‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 115 sur 325 · I. De l'encolure · texte numérisé non relu

I. De l'encolure

C'est une conséquence nécessaire de la loi d'harmonie et d'accord qui préside au développement de toutes les parties, que la conformation de l'encolure soit en rapport avec celle de la tête. Si nous jetons en effet les yeux sur les animaux de race distinguée, que l'on considère comme des types de la belle nature, nous admirons en ^ux celte noblesse de maintien, cette attitude élevée que l'encolure donne à la tête; mais ce qui nous frappe surtout dans l'examen de ces beaux modèles, c'est la variété qu'ils présentent dans la conformation de leur encolure. Autant de races, en effet, autant de formes différentes, portant toutes avec elles la raison de leur manière d'être, en .sorte qu'on ne peut ici, comme |iour beaucoup d'autres régions du corps, tracer d'une manière absolue le dessin de la belle conformation. On doit se contenter de contempler la nature dans ses œuvres variées, et chercher seuleuîcnt à pénétrer dans les rai-

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DIVISION DU C HEVAL.

sons des bcaules qu'elles nous présentent. Il est cependant une forme que, d'un aveu commun, l'on considère comme belle, c'est celle que Bufkox a donnée au cheval, dont il a peint le magnifique portrait, et que nous retrouvons dans les animaux de race turque, persane, navarraine ou limousine. Chez eux, l'encolure est rouée dans sa forme, c'est-àdire que son bord supérieur, dont s'échappe la crinière, s'élève en ligne droite en sortant du garrot, et suit en approchant de la tête une direction curviligne ; tandis que le bord inférieur s'étend, sans former de courbure, du poitrail à la gorge.

Dans les chevaux espagnols , l'encolure présente dans ses courbures les gracieuses ilexions du cou du cygne; elle est pyramidale tlans les chevaux de race anglaise ou normande, c'est-à-dire que ses deux bords s'étendent en ligne droite, en convergeant l'un vers l'autre, du corps à la tète.

Enfin, dans le cheval arabe, le rheval-pèie, l'encolure est renversée^ c'est-à-dire que son bord supérieur décrit, en s'étendant du garrot à la nuque, une courbe dont la convexité est en bas, tandis que le bord inférieur présente une courbure en avant. C'est principalement dans les encolures ainsi conformées que l'on observe en avant du garrot une dépression plus ou moins profonde, que l'on a désignée sous le nom de coup de hache.

Dans le cheval libre, le cheval tel que l'a créé la nature, toutes ces conformations sont belles; mais, dans l'état de domesticité, on a dû préférer pour certains services telle forme |)lutôt que telle autre, attacher conséqucminent à celte forme une idée de beauté, et considérer comme défectueuse toute manière d'être différente. C'est ainsi que les hippiatres ont toujours recherché dans le cheval de selle une encolure rouée, parce que c'est elle qui donne à la tête celte attitude perpendiculaire si favorable à l'action de l'embouchure.

Dans les chevaux aux allures trides et cadencées, tels que les chevaux de manège ou de parade, on considère comme une beauté la gracieuse encolure de cygne; tandis que, dans le cheval de promenade, aux allures rapides, on préférera l'encolure droite et pyramidale du cheval anglais. Enfin, celte encolure renversée, que les hippiatres considèrent avec raison comme défectueuse dans le cheval de selle, devra être recherchée comme une beauté caractéristique dans le cheval de course, car cette conformation donnée par la nature aux animaux coureurs est la plus favorable à la rapidité des allures.

Il est vrai de dire, cependant, qu'il existe dans la conformation de l'encolure, des beautés et des défectuosités absolues. Quelle que soit la forme qu'affecte cette région, les muscles doivent en être énergiquement développés dans les limites que permet l'harmonie des proportions. C'est dans le cheval de trait seulement que l'exagération même du volume musculaire doit être considérée comme une beauté, car elle est tout à la fois l'expression d'une force grande et d'un grand poids. Par sa force, Tencolnre soutient avec plus d'avantage le poids de la tête et de l'énorme collier dont ■ nn la charge; et, comme les chevaux destinés au tirage ne pf'uvenl efitiv.iner à leur suite les

fardeaux auxquel:» on les attache, que |)ar l'action combinée de leur poids et de leur force musculaire, qui s'exerce sur le collier ou la bricole, on voit que plus leurs régions seront volumineuses et pesantes, plus ils seront favorisés.

Outre les muscles qui servent de base à l'encolure, les vaisseaux sous-cutanés de celte région doivent être bien apparens sous la peau fine qui les revêt. Il faut qu'elles soient bien prononcées, ces excavations longitudinales que l'on observe sur l'une et l'autre de ses faces, et que l'on désigne sous le nom de gouttières des Jugulaires, du nom des veines qui en occupent le fond. Il faut enfin que l'encolure soit, comme on le dit, bien sortie, c'est-à-dire que sa réunion avec le thorax ne soit tracée que par des démarcations peu frappantes. D'après cela, on devra considérer comme défectueuse dans celle région, la maigreur de ses muscles, qui la font paraître grcle cl décharnée. Cette conformation se fait cependant assez souvent observer chez les chevaux anglais de course; mais, dans ces animaux, l'énergie de contraction des fibres musculaires supplée à leur nombre, et annulle les effets de cette défectuosité.

L'encolure penchante, caractérisée par le développement graisseux de son bord supérieur, que l'excès de son poids entraîne avec la crinière sur l'une ou l'autre de ses faces, doit être aussi considérée comme bien défectueuse. Rien n'est i)Ius dangereux, en effet, que les plaies dont peut être le siège le tissu lardacé qui lui sert de base.

Enfin, lorsque le bord inférieur de l'encolure forme avec le poitrail un angle bien prononcé, qu'entre elle et les épaules la démarcation s'établit d'une manière brusque et saillante, que le coup de hache est profondément marqua, c'est une défectuosité grave qui nuit à l'apparence du cheval, et qu'on exprime en disant que l'encolure esi fausse, mal sortie, ou mieux encore, qu'elle est^c/^eV dans le thorax.

La crinière, qui orne le bord supérieur de l'encolure, est plus ou moins épaisse, plus ou moins longue, plus ou moins fine et soyeuse, suivant la race de l'animal. Elle est en général moins épaisse et moins touffue dans les jumens et dans les animaux qui ont subi de bonne heure la castration, que dans ceux qui sont entiers; c'est principalement chez ces derniers, surtout les gros chevaux de Irait, que l'on observe au bord supérieur de l'encolure des plis transversaux plus ou moins protonds creusés dans ré[)aisseur du tissu lardacé qui lui sert de base. La^peau de ces plis devient souvent le siège d'une gale assez rebelle, connue sous le nom de roux-r>ieux.

La crinière est quelquefois double dans les gros chevaux de trait. Les crins qui la composent ombragent alors l'une et l'autre face de l'encolure. Quelquefois ou la taille en brosse dans les petits chevaux poudys.

L'encolure peut être tarée, soit par des traces de sétons sur ses faces latérales, soit par de mai'iiues de feu ou des cicatrices dans le fond de la gouttière des jugulaires. Les unes et les auti-es de ces tares sont graves ; les séîons ! ne se pincent en effet sur celle région qui?

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clans le cas de maladies fort redoutables, telles que la morve, la fluxion périodique, et l'on n'a recours le plus souvent à l'application du feu «jue pour faire fondre les engorgemens dont la gouttière peut être le siège à la suite de llnumbus ou d'ulcération de la veine; les cicatrices, enfin, sont les traces d'opérations qu'ont pu nécessiter ces deux derniers accidens, dont la gravité est très-grande, parce qu'i Is ont presque toujours pour conséquence l'oblitération de la jugulaire.

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