‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 135 sur 325 · CO]SIS"AISSANCE DE I/AGE DES AMMAUX DOMESTIQUES · texte numérisé non relu

CO]SIS"AISSANCE DE I/AGE DES AMMAUX DOMESTIQUES

lanl; par retendue de la surface de rasemont, celle que devrait avoir la table de nivellement. Nous devons observer ici, comme pour les dents caduques, qu'une des causes de variation dans le mode d'usure des incisives résid*-, pour les dil'férens animaux, dans leur mode d'alimentation; qu'ainsi, les animaux nourris à retable avec des fourrages tendres relardent constamment, et paraissent, à l'inspection des dénis, plus jeunes qu'ils ne sont réellement; tandis qu'au contraire les bètes envoyées au pâturage dans les bois, sur les prairies sablonneuses, usent besucoup plus i-apidement, et marquent toujours plus d'années qu'elles n'en ont. Celle observation doit être prise en grande considération dans l'évaluation de l'âge d'un animal.

A la dernière période de la vie, l'usure ne s'elfeclue pas toujours régulièri^ment; tantôt les incisives droites usent plus vite q'ie les gauches, ou vice ver.sd. Dans certains animaux, les dents usent beaucoup du côté inlerne, tandis que le bord antérieur devient trèstranchant et se déprime peu, en sorte que, par !e frottement, la dent affecte uiie forme un peu analogue à celle qu'elle avait dans l'âge aduTle; mais il ne peut y avoir de confusion, car les dents, ainsi avalantes par l'usure, ne sont pas cannelées sur leur surface de frottement, ni revêtues d'émail, et elles oflrent, dans leur milieu, l'étoile dentaire allongée dans le sens de l'obliquité de la table. Toutefois, comme l'arcade iiicisive, ainsi usée, conserve par devant et en dehors une hauteur qui en impose et annonce bien moins d'années que l'animal n'en a réellement, on se rectifie en retranchant par la pensée la moitié de la longueur de la table, et supposant la dent usée de tmite celte moitié, on évaluera ainsi la hauteur juste qu'elle devrait avoir si l'usure eût été régulière.

B. Connaêssance de Voge du hœuf par l'inspection de ses cornes.

Les cornes frontales, fixées symétriquement de chaque côté de la lêle, ont la même forme extérieure, et ne présentent de différences entre elles que par suite de cas fortuits.

Elles ne se développent qti'après ,1a naissance, croissent rapidement jusqu'à un certain âge, et acquièrent une longueur- variable suivant les races et l'élat dinlégrilé de l'appareil reproducteur; ainsi les bœuls d'3 la Romagne et de la Hongrie sont ceux qui portent les plus belles cornes. Dans les taureaux, ces inslrumens de défense sont d'ufie teinte luisante et d'une médiocre longuetu*; après la casti-ation ils perdent leur luisant et [)renncnt un grand développement, s'allongent et se contournent en haul, et acquièrent d'autant plus de longueur que l'animal a été châtré plus jeune.

Organisation et mode d'accroissement des cornes. Chaque corne a pour base un prolongement osseux appelé c/2eiv7/t' ou support, revêtu d'un tissu vasculaire qui joue par rapport à elle le rôle que remplit, par rapport au sabot du pied dans le cheval, le tissu pododophy- Jeux (voir art. Ferrure). Elle représente, lorsqu'elle est détachée de sa cheville, une longue lige creuse et conique, formée par l'assemblage d'une succession de cornets emboilés

les uns dans les autres et séparés à l'extérieur par une scissure ou sillon transversal plus ou moins profond. Ces cornets ou cercles sont le produit de la sécrétion de chaque année; chaque année, on voit à l'origine de la corne frontale se former un cercle qui, l'année suivante, se trouve repoussé par un cercle de nouvelle formation, et toujours ainsi, en sorte que le cercle le plus ancien se trouve toujouis le plus éloigné de la peau. 11 suffit donc, pour évaluer l'âge du bœuf d'après l'inspection de se.s cornes, de compter le nombre des sillons qui séparent les cercles les uns des autres, et ce nombre donnera celui des années. Nous allons entrer à ce sujet dans quelques détails.

Peu de jours après la naissance du veau, on sent au toucher la première pousse de coi'ue qui apparaît sous la forme d'un gros mamelon.

A huit ou dix Jours, le mamelon d'origine est déjà proéminent et présente une teinte qui indique la couleur qu'aui'a la corne. Au vingtième jour.^ il est dé'laché de la peau et forme un véritable cornillon flexible et lisse à sa pointe.

A ciufj ou six mois-, le cornillon, devenu plus long, commence à se retourner. Sa surface est recouverte par un prolongement de l'épiderme analogue au périople de l'ongle dans les poulains. Vers quatorze à quinze moif, cette production épidermiquc tombe, s'exfolie p;u' lames, et laisse la corne à nu, avec sa teinte luisante.

Entre dix mois et un an, formation d'un sillon peudislinct qui limite le premier cercle représtnlé par toute la pousse de Ja corne depuis la naissance : c'est la marque de la première année.

De l'ingt mois a deux ans, formation d'un second sillon qui limite l'étendue du second cercle: marque de deux ans.

De deux ans et demi à trois ans, nouveau sillon plus pi'ofond que les deux précédens: marque de trois ans. Ce sillon tiiennal, le plus apparent de tous ceux qui se sont formés jusqu'à cet âge, est regardé le plus généralement comme le premier indice d'âge. Voilà pourquoi ceux qui ont l'habitude d'évaluer l'ài,'e des boeufs pa'r l'inspection des cornes, comptent t'ois ans pour toute la portion de corne comprise depuis son .sommet jusqu'à ce cercle (J7g. 135 A).

De trois ans et demi à quatre ans, formation d'un nouveau cercle à la base de ia corne. Ce cercle est généralement regarde comme le premier des noeuds de ia corne. On dit vulgairement, lorsqu'il apparaît, que l'animal donne son premier nœud de ciuatre ans {fig. 135 B).

De quatre ans et demi à cinq ans, C, nouvel anneau semblable au nœud de quatre ans, et toujours ainsi les années suivantes. Ainsi, lorsqu'on veut reconnaître l'âge du bœuf par l'inspeclion de ses cornes, il suffit de compter, à partir de leur sommet jusqu'à leur base, la succession des sillons qui séparent les cercles ; mais comme les deux premiers sillons ne sont réellement appareus que jusqu'à trois ans, et qu'ils dispai-aissent ôrciiiiairemenl lorsque l'animal fait quatre ans. on doit alors, pour éviter toute erreur, compter les sillons à partir du sillon ti'iennal,el regarder comme l'ex-

ANIMAUX DOMliSTIQlIKS : CONFORiMA'l ION EXTERIEURE.

pi-ession du travail de trois ans toute la portion de corne située au-dessus de ce sillon. Les anneaux de quatre, cinq, six, sept et huit ans se succèdent assez régulièrement et sont en général assez bien prononcés {Jîg. 135 A, B, C, D, E ). Mais après cette époque, les cercles se confondent entre eux et ne fournissent plus que d'obscurs renseignemens.

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