‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 128 sur 325 · VI. Du paturon · texte numérisé non relu

VI. Du paturon

"ht paturon a pour base le premier phalnngien et la portion des tendons extenseurs et fléchisseurs qui glissent sur ses faces.

La beauté de celle région réside dans son inclinaison et dans sa longueur, d'où dépend la position du boulet. ISous ne répéterons donc pas ici ce que nous venons de dire à ce sujet dans l'article précédent; il nous suffit d'iudiquer maintenant cjue l'angle de jonction du (?anon avec la première phalange est d'autant plus ouvert, et conséquemmenl l'animal plus droit sui ses membres, que le paturon est plus court, et vice versa, que l'on voit toujours coïncider l'inclinaison plusobiicjue de l'os du paturon avec sa plus grande longueur. Or. dans ce dernier cas, il est facile d'expliquer par la théorie des leviers la ruine si prompte des membres.

Admettons que la série des trois phalangiens et les grands sésamoïdes (jui soni ronti nus à rexlrémité sui)érieure du premier repré-entent {({g. 91 ) un levier du premier genre, dont le point d'appui se trouve en B à l'exlrémilé inférieure du canon. La longueur B A des grands sésamoïdes sera considérée comme le bras de levier de l'appareil ten<lineux suspenseur, qui jouera ici le rôle d'une des puissances, tandis que l'autr? représen-

Fig. 91.

DIVISION DU CHEVAI

CTIAP. 2.

tée par la résistance passive qu'oppose le sol dans l'appui, aura pour bras de levier la longueur BC. Or, lorsque le cheval pose le pied à terre, cette résistance du sol tendant à faire fléchir l'articulation du boulet et à exercer un tiraillement sur les cordes tendineuses placées à l'autre extrémité du levier, ce tiraillement devra être évidemment d'autant plus grand que les os qui constituent le bras de levier de la puissance inerte seront eux-mêmes plus longs.

La peau qui revêt le paturon doit être peu épaisse, bien sèche sur l'os qu'elle recouvre, et saine surtout dans cette cavité particulière connue sous le nom de filidu paturon, que l'on observe à la face postérieure de cette région. Lorsque, par son épaisseur et l'abondance du lissu cellulaire qui la double, elle dénote un tempérament mou et lymphatique, on doit s'attendre à la voir devenir le siège des eaux aux jambe f: ,c[w^now'i, avons vues se développer dans les mêmes circonstances sur la peau du canon. Dans le pli du paturon, cette affection éruptive se présente sous la forme de crevasses, c'est-à-dire de fentes transversales plus ou moins profondes. Il faut bien se garder de prendre ces crevasses pour des enclie^éirures, qui ne sont que des plaies accidentelles faites au pli du paturon par la longe du cheval, lorsque l'un des membres postérieurs se trouvant pris dans l'anse de celle corde, les frottemens réitérés, résultats des efforts faits par l'animal pour se débarrasser du lien qui l'étreint, ont scié la peau du paturon.

Vil. De la couronne.

La couronne, située entre le paturon et le sabot, a pour base le second phalangien et son articulation avec le premier. On doit rechercher en elle les mêmes conditions de beauté que dans le paturon, auquel elle fait continuité; mais elle est surtout importante à considérer sous leripport d .'S tumeiu's osseuses dont l'os qui lui sert de base devient souvent le siège. Les exostoses dans cette région ont reçu le nom âf.Jor/ncs. Elles peuvent être situées sur un seul de ses côtés ou la ceindre entièrement. Toujours parleur présence elles déterminent la* claudication, soit que,dévelop- I>ées sous l'épanouissement du tendon extenseur,elles le rendent douloureux, soit que, placées au voisinage des articulations phalangiennes, elles mettent obstacle à leur mobilité.Les animaux atteints de forme, ne peuvent même pas servir comme étalons, car il est bien constaté aujourd'hui que ces défectuosités sont héréditaires.

Les formes peuvent être aussi" causées par Tossification des cartilages latéraux de l'os du pied; moins dangereuses alors, elles ne déterminent la claudication qu'à 4eur début.

Comme le canon, le boulet et le paturon, la couronne peut devenir le siège des eaux aux jambes et des crevasses, lorsque la peau qui la recouvre est épaisse et le tissii cellulaire sousjacent abondant. C'est à cette maladie sur la couronne que les maréchaux donnaient autrefois les noms de mal d'âne, peigne, crapaudine.hes articulations phalangiennes peuvent, comme le boulet, être affectées d'entorses ou de mémarchures.

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