui en revêt l'intérieur. — La transformation des alimens en chyme, tel est le résultat de la digestion stomacale, qui s'effectue entièrement dans le sac droit, le gauche n'étant réellement qu'un lieu de dépôt <t de préparation.
La figure 80 représente l'estomac du che-
Fig. 80
val, ouvert de manière à faire voir les deux sacs intérieurement.
A Portion de l'œsophage; B portion duodénaie de l'intestin grêle; D la rate; CE le sac gauche; F le sac droit.
Dans les ruminans, l'estomac présente quatre compartimens que l'on peut physio-
180 AMMATTX DOMESTIQI'F.S : AiNATOMIE logiqucmenl réduire à deux, comme dans le rhi;vîil. Les trois premiers, connus sous les noms de nmien, réseau ctj'cuil/et, correspondent an sac gauche de l'estomac du cheval; ce sont des réservoirs dans lesquels les substances alimentaires, mises en dépôt, subissent diverses élaborations qui les préparent à recevoir ultérieurement Faction du quatrième, dans lequel s'opère la chymification ou la digestion stomacale proprement dite. Ces fjuatre l^oches stomacales, qui remplissent à elles seules la majeure partie de la cavité abdominale, communiquent tant entre elles qu'avec l'œsophage, qui se continue de l'une à l'autre, au moyen d'un demi-canal nommé /;outtière œsoph agi en n e .
Le rumen, le premier et le plus grand des compartimens de l'estomac, que j'appellerai préparateur, repose sur les parois intérieures de l'abdomen. Il est divisé en deux sacs, un droit, sur lequel reposent la caillette et la masse intestinale; et un gauche, qui est immédiatement eu rapport avec les parois du Hanc du même côté. A l'extrémité antérieure de ce dernier sac se trouvent deux ouvertures : l'une supérieure, par laquelle se termine l'œsophage; l'autre mférieure, beaucoup plus large, par laquelle le rumen communique avec le réseau. C'est dans le rumen que s'accumulent les substances alimentaires qui doivent remonter dans la bouche pour y subir une nouvelle et plus parfaite mastication.
Le réseau^ ainsi nommé à cause de la disposition réticulée des plis que forme sa membrane muqueuse, est situé eu dessous de l'extrémité antérieure du sac gauche du rumen. 11 communique avec la gouttière œsophagienne, avec le rumen et le feuillet.
Le troisième estomac ou le feuillet, d'un volume un peu plus considérable que le rt;seau, est situé sur l'extrémité antérieure du sac droit du rumen Sa cavité intérieure, divisée en ime multitude de compartimens, dans lesquels se tassent les alimens par des duplicatures muqueuses mamelonnées et actives, communique avec la gouttière osophagienne, le réseau et la cailh-tie.
Ce dernier réservoir, situé sur li afce supérieure du sac droit du rumen, diffère des autres estomacs, non-seulemenl par sa forme et sa position , mais encore et surtout par la structure et les fonctions de la meml)rane muqueuse qui en formele revêtement interne. Cet estomac, qui correspond au sac droit de celui du cheval, est l'organe essentiel de la chymification ou de la digestion stomacale proprement dite. Il communicjue avec la gouttière œsophagienne, le feuillet et l'intestin grêle qui lui est continu.
La gouttière œsophagienne ou, en d'autres termes, ce demi-canal bordé de deux grosses lèvres, par lequel l'œsophage se continue et s'ouvre dans les quatre poches stomacales, apporte, dans la déglutition des substances alimentaires, certaines particularités que nous allons indiauer. Ainsi, un bol alimentaire, composé de substances incomplètement broyées, surmontant indubitablement la résistance
Sue lui opposent les deux lèvres de la goutère œsophagieime, qui ne sont que con tiguës, tombera nécessairement dans le rumen. Si les substances dégluties sont prises à grandes
F:T PHYSIOLOGIE DES ANIMAUX, nv. m.
gorgées, quoique liquides, elles arriveront tout à la fois dans le rumen, le réseau et la caillette. Mais si ces mêmes liquides sont avalés à petites gorgées et sans précipitation, il» n'écarteront que très-peu, ou point, les lèvres de la gouttière œsophagienne et parviendront prcsqu'en totalité dans la caillette.
La (Igure ci-jointe {Jig. 81 ) représente les
Fig. 81.
estomacs des ruminans vus par la face supé rieure.
A le rumen; B sac gauche du rumen'; C sac droit du rumen; D l'œsophage à sa terminaison; E le réseau; Fie feuillct;G la caillette; H origine de l'intestin grêle; I la rate.
S VI. —De 1 intcsiiii.
L'intestin est ce long canal replié un grand «lombre de fois sur lui-même qui s'étend de l'estomac à l'anus. On le divise en intestin grêle et en gros intestin, distinction basée non-seulement sur des différences de calibre, mais encore et surtout sur des spécialités d'organisation et de fonctions; c'est dans l'intestin grêle que se fait l'absorption du chyle, tandis que le gros intestin est le réservoir dans lequel se fait la défécation, ou la transformation des substances alimentaires en matières fécales.
a) De l'intestin grêle. — L'intestin grêle qui comprend toute cette longue portion étendue du pylore au cœcum, est situe dans le flanc gauche, et suspendu à la région lombaire par un long mésentère. On le divise en tre-s portions. La première est nommée duocIé>..im ou portion gastrique, la deuxième, portion //o/?<7«^(', et la troisième. yVy///?«/7^ ou portion cœcale. C'est dans l'intestin grêle, et principalement dans la portion flottante qui a le plus d'étendue, que se fait l'absorp-
cnxp. I". APPAREIL DE LA
lion (lu chyle, substance essentiellement nutritive qui est pompée par les villosités de la muqueuse intestinale, puis transportée dans les Veines par un ordre ue vaisseaux lyiupathiques, nommés chylifères.
b ) Du gros intestin. — Le gros intestin comprend deux parties bien distinctes, le caecum et le colon.
Le cœcum est un grand réservoir bosselé et terminé en cul-de-sac, étendu depuis le flanc droit, le long de l'hypocondre du même côté, jusque dans la région sternale où il aboutit par sa pointe qui est flottante dans une étendue d'un pied environ. A l'intérieur du cœcum se remarquent: 1° des duplicatures muqueuses nommées valvules conni ventes, dont l'usage est de retarder le cours des substances alimentaires; 2" deux ouvertures, celle de l'inlestin grêle, et celle du colon.
Le colon, portion la plus longue du gros intestin, s'étend du cœcum au rectum, qui n'en est que la terminaison. On le divise eu deux parties distinctes par leur position, leur volume et leur mode d'attache.
La première, remarquable par son volume et ses courbures, est nommée cœc.o-gasirifjuc ou encore portion repliée du colon. Elle commence à la base du cœcum et se termine derrière l'estomac, en donnant naissance à la seconde portion.
Celle-ci, nommée irrégnlière ou flottante, est située dans le flanc gauche avec l'intestin grêle et attachée à la région sous-lombaire par un mésentère quia reçu le nom de mésocolon.
Aux circonvolutions que décrit le colon dans le flanc gauche, succède enfin une portion droite et non bosselée, nommée rectum, qui occupe la partie supérieure du bassin et termine le tube digestif.
Le gros intestin peut être considéré comme un vaste réservoir dans lequel les substances alimentaires prennent tous les caractères des matières fécales que le rectum tient en dépôt, jusqu'à ce que leur présence dans cette dernière portion intestinale ait déterminé une sensation qui porte les animaux à s'en débarrasser.
Le tube intestinal des ruminans, plus long mais plus étroit que celui du cheval, occupe le flanc droit. Le colon, dont le calibre surpasse à peine celui de l'intestin grêle, au-dessus et dans le mésentère duquel il décrit plusieurs circonvolutions, ne présente ni bandes , tîharnues ni bosselures, non plus que le cœcum, qui a peu de capacité, et dont la pointe regarde l'entrée du bassin. — Les fonctions des différentes portions du tube digestif sont d'ailleurs exactement les mêmes que dans les herbivores monogaslriques.
§ VII. — Organes annexés au canal intestinal.
Les organes annexes à la portion du canal alimentaire renfermée dans la cavité abdominale, sont le/bie, la rate et le pancréas.
1 ' Le foie est une glande tres-volumineuse déforme irrégulière, destinée à la sécrétion de la bile. Moulé sur le centre aponévrotique du diaphagrame, auquel l'attachent plusieurs ligamens, le foie est formé d'un tissu granuleux, brunâtre ou jaunâtre, essentiellement vasculaire. C'est de la face postérieure de l'or-