II. — Des subdivisions de la tête
Ces subdivisions sont dans le plan médian, le toupet, le Jront, le chanfrein, le bout du nez, la bouche et ses annexes, la barbe et Y auge ; sur les parties latérales, les oreilles, les tempes, les salières, les jeux, les joues, les naseaux et les ganaches.
a) Le toupet est un bouquet de poils qui .se détachent de la crinière enlre les deux oreilles, et viennent flotter sur le front.
b) L.e front et le chanfrein forment la face antérieure de la tête. Ils portent quelquefois les traces du feu et de la trépanation, qui doivent toujours donner à penser que le cheval qu'elles tarent a été traité pour une maladie très-grave.
c) Le bout du nez, situé entre les deux naseaux, porte souvent dans les chevaux faibles sur leurs membres des excoriations qui attestent leurs chutes.
d) Des oreilles. De toutes les parties de la tête, les oreilles sont, avec les yeux, celles qui donnent à la physionomie le plus de jeu et de mobilité. Examinez en effet ces organes dans un cheval de race distinguée : bien proportion-
riiAP.2. DIVISION
noes, peu distantes l'une do Tautre, diaphanes, libres dans leurs niouvemens, hardies dans leur position, les oreilles accompagnent bien la tète et contribuent à lui donner de la noblesse et de l'énergie. Voyez au contraire comme, dans le ciieval qu'on appeilevulgaireniento/-ei7/<^z/-i/, ton te la physionomie emprunte un air de stupidité à la l'orme et à la direction des oreilles épaisses et longues, situées horizon lalemeut de chaque côté de la tète, et ballottant dans tous les sens quand l'animal est en action. Il en est de même pour les oreilles épaisses, lai'ges et pendantes que l'on a nommées oreilles de cochon^ par l'analogie de l'orme et de position qu' elles présentent avec celles de cet animal.
La raison de ces beautés et de ctis défectuosités ne se trouve pas seulement dans l'expression qu'elles donnent à la tête, mais bien et mieux encore dans les inductions auxquelles leur examen conduit. Que si, en effet, une même influence préside au développement de tout le système musculaire et à son action, l'énergie et l'intensité de contraction d'une des parties de ce système ne peuvent-elles pas donner la mesure de ces propriétés dans toutes les autres? et n'est-on pas fondé à juger de l'ensemble de toutes les puissances musculaires, d'après l'examen de celles qui donnent aux oreilles leur mobilité.'' Les mouvemens des oreilles dans le cheval ne sont pas seulement des indices de son énergie et de sa faiblesse, ils révèlent encore en quelque sorte ses qualités morales. Le cheval méchant ou rétif couche les oreilles en arrière quand il médite une mauvaise action ; le cheval effrayé les dresse et les rapproche.
Quelquefois enfin les oreilles sont agitées de mouvemens irréguliers dans tous les sens, elles sont inquiètes, incertaine'', comme on le dit alors : c'est un indice indubitable de la faiblesse ou du complet anéantissement de la vue. L'animal cherche à suppléer par les sens qui lui restent à ceux qui lui manquent; il dirige dans tous les sens la conque auriculaire, il cherche à voir par l'ouïe, si l'on peut appliquer ici la magnifique idée dont Buffon s'est servie pour peindre la perfection de l'odorat dans le chien.
La mode de couper les oreilles aux chevaux a existé pendant quelque temps en France ; on appelait moineaux ceux qui avaient subi cette opération, et brétaudés ceux auxquels onavait en outre amputé la queue. On est maintenant revenu sur cette bizarre coutume; mais on a conservé dans les régimens de cavalerie l'usage de fendre les oreilles aux chevaux que l'on réforme. Les traces de cette opération doivent mettre un acheteur en garde contre les causes qui l'ont nécessitée.
e) La bouche est de toutes les régions de la tête une des plus importantes à examiner pour lui cheval de selle. Elle est formét par les lèvres, les barres, \q palais, la langue, le canal et les dents.
1° Les lèvres, au nombre de deux, l'une supéiieure, l'autre inférieure, ferment extérieurement la cavité de la bouche: leur réunion reçoit le nom de commissures. Sous le rapport de Vembouchure, c'est-à-dire de l'art d'assujettir le cheval au moyen du mors, la lèvre inférieure, destinée à lui fournir un point d'appui.
DU CHtiVAL.
est la plus
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importante a considérer ; trop é|)a sse. elle soustrait les barres à l'action du mors, et rend la bouche dure; trop mince, elle ne participe pas assez à l'appui de cet instrument de sujétion; les barres en souflrent troj) immédiatement l'action, et la bouche est tro[) sensible. Lorsque la bouche est trop ou trop peu fendue, ce qui tient à la disposition des commissures des lèvres, l'appui du mors est encore faux. Dans le premier cas, en effet, les canons sont portés trop en avant dans la bouche; dans le second, la commissui-e froncée tend à les porter sur les crochets, et dans l'un ou l'autre, leur effet est anéanti, car ils s'appuient sur des parties peu ou point sensibles.
2" Les barres ont pour base la crête plus ou moins saillante de l'espace interdentaire et la muqueuse fine et organisée qui la revêt; c'est sur cette région que le mors prend son appui principal et agit avec le plus d'efficacité, car elle est douée d'une grande sensibilité. Trop saillanlesou tranchantes.,ç\\çs sont trop immédiatement soumises à son action; lorsqu'elles sont trop basses ou trop arrondies,el les ne la ressentent pasassez ; la bouche est alors trop sensible ou trop dure. Cette dernière défectuosité peut être encore laconséquence de la callosité des barres, accident causé le plus souvent par une pression trop violente et trop longtemps continuée des canons du mors ; dans ce cas, la crête- maxillaire est tout à fait écrasée, la muqueuse indurée et la barre insensible.
3" La langue, considérée sous le rapport de l'embouchure, est encore très- importante à examiner. Trop épaisse, elle fournit au mors un trop grand soutien et dérobe les barres à son action; trop mince au contraire, elle ne participe pas assez à son appui : de là l'excès de sensibilité ou de dureté de la bouche.
On dit qu'un cheval a la ]din^\XQ pendante, lorsqu'elle sort d'un côté delà bouche durant l'exercice. Une langue .se/p^////«e est celle qui rentre et sort à chaque instant. Ces défectuosités ont pour conséquences graves le dessèchement de la bouche et une déperdition continuelle de salive, humeur si utile à la digestion.
4" Le canal., formé par la dépression de la partie moyenne du maxillaire, doit être assez creux pour loger la langue sans qu'elle paraisse ni trop épaisse ni trop mince. De son étroitesse ou de sa trop grande profondeur, résultent les incon\éniens de ces deux défectuosités de la langue que nous avons indiquées plus tiaut. Dans le fond du canal se trouvent deux gros mamelons, orifices des canaux excréteurs des glandes maxillaires. Les maréchaux avaient et ont encore l'habitude d'enlever ces mamelons qui, suivant eux, peuvent empêcher l'animal de buire. Ils appelaient celte opération enlever les barbillons.
5° Le palais, situé à la partie supérieure de la bouche, doit présenter assez peu d'épaisseur pour ne pas être en contactavec le mors. Quelquefois, dans le jeune sujet, la membrane du palais dépasse le bord postérieur des incisives; elle est rouge et sensible : les animaux refusent les alimens durs et fibreux; on dit alors qu'ils ont le /(7/«y;;rtj. Pour y remédier, les maréchaux déchiraient autrefois la membrane avec une corne de cerf; on remplace aujour-
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des fourrages, elle est en elTot très-sr.jelte a la gale: souvent elle est excoriée par les frolloiiiens de la têtière. Enfin, les coups et les heurts v donnent (|uelquefois lieu nu clcveldppenicnt d'iuie maladie grave, connue vulgairement sous le nom de taupe. INOus renvoyons pour son histoire à la pathologie; il nous suffit d'indiquer ici qu'on doit tout redouter de ses conséquences.
II. Les parotides sont situées en arrière de la ganache, qui se dessine sur elles en relief. Quand cette saillie n'existe pas, la tête paraît mal attachée à l'encolui-e, ce qui fait dire qu'elle lui est plaquée. On remarque quelquefois sur cette région les traces du feu dont l'emploi a pu être nécessité par Pengorgement dont elle est ou peut avoir été le siège, à la suite d'un thrumluis de la jugulaire.
III. \. a gorge, située on arrière de l'auge, au sommet du bord inférieur de l'encolure, a pour hase les cartilages du larynx. C'est sur celte région qu'on exerce une pression avec les doigts, lorsqu'on veut exciter l'animal à tousser pour s'assurer de l'état de ses organes respiratoires.
§ III. — Du corps prdprciuont dit.
Le corps a pour hase la colonne des vertèbres et la cage osseuse formée en dessous d'elle par les arcs costaux articulés en bas avec le sternum. La longue tige vertébrale est formée par un assemblage d'os courts, qui lui assurent, par leur nombre, comme le dit Bi- CHAT, deux attributs presque opposés, savoir : la solidité, parce que les efforts extérieurs se perdent dans les liens nombreux qui les unis sent, et la mobilité, parce que l'ensemble de leurs mouvemens isolés donne un mouvement général considérable. L'extrémité antérieure de cette tige forme, avec la tête qui la termine, un véritable balancier, destiné par ses mouvemens à changer l'équilibre du corps, ou à le maintenir dans sa stabilité. Sa partie dorsolombaire, moyen deréîinion des membres postérieurs avec les antérieurs, constitue, par sa courbure en haut, la partie centrale d'une voûte, appuyée en avant et en arrière sur les premiers rayons osseux des membres, le scapulum et l'ilium, qui, par leur direction in- ^ersement oblique, sont favorablement disposés pour lui faire continuité.
C'est autour de cette charpente osseuse que viennent se grouper les masses musculaires qui en comblent les profondeurs, effacent ses aspérités trop anguleuses, et donnent au corps ses formes extérieures, auxquelles on n'attache une idée de beauté qu'autant qu'elles sont l'expression saillante de la force et de l'énergie. Si nous admirons en effet, dans l'habitude extérieure des beaux types de chevaux, ces saillies musculaires séparées par des interstices jirofonds^ ces reliefs des érainences osseuses, et en outre l'état pléthorique des vaisseaux sous cutanés, la sécheresse de la peau «[ui dessine bien tous ces contours, la teinte brillante des poils, c'est que tous ces caractères sont pour nous, ou des indices dune grande puissance d'action, ou des signes certains d'une intégrité pai'faite dans les fonctions es- .sentielles de la vie. Remarquons aussi qu'ils coexistent toujours avec la belle expression
OISFOllJMATiOA EXTERIEURE. i.iv. m,
Ijhysionomicjue de la tête, et avec le grand d«veloppement des cavités nasales. Tant il est vrai qu'une loi d'harmonie et d'accord préside au dévelojipement de toutes les parties un corps, et qu'il existe entre elles une solidarité parfaite.
Pourquoi, maintenant, considérons -nous comme défectueux cet état particulier du corps où l'émaciation et la maigreur des muscles laissent le squelette apparaître sous les tégumens av»'c ses formes hideuses, où, pour me servir ici de cette expression énergique et vraie du vulgaire, la peau est collée sur les os? C'est qu'à cet état se rattache une idée de faiblesse et de défaut d'énergie dé la part de ces i)uissances musculaires si grêles, si effacées; c'est qu'on le voit le plus généralement coïncider avec l'expression d'abattement de la face, avec l'effacement des vaisseaux sous-cutanés, souvent aussi avec la mauvaise conformation des voies respiratoires; c'est que cet état, enfin, se fait observer sur les animaux qu'ont épuisés l'âge et les fatigues excessives, ou qui sont en proie à des maladies mortelles. Mais qu'on ne poursuive pas cette idée jusque dans ses dernières conséquences, on serait conduit à l'erreur; voyez en effet les chevaux tartares, ceux de l'Ukraine ou de Pologne, dont l'habitude extérieure du corps est si anguleuse qu'elle blesse les regards. A les voir avec leur gaiTot tranchant, leur dos de mulet , leurs hanches saillantes, leurcroupe anguleuse, on les prendrait, comme le dit M. Ghognikr, pour le rebiit et la lie des autres races équesli es ; et cependant aucun cheval dans ces autres races n'a autant d'énergie, aucun n'est capable de souffrir de plus grandes fatigues ou déplus longues abstinences. C'est que la force de contraction musculaire dépend de deux facteurs : de l'étal du muscle d'abord, dont la saillie extérieure est l'expression, et de l'influence nerveuse, pour laquelle il n'existe pas de mesure, et dont l'intensité ne peut être jugée que parles effets qu'elle produit; influence telle quelquefois « que les muscles les plus grêles du cheval le '■plus faible peuvent surpasser en énergie ceux »de l'animal le plus vigoureux, considéré daiis "l'état ordinaire. »