IV. Du canon
Situé entre le genou el le boulet, le canon a pour base, dans le menibi-e antérieur, les trois métacarpiens et l'appareil tendineux que forment le ligament suspenseur du boulet et les tendons des muscles extenseurs et fléchisseurs du pied.
Examiné dans tous les chevaux de race fine et distinguée, le canon offre comme beautés bien caractéristiques la sécheresse de ses formes et la saillie prononcée des tendons qui glissent sur sa face postérieure. Observez en effet comme, dans ces chevaux, la peau de cette région, revêtue d'un poil très-court, se moule sur les parties sous-jacen tes, de manière à en dessiner parfaitement les contours ; voyez comme les deux cordes tendineuses des muscles fléchisseurs, fortes et développées, superposées l'une à l'autre et distinctes sous les tégumens, se détachent enarrière,et, éloignées du rayon osseux qui leur sert de bras de levier, se trouvent ainsi favorablement disposées pour transmettre les efforts de laconti'acîion musculaire. Remarquons maintenant que cette largeur favorable que donne au canon la saillie des tendons en arrière du métacarpe, n'est qu'une conséquence de la beauté des articulations entre lesquelles cette région se trouve située, puisque les os qui les forment servent en quelque sorte de poulies de renvoi aux cordes tendmeuses. Ajoutons à cela que le grand développement de ces cordes, dont la lai:geur du canon est en outre un indice, l'es rend bien plus propres, comme l'observe ]M. RiGOï, à servir de soupente à tout le poids du corps.
Ainsi donc la largeur du canon est la beauté essentielle à rechercher dans tous les chevaux. La finesse de sa peau et de ses |x>ils, le relief de ses parties, sont l'apanage des chevaux fins. Dans 'es gros chevaux de trait, la peau en est ordinairement épaisse et les poils nombreux et grossiers.
Quant à la longueur de celte i"égion, nous avons déjà dit, en parlant de l'avant- bras, quelles étaient les conséquences de son excès ou de son défaut. Nous parlerons de sa direction à l'article des Apluinbs.
Les raisons mêmes des beautés que nous venons d'indiquer ciémonlrent tout ce qui est défectueux quand le canon est étroit et grêle, quanti ses tendons sont peu développés, ou seulement /ii/Z/^v, c'est-à-dire quand ils forment un enfoncement au-dessous de l'os sucai'pien, et ne se détachent que près de l'articulation du boulet. Ce défaut de conformation est du à ce que les os carpiens n'offrent pas en arrière une saillie assez grande pour détruire It! parallélisme.
Dans les chevaux de race commune, originaires des pays marécageux, le canon est ordinairement revêtu d'une peau très-épaisse, doublée à l'intérieur d'une abondante quantité de tissu cellulaire, infiltré de sérosilé. L'empdti'nicnl est surtout ici gravement défectueux. Non - seulement il accuse, comme dans toute autre région, une constitution générale molle et lymphatique^ mais il (\sl en
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outre le signe non douteux de la prédisposition du canon à devenir le siège d'une maladie particulière, connue sous ianomireaux aux jambes.
Les tares du canon sont des exostoses que l'on a désignées sous le nom àesutos:simplcs,\o\-s>qu'ils sont isolés, circonscrits, et sur une seule face du métacarpe, lessuros sont appelés chevilles quand ils se correspondent sur l'un et l'autre de ses côtés. On a donné le nom àe fusée à une série de petits suros disposés les uns à la file des autres.
Les suros ne sont des défectuosités réelles qu'autant que, situés sous les tendons ou à leur voisinage, ils peuvent gêner leurs mouveniens, les rendre douloureux et déterminer la claudication.
On peut observer à cette région, de chaque côté du tendon et au-dessus de l'articulation du boulet, des tumeurs molles, pâteuses et indolentes, dues à la dilatation des bourses synoviales tendineuses ; ces tumeurs, que l'on dé.Mgne sous le nom An mollettes, peuvent être considérées comme des indices (l'usure el de fatigue, car elles se font habituellement remarquer sur les animaux dont on a déjà exigé de rudes services. Dans les poulains, elles n'ont pour cause que la trop facile extensibilité des tissus, et disparaissent quand ces derniers ont acquis, avec l'âge, leur rigidité normale. C'est par l'application du feu, dont les tares s'observent fréquemment sur le canon, que l'on essaie d'obtenir la disj)arilion do ces mollettes dans les vieux animaux.
Enfin, on appelle nerf-féiure ou tendon ferru , une tumeur doul le tendon peut de- ^^enir le siège à la suite de heurts violens. C'est principalement lesalleintes du pied postérieur qui donnent lieu à son développement. Quand elle est récente, la sensibilité exaltée de la corde tendineuse l'empêche de Iransmetire sans douleur l'effort musculau'e:
quand elle est ancienne, indolente alors, elle occasionne de la raideur dans les mouvemens, et dans l'un et l'autre cas, surtout dans le premier, détermine une claudication difficile à guérir.