TOME II. — Si
HM AMMAUX DOMESTIQUES : CHIRURGIE
1" La /nqil/e, 2° la ponction, 3° V incision
i.iv, m.
se troii-
— Certaines opérations consistent dans l'eni ploi d'un seul de ces temps : il en est d autres Oci il faut à la fois piciiun-, poneluer et inciser. Je n'aurai point à ni"occU|;er de ces dernières, la clifliculté de leur exécution nécessitant toujours les connaissances et la main plus exercée d'un vétérinaire. Mais avant de traiter de celles des opérations dont nous aurons à nous occuper, entendons-nous bien d'abord sur la valeur chirurgicale des mots jnqdre, ponction et incision.
Ou a|)pelle /?/(7«re la pénétration, dans l'épaisseur des tissus, d'un instrument terminé par une pointe aiguë. Ainsi, lorsque dans la clavélisation on lait pénétrer l'aiguille cannelée ou la lancette dans l'épaisseur de la peau, ou tait une piqûre. Les piqûres se pratiquent avec des aiguilles particulières ou la lancette. On désigne sous le nom de ponction une opération cjui consiste à plonger un instrument piquant à travers les parties molles du corps jusque dans un^- cavité naturelle ou accidentelle. Par exemple, l'ouverture du rumen distendu par des gaz est une ponction, parce qu'on pénètre avec l'instrument dans la cavité naturelle que forme cet organe. L'ouverture de certains abcès est uue ponction, parce qu'on pénètre avec l'inslrumeut dans la cavité accidentelle dans laquelle le pus s'est accumulé. On fait les ponctions avec un bistouri droit., un trois-qimrts OU la pointe d'un cautère cliauffé à blauc. Je dirai les cas particuliers oii l'un de ces instruments doit être préféré aux autres.
h'inciMon est une solution de continuité produite sur les tissus par un instrument tranchant. On pratique les incisions avec les bistouris ou les ciseaux.
Les bistouris dont on se sert le plus ordinairement sont droits {Jig. 186) ou co/n-exes sur tranchant {fig. 1S7), ou boutonnés {fig. 188). On préfère les bistouris droits lorsque l'instrument doit être enfoncé à une certaine profondeur dans les tissus avant d'inciser. Dans toute autre circonstance,' il est plus avantageux de se servir du bistouri convexe. Oa emploie le bistouri boutonné dans quelques opérations, comme la hernie étranglée.
La lame du bistouri ordinaire, jouant à pivot sur son manche, afin de pouvoir se fermer comme un couteau, mais n'étant pas pourvue, comme ce dernier, d'un ressort (jui l'empêche de se fermer, il pourrait arriver que pendant qu'on ponctue ou qu'on incise, cette lame vint à se fermer, poussée par un effort de l'animal, cl blessât l'opérateur. C'est pour éviter cet accident que, pour peu que les tissus soient résistants et l'animal méchant, on arme le bistouri, c'est-à-dire qu'on entoure de quelques lils ou filamens d étoupe la portion du talon de la lame qui se trouve enclavée dans le manche. Cette simple précaution dispense de l'emploi des bistouris dits à ressorts ou à coulisses.
Avant de faire une inciiion sur une partie du corps, on coupe avec des ciseaux les poils qsti la recouvrent, et on tend la peau avec les doigts. A moins d'indications particulières, les incisions doivent être faites suivant l'axe des parties sur lesquelles on les pratique. On évite ainsi le danger de coiij)er eu travers les mus-
. I clcs ou les gros vaisseaux et nerfs qui s - I vent <lans ces parties, (lependant, ainsi que je viens de le dire, cette règle n'est pas sans exception : il est (lueiquefois nécessaire, pour faciliter l'opération, et plus tard j)our |)ermettre le libre écoulement du pus, de faire l'incision de haut en bas dans des régions oii, d'après la règle (jue je viens d'établir, on aurait dû la faire d'avant en arrière.
Lorsqu'on incise les tissus pour les enlever, on dit qu'on fait une excision. On se sert souvent des ciseaux courbes sur plat pour faire ces excisions d'un seul coup, quand la base dv,s tissus à extraire est assez circonscrite pour être embrassée par les lames des ciseaux. C'est ainsi, par exemple, qu'on enlève les verrues ou j)oireaux à base étroite.
SECTio.N m. — De La saignée.
On appelle saignée, en chirurgie, une opération qui consiste à ouvrir un ou plusieurs vaisseaux pour extraire une certaine quantité du sang qu'ils contiennent.
Quand la saignée est pratiquée sur un gros vaisseau, elle est dite saignée i,'e'//t'><2/e. Elle est apjielée saignée locale l(;rsque l'on se borne à donner issueau sang contenu dans les vaisseaux capillaires d'une partie, soit par des mouchetures, soit par l'application des sangsues. Dans le premier cas, ou agit sur tout le système circulatoire; dans le second, on dégorge principalement la partie où se pratique l'opération du sang qu'elle contient.
On dit aussi une grande ou une petite saignée, suivant qu'on a tiré plus ou moins de la quantité moyenne de sang qu'on tire ordinairement à chaque animal.
A, De la saignée générale.
La saignée générale se pratique ordinairement sur une grosse veine superficielle. On ne saigne que très-rarement aux artères, parce qu'étant situées trop profondément, elles sont plus difficiles à atteindre, et que l'écoulement du sang y est plus diflicile à arrêter.
Bien que cette opération ne présente généralement que très-peu de difficulté, elle est cependant quelquefois suivie d'accidens extrêmement graves, que certaines prétautioiis dans son exécution peuvent rendre moins fr(>quens. Je ferai connaître ces précautions dans ce que j'ai à dire sur les règles à suivre dans la pratique de la saignée générale.
Ou saigne prescjue toujours les grands animaux avec un instrument appelé flamme'
{fig- 179).
La lancette {fig. 180) n'est guère employée que sur les veines d'un petit diamètre, ou qui rampent sur une base osseuse.
Il est inutile de donner ici une description de la flamme, nous nous bornerons à dire qu'un opérateur doit préférer celle dont Vétui ou châsse renferme trois lames de différente grandeur : la plus grande de ces lames R pouvant servir sur les animaux dont les veines sont i^endues plus profondes p:ir le plus d'épaisseur de la peau ou de la couche de graisse sous-jacente; la moyenne en grandeur Q, pour les cas ordinaires; et la plus petite P, sur les animaux ou les parties dont la