‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 136 sur 325 · II. De l'(îgc du mouton · texte numérisé non relu

II. De l'(îgc du mouton

Les (lents i/icisives dans le niouto'i sont, coninje dans le cheval , les seules parlies de l'appareil dentaire qui servent à la connaissance de l'âge. Elles sont au nombre de S distinguées en deux pinces, deux premières mitoyennes, deux secondes miioyennes et 2 coins. Sous le rapport de leur tlixpositton à rextrémité de la mâchoire inférieure, et des alléralions que le temps leur fait subir, elles présentent, à peu de différences f)rès, les mêmes considérations que les dents incisives du bœuf.

Examinées dans l'animal adulle, et lorsqu'elles sont arri\ées à leur évolution complète, les incisives du mouton, immobiles dans leurs alvéoles, se j)résenlent sous une forme pyramidale, c'est à-dire (pi'élargies vers leur bord tranchant, elles vont en se rétrécissant vers la gencive, sans (]u'il existe cependant, comme dans le bœuf, un collet entre leur partie libre et leur racine.

Généralement moins blanches que les incisives du bœuf, celles de la béte ovine offrent le plus souvent une bordure noire sur les côtés, autour des gencives et dans les petites cannelures que porte l'avale de leur table.

Quant aux différences que présentent entre elles les caduques et les remplaçantes, les premières sont beaucoup plus petites et plus étroites que les secondes, ce qui les a fait distinguer par Daubenton, en dents poiniue^i ou de lait, et dents laif^es ou d'adulte (ait.

Erujjtion et ra'.ement. L'agneau naît presque loujourssans dents incisives. El les ont tait leur complète évolution vers le vingt-cinquième jour après la naissance, et sont arrivées au rond au bout de deux ou trois mois {/ig. 136). Les renseignemens fournis par le rasement

de ces dents n'offrent pas un assez grand degré d'exactitude pour qu'ils puissent servir a la connaissance de l'âge ; mais, comme l'observe M. Girard, il est toujours facile de distinguer un agneau de quatre à six mois, d'avec celui de dix à douze, non-seulement par le développement général du sujet dans ce dernier cas, mais encore par l'aspect de ses incisives, qui, à l'état de chicots, sont vacillantes dans leurs alvéoles, tandis que dans le premier cas elles sont encore toutes fraîches et vierges.

De quinze à dix-huit mois{Jig. 137), les pinces caduques sont remplacées par les pinces d'adulte, qui sortent de travers, mais moins que dans le bœuf. L'agneau, qui se trouve dès lors dans sa deuxième année, est appelé amenais, nom qu'il conserve jusqu'à la sortie des premières mitoyennes.

De 2Hnq^t h x'in^t-sept mois {Jig. 138), sorli(! des premières mitoyennes de remplacement. Le mâle à cette époque prend le nom de bélier (juand il est entier, et celui de mouton quand il a été châtré. La femelleest appelée ^/e/y^V. Quelquefois les premières mitoyennes sortent en même temps que les pinces.

A trois ans et denr { fig. l'SO). sortie des secondes mitoyennes d'adulte. Quehjuefois elles sortent en même temps que les premières mitoyennes

De quatre ans à quatre ans et demi {^fig. 110), éruption des coins d'adulte. Il est rare de voir les coins de remplacement faire leur éruption en même temps que les secondes mitoyennes; le plus ordinairement la gencive reste dégarnie de dents pendant un certain temps.

Les incisives d'adulte arrivent au rond entre cinq et six ans. Le rasement procède, comme dans le bœuf, par les pinces, les pi'emières mitoyennes, les secondes mitoyennes et les coins. Ainsi l'âge de.s/'j;,- «/;.f est marque par le rasement des pinces; celui do sept ans, par le rasement des premières mitoyennes; celui de luiit ans, par le rasement des secondes mitoyennes; enfin les coins marquent par leur rasement la neuvième année.

Mais telle n'est pas toujours la marche que suit l'usure des dents dans les bêtes ovines, et même il est vrai de dire qu'elle présente de

r.ii v:-. '2. DE L'AGE

nombreuses exceptions. Ainsi souvent le rasenieut des pinces précède la sortie des premières mitoyennes; la même remarque sappliqrie à ces dernières relativement aux secondes mitoyennes, et enfin aux secondes mitoyennes relativement aux coins. En sorte qu'en résumé les changemens qui surviennent aux dents, après qu'elles ont complété leur éruption, sont très-variables, et ne peuvent communément donner qu'une idée approximative, mais suffisante cependant pour faire juger si l'animal est très-vieux, ou s'il n'a pas dépassé sa cinquième année. Dans ce dernier cas, en effet, les coins sont courts, intacts ou peu endonimag(''s. A mesure que l'animal approche de six ans, les coins s'allongent et atteignent la hauteur des mitoyeiines. En supposant que l'usure insolite des mitoyennes ne permette pas de distinguer la septième année, l'état des coins indiquera si la bête peut encore être dans sa septième année, ou si elle approche de sa neuvième, époque on In table des coins est nivelée, et où l'ai'cade incisive parvient au ras {/Fff. 14 î).

Quelquefois, dans les animaux qui pâturent sur des bruyères ou sur des terrains dont l'herbe est dAre et courte, on aperçoit entre les deux pinces une entaille triangulaire connue sous le nom de queue cV hirondelle (/î/;-. 140); c'est ordinairement entre l'âge de quatre à six ans que cette échancrure se fait observer. Les dents incisives du mouton peuvent pécher par excès de longueur ou excès de brièveté. C'est ordinairement après l'âge de six ans que la première de ces anomalies se fait observer, et entre dix et quinze ans qu'on remarque la seconde.

On consulte quelquefois les cornes des béliers pour reconnaître leur âge, mais cette partie de la chronoraétrie est encore peu avancée. D'après les observations de M. Gi RARD, l'accroissement annuel de chaque corne dans les béliers mérinos pourrait être évalué comme il suit :

r* année 19 à 20 pouces.

2" année âà G

3" année 3 à 4

4 année 2à 3

Page 1