CONFORMATION EXTÉRIEURE
Mv nr.
Contre desmouvemens progressifs, le jarret peut êire considéré tout à la lois comme le point d'a|)plicalion de la résistance que le poids du corps représente el des puissances musculaires qui doivent la combattre el la (lorter en avant. Il est facile de concevoir, (rai)rès cela, l'importance de la belle conformation de ce rouage essentiel dans la machine locomotrice.
Si nous cherchons, d'après l'examen dé.s beaux nîodèles que la nature i.ous présente, à tracer, pour ainsi dire, le dessin de la bell<; conformai ion <le cette région, nous ti'oiivons d'abord que les premières conditions de beauté qu'elle doit réunir sont les grandesdimensions en largeur et en épaisseur; car elles témoignent tout à la fois et de la longueur du prolongement calcanéen, et du dévelo|)pemenl des éminences latérales de l'extrémité inférieuitî du tibia, el delà solidilé'des appuis. Dans tous les beaux chevaux, nous admirons la sécheresse de ses faces dont les inégalités osseuses apparaissent sous une peau fine, et la netteté et la profondeur ilu vide du jarret, cette excavation particulière située entre le tibia el ta corde tendineuse.
Quant au degré d'ouverture de l'angle que forme le jarret, l'examen auquel nous nous livrons nous indique qtie l'on ne doit pas à priori eu doiiner la mesure d'une manière absolue; que ce degré varie suivant l'ensemble de la conformation de l'animal; que. trèsouvert, par exemple, dans le cheval propre à la course, l'angle dii jarret est, au contraire, fermé dans le cheval aux allures Irides et cadencées.
Que si nous recherchions maintenant, les raisons de ces différentes manières d'être, nous serions frappés de l'admirable rapport de moyen à but qui existe entre la strucliire de cette jxartie essentielle de l'appareil loconjoteur et les elfets qu'elle produit.
Dans le cheval aux allures rapides, par la disposition même des leviers osseux du jarret, la puissance musculaire exerce son action de manière à pousser la résistance du corps d'arrière en avant dans une direction au.ssi parallèle que possible à la surface du sol, sans perte aucune de mouvement; tandis que, dans les chevaux plutôt propres aux allures liantes et cadencées qu'à la rapidité de la course, par le fait même de la structure du jarret, l'extension du membre aura pour effet de faire décrire au corps qui en recevra l'impulsion, une espèce de courbe ari-dessus du sol : en sorte que, si, étant donnés deux chevaux ainsi différemment conformés, nous supposons leurs puissances musculaires douées d'une égale intensité d'action, il faut évidemment admettre que la progression sera plus rapide dans le cheval qui recevra une inii^ulsion en avant suivant une direction rectiligne, que dans celui qui, sous une impulsion égale, décrira dans sa marche progressive des courbes au-dessus du sol.
Il existe des clievaux chez lesquels l'angJo d'ouverture du jarret peut être considéré comme un terme moyen cn\vc les deux degrés que nous venons d'etaminer. Cette conformation doit être généralement recherchée dans les chevaux de selle chez lesquels la ru- 1 desse des réactions, résultai de la rectitude du
CflAJ . 1'.
DIVISION DU CHEVAL
jan-cl, serail un inconvéïnoiil grave: tandis (] lie, par ia dcmi-ilexion de cette articulation, ils participent à la fois cl de la vif esse des alhires du cheval droit .sur ses jarrets et de la souplesse de celui dont les jarrets coudés représentent un véritable ressort destine à annuler en partie l'effet des réactions.
■ Dans les chevaux de trait, la grande flexion des jarrets est une disposition qui se fait assez souvent remarquer et qu'on doit considérer comme belle. C'est par elle, eu effet, que les puissances musculaires sont kj plus favorisées. Il est assez d'observation que les chevaux de trait qui ont les jarrets coudés sont, on outre, crochus, c'est-à-dire qu'ils ont les deux pointes calcanéennes tournées l'une vers l'autre, elles pieds dirigés en dehors.
Celte conformalinn défectueuse, en ce qu'elle accuse un défaut d'aplomb, ne parait pas plus préjudiciable que les genoux de bœuf au service que rendent ces chevaux. Il semblerait même que, chez les limoniers, elle devrait être recherchée comme une beauté, dont ici encore on pourrait trouver la raison dans la grande force de résistance que donne aux jarî'els leur disposition en arc-boulanl.
Comme toutes les articulations, le jarret peut é're affecté de tumeurs dures ou molles, dont l'étude est d'une haute importance, parce qu'elles influent d'une manière incalculable sur la valeur d'un cheval.
Les tumeurs dures sont connues sous le nowx-ûe jarde, de courbe et (S'éparvin calleux. La y'rt/v/r ou leyV//v/o« est une tumeur osseuse cjui se forme au côté externe du jarret, sur la tète ùu péroné. Développée sous le ligament latéral externe de l'articulation, elle met par sa présence obstacle à la liberté de ses mouvemens, souvent gêne le jeu de ses tendons fléchisseurs en se prolongeant en arrière du c;iron, et, dansées deux cas, détermine infailliblement la claudication.
La courbe a son siège sur la tubérosité interne de l'extrémité inférieure du tibia : elle est congéniale ou acquise, et, dans, ce dernier cas seulement, préjudiciable au service de l'animal parla claudication qu'elle cause.
Enfin Vêpanin calleux est une exoslose qui se développe en dessous de la courbe, au niveau de la tarde, sur l'extrémité supérieuredu canon et la lête du péroné interne : susceptible comme la jarde de se prolonger jusque sous les tendons fléchisseurs, il entraîne après lui les mêmes conséquences.
On a donné le nom (Yépaninseca une maladie encore peu connue dans son siège, dont l'effet est de susciter dans les mouvemens progressifs une flexion saccadée et comme con- 'vulsive du canon sur la jambe. C'est ce que l'on exprinie par le tern.e de harper. Celte" défectuosité peut avoir son siège sur un seul membre ou sur les deux à la fois; dans ce dernier cas elle est moins grave parce qu'elle n'entraîne pas la claudication : mais elle présente toujours le grand inconvénient, dans les chevaux de selle, de mettre obstacle à la rapidité des allures.
Les tumeurs molles dont le jarret peut être affecté sont le capelet, la varice et les vessigons.
On désigne sous le nom de capelet ou passc- C'inipari.'^ une tumeur molle, p.iteuse, qui se
développe sur la pointe du j;-rret au sommet du calcanèum. Le plus souvent indolente et peu volumineuse, cette tumeur n'est j)as réellement préjudiciable aux animaux qui en scfiit affectés; on y attache toutefois de l'importance, parce que, pour en obtenir la disparition, on est forcé d'avoir recoiu-s à l'application du feu.
'Lidvessigon est une tumeur molle, pâteuse, le plus souvent indolente, développée dans le vide du jarret et due au boursouflement des gaines synoviales tendineuses. Fréquens dans les vieux anin.aux, les vessigons peuvent être chez eux simples ou chevilles. Rarement à leur début ils déterminent laclaudicalion; ce n'est que plus tard, hn-^qu'ilsont pris d» développement , qu'ils peuvent gêner les mouvemens articulaires et faire boiter l'animal qui en est affecté. Leur piésence peut être considérée comme un témoignage non équivoque d'usure et de i-uine.
La oaiice ou dilatation de la veine saphène à son passage sur le jarret est une défectuosité bien rare dans les chevaux. On a longtemps confondu avec elle une tumeur qui se fait fréquemment remarquer sur la face antérieure du jarret et du côté interne. Cette tumeur, de la même nature que le vessigon. est due au boursouflement de la synoviale articulaire. Comme ce dernier, elle est un indice de fatigue et d'épuisement.
Dans les animaux mous et lymphatiques, dont la peau du jarret est épaisse et le tissu cellulaire alwndant, on y observe quelquefois des crevasses de la même nature que les ma- 'landres du genou auxquelles on a donné le nom de solandi-es.
Le jan-et est souvent taré par l'application du feu que nécessite la présence des diverses tumeurs que nous venons d'ènumèrei-.
Section lU.— De la connaissance de l'dge des animaux domestiques.
L'âge des animaux domestiques, et surtout du cheval, est un objet très-important dans l'élude de leur extérieur; car lorsqu'ils sont trop jeunes, ils ne sont pas encore aptes à rem- I)lir les services auxquels on les destine, et ils exigent des ménagemens, aux dépens des propi'iélaires obligés d'attendre l'époque de leur entier développement ; lorsqu'ils sont trop vieux, au contraire, la durée des services qu'ils peuvent rendre est évidemment moins longue, et leur valeur doit se mesurer d'après, cette durée même.— Nous donnerons donc une assez grande extension à cet article extrait en partie de l'excellent Mémoire de M. Girard.
§ V. — De l'agc du cheval.
AvantPEssixA en Allemagne,el]V.GiRARDen Franc-e, on n'avait de notions exactes sur l'âge du cheval quejusqu'à 8 ans ; grâce aux recherches et aux observations de ces illustres vétérinaires, nous po.«sèdons maintenant le moyen d'évaluer le iiiambre des années de cet aninial, même dans unfl vieillesse très-avancée.
Les dents, instrumens de la mastication, enchâssées dans les alvéoles des maxillaires l'une à la suite de l'aulre , forment à chaque mâchoire une ligne courbe, parabolique, ditear-
cade dentaire. Dans le cheval on compte de 36 à 44 dénis, que l'on dislingue en 12 inrifivex, 4 angulaires ou crochets, el24 molair-es.
Des dents incisives. Ainsi nommées parce qu'elles sont destinées à inciser les alimens, CCS dents ont été distinguées en dénis caduques eXt/ents de remfilacement. Les premières font leur éruption quelque temps après la naissance, et, comme rincîique leur nom, doivent tomber à une ceitaine époque de la vie; elles sont encore appelées dents de lait, parce que l'animal les porte lors(|u'il tète encore sa mère. — Les dents de remplacement son\. celles qui paraissent en arrière des caduques, et doivent prendre leur place.
Les dents incisives sont au nombre de six à chaque mâchoire; elles représentent dans leur ensemble un demi- cercle assez régulier dans les jeunes chevaux, mais qui se déforme avec l'àae.
CONBORMATION EXTÉRIEURE. liv. m.
Les deux antérieures, celles du milieu, portent le nom de pincer; celles qui les touchent de chaque côté sont les mitoyennes; enfm les deux dernières, cellesqui terminent de chaque coté le demi-cercle incisif, se distinguent par la dénomination de coins.
Toute incisive de remplacement ou d'adulte, lorsqu'elle est sortie complètement, et qu'elle n'a pas éprouvé d'usure, en un mot, qu'elle est encore vierge, offre deux parties à considérer, une libre et l'autre enchâssée.
La partie libre, haute de six à huit lignes, représente un cône renversé , légèrement aplati d'avant en arrière, en sorte que dans le principe les incisi\es ne se touchent que parleur "^extrémilé élargie. L'extrémité de la partie libre piU' laquelle les dents des deux mâchoires se mettent en contact et fioUent les unes contre les autres, présente dans les dents vierges une cavité profonde [fig. 92 ), allongée
"^yà
cTun côté à l'autre, qui ne larde pas à se remplir d'une matière noirâtre, à laquelle les anciens vétérinaires donnaient le nom de germe de fève : cette cavité est circonscrite par deux bords tranchans, dont l'antérieur est plus sait lant que le postérieur. Cette extrémité libre rend le nom de table dentaire (j.oy.Jîg. 95), orsque les deux bords se sont mis de niveau par l'usure, et que la cavité ne forme plus qu'une partie de la surface de frottement qui, à mesure que l'animal vieillit, se rétrécit, se rapproche du bord postérieur et finit par disparaître entièrement.
Quant aux bords latéraux de cette partie libre, l'interne est arrondi et beaucoup plus épais que l'externe, généralement mince, même tranchant dans les coins : au moment de l'éruption, ces bords dentaires s'imbriquent, l'externe se prolonge sur l'interne.
Toute cette partie libre est enveloppée par l'émail, substance que sa grande densité meta -même de supporter lesefforts de la mastication; il revêt les deux faces de la partie libre, se replie dans l'intérieur de la dent et forme la cavité conique, dont l'orifice se remarque à l'extrémité libre de la dent vierge. Celte cavité, à laquelle on a donné le nom de cornet dentaire extérieur, est plus rapprochée de la face postérieure de la dent que de sa face antérieure, comme on peut l'observer en faisant
sur une dcnl la coupe représenle'e à la fig. 93, ( Coupe dans l'axe longitudinal de la dent.)
La partie enchâssée, ou la racine de la dent, varie de forme, de grandeur et de dimension suivant les différens degrés de l'âge. Lorsque la dent vient de l'aire son éruption, elle est courte, ronde, creusée d-'une cavité qui se prolonge jusque dans l'intérieur de la partie libre autour du cornet extérieur {fig. 93 ), et renferme la pulpe dentaire; avec l'à^e, cette cavité diminue et finit même par s'oblitérer entièrement. L'oblitération commence par le fond et continue du côté de la racine qui s'allonge, et prend toujours de l'accroissement. Les productions nouvelles, au lieu de conserver la forme arrondie de la racine, en affectent .d'autres qu'il est important de connaître. Si on prend une dent incisive d'adulte, et si ob fait dans la longueur plusieurs coupes transversales de deux ligres en deux lignes {f^. 94 ) , on voit qu'aplaties d'avant en arrière vers la surface de frottement, elles deviennent successivement ovales, puis arrondies; vers la base de la racine elles sont triangulaires, enfin leur extrémité est aplatie d'uu côté à l'autre. Admettons maintenant que la dent, au lieu d'être coupée ainsi transversalement, soit usée parle frottement, nous verrons de même successivement la table dentaire affcpter ces différentes formes; ce point bien
CONNAISSANCE DE L'AGE DES ANIMAUX DOMESTIQUES. jfs
compris, rien n'est plus facile que l'intelligence de la théorie sur laquelle est basée la connaissance de l'âge ; et en effet, lorsque la dent du cheval a fait son éruption, elle continue à croître en longueur du côté de la racine pendant une graade partie de la vie, et cet accroissement continuel est accompagné d'une égale tendance à faire son éruption au dehors; il en résulte nécessairement que les parties usées par le frottement sont constamment remplacées par d'autres, et que telle portion de la dent qui à l'âge de six ans faisait partie de la racine, forme la table à une époque plus avancée de la vie. On a constaté que, daus les chevaux de race distinguée, les dents s'usaient d'une ligne environ par an , et d'un peu plus d'une ligne dans les chevaux communs : d'après cela on a pu préciser à quelle époque de la vie chacune des parties de la dent venait successivement former la table dentaire : telle est la première donnée sur laquelle est basée la connaissance de l'âge. La seconde est formée par la profondeur de la cavité dentaire extérieure, la largeur du noyau que représente son ùul-de-sac, etenfin sa position sur iâ table dentaire. Nous avons dit plus haut que l'émail, en se repliant dans l'intérieur de la dent, formait une cavité conique plus rapprochée de la face postérieure que de la face antérieure; à mesure que la dent frottera, il est facile de concevoir que Touvertuie de celte cavité devra aller en se rétrécissant, d'après ce théorème géométrique bien simple, que les différentes coupes d'un cône présentent des surfaces d'autant plus étroites,qu'el les sont faites plus près de son sommet. Puis, lorsque celte cavité extérieure aura complètement disparu par suite du frottement, et qu'on n'apercevra plus sur la table dentaire qu'un noyau démail légèrement déprimé dans son milieu, on doit encore concevoir que ce cul-de-sac devra paraître d'autant plus rétréci et plus près du bord postérieur, que la dent aura plus frotté, et que couséquemment ranimai sera plus âgé. C'est en précisant les époques des différentes phases que nous venons d'indiquer, qu'on a obtenu des notions précises sur l'âge à une certaine période de la vie.
Enfin, lorsque le cul-de-sac du cornet dentaire a complètement disparu, on aperçoit sur la table de la dent un point blanchâtre que ]\I. Girard nomme étoile dentaire^ qui n'est autre chose que la partie centrale de la cavité radicale oblitérée par l'addition, dans son intérieur, d'une substance osséiforme de couleur plus claire et de dureté moindre que la dent; c'est ce qui explique l'apparition de celte marque blanchâtre irrégulière sur la table dentaire, et en même temps la dépression de cette table qui est un peu excavée. Cette étoile dentaire fournit des renseigneirens peu positifs pour l'appréciation de l'âge.
Il est facile de distinguer le cul-de-sac du cornet extérieur, de l'étoile radicale, car le premier,entouré d'émail, fait, tant qu'il existe, exubérance sur la surface de frottement, tandis queia seconde est toujours à son niveau.
Le<i incisives présentent quelques différences entre elles, sous le rapport de leur longueur, de leur forme et de la profondeur oe leur cavité. Les cofns sont moins longs
que les mitoyennes, et ces dernières moins que les pinces. La profondeur du cornet dentaire varie dans le même rapport. Dans les incisives supérieures, ce cornet est plus long que dans les inférieures; en outre, le demicercle décrit par les dents supérieures étant plus large et plus développé que celui des inférieures, le coin de ces dernières se trouve en contact avec le milieu de la table du coin des premières, et l'use de manière à y produire une échancrure qui peut guider jusqu'à un certain point dans la connaissance de 1 âge.
Les incisives caduques diffèrent des dents de remplacement, dont nous venons de donner les caractères. Elles sont généralement moins larges, d'un blanc laiteux, striées dans leur partie libre qui est séparée de la racine par un étranglement, ou collet qui ne se fait jamais remarquer dans les dents de remplacement. (Voy./g'. 96 et 97.)
Les crochets ou angulaire^;, ainsi nommés parce que dans les carnivores ils servent à déchirer, sont au nombre de deux à chaque mâchoire, et situés dans l'intervalle qui* sépare les incisives des molaires. Leur partie libre ( voy. fig. 98), conique et striée sur sa face externe, présente dans le milieu de son plan interne une éminenc^ allongée que circonscrivent deuxsillons.Les jumens en sont ordinairement dépourvues ; quelquefois cependant elles présentent des crochets rudimenlaires sans éminences ni cannelures.
Organisation, des dents. Les dents sont composées de deux principales substances, différentes par leur couleur, leur densité, leurs usages : l'une extérieure qu'on apoelle émad, l'autre intérieure nommée ivoire. "
L'ivoire existe dans toute l'étendue de la dent; il forme seul la racine et concourt avec l'émail à former la partie libre. Comme les os, dont il ne diffère que par son mode de formation, il présente une trame organique, que l'on peut obtenir en le soumettant pendant quelque temps à l'action d'un acide afiaibli.
L'émail, dont nous avons déjà indiqué plus haut la disposition sur la partie libre de la dent, est une substance formée presque entièrement de phosphate de chaux, et beaucoup, plus dure que l'ivoire qu'il revêt et protège. C'est à la différence de densité de ces deux parties composantes des dents qu'il faut attribuer l'inégalité de leurs surfaces de frottement, car la substance éburnée, beaucoup moins résistante, use plus ^ite que la substance émail leuse.
Nous avons indiqué plus haut la disposition, des cavités dentaires, nous ne reviendrons, pas sur ce point.
Les dents se forment dans l'intérieur des os maxillaires. Elles ne sont d'abord formées que par des vésicules logées dans des cavités que ces os présentent. Ces vésicules, à une certaine époque de la vie intra-utérine, présentent dix côté par lequel la dent fera plus tard son éruption, une ou plusieurs lames osséiformes, qui successivement acquièrent de l'épaisseur et s'étendent sur les côtés de la vésicule qu'elles finissent par envelopper plus tard, en jn'océdant du sommet de la dent à la racine, en sorte que la pulpe diminue au fur et à mesure que la dent grossit; et comme
AKIMAUX DOiMESTIQUES : CONFORMATION EXTERIEURE. liv uh>.
cv travail d'accroissement se continue pendant toute la vie, il doit arriver, et il arrive en effet une époque où la pulpe et la cavité qui la renferment ont totalement disparu. C'est donc, comme on le voit, par une addition successive de couches de dedans en dehors que la portion éburnée se forme et s'accroît, tandis que l'émail qui la revêt n'est que le résultat de la sécrétion de la membrane interne de l'alvéole, et une fois appliqué à la sm'face de l'ivoire, il conserve toujours la même épaisseur et ne se régénère pas lorsqu'il est détruit. Les dents, croissant dans tous les sens, finissent par acquérir un volume qui n'est plus en rapport avec la capacité de la cavité alvéolaire qui les renferme, et bientôt, écartant les lames de l'os, elles le perforent du côté le moins résistant en se frayant une issue à travers le bord alvéolaire du maxillaire et la gencive qui le recouvre.
Nous venons de voir qu'après leur éruption les dents continuaient à prendre de l'accroissement, tant du côté de la racine qu'en dehors de l'alvéole, en sorte que les parties usées par le frottement étaient continuellement remplacées par d'autres-, nous devons rappeler que c'est sur l'appréciation de ce fait qu'est fondé un des principaux moyens de reconnaître l'âge des monodaclyles.
L'élude de l'âge des monodactyles par l'inspection des dents peut se diviser en plusieurs périodes très-distinctes :
1° Eruption des dents incisives caduques depuis la naissance jusqu'à 10 mois;
2o Rasemeul de ces mêmes dents, de 10 à 30 mois;
3° Eruption des dents incisives, de remplacement, de 30 à 60 mois;
4° Rasement de ces mêmes dénis, de 5 à 8 ans;
5" Forme ovale, puis ronde que prend graduellement la table des incisives inférieures, sur laquelle apparaît le fond de la cavité dentaire interne (étoile radicale), avec le cul-desac du cornet externe dont la disparition annonce 12 ans;
6° Triangularilé successive des incisives inférieures, et disparition également successive du cul-de-sac de la cavité dentaire extérieure dans les incives supérieures, de 12 à 17 ans;
7° Biangularité complète ou aplatissement d'un côté à l'autre des incisives- inférieures, de 17 à 20 ans et au-delà.
Observation. Le commencement de chaque année, pour les chevaux, date du printemps, saison dans laquelle ils naissent habituellement; c'est donc à cette époque que, dans l'évaluation de leur âge, on doit toujours remonter comme point de départ.
Première période. Eruption des caduques.
A la naissance, aucune des incisives n'a fait son éruption. Les pinces sortent de G à 8 jours; Ifig. 99); les mitoyennes, de 30 à 40 jours [Jig. 100); les coins, de 6 à 10 mois (/f^. 101). ,
A l'instant où chaque incisive fait son éruption, on aperçoit un bord tranchant, c'est le bord antérieur. Le postérieur n'est apparent que quelques jours après, c'est alors qu'on distingue la cavité. Les incisives de la mâchoire supérieure paraissent ordinairement un peu plus lot.
Deuxième période. Rasement des dents caduques. Dès l'instant où les dents incisives ont fait éruption, qu'elles se sont mises en contact avec les dents qui leur correspondent, leur bord antérieur le plus élevé commence par s'user. Bientôt il est au niveau du postérieur, et les deux bords s'usant simultanément, la cavité qu'ils circonscrivent se rétrécit, et à une certaine époque disparait de telle façon que l'on n'aperçoit plus qu'une exubérance d'émail, cul-de-sac de cette cavité; c'est cette usure exécutée régulièrement qui constitue le- rasement {fig. 93). Table d'une inçisii>e rasée.
Lorsqu'une dent incisive a commencé à raser, la table présente deux rubans d'émail, l'un extérieur qui enveloppe la dent, c'est l'émail d'encadrement; l'autre qui circonscrit la cavité, c'eit l'émail central {fig.9^).
Les incisives de la mâchoire supérieure paraissent raser moins vite que celles de la mâchoire inférieure, parce que leur cornet dentaire extérieur est beaucoup pius profond.
Les pinces inférieures sont toujours rasées à 10 mois , les mitoyennes à 1 an, les coins de 15 à 24 mois.
A deux ans, la cavité a tout à fait disparu dans toutes les incisives caduques; c'est l'époque de leur chute, et les dents de remplacement vont faire leur éruption (Jig. 102, mdchoire d'un poulain de 2 ans ).
Troisième période. Eruption des dents in^ cisives de remplacement. Les remplaçantes rangées en arrière des caduques sortent successivement comme ces dernières, en montrant d'abord le bord antérieur, puis, ivii ou deux mois après, le bord postérieur.
Les pinces sortent de 2 1/2 à 3 ans [fg. 103)^ les mitoyennes de 3 1/2 à 4 ans {fg. 104 ), les coins de 4 1/2 à 5 ans {fig. 105).
A 5 ans, un cheval doit avoir toutes ses dents incisives d'adulte. Toutefois il peut les présenter avant 5 ans, parce que les marchands intéressés à rapprocher les jcun<-s chevaux de l'âge auquel ils peuvent être soumis aux services, arrachent les coins et les mitoyennes, et font paraître le cheval plus âgé qu'il ne l'est réellement. Aussi doit -on regarder comme avancé et n'ayant que 4 ans, tout cheval qui au mois de mai et de juin n'a pas les coins bien sortis.
L'éruption des crochets étant variable ne peut servir à la connaissance de l'âge; elle a lieu ordinairement de 3 1/2 à 5 ans.
Quatrième période. Rasement des remplaçantes. Le rasement des incisives d'adulte se fait assez régulièrement, mais comme les pinces sont déjà presque entièrement rasées lorsque les coins viennent à sortir , c'est à l'inspection des dents qui ont éprouvé le moins d'usure qu'il faut s'en rapporter.
Age de cinq ans {fig. 106). Les coins sont de niveau avec les mitoyennes, le bord antérieur des mitoyennes légèrement usé, les pinces presque entièrement rasées.
Six ans{fig. 107). Nivellement des deux bords des coins par l'usure du bord antérieur; rasement presque complet des mitoyennes ; rasement complet des pinces.
Sept ans {fig. 108). Rasement complet des pinces cl des iniloyenncs; usure dans les coins du Ixn'd posîéi'icur (|iii , à six ans, était seule-
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