‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 142 sur 325 · MOUVEMENS PROGRESSIFS · texte numérisé non relu

MOUVEMENS PROGRESSIFS

membres, exige, de la part de tous les muscles extenseurs, une permanence de contraction, qui les épuise el les affaiblit; et bientôt le sentiment pénible de lassitude dont leur tissu devient le siège, avertit l'animal de mettre des bornes à celle position, qu'on ne lui fait prendre ordinairement que pour \^ placer, c'est-àdire le mettre dans les conditions les plus favorables à son examen extérieur.

2" Du cabrer

Le cabrer est l'attitude dans laquelle le corps est porté seulement sur le bipède postérieur. Pour se préparer à son exécution, l'animal détermine le déplacement du centre de gravité des colonnes antérieures sur les postérieures, en fléchissant sous lui ces dernières, et rejetant en arrière la tête el l'encolure ; puis, lorsque l'équilibre est ainsi rompu, par la détente s-ubite des membres antérieurs, il communique à son corps uiic impulsion assez forte pour ^enle^er de terre et le redresser tout entier sur ses jarrets.

L'instantanéité de cette attitude résulte et de l'étroitesse de la base de sustentation représentée seulemenlpar le parallélogramme compris entre les pieds postérieurs, et de la grande énergie de contraction musculaire qu'elle nécessite de la part du principal moteur de l'enlèvement du devant sur le derrière, qui agit dans celle disposition du corus presque parallèlement sur le levier du troisième genre, représenté par l'épine vertébrale ; aussi la durée de cette position est-elle infiniment courte. Il est cependant des chevaux doués d'assez d'énergie pour la conserver longtemps el progresser même dans cette attitude. 1 el est cet étalon dont parle M. Girard, qui. du plus loin qu'il apercevait la jument, se dressait sur ses jarrets et marchait jusqu'à elle sur les deux pieds de derrière.

3° De la ruade.

La ruade est une action par laquelle l'animal enlève les parties postérieures sur les antérieures, et détend en arrière avec plus ou moins de violence ses deux membres à la fois.

Pour exécuter cet acte, le plus puissant de ses moyens de défense, le cheval porte eu arrière, sous le centre de gravité, ses membres antérieurs qui seuls doivent lui servii de soutien, et, déchargeant ainsi les colonnes qui doivent être soulevées de terre, il tâche encore de les contre-balancer en quelque sorte par le poids de l'encolure et de la tête qu'il fléchit et porte en bas en s'encapuchonnant. Puis, lorsque le corps est ainsi préparé, les muscles extenseurs de la colonne vertébrale élèvent de terre les membres postérieurs qui opèrent la ruade en se détendant en arrière. La durée de cette action est excessivement courte: lorsqu'elle est produite, le corps tend à revenir à sa première position, comme le fléau d'une balance à bras inégaux , lorsqu'on a exercé sur le bras le plus ccurt une pression qui a fait un instant pencher de sor. côté l'équilibre. .Jamais en effet, dans cette position, le centre de gravité n'est assez déplacé pour aue sa ligne de gravitation tombe

TOMB ÎJ, 3o

23* ANIMAUX DOMESTIQUAS : ANAT031IE ET PHYSIOLOGIE DES ANDIAUX. liv. m.

sur la base de soutien : et l'énergie de conli'aclioji qu'elle exige de la pari de son principal agent moteur, comme dans le cas précédent, défavorisé par son levier, est trop grande pour être de longue durée.

§ m. — Des inouvemons progiessifs.

1» Du saut.

De tous les mouvemens progressifs, le saut est le plus cnergi(|ue, le plus prompt, le plus rapide; par lui ranimai, élevé au-dessus du soi et lancé avec plus ou moins de force, peut francliir des distances plus ou moins grandes, des hauteurs plus ou moins élevées.

Le cheval qui veut l'exécuter rejette en arrière la tête et l'encolure, avance sous son corps ses membres postérieurs fléchis, et, déchargeant ainsi les antérieurs, donne au tronc une inclinaison qui facilite comme dans le C.?'irer le déplacement du centre de gravité. Puis àf«iJ's, contractant d'une manière pres- (|ue convi:'aive les muscles extenseurs de ses membres fléchis, il ou opère la détente, et comniunique à tc^L son corps une impulsion qui, su|)érieure, conmie leditllicuE- RA.\D, à sa tendance au mouve:>ient vers la terre, l'élève à une hauteur variable, pro-

Eorlionnelle à l'inleusilé du mouvement de as en haut qu'il a reçu. — Lorsque les pieds de derrière ont abandonné le plan de sustentation, et que, semblable à un projectile, le corps a reçu son impulsion, les mmibres antérieurs restent fléchis sous lui afin de se dérober en quelque sorte au heurt de tout obstacle, dont la rencontre dans ce mouvement rapide déterminerait infailliblement sa chute. Mais lorsque la gravitation le ramène vers le sol, ils s'étendent alors,et, gagnant la terre successivement, afin de neutraliser la rudesse des réactions, ils lui offrent une base nouvelle.

L'exécution facile du saut n'est pas donnée à tous les chevaux ; elle exige de leur part celte grande énergie musculaire, apanage des chevaux de race, et surtout des chevaux anglais, dont la prééminence dans ce genre d'exercico est devenue proverbiale.

2° Des allures.

On donne le nom (Willures aux différons modes de progression du cheval, effectués par les mouvemens successifs et plus ou moins précipités de ses membres. M. Girard les divise en allures naturel/es et allures acquises, et il subdivise ces dernières en allures artificielles et allures défectueuses. Nous ne traiterons ici que des allures naturelles.

Les allures naturelles sont celles qu'exécute le cheval abandonné à lui-même, lorsqu'il n'a pas été modifié par l'éducation ou par l'excès des services.

Dans ces allures, les membres se meuvent toujours en diagonale, et peuvent se succéder un a un, deux à deux, deux à un et un à deux; c'est de celte différence dans leur succession que résultent les différentes allures naturelles, du /'as, du trot et du galop.

à) Dupcv!. — De toutes les allures, le pas est celle ou la stabilité du centre de gravité est le plus assurée par le triple point de soutien

qui lui est toujours présenté; de toutes les allures, c'est donc la plus lente, la plus douce, la moins élevée et celle qui exige de la part de l'animal le moins d'efforts musculaires.

Pour se préparer à son exécution, le cheval en station naisse la tête, allonge l'encolure et incline le corps en avant des membres antérieurs. Puis alors, lorsque l'instabilité du centre de gravité rend sa chute imminente, il rejette sur une des colonnes antérieures tout le poids de son corps, dérobe l'autre sous lui en fléchissant ses articulations, puis la porte en avant, par son extension entame le terrain, et étaie sur une nouvelle base le centre de gravité sorti de sa position d'équilibre.

Dans cette allure, les membres se succèdent un à un. Si, je suppose, le membre droit de devant est parti le premier, le membre gauche de derrière suit un instant après, ensuite le j)iembre de gauche de devant part à son tour pour être suivi un instant après du membre droit de derrière. Ainsi, le pied droit de devant pose à terre le premier, le pied gauche de derrière pose à terre le second, le pied gauche de devant pose à terre le troisième, le pied droit de derrière pose à terre le dernier; ce qui fait un mouvement à quatre temps, dans lequel le corps a toujours trois points d'appui sur le sol.

Dans un pas bien régulier, on doit donc enier.dt'e qualie battues bien marquées par des inlervailt^s égaux, mais on ne doit voir que à^vw foulées sur le sol, car la foulée des membres postérieurs doit recouvrir celle des antérieurs. Tel est le pas ordinaire.

Le pas accéléré ou pas de campagne n'en diffère que par une succession plus rapide des membres.

Le pas relevé diffère du pas ordinaire, par le plus long intervalle qui existe entre les battues des deux bipèdes diagonaux, et par une flexion saccadée et comme convulsive de la région digitée, lorsque le membre quitte la terre; en sorte que dans cette allure, comme dans une allure plus accélérée, on voit à chaque lever briller la face luisante du fer.

b) Du trot. — Dans le trot, la base de sustentation n'est plus représentée que par le parallélogramme tracé entre les deux membres d'un bipède diagonal; cette allure doit donc èîre plus précipitée que le pas, car l'instabilité plus grande de l'équilibre doit exiger de la part des membres une succession plus rapide.

La préparation à celte allure est la même que p!)ur le pas : si nous supposons que le cheval entame le terrain par le membre droit de devant, le membre gauche de derrière partira au même temps, sans qu'il y ail, comme dans le pas, dintervalle entre le mouvement de l'un et le mouvement de l'autre. Puis le membre gauche de devant partira avec le droit de derrière aussi en même temps, de sorte qu'il n'y aura dans celle allure que deux temps et un intervalle. El comme le pied droit de devant et le pied gauche de derrière posent à terre en même temps, et qu'il eu est de même pour le pied gauche de devant et le pied droit de derrière, on ne devra conséquemment, dans un trot bien régulier, entendre que deux battues. Ainsi, dans le mouvement du trot, la translation du corps s'opère

cnAP. 2.

DES ATTITUDES ET DES iMOUVEMENS PROGRESSIFS.

par l'action simultanée de deux membres opposés en diagonale qui marquent leur passage sur le sol par deux foulées seulement, chaque pied postérieur recouvrant l'empreinte de chaque pied antérieur. Bourgelat a observé qu'entre les deux actions simullanées des bipèdes diagonaux, il existe un instant très-rapide, pendant lequel le corps lancé en avant est suspendu dans l'air, parce que chaque membre de chacun des bipèdes antérieur ou postérieur n'attend pas que son congénère soit tombé pour se détacher du sol.

L'allure du trot est plus ou moins rapide, suivant l'énergie musculaire, suivant aussi, comme nous l'avons déjà dit, la conformation des avant-bras et des canons. Tout !e monde sait ce que l'on entend par petit tiot, bon trot. grand trot, ou encore trot allongé, trot de chasse.

c) Du galop. — Le galop est, de toutes les allures, celle ou l'étroilesse de la base de sustentation du corps et l'instabilité de l'équilibre qui en est la conséquence, exigent de la part des membres le plus de rapidité dans la succession de leurs mouvements ; c'est aussi de toutes, celle qui nécessite dans les puissances musculaires le plus de force et d'énergie de contraction. Car le galop n'est à •proprement parler qu'une sorte de saut en avant, renouvelé d'une manière continue et toujours avec une égale intensité, par les délentes continuellement renouvelées ellesmêmes et toujours égales des ressorts locomoteurs. Le cheval se prépare donc à son exécution comme il se prépare à celle du saut, en portant en arrière la tète et l'encolure, flécliissant sous lui les membres postérieurs, et rejetant ainsi le devant sur le derrière.

J'admets maintenant, pour mieux faire comprendre les mouvements harmoniques des membres dans cette allure rapide, que le cheval ainsi disposé n'en exécute qu'un seul des pas complets, ou, pour mieux dire, un seul des sauts en avant dont elle n'est qu'une succession.

Si nous considérons donc l'animal entamant la marche du coté droit, ou, comme on \<i d'il, galopant à droite., nous voyons qu'il opère le lever de ses membres en trois temps bien distincts. Dans le premier, le membre antérieur droit est détaché du sol, enlevé et porté en avant; puis, immédiatement après et simultanément, le membre antérieur gauche et le membre postérieur droit exécutent leur lever, en sorte qu'au troisième temps de cette action, toute la masse du corps n'est plus soutenue que par l'extrémité postérieure opposée à celle qui entame le terrain ; lorsque ce quatrième membre effectue son lever, par sa détente il imprime à tout le corps une impulsion qui le lance comme un projectile et le détache complètement de terre.

Si, maintenant, pour la facilité de l'analyse de cette action complexe, nous supposons le corps arrêté dans l'air au sommet de la courbe parabolique qu'il décrit, et ses membres maintenus fixes dans leur attitude, nous voyons que telle est en dessous de lui leur disposition, que le bipède latéral droit, auquel appartient le membre qui a entamé le terrain, devance toujours l'autre bipède. Ainsi, le membre antérieur droit, qui le pre-

mier s'est détaché du sol, est plus avancé que le gauche et plus élevé que lui. Celui-ci, au contraire, plus rapproché de terre, se trouve plus immédiatement situé sous le centre de gravité. De même le membre postérieur droit outrepasse le gauche, et, porté sous le corps, il est prêt à recouvrir la toulée de son congénère dans le bipède latéral ; enfin le membre postérieur gauche, qui, le dernier, s'est levé du sol, en est le plus rapproché et devra l'atteindre le premier. Que si nous laissions maintenant le corps obéir à la gravitation et suivre, en achevant de décrire sa courbe parabolique, la tendance au mouvement qui l'entraine vers la terre, l'instant où il l'atteindra sera distinctement marqué par trois battues également espacées résultant des heurts de ses colonnes, qui se succèdent pour regagner le sol dans un ordre inverse de celui quelles ont suivi pour s'en détacher. Ainsi, <;'est la colonne postérieure gauche qui fera entendre la première battue, en recouvrant la foulée du membre antérieur gauche, dont la percussion sur le sol, s'effectuant immédiatement après, produira la seconde battue, simultanément avec celle du membre postérieur droit. Puis enfin, au bout d'un même intervalle, le membre antérieur droit fera retentir la troisième battue.

Tel est, dans le galop, le pas complet décomposé en ses dilférentes actions. Mais ce serait une erreur de croire que lorsque le cheval est lancé à celte allure, l^^s membres qui exécutent successivement leur battue attendent pour se détacher du sol la battue qui doit suivre. Ainsi, quand le membre de derrière opposé à celui qui entame a percuté le sol, et communiqué l'impulsion en avant à toute la masse du corps, il est déjà soulevé de terre lorsqu'on entend la seconde battue, et le bipède diagonal qui la produit est luimême déjà enlevé avec le corps auquel sa détente a communiqué un nouveau degré de vitesse, lorsque la troisième battue s'eifectue. C'est alors seulement que toute la machine est en l'air, prête à retomber sur le membre qui le premier s'est fait entendre.

Ainsi, dans cette allure, le coi'ps est alternativement porté par un membre, puis par deux, puis par un; l'instabilité où le met sans cesse l'étroitesse de sa base de sustentation doit donc nécessiter de la part des membres une grande rapidité d'action, afin, comme le dit Bourgelat, que tour à tour et successivement ils viennent au secours de la machine, s'opposent à sa chute, la soulèvent, la chassent et l'étaient.

Tel est le galop le plus naturel, que, d'après le nombre des battues qu'il fait entendre, on appelle galop à trois temps.

On dit en terme de manège, qu'il est uni et juste lorsqu'il s'exécute avec la régularité que nous venons de décrire et qu'î l'un des bipèdes latéraux dépasse toujours l'autre. On dit au contraire qu'il est désuni lorsque, dans le bipède antérieur, c'est le membre droit, et dans !e bipède postérieur, le gauche qui outrepasse son congénère, ou vice versa, en sorte que l'un des bipèdes latéraux a ses deux membres écartés l'un de l'autre, et l'autre bipède les a très-rapprochés.

Un cheval est dit taux lorsqu'il galope à

236 AVIM\U\ DOMESTIQUES: ANATOMIE droite qiîand il doit galoper à gauche, et vice versd.

d) Du galop à deux temps. 11 est une autre espèce de galop particulier aux chevaux de course, plus rapide, plus précipité que le galop ordinaire, c'est \ega/op à deux temps, qui s'exécute par l'action simultanée des membres composant les liipèdes antérieur et. postérieur, et qui, mieux que toute autre allure, peut êti*econq)arée à une succession de sauts précipitamment répétés.

A chaque pas, en ellet, comme dans le saut oblique, le corps, lancé en avant par la détente des colonnes postérieures dont les percussions simultanées sur le sol produisent la première battue, est reçu à l'extrémité de sa courbe parabolique sur les colonnes antérieures, qui, étendues vers la terre, la percutent à leur tour; puis, au moment où elles effectuent leur lever, les mendires postérieurs, qui déjà sont fléchis sous le centre de gravité, viennent recouvrir leur foulée, percutent de nouveau le sol, et commui.i(|uent à la masse une nou- ■velle impulsion. Bien que, dans cette allure, la base de sustentation soit toujours représentée par l'espace compris entre deux membres, cependant elle est beaucoup plus rapide que le galop à trois temps, parce que le centre de gravité n est jamais en équilibre sur le bipèdequi percute, et que les actions des colonnes impulsives sont simultanées au lieu de s'effectuer isolément .^t successivement. Le galop à deux temps n'est pas une allure naturelle à tous les chevaux-, il nécessite une conformation donnée; c'est la conlormation du cheval anglais de course, aux jarrets droits, aux épaules longues, à l'encolure grêle, au poitrail étroit et à poitrine élevée.

Le galop à quatre temps se distingue des deux autres espèces de galop par le nombre plus grand des battues qui sont effectuées par les quatre membres isolément; cette allure est rarement natui-elle aux chevaux, ils l'acquièrent, soit par l'éducation, soit par l'épuisement.

e) L'amble, l'allure la plus basse, la moins détachée de terre, se compose de deux mouvemens opérés successivement par chacun des bipèdes latéraux dont les membres effectuent en même temps leur lever et leur poser. Dans cette allure, où les deux côtés du corps manquent alternativement de point d'appui, l'instabilité très-grande de l'équilibre nécessite une très-grande rapidité dans la succession des membres: mais leurs mouvemens ne sauraient être détachés de terre, car s'ils s'élevaient à une hauteur ar.ssi grande que dans le trot et même le pas, ils pourraient trop rejeter en dehors le poids du corps et déterminer sa chute sur le côté. Le cheval ambleur est donc nécessairement (ôrcé de raser la terre de très-près ; c'est seulement, en effet, pendant le court instant d'oscillation, où le corps est reieté sur le bipède qui fait son poser, que le bipède qui entame peut se détacher du sol et être porté en avant. L'amble n'est donc pour ainsi dire qu'une série d'oscillations trèscourtes d'un bipède latéral à l'autre ; aussi cette allure est-elle très précipitée par les promptes alternatives de mouvemens que nécessite sans sesse l'instabilité de l'équilibre, et très-douce à la fois, caries membres, ne s'élevant qu'à

KT PHYSIOLOGIE DliS ANIMAUX, i.iv. v\

une petite hauteur au-dessus du sol, dans le» levers, les réactions doivent être peu sensibles lorsqu'ils viennent y faire leur poser : mais elle exige, pour s'effectuer avec sûreté, une parfaite conformation des membres, car, forcé de raser ie taj)is, l'ambleur est sans cesse exposé à en rencontrer les inégalités : s'il est solide sur ses membres, il butte, mais ne tombe pas.

C'est dans le cas seulement où cette dernière condition est remplie, que l'amble est une allure à rechercher dans un cheval; mais elle le fatigue et le ruine promptement, et à huit ans il est rare qu'un cheval ambleur soit encore assez solide pour rendre de bons services.

Cette allure n'est naturelle qu'aux jeunes chevaux, qui la perdent vers l'âge de deux ans et demi à trois ans, époque où ils prennent un plus grand développement; dans les chevaux chez lesquels elle s'observe passé cet âge, elle est, ou héréditaire, ou le résultat de l'éducation donnée par les éleveurs, qui, pour habituer un cheval à marcher cette allure, entravent les membres composant les bipèdes latéraux, de manière à rendre leurs actions toujours simultanées; l'amble, ainsi obtenu, doit être regardé comme une allure artificielle.

Des signalem.ens .

Le signalement d'un cheval est l'indication détaillée de tous les caractères extérieurs qui peuvent le faire distinguer individuellement d'un autre, et reconnaître en toutes circonstances.

Dans un signalement, on peut avoir pour but, ou bien, de constater simplement l'identité d'uu individu, ou bien encore, outre cette constatation, de donner l'appréciation de ce qu'il est: de là la distinction des signalemens en simples et en composés.

Pour tracer le signalement d'un cheval avec exactitude, il faut choisir, dans son habitude extérieure, les signes les plus caractéristiques et les plus durables; ces signes sont ordinairement fournis parla rohe, l'âge, la taille elle sexe de l'animal.

Les caractères tirés de la couleur ou des nuances de la robe sont susceptiblesde varier sous l'influence des circonstances que nous avons indiquées plus haut; ils ne doivent donc être réellement considérés comme positifs qu'autant que cette couleur ou ces nuances sont elles-mêmes bien tranchées; dans le cas contraire, il faut moins s'attacher à leur indication précise qu'à l'énumération détaillée de toutes les particularités distinctives qu'elles peuvent présenter; dans tous les cas, enfin, ce sont surtout ces particularités qu'il faut noter comme les signes les plus différentiels des individus.

L'âge doit être noté relativement à l'époque où l'on fait l'examen du cheval; c'est la date du signalement qui doit servir de base; enfin la taille s'entend de la hauteur du cheval, mesurée du sommet du garrot à terre; on ne doit jamais oublier d'indiquer si cette mesure a été prise à la chaîne ou à la potence; la mesure à la potence est en effet la plus exacte, car, à la chaîne, la longueur que l'on obtient a toujours en plus de la taille, ce que le contour de la

COAP. 3. (.miiu

chaîne sur le garrot cl sur l'épaule a ajouté à la ligne droite, et la défalcation qu'on en fait n'a jamais le degré de rectitude de la mesure à la potence. C'est à l'indication courte, précise et Claire de ces caractères qu'il iaut s'attacher dans un signalement. L'ordre dans lequel on les énonce est peu important, mais celui qu'on adopte le plus habituellement est le suivant : Indication du sexe, de i'état des crins, de la robe et de ses particularités, de l'âge et de la taille.

IIGIE.

Lorsqu'on se borne simplement à l'énumération de ces caractères, on l'ait un signalement simple; mnis si, après les avoir indiqués, on ajoute encore tous les détails relatifs à la belle ou défectueuse conformation du cheval, si on énumère les tares qu'il présente, si enfin on émet des considérations sur les services auxquels il est propre, sur sa constitution et sur son caractère, le signalement est alors composé.

U. BOLLEY.

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