III. Du genou
"Legenou, situé entre l'avant-bras et le canon, a pour base les os carpiets et l'appareil ligamenteux, et tendineux qui les entoure. Pour cette région comme pour toutes les articulations en général, les conditions essentielles de la beauté sont la largeur et l'épaisseur : l'une témoigne en effet du grand développement des éminences latérales de l'extrémité inférieure du radius, qui servent de poulies de renvoi à des tendons, l'autre atteste la longueur de l'os sus-carpien, bras de levier des muscles fléchisseurs du canon.
La beauté absolue de la grandeur de ces dimensions exclut comme défectueuses leur étroitesse et leur exiguïté, et nous devons conséquemment regarder comme un genou mal construit, celui qui, étroit, arrondi, sanssaillies osseuses, a reçu le nom de genou de veau par les analogies 'de forme qu'il présente avec celui de cet animal encore peu développé.
Les grandes dimensions ne sont pas les conditions uniques de la beauté du genou, il est en outre nécessaire que sa direction soit celle de l'avant-bras et du canon, et que ses faces sèches, bien prononcées, soient revêtues d'une peau fine moulée sur les tendons qu'elle recouvre. La nécessité de cette direction et de cette habitude extérieure sera démontrée par les défectuosités de toute manière d'èli-e différente. Que si, par exemple, le genou porté en avant se trouve comme le point central d'une courbe décrite par le membre antérieur, ce qui fait dire que l'animal est arqué, ne doit-il pas résulter les inconvéniens les plus graves pour la solidité du membre, de cette conformation qui n'est le plus souvent que la conséquence des travaux longs et excessifs auxquels l'animal a été soumis? Du reste, son habitude extérieure et la surface de sa table dentaire ne démentent pas cet indice non équivoque d'usure et de vieillesse.
On observe cependant quelquefois celte conformation sur les chevaux anglais appelés brassicourts. Congénial chez ces animaux, ce défaut de structure n'entraîne pas de graves conséquences, parce que, au bout de quelques momens d'exercice, les muscles extenseurs ont bientôt acquis assez d'énergie pour ramener l'articulation dans sa direction normale et le membre dans ses aplombs naturels.
Si, au lieu d'être porté en avant, le genou sort en arrière de la direction de l'avant-bras, on dit qu'il est enfoncé, efjucé, creux, Cfuil ressemble à un genou de mouton. Ce défaut de direction n'est réellement grave qu'autant
qti'il coïncide, comme il arrive le plus souvent dureste,avecrexiguitédesdimensions;carsi le genou est bien conformé, il ne tardera pas à être ramené dans une direction régulière par la prépondérance que les fléchisseurs finissent toujours par acquérir sur les extenseurs.
Par suite d'une disposition particulière de l'articulation carpienne, dans certains chevaux, les genoux sortent eu dedans de la direction de l'avant-bras, ce qui fait paraître l'extrémité inférieure du membre rejetée en dehors et l'animal cagneux. Ce vice de direction, qui fait dire que le cheval a des genoux de bœuJ^A été regardé avec raison comme défectueuse par les hippiatres dans le cheval de selle, parce qu'elle nuit à la rapidité des allures, ainsi que nous l'indiquerons en parlant des aplombs. Mais dans les chevaux de trait, oîi elle se fait souvent observer, M.Rigot serait tenté de la considérer comme peu préjudiciable au service que rendent ces animaux, car, suivant lui, les deux genoux, rappi'oches l'un de l'autre etsaillaus en dedans, peuvent assez bien représenter un arc-boutanl favorablement disposé pour soutenir avec efficacité le poids énorme du corps. Quoi qu'il en soit de cette explication ingénieuse, toujours estil fjue les chevaux ainsi conformés sont trèssolides sur leurs membres.
Lorsque la peau de celte région, au lieu d'être sèche, collée aux os, est en quelque sorte rembourrée d'un tissu cellulaire abondant, infiltré de sérosité, on dit que le genou est empâté. Cette manière d'être est défectueuse, non pas seulement par la gêne des mouvemens qu'elle entraîne, mais parce qu'elle implique encore dans toutes les autres régions une disposition semblable, signe d'un tempérament lymphatique et mou.
Le genou présente quelquefois des exostoses ou tumeurs osseuses qui se développent autour de l'articulation, principalement à sa partie inférieure, plus fréquemment en dedans qu'en dehors. Ces tumeurs peuvent gêner le mouvefnent des tentions, en anéantir l'effet et déterminer une claudication longue et difficile à guérir. Ou observe de même autour do l'articulation carpienne, des vessigons, tumeurs molles, pâteuses, le plus souvent indolentes, dues au gonflement des bourses synoviales tendineuses. Si petites soient-elles, ces tumeurs déprécient toujours l'animal, parce qu'elles sont un indice de fatigue, et que, susceptibles d'augmenter de volume, elles peuvent un jour gêner les mouvemens articulaires.
De toutes les tares dont le genou peut être le siège, les excoriations, les dénudalions de la peau, la couleur blanche anormale de ses poils sont sans contredit les plus graves dans un cheval, parce qu'elles accusent le peu de solidité de ses membres et témoignent de ses chutes fréquentes. Il peut arriver cependant qu'un bon cheval porte de semblables tares sur les genoux à la suite de heurts ou même de chutes. Mais telle est l'idée de déprécialion qui leur est attachée, que, malgré l'énergie et lavigueur que toutrévèle en lui, maigre la solidité de sa construction, par cela même qu'il les porte, il a perdu beaucoup de sa valeur.
Les autres tares de l'articulation carpienne sont dues à l'application du feu que néceshite
DIVISION DU CHKVAL.
quelquefois la présence des exostoses el des vt'ssigons dont nous avons déjà parlé.