DE LA CAUTÉRISATION
autrefois, et quelques-uns ont encore aujourtrimi la même habitude pour les jeunes chevaux, avant de les faire courir. C'est ce qu'on appelle un feu de précaution. On suppose qu'il rt'iid les chevaux plus solides sur leurs membres. Rien ne justifie une pareille supposition. L'opération, dans cecas, ne sert qu'à faire souffrir et à marquer inutilement l'animal. 11 est loujoiu's temps d'en venir à l'opération quand on voit commencer à se développer quelquesunes des lésions que j'ai indiquées comme réclamant son emploi. — On cautérise \q genou dans le cas d'engorgement indolent avec ou sans indura'.ion, borné à cette région ; dans celui de tumeurs molles ( mollettes ) sur le trajet des tendons; de lumeiu's osseuses sur difiérens points de cette articulation {genou cerclé) (N et O Jïg. 178 ). — La fatigue qu'éprouve le jarret dans les mouvemens fréquens qu'il exécute , dans les actions violentes dont il est le centre, y rend l'application du feu souvent nécessaire. On cautérise la totalité du jarret, soit loi's des engorgemens indolens dont il est le siège à la suite des entorses ( ejjorts de jarret), soit lorsqu'il est entouré de tumeurs osseuses {jarret cerclé) {\l fig. 178). — On le cautérise à sa pointe seulement dans le cas de capelet; a son vide, dans le cas de vessigons; à sa partie inférieure, interne et antérieure, dans le cas d'épnn'in {fig. 178 M); à sa partie inférieure, externe et postérieure, dans le cas dejarde; à sa partie supérieure et interne, dans le cas de courbe. — Ou met le feu sur toute l'étendue de t épaule, ou seulement h la pointe de l'épaule. Le premier de ces feux est indiqué dans le cas d'amaigrissement général de celte région, qu'on remarque quelquefois à la suite de l'inaction absolue à laquelle de vives souffrances du pied ou de toute autre partie de ce membre ont condamné cette région. Il arrive aussi qu'on cautérise toute l'épaule ( ^fig. 178 ), lors de l'existence de boiterie ancienne dont on sait ou suppose la cause dans une distension des moyens d'union du scapulum au thorax ou à l'humérus ( écart, entr' ouverture ). — Le feu de la pointe de l'épaule se met dans le cas assez fréquent d'entorse de l'articulation scapulo-humérale, lorsque cet accident a résisté a des moyens plus simples que fournit d'abord la pharmacie, ou à l'usage d'un séton à mèche ou à rouelle. La finesse de la peau à cette partie, sa mobilité, les mouvemens continuels que lui impriment certains chevaux pendant la cautérisation, la position gênée dans laquelle se trouve l'opérateur, rendent fort difficile l'application du feu à celle région. — La cautérisation de toute la surface externe de la cuisse se pratique lors de lésions analogues à celles qui réclament l'application du feu sur toute la surface de l'épaule, c'est-àdire, l'amaigrissement général de cette région, ou des douleurs profondes articulaires ou rhumatismales. Quand la cuisse n'est pas amaigrie, et qu'on est fondé à croire que la cause de la boiterie est une distension, un tiraillement des ligamens de l'articulation du fémur avec le coxal, on se borne à mettre le feu sur la partie correspondante de la cuisse {ifîg. 178). —Le feu du grasset{l\. fig. 178) est indiqué lors des douleurs vives et persistantes, ayant leur siège dans les moyens articulaires de l'ar-
ticulation fémuro-tibio-rolulienne; ou bien, et plus fréquemment, lors des tumeurs molles que forme la synoviale rotulienne distendue; ou enfin, mais rarement,.après la réduction de la luxai ion de la rotule qui se déplace quelquefois.— Il est peu de propriétaires de chevaux qui ne sachent combien il arrive souvent à ceux de ces animaux qui vont en limon ou qui portent de lourdes charges à dos, de se donner des efforts de reins. C'est lors de cet acci dent, et quand la faiblesse des reins persiste après l'essai des moyens plus simples employés d'abord, qu'il est avantageux de recourir à l'application du feu de cette région {l fig. 178 ) où il produit presque toujours d'excellens effets, quand il est convenablement mis. — Knfin, on cautérise quelquefois le garrot pour faire résoudre les tumeurs molles, véritables kystes séreux, qui se développent assez fréquemment sous la peau de cette région dans cei'lains gros chevaux affectés de rouvieux (gale de la crinière), parce que la démangeaison qu'ils éprouvent les excite à se frotter avec force sur tous les corps durs qu'ils rencontrent. On comprend que l'application du feu, en pareil cas, doit être précédée de l'emploi de moyens propres à faire disparaître d'abord la cause première du ma: c'est-à-dire le rouvieux.
SECTiOiV VII. — Clavélisation.
Les bêtes ovines sont sujettes à une ma ladie appelée clavelée , caractérisée par \e développement sur les parties les moins épaisses de la peau, de boutons pustuleux qui sont d'abord peu saillans, rouges à leur pourtour, et sur le centre desquels on aperçoit, au bout de quelques jours, une pellicule mince, transparente, légèrement grisâtre, laquelle recouvre une matière séreuse qui parait être le virus claveleux. Bientôt cette sérosité se concrète, et forme une croûte qui ne tarde pas à tomber. La clavelée est très -contagieuse. Elle se développe à tous les âges et dans toutes les saisons; mais elle n'attaque qu'une fois le même individu. Elle est plus grave dans les temps froids et chauds que dans les saisons tempérées. Lorsqu'elle se montre dans un troupeau, elle n'en attaque d'abord qu'une partie, au bout de quelques semaines, elle en atteint le plus grand nombre; et, enfin, dans une troisième invasion qui se remarque de vingt à vingt-cinq jours après la seconde, elle attaque le reste du troupeau; d'où il résulte que chaque invasion et chaque intervalle qui la suit durant à peu près un mois, ce n'est qu'après trois mois que tout le troupeau est atteint, et que le propriétaire est astreint à des soins particuliers, dont il n'est guère débarrassé qu'au bout de quatre à cinq mois. Ajoutons que la clavelée est ordinairement désastreuse, et qu'on doit s'estimer très-heureux quand, dans les meilleures circonstances, elle ne fait périr que huit ou dix bêles sur cent, car on l'a vue souvent enlever le quart ou le tiers et mt-me la moitié des troupeaux.
Ces considérations, que je devais rappeler ici, et qui se retrouveront avec tout le développement qu'elles méritent à l'article Clavelée de cet ouvrage, disent assez haut com-
hien doit être pircieux pour l'agriculture lin moyen capable de préserver les propriétaires de troupeaux des pertes énormes que ui'ut leur occasionner une maladie contre la «pielle l'art ne peut rien lorsqu'elle est une fois déclarée. Ce moyeu existe : c'est la clavéli Mît ion.
On avait été frappé de la ressemblance fjîie présentait la clavelée du mouton avec l.t Délite vérole de l'homme. On avait remai- (|uc que la petite vérole due à l'inoculation trtait beaucoup plus bénigne que celle qui se développait spontanément. Ou espéra que l'inoculation de la clavelée produirait, par rapport à cette maladie, d'aussi heureux résTillats. Des expériences nombreuses et authentiques fuient faites, à cet cfCet, en France, par les ordres du gouvernement et par des propriétaires; elles furent répétées à l'étranger, et partout elles furent couronnées des plus grands succès. Voici ce que dit à cet égard i\I. de Gasparin, aujourd'hui ministre de l'intérieur, dans son excellent mémoire sur les maladies contagieuses des bêtes à laine.
« Pendant plusieurs années, les Allemands, » les Français du Nord, les Suisses ont rempli » les journaux et les mémoires des sociétés » savantes des résultats heureux de leurs cla- » vélisations. M. Helmaister inoculait di.r » mil/e bétes à laine sans en perdre une seule ; » et ces animaux ayant été mis en contact » avec des bètes atteintes du claveau, aucun a ne le reprit. Trois mille huit cents bétes » étaient inoculés par M. Barbançois, il ne n perdit que dix-huit bêles, et pas une de race '• pure. M. Guérineau, à Cliàteauroux, clavé- " lisait huit cents moutons, sur lesquels il » n'en perdait que troif ou quatre : M. Gro- » gnier pratiquait la même opération aux en- » virons de Lyon, et ne perdait pas un cent » cinquantième des animaux, tandis qu'il en » mourait un quart de ceux sur qui la ma- » kidie se développait nalurelleiuent. Nos » propres essais concordent parfaitement avec » celte masse d'expériences; mais ne peu- » vent être cilés après des faits si nombreux, » si probans, si bien attestés, et rapportés par » des observateurs exacts et insiruits. »
Cependant ce serait s'exagérer peut-être les avantages de la cl^avélisation, que de croire qu'ils ont toujours été aussi remarquablement heureux. Il est quelques troupeaux où elle n'a pas aussi bien réussi; soit qu'elle n'ait pas été bien faite, soit qu'elle ait été pratiquée dans des circonstances défavorables; mais ces insuccès sont très-rares; et, tout balancé, il résulte d'un calcul fait eu 1822. par M. Hur- Irel d'Arboval, sur une masse imposante de faits qu'il a recueillis, que les pertes éprouvées par suite de la clavélisalion ne s'élèvent pas h un centième. Dans un pareil relevé fait :3ur le résultat de plusieurs clavélisations pratiquées à l'école d'Al fort, la perle est évaluée à un sur quatre cents.
Comme on le voit, la clavélisalion n'est pas un moyen de guérir la clavelée, puisqu'on doit la mettre en usage avant le développement de celte maladie; elle n'est pas non plus un moyen d'en préserver les animaux, puisqu'au contraire elle la fait naître. Mais elle est avantaç;euse :
I" Eu ce que, dans toules les circonstances,
ANIMAUX DOMESTIQUES : CHIRURGIE. liv. m.
la clavelée qu'elle développe est peu dange-
reuse;
2" En ce qu'étant presque toujours maître de choisir l'époque de la clavélisalion, on inocule dans celle des saisons de l'année où la température est le plus favorable à lu marche de la maladie, et où les animaux peuvent être nourris aux champs;
3° En ce que tout le troupeau étant affecté à la fois, on est entièrement débarrassé de la maladie au bout de 5 ou 6 semaines, au plus tard; considération importante, (juandou réiléchit aux soins particuliers qu'exige toujours le troupeau, tant que dure la maladie, et à la gêne, ainsi qu'aux dépenses qu'imposent au propriétaire les mesures de police qu'il est obligé d'observer pendant le méiUv.' temps.
4" Enfin, en ce que le troupeau étant à l'abri de contracter la clavelée, après linoculation, peut être conduit au loin, et traverser sans danger les cantons où règne celle maladie.
J'arrive maintenant à l'opération de la clavélisalion :
Elle consiste à introduire sous l'épiderme des moutons une certaine quantité du virus claveleux Ainsi que je l'ai dit, quand on a le choix du temps, on doit préférer le printemps pour clavéliser. Mais quand on craint d'être envahi par la clavelée qui règne dans le voisinage, et, surtout, quand elle a déjà apparu sur quelques individus du troupeau, il est toujours avantageux d'inoculer immédiatement, quelque temps qu'il fasse. INIais, alors, si on a opéré par un mauvais temps, on sera obligé à plus de précautions, pour garantir les animaux contre les influences atmosphériques. — Les troupeaux considérés comme bien porlans n'ont besoin d'aucune préparation pour cire clavélisés. Pour les individus faibles, il suffit de soins purement hygiéniques. — On peut clavéliser à tous les âges: il paraîtrait, d'après M. d'Arboval, que le jeune âge serait toujours celui qu'on doit préférer; cependant celle opinion, généralement vraie, a renc nlré des contradictions dans ces derniers temps. Si les animaux, au moment où on les inocule, portent déjà en eux le germe de la clavelée, on ne doit attendre aucun résultat favorable de l'opération, qui, cependant, n'aggrave en aucune façon la maladie. Il en est de même des troupeaux qui sont atteints de la pourriture ; sur eux, ainsi que l'a observé M. ae Gasparin, le claveau naturel, ainsi que le claveau inoculé, n'ont ordinaireipent que de fâcheux effets.
Il n'est pas indifférent de puiser à telle ou telle source la matière claveleuse que l'on inocule, et qui renferme le virus claveleux qu'on désigne sous le nom de claveau. Cette matière doit être puisée sur des boulons claveleux parvenus à leur période de sécrétion. Elle est alors limpide, presque transparente, et non encore troublée par le pus qui, un ou deux jours plus tard, commence à se produire dans le boulon. Pour l'obtenir, on enlève et déchire avec précaution la pellicule qui recouvre alors le boulon; et, au bout de quelques inslans, on voit suinter à sa surface, et la recouvrir, wn^' certaine quantité de la sérosité (Sont nous venons de parler. On la
cnAP. 3.
DE LA CLAVELISATION.
puise alors avec rinstramenl d'inoculation, et on la transporte sur Tinclividu à inoculer. Si le bouton saignait après l'enlèvenient de la pellicule, il faudrait étancher légèrement le sang avec une éponge, un linge lin ou un peu d'étoupe, et attendre que la sérosité apparaisse sans mélange. Un bouton ordinaire . peut ainsi fournir de la matière pour cent bêtes et plus. Quand il cesse d'en fournir, on entame un autre boulon arrivé à la même période, sur le même animal ou sur un autre également atteint. — De récentes mais moins nombreuses observations tendraient à recommander, comme moyen de puiser le claveau, un procédé qui serait à la fois aussi sûr et plus expéditif. Voici en quoi il consiste : après avoir choisi un bouton convenable, on l'incise dans toute sa longueur, en ayant soin que l'incision n'intéresse que la portion exui)érante du bouton sur lequel on pratique ainsi une petite rigole qui donne aussitôt écoulement à du sang. On etanche doucement ce sang au fur et à mesure qu'il s'écoule; au bout de dix minutes environ, son écoulement s'arrête, et la petite plaie ne fournit plus qu'une sérosité roussâtre, limpide et ayant tous les caractères du claveau de bonne nature. Pour charger la lancette de cette matière, il suffit de la plonger dans la petite incision pour que ses deux faces soient bientôt imbibées de sérosité. Il paraîtrait que, par ce procédé, un seul bouton peut fournir assez de claveau pour inoculer jusqu'à trois cents bêtes.
C'est ainsi qu'on agit: quand on peut trouver sur les lieux ou dans le voisinage, des animaux atteints de la clavelée à la période convenable. Mais, quand on clavélise par pure mesure de précaution, quand l'épizootie claveleuse ne règne pas dans Ifs environs, il faut se procurer du virus recueilli et conservé avec les plus grandes précautions pour ne pas s'altérer. Les vétérinaires pourront indiquer aux propriétaires les moyens de se procurer ce virus. Mais avant de l'employer sur tout le troupeau, et pour juger de ses qualités, on se boine à inoculer trois ou quatre bêtes avec cette matière. Si elle a été bien conservée, si elle n'est pas recueillie depuis longiemps, elle développera sur les animaux inoculés une clavelée qui, lorsque les boutons qui la constituent seront arrivés à leur période de sécrétion séreuse, fournira pour le troupeau tout le virus frais dont on pourra avoir besoin. — Il résulte de premières expériences faites par M. Girard père, que la matière claveleuse, avec quelque soin qu'on la conserve, perd au bout de peu de temps sa propriété virulente. De nouveaux essais tentés dans ces derniers temps par dts vétérinaires de la Brie, mais dont les résultats, que je sache, n'ont point reçu toute la publicité que inérite leur importance, établiraient que le claveau renfermé dans des tubes capillaires peut conserver des propriétés virulentes au delà même d'une année après qu'il a été recueilli. Il serait à désirer pour l'agriculture que de pareils résultats pussent se confirmer.
J'arrive à l'opération en elle-même, sur laquelle, si simple qu'elle paraisse, je ne donnerai que les developpemens nécessaires pour la faire connaître d'une t;-anière gc'oéraie,
cette opération pouvant et devant toujours être, à cause de la délicatesse de son exécution et de l'importance de ses résultats, confiée à la main exercée d'un vétérinaire.
Les régions du corps qui conviennent le mieux à l'inoculation sont, en général, celles où la peau est dépourvue de laine. Pendant longtemps on opéra sur la face interne des avant-bras, et surtout celle des cuisses. Depuis, on a conseillé de clavéiiserdepréférence, soit à la partie du ventre qui se trouve en avant des organes génitaux dans le mâle, et des mamelles dans les brebis, soit aux oreilles, soit sous la queue. Les motifs de cette préférence, et ils sont vrais, sont que l'opération demande moins detenips, à l'une ou à l'autre de ces dernières régions; que les accidens qui surviennent quelquefois a l'endroit des piqûres y sont plus lares el moins graves.
L'instrument qui sert à clavéliser est la lancette ordinaire ou l'aiguille à clavélisation.
.Te sup|)Ose que la bergerie a été divisée, à l'aide de claies, des râteliers, etc., en deux comparlimens, dans l'un desquels se trouvent les moutons à clavéliser; l'autre étant destiné à recevoir ces animaux au fur et à mesure qu'ils auront été inoculés. Si la bergerie était trop petite pour se prêter à cette division, ou si on n'avait pas les moyens de l'effectuer, et qu'il fit beau temps, on laisserait dans la bergerie les bêtes à inoculer, et on les lâcherait successivement dans la cour, après qu'elles auraient été opérées. Dans le premier cas, le vétérinaire se place au milieu de l'espace qui laisse communiquer entre eux les deux compartimens : dans le second cas, il se place tout près de la porte. A côté de lui, et sur deux bottes de paille fortement assemblées par une corde, se trouve couché, garrotté et tenu par un aide, le mouton qui doit fournir le virus. Devant lui ont été également préparées deux bottes de paille pour recevoir l'animal à inoculer. Ces deux dernières sont inutiles quand on opère sur les oreilles ou sous la queue, puisqu'alors on ne couche pas l'animal. Un aide est chargé de saisir et d'amener successivement à Topéraleur les animaux à clavéliser: un ou deux autres, suivant la partie sur laquelle on inocule, fixent le mouton qu'on opère; un autre maintient celui qui fournit le virus; et enfin, un dernier, dont on pourrait se passer à la rigueur quand on est très-près du mouton claveleux, a pour fonction de charger d'avance un instrument pendant que le vétérinaire inocule avec un autre; car alors on a deux instrumens pour aller plus vite.
Deux piqûres sur chaque sujet, placées à un pouce de distance l'une de l'autre, sont suffisantes. Il faut avoir le plus grand soin, en les pratiquant, de se borner à soulever l'épiderme sans faire saigner; car c'est à la surface du derme que, pour produire de bons effets, le virus doit être déposé; la pénétration de l'instrument dans l'épaisseur de cette couche fibreuse, déterminant souvent des tumeurs qui prennent le caractère gaugre neux, et peuvent être mortelles pour les animaux.
Les effets de la clavélisation commencent à se manifester ordinairement au bout de trois ou quatre jours, plus tôt d.ms tes jeunes ani-
maux bien porlanls et dans une saison favorable, un peu plus tard dans des conditions opposées. Sur les piqûres qui s'enflamment à leur pourtour, et quelquefois, mais plus rarement, sur d'aulres régions, on voit apparaître de véritables boutons claveleux, qui suivent à peu près la même marche dans leur développement et leur terminaison que ceux de la ciavelée naturelle: seulement, la suppuration, notamment dans ceux développés sur les pi!|ùres, y est plus abondante. Une légère fièvre se développe aussi à l'époque de Téruplion des boutons.
Après la clavélisation, les troupeaux n'exigent généralement que d'être mis dans de bonnes conditions hygiéniques, surtout en ce qui regarde la temiiérature. S'il fait doux et beau, on peut les laisser sortir et même parquer. M;iis pour peu qu'il fasse froid et numide, il faut les rentrer le soir à la bergerie, et même les y laisser pendant tout le jour. Je n'ai pas besoin de recommander pour la bergerie, dans ce cas, les plus grands soins de propreté et une bonne aération. Il ne faut pas oublier non plus, tant que dure la maladie, de se conformer aux mesures de police sanitaire prescrites pour les troupeaux affectés de la ciavelée.
Les accidents sont rares à la suite de la clavélisation. Cependant, dans quelques cas, on a vu se développer sur les piqûres, du dixième au vingtième jour, des tumeurs, ordinairement dures, très-sensibles, de couleur d'abord rouge foncé, puis violacée et bleuâtre, susceptibles de prendre un volume considérable, et ayant un caractère évidemment gangreneux. Divers traitemens ont été conseilles pour ces tumeurs. M.Girard prescrit l'emploi de liniraent ammoniacal en frictions; et à rinlérieur l'administration de médicamens toniques et légèrement excitans , tels que, par exemple, du quinquina en. poudre dans du vin chaud, à la dose de deux ou trois gros de quinquina par jour dans un verre de vin. Quelques vétérinaires m'ont assuré avoir incisé ces tumeurs dans toute leur étendue au.ssitôt leur apparition, et en avoir obtenu du succès. Quoi qu'il en soit, il est sage d'appeler un vétérinaire aussitôt qu'on voit se développer de semblables tumeurs après la clavélisation.
Section vi/i. — Amputation de la queue.
Dans le cheval. — La queue est un moyen de défense dont la nature a pourvu les animaux contre les insectes. Aussi, lorsqu'elle a été raccourcie, et surtout pendant les chaleurs, on les voit se fatiguer, se tourmenter et quelquefois dépérir d'une manière sensible. Cet inconvénient se fait principalement remarquer sur les jumens poulinières qu'on abandonne dans les pâturages, et qui, obligées à chaque instant de chasser avec leur tête ou leurs membres les mouches qui s'attachent à elles, ont un lait moins abondant et moins bon, et empêchent leur poulain de se nourrir, ou sont exposées à le blesser en s agi tant.
Cependant, malgré ces inconvéniens, il est peu de chevaux qui oonsei-vent la queue entière. On leur en retranche presque toujours
une partie; soit par mode, pour les chevaux de selle; soit par utilité, pour les chevaux de trait ou d'attelage; soit par nécessité, pour les chevaux qui font le service du halage, dont la queue trop longue et flottante pourrait s'engager dans les cordages des bateaux et les exposer à de grands accidens.
La queue, après sa section, est dite en balai, ccourtée ou en cadogan.
1° On dit qu'un cheval a la queue en balai, quand on a laissé dans toute leur longueur les crins appartenant à la portion restante du (ronçon de la queue. La queue conserve la forme qu'elle avait avant l'opération ; elle est seulement plus ou moins raccourcie. C'est de cette manière que la plupart des propriétaires font couper la queue à leurs chevaux. Voici comment on fait celte opération. Autant que possible, l'animal doit être à jeun, lors surtout qu'on croit utile de laisser saigner beaucoup la plaie résultant de la section de la queue.
Parmi les instrumens dont on se munit, les uns servent à préparer la queue, les autres à la couper. Pour la préparer, on commence par en bien peigner et éponger les crins. Puis on sépare ceux qui appartiennent à la partie à conserver de ceux qui appartiennent à la partie à couper. Les jiremiers sont relevés autour de la portion à laquelle ils appartiennent, sur laquelle ils sont contenus à l'aide d'un lien circulaire peu serré; les autres restent pendans. Le point où se fait cette séparation étant celui où sera faite la section, on le marque avec des ciseaux en coupant circulaii-emenl les crins sur cet endroit. Alors on attache l'animal ou on le tient en main, la tête haute; on fait lever avec une plalc-longe le pied postérieur du côté opposé à celui sur lequel se place l'opérateur; un aide est chargé de soutenir la queue et de la tendre parallèlement à son insertion, en la tenant par les crins de la partie à reirancher: l'ojjérateur, s'il se sert de l'instrument ap|)elé coupe-queue {fig. 192), en écarte les branches, engage la queue dans l'espèce d'échancrure semi-circulaire que présente la branche qui est en dessous, de manière à placer au niveau du couteau de l'autre branche le point de la queue où doit être pratiquée la section; et aussitôt, rapprochant avec force l'une de l'autre les deux branches qui sont articulés à charnière par une de leurs extrémités, il opère la section en un seul temps.
Si, comme il peut arriver, on n'avait pas de coupe-queue à sa disposition, on pourrait mettre en usage l'un des moyens suivans. La queue étant préparée et tenue comme dans le cas précédent, l'opérateur place au-dessous d'elle à l'endroit où elle doit être amj)utée, ei perpendiculairement à sa direction, le tranchant de la lame d'un boutoir de maréchal dont il tient le manche dans sa main gauche, pen dant qu'a\ec un fort maillet de bois dont est armée sa main droite, il frappe sur sa partie supérieure au point où elle repose sur le boutoir, un coup assez fort pour en opérer la section; un second coup est quelquefois nécessaire pour compléter l'opération. Outre l'inconvénient d'être moins facile et moins expédltive, cette méthode a encore celui d'occasionner une contusion qui n'est pas toujours