‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 15 sur 325 · DU COLZA · texte numérisé non relu

DU COLZA

S«lon l'un ou l'autre de ces modes, donl nous traiterons successivement en nous occupant d'abord du col/a d'hiver, le sol exige une préparation différente.

Art. i^"^. — Du Colza d'hiver,

§ ^^ — Des semis.

A ne considérer que la main-d'œmre et les frais de culture, les semis pourraient paraître plus économiques que la transplantation, mais il n'en est pas toujours ainsi dès que l'on compare les deux méthodes dans l'ensemble de leurs résultats.

Comme la terre doit être préparée par plusieurs façons, et comme les semailles réussissent incomparablement mieux, année commune, dans nos climats, lorsqu'elles sont faites dès la fin de juillet, ou, au plus tard, dans le courant d'août, il arrive trop souvent que les semis en place ne sont possibles que sur jachère. — Dans ce cas peu favorable, le compte de la récolte se trouve chargé de deux années de loyer. — Il est de plus à remarquer que si, dans la pratique habituelle, les semis n'exigent pas plus d'engi-ais que les transplantations, ils épuisent davantage la terre, attendu que tout l'accroissement du colza se fait sur le même sol, tandis que, d'après le 2* mode, il se fait réellement sur deux sols différens. — Des faits nombreux semblent même attester, quelque étrange que cela puisse paraître, que le terrain qu'on emploie en pépinière et qui n'est guère, à la vérité, qu'un sixième de l'espace destiné à être plante, est épuisé au moins autant que celui dans lequel le colza porte ses graines.

Le semis à la volée est le plus simple, mais aussi le moins productif. Voilà, d'après M. HoTTON, comment on le pratique le plus ordinairement en Belgique: «Aussitôt après l'enlèvement de la récolte qui a précédé le colza, on donne à la terre un labour qui, quelque temps après, est suivi de la herse. Un second labour a lieu immédiatement, puis on sème après avoir encore passé la herse. On couvre ensuite par deux dents, c'est-à-dire en passant deux fois une herse légère sur le semis. Enfin, on roule en long et en travers. — Aussitôt qu'on a semé, hersé et roulé, on lire à la charrue des rayons espacés de 8 en 8 pieds, ayant soin de les diriger vers la pente pour favoriser l'écoulement des eaux pluviales. La terre, ainsi divisée en planches, est laissée dans cet état pour le moment. — Mais, lorsque le colza a atteint un certain degré d'accroissement, ce qui arrive ordinairement deux mois et même plus après la sémination, on procède au buttage en creusant un fossé à la place de chaque rayon et dans le rayon même, et en jetant les terres qui en proviennent à droite et à gauche entre les plants de colza. — Ce fossé a ordinairement un pied carré, et on a soin, en le creusant, de conserver, autant que possible, les mottes de terre dans leur entier, afin de mieux abriter le colza. Ce travail fini, on n'ajoute plus rien à lacu Hure jusqu'à la récolte.» On remarquera qu'il s'agit ici de la Belgique, oùles terres sont hebituellement dans un état parfait d'ameublissement et de propreté.

Dans d'autres localités, après avoir é(Jairci le plant selon le besoin, au lieu de le butter ainsi qu'il vient d'être dit, et malgré la dépense assez forte qu'eiitraiiie cette .second? opération, on le bine une ou deux fois à la houe à main. — Ce sont souvent des femmes qui exécutent ce travail.

De bons cultivateurs n'emploient pas moins de 40 x>oitures de fumier par hectare. D'autres en répandent de 25 à 30 seulement. Il est ciair que ces proportions peuvent et doivent varier suivant l'état du sol

Les semis de colza à la volée exigent de G à 8 litres de graines par hectare, ce qui équi vaut, en poids, à environ 4 à .S kilogrammes.

Ces sortes de semis succèdent fréquemment, dans le Nord, à des récolles d'avoine, afin d'être à temps de les effectuer en temps opportun , on fait ja vêler cette céréale en pelites meules régulièrenieut alignées ou en gerbes -'•ppuyées deux-à-deux et rangées par lignes de manière à ne couvrir qu'une faible partie de la surface du champ; on peut ainsi donner un premier labour et un hersage entre les lignes. — Aussitôt après l'enlèvemeat des meules ou des cordons parallèles, ou répand l'engrais-, — on laboure la pièceen entier; — on herse de nouveau, puis on donne le labour qui doit précéder immédiatement le semis.

Les semis à demeure en rayons partagent avec les plantations en ligne l'avantiige précieux de rendre les binages plus faciles et de permettre d'en donner à peu de frais de plus fréquens , ce qui contribue non seulement à augmenter les produits de la récolle, mais encore à améliorer sensiblement le sol pour les cultures suivantes.

Sur une jachère après une récolte j/rccoce , toutes les fois enfin qu'il est possible de préparer suffisamment le sol avant l'époque la plus favorable aux semis, ce mode peut donner de fort bous résultats.

La tel re ayant été préparée comme il a été dit plus haut, au moyen du rayonneur on trace à sa surface de petits sillons espacés de 18 po. (0 ■" 50 environ), après quoi on répand dans chacun d'eux la semence à l'aide d'un semoir à brouette, d'une bouteille ou de toute autre manière (voy. Tome I, Ensemenc€mens\ de façon qu' il se trouve environ une douzaine de graines par pied de longueur des lignes. Un seul homme peut ainsi semer à peu près un hectare et demi dans sa journée.

La quantité de graine employée par hectare est de 2 à 3 litres.

La quantité d'engrais est la même que pour le semis à la volée.

Il est essentiel A'éclairciretde biner le colza de bonne heure en automne, c'est-à-dire, dès que lesplants sont assez forts pour supporter une façon; dans les semis en rayons, le binage se donne avec la houe-à-cheval et Ion éclaircit lesplants à la main ou avec la binette. Rarement on réitère ce binage avant Ihiver, mais on ne doit pas manquer d'en donner un nouveau et même deux au besoin, en mars et avril. En bonne pratique, quelques femuies suivent la houe pour déraciner complètement les mauvaises herbes soulevées par l'instrument.

ttr su

Quoique le semis en lignes espacées de j vét's, on déchaume à l'extirpateivr ou à la

18 pouces au plus ( environ 50 cent.) ait un avantage marqué sous le rapport de la facilité et de l'accélération des laçons, ce n'est cependant pas le meilleur mode dans tous les cas. M. DE DoMBASLE a judicieusenn-nl fait remarquer que si le terrain n'est pas riche, les plants se trouvent trop écartés pour garnir suffisamment le sol et donner une pleine récolte; il conseille donc de préférence dans ce cas le semis à la volée. Mais, pour approprier à celui-ci une partie des avantages que procurent les inslrumens à sarcler, il apratiqué une méthode que nous avons vue aussi mettre en usage avec beaucoup de succès par feu M. Nie. Demars, excellent cultivateur des environs de Paris. Le champ étant couvert de son plant et celui-ci assez fort pour devoir être éclairci,on y fait passer un extirpateur auquel on n"a laissé que ses pieds de derrière, écartés plus ou moins, selon que l'on veut détruire une |)lus ou moins grande proportion du plant. Ce travail doit se faire en lignes aussi direcles que possible et également espacées. Les socs ayant coupé tout ce qui se trouvait devant eux, le champ se trouve, après l'opération, disposé par pelites bandes alternativement vides et pleines; on n'a plus eEisuite qu'à éclaircir sur ces derniers s'il y a du trop. Les binages subséquens se donnent à la mnin, mais ils sont plus faciles que dans la culture ordinaire à la volée. M. de Dombasi e emploie pour celte méthode 10 Ijtros de graines à l'hectare.

Des semis en pépinière.— Le colza que l'on destineà la transolan talion doit èlreseniédaas le courant dejuillet, alin que le-sjeuues p'antes acquièrent le plus de force possible avant de sortir de la pépinière. — Par la même raison, il ne faut pis semer trou dru alin d'éviter l'éliolement. Les Flamands emploient un quart seulement de semence en plus dans ce cas que pour un semis à demeure; encore jugent-ils presque toujours nécessaire d'éclaircir lorsque les tiges ont atteint un certain développement.— Un plant bien conditionné, lorsuu'il présente déjà à sa base lô à 18 lignes (Ô'",033 à 0"',040) de tour, ne doit pas avoir plus de 8 à 10 po. (0'°216 à 0'"270) de hauteur.

On sème le colza en pépinière, soit à la volée, soit en rayons espacés de 9 pouces les uns des autres, de manière qu'en enlevant une ligne entre deux, pour subvenir aux besoins de la Iransplanlaiion, et en éclaircissant celles qui restent, on puisse les conserver et les traiter ultérieurement comme tout autre semis en rayons.

§ U.— De la transplantation.

Quoiqu'à la rigueur la transplantation du colza puisse avoir lieu jusqu'en octobre, il est toujours préférable de le faire dans le courant de septembre, parce que, mieux et depuis plus long-temps le plant est enraciné aux approches des gelées, moins il doit être endommagé par leurs effets. La plantation peut s'opérer de plusieurs manières.

1° Auplantoir: En Belgique, dès que les récoltes de froment ou d'avoine, auxquelles succède le plus souvent le colza, ont été enle

charrue. — Quekjue temps après on élend le funùer;— on l'enterre par un second labour;— on herse une ou deux lois ; — puis on donne un dernier labonr de 8 à 10 pouces (0"'216 à 0'"270) de profondeur qui divise le terrain en planches d'environ 3 mètres de largeur; — on égalise, s'il y a lieu, le sol au moyen de la herse renversée ou du rouleau, et on commence immédialement la plantation.— Pour cela, que l'on fasse ou non usage du rayonneur, un homme Ouvre au plantoir destrous distans de II à 12 po.(0'"297à0'"324) sur la même ligne; enfin, desenfans ou des femmes, qui le suivent, déposent un pied de colza dans chacun de ces trous et compriment la terre avec le pied autour des racines.

La distance des lignes de plantation varie de 12 à 16 et 18 po. (0"'324 à 0'"487) selon que les binages devront avoir lien ultérieurement à la binette ou à la houe-à -cheval. — Presque partout, vers la rai-novembre, on creuse le sillon de séparation des planches, et on jette la terre qui provient de ce travail entre les plants pour les chausser.

La transplantation h la pioche diffère peu de celle Cl ; seulement, au lieu d'ouvrir les trous an plantoir, chaque ouvrier, armé d'une pioche ou d'un boyau léger, le fait pénéti'er dans le sol à l'endroit ou doit se tri>uver un pied de colza. — En appuyant légèrement sur le manche, il opère,le longdufer, un vide destinéà recevoir une des jeunes plantes dont son tablier est en partie rempli, et, lorsque ce plant a été placé à la profondeur voulue, avant de s'en dessaisir de lamain gauche, delà droite il retire la pioche et affermit le sol à l'aide de la douille de l'instrument. Par ce moyen, qui exige à la vérité quelque habitude, mais qui devient fort expéditif sitôt qu'elle est acquise, les ouvriers marchent (le (rout et laissent derrière eux un travail achevé.

Laplantalion à la charrue, de toutes la plus

fu'onipte, mais aussi dans la plupart des cas a moins parfaite, est cependant assez souvent employée faute de bras.— Elle est fort simple : des femmes placent les plants dans la raie ouverte, en les appuyant contre la terre retournée, et le trait suivant les recouvre.— On conçoit qu'un pareil travail ne peut être bon que lorsque la terre est sufûsamment pulvérisée pour se tasser naturellement autour des racines.

Sur des sols d'une fertilité moyenne on peut sans crainte planter dans toutes les raies, de sorte que les lignes se trouvent distantes de 9 à 10 po. (0'°143 à 0"270). — Dans les terrains d'une richesse très-grande, il serait préférable de ne planter que de deux raies l'une, afin que les plantes destinées à devenir larges et fortes aient suffisammeut d'air et d'espace.

Les pièces plantées do'ivent, de même que celles semées en place, être binées ou rechaussées au moins une fois vers la fin de l'hiver.

Art. II. — Du colza de printemps.

Le colza de printemps, comme toutes les plantes dont la végétation est en quelque

r.n\\\ 1", DU COLZA.

suite hâtée par le temps, donne généralement des produits moins abondans, une huile moins grasse et de moindre qualité que celui d'hiver; aussi le cultive-t-on moins communément. Cependant, lorsque les semis d'automne ont manqué, ou lorsque, par une cause quelconque, le terrain n'a pas été disposé plus tôt, sa culture présente encore de grands avantages.

Celte variété exige plus que l'autre un terrain fécond. Nous en avons déjà fait connaître un des motifs. — On conçoit du reste que n'ayant plus à redouter les gelées et ne devant èlre semé qu'assez tard, le plus grand obstacle à son développement est une excessive sécheresse, et que par conséquent un sol frais, substantiel et profond, est la première condition de sa réussite.

Le colza de printemps se cultive exclusivement de semis. — Quelquefois on le sème en mars ou avril; parce moyen il est plus facile de trouver dans le sol le degré d'humidité convenable à la prompte croissance de la jeune plante, ce qui rend les ravages des insectes moins redoutables; mais, d'un autre côté, beaucoup de personnes ont cru remarquer, avec le savant directeur de là ferme de Roville, que, dans ce cas, la floraison arrive précisément à l'époque où la fécondation des graines des plantes de cette famille, par suite sans doute de la brièveté des nuits, parait se faire avec le plus de difficulté, c'es,t-à-dire dans les environs du solstice. M. Mathieu de DoMBASLE conseille en conséouence de fixer l'époque des semis au mois de niai. — Pour le semis à la volée, le seul qui soit ordinairement employé, attendu que presque nulle part on ne bine ou ne butte le colza d'été, on emploie de 10 à 12 litres de semence par hectare, quantité, comme on voit, du tiers environ plus considérable que pour les semis de colza d'hiver.

Abt. iîi. — Des insectes nuisibles au colza.

Indépendamment des gelées qui annullent parfois les récoltesde colza, cette |)lante redoute encore un autre ennemi souvent tout aussi destructeur et presque aussi inévitable ; nous voulons park'r de VAlti.se bleue {Altica oleracea), que la fig. 2 représente grossie des 3 quarts. Ce coléoptère, qui fait en certaines années le désespoir du cultivateur sous le nom Ttquet ou de puce de terre, bien qu'il nuise aux plantes déjà grandes en détruisant une partie de leurs feuilles, de leurs fleurs et même de leurs graines, est surtout nuisible aux végétaux qui viennent de lever pai'ce qu'il dévore leurs feuilles séminales. Il n'est pas rare de voir ànf, semis entiers de crucifères anéantis de ia sorte avant l'apparition de la 3^ feuille. A mesure que la végétation prend plus de développement, le danger diminue; aussi

CCS

lés

Fig. 2.

pensons-nous que le meilleur moyen d'éviter iesdégàlsde l'allise, c'est moins de chercher à la détruire par des moyens touj. >urs insuffisans ou inapplicables à la grande culture, que de tâcher de procurer aux plantes un développement rapide pendant leur première jeunesse.

— Disons cependant que la fumée pénétrante du brûlis de végétaux encore verts éloigne efficacement ces insectes. Il est fort rare d'en voir en quantité notable sur des terrains nouvellement écobués (1).

Art. IV. — De la récolte du colza.

Aussitôt que le colza est suffisamment mûr, ce que l'on reconnaît à la couleur jaunâtre de toutes ses parties extéj'ieures et à la teinte brune de ses graines, c'est-à-dire de la fin de juin aux premiers jours de juillet pour nos départemens du centre, et vers le milieu de ce dernier mois pour ceux dunord^

— pas trop tôt, dans la crainte d'obtenir des graines moins nouiries, qui donnent par conséquent moins au mesurage, et, qui pis est, qui rendent moins d'huile à mesure égale;— pas trop tai'd, afin de ne pas perclre une partie des produits : on commence ia récolte du colza.

En Belgique, dit M. Hottox, duquel nous extrayons le passage suivant parce qu'il est parfaitement en rapport avec les souvenirs que nous avons rapportés de ce pays, on coupe le colza avec une faucille, à 4 ou 5 po. (0-108 à0""135) déterre, etonle pose par poignées de deux rangées entre les fossés qui bordent les planches. — Les pieds sont placés du côté des fossés, les rameaux vers le centre de la planche. — L'ouvrier a ordinairement les pieds dans le fossé même, et coupe tantôt a droite, tantôt à gauche, jusque vers le milieu de chaque planche. Cette position faciUte singulièrement le travail. Ce sont ordinairement des femmes qui le font,

— Quand le temps est sec, on ne coupe que pendant la matinée, parce (ju'alors les siliques étant fermées, laissent échapper peu de graines.

Dès que les tiges sont suffisamment sèches, ce qui arrive assez souvent après deux ou trois jours, on les ramasse dans des draps et on les enlève, soit pour les mettre en meules, soit pour les battre.

L'emmeulage n'a lieu que lorsqu'on n'a pas le temps de hattre tout de suite, ou quand le colza n'est pas parfaitement mûr ou parfaitement sec, ou enfin quand le temps n'est pas assez beau ou assez sûr pour pouvoir entreprendre le battage, opération qui se pratique en plein air, au milieu des champs.

Lorsqu'on veut faire une meule, on dispose une place circulaire de manière que la terre soit élevée en cet endroit de quelques pouces au-dessus du sol, afin d'empêcher l'humidité de se répandre dans l'intérieur. On met ensuite une couche égale de paille de

3 a4 po. (O'°081à0"'108),surlaquelleon étend un lit d'égale épaisseur de regain destiné à

tremper ses graines pendant 24 et même pendant 3 heiïrerseulemcu\7dan7ureVôrte'sa"Ûm".rravanrde V^ÀTÎNo^rdriVcln-^c^^^^^ '' ^°*^' '^'^'■^°* ^^^^ développèrent parfaite.nenr, sans qu'a.irune alti.se

recevoir les graines qui tombent au fond de la moule, et qui seraient en partie perdues sans cette précaution.

On peut aussi, et cette méthode est recommandée, d'après son expérience, par M. de DoMCASLE, mettre la récolte en meulons coniques (le 5 à 6 pieds ( 1 m. 60 c. à 2 m. ) de liant, (pie l'on établit, soit immédiatement, soit24 heures aprèsle faucillage,selon le point de malnrité. La graine s'y achève mieux et avec moins de risques qu'en javelle. Pour enlever ces meulons, au lieu de les démonter par brassées, ce qui pourrait égrainer beaucoup, on étend à côte de chacun une toile de 8 pieds (2 m. 60 c.)en carré, puis au moyen de 2 perches de bois léger (}ue l'on passe ^ous la base du tas, deux hommes enlèvent celuici en entier et le posent sur la toile, qui, garnie elle-même sur ses côtés de deux perches semblables, sert à le transporter sur l'aire où se fait le battage.

Pour battre le colza en plein air (voy. 1a/î^. 2 qui sert de frontispice à ce volumf'), on se sert d'une grande toile nommée bâche, d'une étendue proportionnée à la récolle. Ce drap couvre tout l'espace disposé pour le battage; il est relevé tout autour par le moyen d'un bourrelet en terre ou en paille.

Ces dispositions étant faites, on apporte le colza et on le place cii'culairement sur le drap. Aussitôt que l'aire est garnie aux deux tiers, les batteurs commencent leur opération en tournant; a mesure qu'ils avancent, des ouvriers ramassent les tiges battues, les lientenboltes, et les mettent en tas dans le voisinage. D'autres ouvriers placent de nouveau colza, et ainsi successivement. — 'L.qs poseurs sont en tête, les batteurs suivent, et les ramasseurs viennent les derniers.

Dans quelques contrées, au lieu débattre le colza au fléau, on a recours au dépiquage. — Depuis que les machines à battre se sont multipliées dans de grandes exploitations, on les a aussi utilisées dans le même but. AL de DoMBASLE écrivait en 1829 qu'il était trèssatisfait de ce nouveau mode, au mo^en duquel on peut battre facilement dans la journée dix à douze voitures de colza, sans avoir rien à craindre de tous les accidens de température qui dérangent si souvent le battage lorsqu'on le pratique en plein champ.

Assez souvent on vanne la graine sur le lieu même, d'autres foison ne la nettoie complètement que lorscju'elle est parfaitement sèche, ou même lorsqu'on veut la vendre, parce qu'elle se conserve mieux mêlée d'un peu (le menue paille. — Dans l'un ou l'autre cas, comme elle est sujette à s'échauffer, on rétendra au grenier, en couches minces, et on la remuera fréquemment à la pelle ou au râteau pendant les premiers temps.

Art. V. — Des produits de la culture du colza.

Dans les environs de Lille, on a calculé que 2 hectares de terre, les mieux fumés et les plus propres au colza d hiver, rapportent, en bonne année, 100 sacs de graines, d'environ 50 kilog. chacun. — En général, il faut cultiver â ou 4 hectares pour obtenir cette quantité.

La graÏDe de colza pesant, terme moyen ,

DES PLA.NTES OLEAGINEUSES. liv. ir/

72 kilog. l'hectolitre, la récolte est donc de 34 hectolitres par hectare.

Si nous rapprochons ces calculs de ceux que nous avons pu recueillir dans l'ouest de la France, notamment en Maine-et-Loire, aux environs de la Jumellière, où M. Cesbron a introduit la culture du colza, nous verrons que les résultats sont peu différens. Là, dans les circonstances les plus favorables, le colza d'tîiver, planté et convenablement biné, rapporte jusqu'à 12 doubles décalitres à la boisselée ae 15 à l'hectare, soit 36 hectolitres à l'hectare ; - le plus ordinairement il ne donne que 9 à 10 doubles décalitres, c'est-à-dire 30 hectolitres, tandis que le colza semé à la volée rapporte tout au plus 12 à 16 décalitres par boisselée. ;

M. DE DoMBASLE 3 établi, d'après ses cul- ■ lures, les calculs suivansqui pourraient, selon les localités, donner des résultats différens, mais qui, étant fondés sur la pratique, ne peuvent manquer d'offrir un intérêt p€>silif :

COLZA d'hiver.

1° Semis à demeure et à la volée.

Loyer du terrain, 2 années; par hect. 140 f. Engrais: 40 voitures par hectare, à 6 fr. la voiture, y compris les frais de transport et la main-d'œuvre pour le répandre; pour moitié 120

Un labour à la charrue et deux à Fex-

tirpateur 50

Hersage 10

Semence : 6 litres, et semaille 4

Faucillage 10

Battage, vannage 18

Total 352 f.

Produit moyen, 18 hectol., à raison de

25 fr. 50 cent, l'hectolitre, fait. . . . 459 f. A déduire pour les frais 352

Reste en bénéfice 107 f.

2° Semis à demeure et en lignes.

Loyer, engrais, labours comme ci-dessus 310 f.

Hersage 10

Travail du rayonneur pour tracer des lignes à 18 po. de distance, parfaitement espacées 2

Semence:2 litres,etsemaille au semoir. 6

3 binages à la houe à cheval 12

Faucillage 10

Battage et vannage 18

Total 368 f.

Produit moyen, 22 hectolitres à raisi n de

25 fr. 50 cent 561 f.

A déduire les frais 368

Reste en bénéfice. . . 193 L 3° Transplantation en rayons.

Loyer d'une année 70 f.

Engrais 120

Labours comme ci-dessus 50

Hersage et rayonnage 12

Replant: 45 milliers, les lignes étant

cuAP. l*^. DES

à 18 po. et les planls à 12 po.

clans la lijine; à raison de 50 c.

le millier, ce qui est hier, sul'fisaiil jfour indemniser des frais de euiuire de la pépinière. ... 22 f. 50 c.

Transplantation 25

.Deux binages à la houe à cheval. . 8

Faucillage 10

Battage et vannage. . 18

Total \ . 335 f. 50 c.

Produit moyen, 22 hectolitres à raison de

25 fr. 50 cent, l'hectolitre 561 f.

Frais à déduire. 335 50 c.

Reste en bénéfice. ... 226 f. 50 c

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