DE LA QUEUE
queue, et sur lequel les crins appartenant à la portion conservée de ce tronçon ont été coupés à la même longueur que lui. Pour ce faire, après que l'amputation a été faite par l'une des méthodes que je viens de décrire, on laisse retomber les crins qui avaient été retroussés, on les mouille, on les peigne avec soin, en les appliquant bien autour du tronçon; l'opérateur les saisit de la main gauche qu'il fait glisser de la base vers l'endroit où il veut les couper, c'est-à-dire à environ un pouce ou un pouce et demi au-dessous du bout du tronçon; là, il s'arrête, donne à la queue la direction qu'elle a quand l'animal la laisse tomber naturellement, et avec un bon couteau qu'il tient de la main droite et dont il dirige le tranchant vers les fesses, il coupe les crins en travers, en faisant exécuter à l'in* slrument un mouvement de scie. Il termine en raccourcissant ensuite avec des ciseau» ceux des crins qui aui'aient échappé à l'actio ■ du couteau ou n'auraient pas été coupés régu» lièrement.
3° Pour mettre la queue en cadogan, on opère exactement de la même manière que dans le cas précédent, avec celte seule différence, qu'on laisse de chaque côté de la queue deux petites mèches de crins qui dépassent les autres de 3 ou 4 pouces.
Amputation de la queue sur le mouton. — Autrefois, en France, on ne coupait pas la queue aux bêtes à laine. Mais, depuis l'introduction des mérinos, cette méthode, venue d'Espagne, a été adoptée par les propriétaires des troupeaux de cette race. Voici, d'après M. Tessier, les motifs de celte opération . « 1° Dans beaucoup de pays et en certain,^s » saisons, les bêtes à laine qui vivent d'herbes » tendres éprouvent des tliarrhées qui sali- » raient leur queue, et celle-ci salirait la laine » des cuisses; 2° la terre molle s'y.allacherait « aussi ; 3° le pis des femelles, distendu par le » lait quand elles allaitent, deviendrait sen- » sible et douloureux s'il était frappé par » cette queue chargée de crotte ; 4° les brebis » portières à qui on a fait cette opération dans » leur jeunesse reçoivent mieux le mâle et » agnellent sans que le cordon ombilical s'em- » barrasse. »
C'est à un mois ou deux qu'on coupe la queue aux jeunes agneaux. L'opération est des plus simples. On les prend les uns après les autres entre ses jambes, et avec un bon couteau on fait la section à 3 ou 4 pouces de la naissance de la queue. On a eu soin, avant de la couper, de remonter le plus possible la peau qui la recouvre du côté de sa base. Le saug s'arrête seul, et la plaie se cicatrise au bout de peu de temps.
Section ix. — Opération de la queue à l'anglaise.
Les différens mouvemens qu'exécute la queue sont déterminés par des muscles, dont les uns, s'attachant de ehaque côté, contribuent, par leur action successive, à la porter à droite et à gauche suivant le besoin; les autres s'attachant tout le long de sa partie supérieure, la portent en haut; d'autres enfin, au nombre de deux,unde chaque côté delà ligne médiane, rampent et s'attachent à la partie
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inférieure des coccigiens, et produisent par ]^Aiv contraction l'abaissement de la queue.
\Jo[)rr<ition de la queue à l'anglaise consiste à couper une pari le de chacun de ces muscles abaisseurs près de l'origine de la queue, afin que leur action d'abaissement ne se faisant plus sur cet appendice, les muscles releveurs se trouvent sans antagonistes, et que leur moindre contraction produise le redressement de la <|ueue, comme chez les chevaux de race distinguée et énergique (barbes, arabes, etc.). C'est donc pour que le cheval porte bien la queue, pour qu'il la tienne horizontale, ou à peu près, pendant l'exercice, qu'on pratique cette opération dite de la queue à l'anglai.^e^ parce qu'elle a été pratiquée d'abord par des maquignons anglais.
1 Dans l'origine, on se bornait à la section partielle des muscles abaisseurs; plus tard on a remarqué que.malgré cette section, certains chevaux très-mous n'avaient pas encore la force de tenir leur queue en trompe, à cause de la résistance que leur opposait encore le poidsque représentait l'extrémité de la queue. On aimagine alors à'écourterXcs ch^ivaux après les avoir niqueté (coupé les muscles abaisseurs). Aujourd'hui, c'est la double opération du niquetuf^e et de l'écourtage qui est généralement désignée sous le nom de queue à l'anglaise. Comme on le voit, ce ne fut d'abord que des chevaux peu énergiques que l'on anglaisa; mais bientôt la mode s'en répandit, et, aujourd'hui, beaucoup de propriétaires ont la manie de faire anglaiser des chevaux dont il suffirait de raccourcir un peu l'extrémité de la queue, pour la leur fau'e porter convenablement.
Ainsi, en règle générale, c'est certaine ment tarer un cheval de i-ace et réellement énergique que de le faire niqueter; c'est tarer un cheval qui a encore quelque vigueur que de le faire écourter complètement après l'avoir fait niqueter; ainsi ce ne doit être que sur des chevaux véritablement mous que cette opération doit être pratiquée: encore n'est-on pas certain, quand leur mollesse est extrême, qu'ils porteront bien la queue après avoir été anglaisés. Il est aussi des chevaux dont la conformation est telle, qu'eu supposant même leur queue portée en trompe, ce port serait peu gracieux à cause de celte conformation; ce sont ceux dont la croupe est coupée on Irès-ai^^alée. Il faut donc tenir compte de l'étal de force ou de faiblesse de son cheval, et de sa conformation particulière, avant de se décider à le faire opérer.
L'opération, bien quesimple en apparence, offre cependant assez de difficultés dans son exécution pour empêcher un propriétaire prudent de la pratiquer lui-même à son cheval, alors surtout que cet animal est de quelque valeur. Je ne dirai donc que quelques mots du manuel opératoire.
Le cheval doit êîreà jeun; on l'opère deboul, les deux membres postérieurs étant entravés par un lacs à deux entravons, ou l'un des deux relevé et porté en avant avec une plate-longe; la tête tenue haut avec un long tord-nez. Lopéraleur, placé derrière l'animal, relevant la queue avec la main gauche et la renversant sur la croupe où elle est encore contenue par la main dun aide; l'opérateur, dis-je, te-
IQUES : CHIRURGIE. mv. ih.
nanl dans sa main droite le bistouri à tranchant concave, appelle bistouri à queue à l'anglaise {fig. 189), dont il tourne le tranchant en dehors, coupe en travers le muscle abaisseur du côté droit, qu'il attaque d'abord tle sou côté interne, à trois travers de doigt de la naissance de la queue, et qu'il contourne de manière à interrompre complètement sa continuité, sans toutefois blesser les os coccigiens avec l'instrument dont la pointe doit passer très-près de ces os pour couper entièrement le muscle. Après cette première incisioii, il en fait une seconde sur le mémemuscle à deux travers de doigt plus en arrière. Si cette seconde incision est bien faite, la portion du muscle comprise entre les deux incisioxis vient se montrer entre les lèvres de la première. Il en fait encore une troisième à deux travers de doigt en arrière de la seconde; puis, il agit de la même manière sur le muscle abaisseur du côté gauche. En opérant sur ce second muscle, il doit avoir soin que les incisions qu'il y pratique correspondent bien à celles faites sur le muscle droit. Chacune des incisions doit avoir tout au plus un pouce à un pouce et demi de longueur; et celles d'un côté doivent être distantes de celles qui leur correspondent du côté opposé d'au moins un demipouce {fig. 185). Je ne dois pas oublier de dire que, pour opérer sur le muscle du côté gauche, l'opérateur doit retourner le tranchant du bistouri en dedans, à moins que de ce côté il n'opère de la main gauche. Afin de mieux découvrir les portions de muscle qui font saillie au dehors, et pour pouvoir mieux les extraire, on fait sur le milieu de la lèvre inférieure des deux incisions par lesquelles ces portions tendent à sortir, une nouvelle incision plus petite qui lui est perpendiculaire, de manière que les deux incisions réunies figurent à peu près un ï. C'est alors qu'on saisit avec les pinces les portions de muscle dont je viens de parler et qu'on les excise en entier avec le bistouri.
Le sang s'écoule quelquefois avec abondance par les deux incisions les plus voisines de la base de la queue; cependant ce sang s'arrête ordinairement après que celle-ci a élé mise à. la poulie.
Voici, eu deux mots, en quoi consiste cet appareil : La place qu'occupera l'animal après l'opération a du être préparée d'avance; elle doit être limitée par des barres et n'avoir pas plus de 3 pieds à 3 pieds et demi de largeur. Sur la partie du plafond correspondant à la naissance de la croupe de l'animal a été suspendue, par une corde d'environ un demipied de long, une poulie roulant bien dans sa châsse et dont la gorge soit assez large pour recevoir un cordeau de la grosseur du petit doigt. En arrière de cette première poulie, sur la même ligne à 3, 4 ou 5 pieds de distance, a été fixée au plafond une autre poulie de la même grosseur, mais non suspendue par une corde. Le cordeau qui devra passer dans ces poulies présente à une de ses extrémités, celle qui s'attachera à la queue, unepetileganse de deux pouces d'ouverture; à l'autre extrémité est lié un sachet en toile pouvant contenir à peu près 7 à 8 livres de terre ou de sable. La longueur de ce cordeau doit être telle, qu'en supposant l'extrémité à ganse attachée au
cnxv. 3. OPÉRATION DE LA QUEUE A L'ANGLAISE.
bouille laqUL'uequelle relève, l'animal puisse se coucher, sans que rextrémilë qui soutient le sachet atteigne, en remontant, la seconde poulie (/7^. 191).
Quand l'opération est terminée, on conduit l'animal à la place qui lui a été préparée. Les crins de l'extrémité de la queue qu'on retranchera plus tard ont aussi d'avance été réunis en un seul faisceau par une natte qui se termine par un bout de fouet auquel est attaché, en travers et par son milieu, un petit bâtonnet d'environ 3 à 4 pouces de long; on engage ce bâtonnet dans la ganse du cordeau, et aussitôt, par le seul poids du sachet, la queue est tirée en haut, et tendue dans une direction perpendiculaire à la longueur de la croupe {/^. I85j.
H résulte de cette position, que les artères de la partie inférieure de la base de la queue par lesquelles a lieu l'hémorragiesont comprimées par les chairs au milieu desquelles elles se trouvent plus enfoncées, et que cette hémorragie, d'à bord très-abondante, va promptement en diminuant et a généralement cessé au bout de 8 à 10 minutes. Si pourtant, ce qui est rare, elle se continuait après ce délai de manière à
donner quelques inquiétudes, il faudrait poui l'aiTéler appliquer deux ou trois larges pluraasseaux mouillés d'eau froide sur la partie inférieure de la base de la queue, et y maintenir cet appareil pendant 7 a 8 heures à l'aide de tours débandes médiocrement serrés.
Dans les cas ordinaires les plaies sont cicatrisées du vingtième au trentième jour. C'est alors qu'on cesse la suspension de la queue, et que l'on fait couper le tronçon de la queue et écourter l'animal si on veut qu'il soit complètement anglaisé.
Les soins qu'on a dû donner au cheval depuis le moment de l'opération jusqu'à celui où on le retire de la poulie, ont été simples; il a suffi, à la fin du premier jour, d'ôler du sachet quelque peu de sable ou de terre pour en diminuer le poids, lorsqu'on n'a plus eu à craindre d'hémorragie; et ainsi de suile pendant cinq à six jours jusqu'à ce que le poids ait été réduit à 4 ou 5 livres; alors on le laisse tel jusqu'à la fin. Tous les jours on doit lotionner avec de l'eau fraîche la partie supérieure de la queue, près de sa base, auliement la peau de cette région s'échaufferait^ comme on dit, et les crins qui la revêtent ne tarderaient pas à tomber. Ceux-ci, qui ne sont pas compris dans la natte, seront aussi tous les jours lavés et peignés avec soin.
Comme l'animal aura besoin d'être quelquefois promené, on devra pendant .sa promenade, et afin de conserver l'écartemenldes lèvres des incisions jusqu'à l'entière cicatrisation de ces plaies, placer en travers de !a partie supérieure de la base de la queue, un botillon de paille fortement serré au milieu de sa longueur qui est d'un pied à 15 pouces, sur lequel on renverse la queue, et sur lequel on maintient celle-ci, en attachant au milieu d'un surfaix qui embrasse la poitrine, un lien quelconque qui continue l'extrémité de la natte formée par les crins. — La caiie des os coccigiens, quand ils ont été atteints par le bistouri pendant l'opération, et la gangrène de la base de la queue, sont les accidens locaux les plus graves qui puissent suivre cette opération. Leur traitement ne peut être bien dirigé que par un vétérinaire.
Sectiok X. — De la trachéotomie.
La trachéotomie est une opération qui consiste à ouvrir la trachée, pour donner accès à l'air, chez les animaux menacés de suffocation par suite de l'existence d'un obstacle dans le tube respiratoire. La trachée est, comme on le sait, le canal cartilagineux situé à la partie antérieure et inférieure de l'encolure, qui conduit l'air de la gorge dans la poitrine, et que les boucliers désignent communément sous le nom de cornet. Ainsi, après cette opération, l'air, au lieu de s'introduire par le nez pour pénétrer dans les poumons, entre par l'ouverture chirurgicale faite à la trachée. On voit donc que la trachéotomie ne peut être utile que toutes les fois que l'obstacle à l'entrée ou à la sortie de l'air se trouve au-dessus du point où cette opération est pratiquée; et que, par conséquent, pour être efficace, elle doit être faite entre l'obstacle et les poumons. Ainsi, règle générale, lorsque
AJNIMAUX DOMESTIQUES : CHIRURGIE.
cet obstacle existera, soit dans les cavités nasales, soit dans le larynx, la trachéotomie pourra être indifféremment pratiquée sur toute l'étendue de la portiou cervicale de la trachée . s'il existe dans la partie supérieure ou moyenne de ce canal lui-même, c'est audessous du point oîi il se trouve qu'il conviendra d'opérer : si, enfin, ce qui heureusement est très-rare, il existe en bas de la portion cervicale de la trachée, ou plus près encore des poumons, l'opération serait tout à fait inutile.
Quand la cause qui s'oppose à la libre circulation de l'air est une maladie qui ne doit f)as être de longue durée, l'ouverture faite à a trachée, ne devant servir que temporairement à la respiration, n'a pas besoin d'être aussi grande que si la persistance probable de l'obstacle faisait prévoir l'impossibilité pour l'animal de respirer, à l'avenir, par une autre voie que cette ouverture. Mais il est rare, dans ce dernier cas, que l'opération doive être faite d'urgence; presque toujours la gêne de la respiration a mai'ché progressivement, et comme on a pu prévoir dès longtemps la nécessité de la pratiquer, on n'attend pas au dernier moment pour s'y décider; on a le temps de faire prévenir un Vétérinaire, seul capable de l'exécuter et ainsi de prévenir, ou du n7oins de reculer les accidens plus ou moins éloignés dont elle est quelquefois suivie.
Dans le premier cas, au contraire, il arrive
Earfois que l'animal, qui, le soir, respirait 11remenl, ou du moins dont la respiration n'était pas gênée d'u)ie manière inquiétante, est pris tout à coup d'une difficulté de respirer qui fait des progrès si rapides, que la mort en serait l'inévitable et prochaine conséquence, si on attendait que le vétérinaire, pour peu qu'il fût éloigné, fût prévenu et eût le temps d'ai'river. C'est en de pareilles circonstances qu'un propriétaire peut sauver son, animal, en faisant lui-même l'opération dont il s'agit; il la fera moins bien, il est vrai; il s'exposera à quelques petits accidents que le vétérinaire aurait certainement évités; mais enfin, il aura empêché l'animal de mourir, et c'est beaucoup, c'est tout.
Voici comment on procède : l'animal est debout, car, abattu, il suffoquerait. On lui fait lever un peu la tête de manière à pouvoir agir plus à son aise. On est muni d'un bistouri droit à lame étroite. A son défaut, un bon canif pourrait le remplacer. On fait à la peau de la partie antérieure de l'encolure, dans le plan médian, une incision longitudinale de trois ou quatre pouces de longueur; d'un second coup d'instrument, si on ne l'a pas fait du premier, on fend une couche musculeuse très-mince, et on sent alors sous le doigt deux cordons charnus,de la grosseur du doigt, qu'on écarte l'un d'un côté, l'autre de l'autre; un aide est chargé de retenir avec un crochet ou avec le doigt la lèvre de l'incision d'un côté, tandis qu'un second aide tient celle de l'autre. L'opérateur, en explorant avec le doigt le fond de l'incision, sent alors distinctement la surface anuelée que forment les cerceaux cartilagineux de la trachée. Si la suffocation est imminente, il enfonce aussitôt son instrument entre deux cerceaux, et fait, transversalement à ces cerceaux ( parallèlement à l'axe
de l'encolure), une incision de deux travers de doigt de longueur. Pour lui donner cette longueur, il sufnt de couper en travers deux cerceaux de la trachée, ou même un seul sur les animaux sur lesquels ces anneaux cartilagineux sont très-larges. Si on est moins pressé par le danger de l'asphyxie, et si l'animal ne se livre pas à de trop grands mouvemens, on tâche que l'ouverture de la trachée soit faite de lelle sorte qu'elle n'intéresse que la moitié ou les deux tiers de la largeur d'un cerceau, et autant du cerceau voisin correspondant; de sorte que celte ouvo'ture soit faite entre et aux dépens de deux cerceaux voisins, sans qu'aucun d'eux soit complètement coupé dans sa lai'geur. — Pour opérer de cette manière il faut avoir une érigne à sa disposition. Voici comment on procède : on implante entre les deux cerceaux que l'on veut mciser une érigne ordinaire; on plonge perpendiculairement, et dans le milieu du cerceau qui se trouve supérieur, H pointe du bistouri ou canif, dont le tranchant, tourné à droite, est légèrement incliné en bas; et, en incisant par un mouvement de scie autour de l'érigne fixée au centre de l'ellipse qu'on décrit, on enlève de chaque cerceau un morceau demi-elliptique; de sorte que l'ouverture qui résulte de l'excision de ces deux portions a la forme d'une ellipse dont le grand diamètre serait transversal (£7%-. 167).
Quelle que soit celle de ces deux méthodes qu'on ait mise en usage, aussitôt que l'ouverture est faite à la trachée, on y introduit un tube a trachéotomie , pour empêcher les lèvres de se rapprocher, et permettre le passage de l'a'ir pendant tout le temps qu'on jugera nécessaire de laisser le tube en place.
Le tube à trachéotomie ordinaire [fig. 176 et 178 ) se compose 1° d'une canule en fer-blanc légèrement aplatie de dessus et dessous, de 14 à 15 lignes de diamètre, recourbée suivant sa longueur, qui est de 3 pouces et demi à peu près ; 2° d'un pavillon formé d'une plaque de même métal, carrée, à angles tronqués, convexe antérieurement, concave postérieurement, pour s'accommoder à la face antérieure de l'encolure sur laquelle elle s'appuiera, d'environ cinq pouces de hauteur sur un peu moins de largeur, percée à son centre d'une ouverture sur les bords de laquelle est soudée l'extrémité supérieure de la canule
Quand ce tube est introduit, on le fixe en place au moyen de quatre rubans qui partent de chacun des angles tronqués de la plaque et vont se fixer sur la crinière.
Si on n'a pas de tube à trachéotomie, et si on a opéré par la seconde méthode, il suffit, en attendant l'arrivée du vétérinaire, qui apportera le sien, de passer du gros fil dans l'épaisseur de chacune des lèvres de la plaie, d'embrasser dans un nœud toutes les ])arlies ( peau et muscles ) qui composent chacune de ces lèvres, de ramener chacun de ces fils du côté correspondant de l'encolure, de manière à écarter les lèvres l'une de l'autre, et de les réunir ensemble sur la crinière: l'air peut ainsi entrer et sortir librement par l'ouverture faite à la trachée. — Si on a été obligé d'ouvrir la trachée par une incision simple il est nécessaire, pour que les bords de l'iu
c„^p 3, DE LA PONCTION DU IIUMLN
cision faite à la trachée ne restent pas constamment rapprochés, qu'indépendamment des parties molles qu'il embrasse, le nœud de chacun des deux fi-ls dont je viens de parler embrasse la lèvre de l'incision trachéale.
Quant aux soins ultérieurs, ils seront indiqués par le vétérinaire, qu'il est toujours nécessaire "d'appeler après une pareille opération. Il est rare qu'il ne soit pas utile de saigner un animal chez lequel la respiration a été pendant quelques heures assez gênée pour faire craindre la suffocation.
Section xi. —De la Ponction du rumen.
Lorsque la météorisation des ruminans a résisté à l'administration des médicamens ordinairement efficaces, ou qu'on ne les a pas à sa disposition, et qu'on a échoué dans l'emploi du batonnâge, de la pression du ventre, des aflusions d'eau froide, etc.-, ou encore, lorsque le
gonflement de la panse est tel, qu'il y a danger imminent d'asphyxie si, à l'instant même, les gaz qui remplissent ce réservoir n'en sont expulses, la ciiirurgie offre un moyen dont les effets sont aussi prompts que l'exécution est facile : c'est la ponction de ce réservoir. Cette opération, le plus souvent sans danger, consiste à plonger un instrument piquant (ordinairement un trols-quarts) dans le rumen, et à procurer par l'ouverture qui en résulte la sortie immédiate des fluides gazeux qui le distendent. Elle est si simple, elle exige si peu de connaissances anatomiques pour être pratiquée sans danger, que tous les propriétaires peuvent, sans rien craindre, la faire eux-mêmes, dans les cas urgens, en prenant les faciles précautions que je vais indiquer.
Disons d'abord un mot du trois-quarts ou ^/-ocûA/^. Il se compose de deux pièces: l'une, !a principale (7?g-.195),est un poinçon d'acier cylindrique de 6 à 7 lignes de diamèti'e , sur 8
à 10 pouces de longueur depuis et y compris sa pointe triangulaire jusqu'à la naissance de son manche; celui-ci est une espèce de poignée de bois poli, faite en forme de poire. L'autre pièceesl l&canuleàu. poinçon(^^.196); elle présente deux parties bien distinctes : l'une, la plus longue et la plus étroite, est une gaîne cylintïl'ique qui loge la tige du trois-quarts, en laissant dépasser toute sa pointe; l'autre, qui correspond au manche du poinçon, est une espèce de pavillon élargi qui en reçoit la poignée, dont il recouvre seulement la moitié de la circonférence. Il est bon que ce pavillon soit percé de deux trous, pour donner passage aux liens qui doivent souvent fixer et maintenir la canule dans l'ouverture du flanc, pendant un ou plusieurs jours. Il est bon aussi que l'extrémité du tube qui termine la canule du côté de la pointe du poinçon soit très-amincie et s'adapte sur la tige de ce poin-
A.6RICUI.TDBB.
con avec assez de justesse, pour ne pas l'arrêter ou lui faire obstacle lorsqu'il doit être enfoncé dans le rumen à travers les tissus du flanc.
C'est vers le milieu delà partie supérieuredu flanc. gauche qu'il est plus convenable de faire la ponction, à égale distance à peu près de l'angle de la hanche, de la dernière côte, et des apophyses transverses des vertèbres lombaires {Cfig. 193). Comme la peau, dans les gros ruminans, par son épaisseur, sa dureté et son élasticité, est difficile à percer avec la pointe du trocart, on fait bien de l'inciser d'abord avec un bistouri, canif ou rasoir, sur l'endroit correspondant à celui où on doit ponctuer. Alors, l'opérateur se place en avant du flanc, tenant de la main gauche, et à pleine main, la canule du trocart, dans laquelle se trouve le poinçon, dont la pointe a été remontée de manfère à effleurer seulement l'extrémité de
ÏOME II.- — 56
la canule; cette extrëmitc étant appuyée sur le fond de l'incision déjà faite, l'inslrument dirigé presque perpendiculairement à sa surface, on frappe fortement avec la paume de la main droite sur le manche du poinçon qu'on fait ainsi pénétrer d'un seul coup dans l'intérieur de la panse, où il s'enfonce avec sa canule. On retire aussitôt le poinçon, en laissant sa gaine dans l'ouverture, et les gaz s'échappent aussitôt avec impétuosité par l'issue qui leur est offerte. On doit avoir soin de détourner la tèle au moment où on retire le poinçon, afin de n'être pas incommodé par ces gaz qui sortent en abondance. On voit aussitôt le flanc se détendre, le ventre s'affaisser, et l'animal éprouver à l'instant même un soulagement marqué. Quelquefois, bien que la panse soit encore un peu ballonnée, le gaz cesse tout à coup de sortir par le tube. Cette circonstance dépend presque toujours de l'obstruction de la canule par des matières alimentaires que les fluides ont entraînées avec eux en s'échappant. On fait disparaître cet obstacle, en introduisant dans la canule une petite baguette flexible à l'aide de laquelle on repousse les matières dans le rumen.
Mais il arrive quelquefois qu'on se trouve dans des circonstances où le moment est urgent à saisir, et où l'on ne peut se procurer tout de suite l'instrument convenable pour l'opération. On se sert alors du premier instru- Ènent tranchant que l'on trouve, et pour écarter les lèvres de l'incision et permettre la sortie des gaz, on introduit dans la plaie un tube de roseau ou de bois de sureau dégagé de sa moelle, une canule de seringue, une cannelle un peu large, etc., enfin ce qu'on trouve d'à peu près convenable à sa portée : puis, à l'aide de forte ficelle, de fouet, ou, ce qui vautmieux,de ruban, on les fixe dans l'ouverture en les assujettissant autour du corps : car, soit qu'on ait à sa disposition une canule de Irocarl, soit qu'on ait dû employer un de ces tubes improvisés, il est nécessaire que cet instrument reste en place tant que les gaz continuent à se dégager. J'ai dit que le pavillon de la canule était percé de deux ti-ous destinés à donner passage aux liens qui doivent la maintenir autour du corps. Cependant, avec quelque soin qu'on ait serré ces liens, on est obligé, au bout de quelques instans, et quel- ({uefois à plusieurs reprises, de les resserrer encore, à cause de l'affaissement du ventre qui continue progressivement à s'opérer au fur et à mesure de la sortie des gaz. Une autre raison exige que l'animal soit visité de temps à autre; c'est la nécessité de désobstruer le tube, quand il vient à s'engorger.
Quelques propriétaires de troupeaux de bêtes à grosses cornes se servent, après la ponction, d'une canule en fer-blanc de 4 à 5 pouces de long, de 8 à 9 lignes de diam.èlre, dont le pavillon, au milieu duquel elle s'ouvre, représente une |)laque du même métal, légèrement concave pour mieux s'adapter à la convexité du flanc, et percée d'un trou à ses bords supérieur et inférieur pour le passage des liens qui doivent la fixer autour du ventre (/?i,'.194). Ce tube, peu coûteux, est préférable à tous ceux dont je viens de faire mention.
Le tube ne doit rester dans la plaie qu'autant que des gaz continuent à se dégager.
CHIRURGIE. Liv. ni.
Ordinairement on le laisse un ou deux jours; dans quelques cas, on est forcé de l'y maintenir pendant quatre, cinq et même six jours : on cite même des cas où il a dû rester pendant plusieurs mois ; mais ces cas sont tout à fait exceptionnels, et il est probable que sur les animaux qui les ont présentés, la météorisation n'était que le symptôme d'une inflammation plus ou moins grave ou ancienne des voies digestives. Or, cette inflammation n'existe pas dans les animaux qui se gonflent pour ainsi dire instantanément, et qui présentaient tous les signes d'une santé parfaite quelques heures avant la météorisation. Du reste, on conçoit que le développement des gaz dans le rumen étant le produit de la fermentation de la masse énorme dalimeus qu'il contient, on doive laisser une issue à ces gaz tant que leur présence annonce la continualion de cette fermentation. Afin de faire cesser celle-ci le plus promplement possible, on profite de l'ouverture faite à la panse pour injecter dans son intérieur quelques substances médicamenteuses, telles que des infusions froides de plantes aromatiques, du vin, du cidre, etc., additionnés de quelques gros d'ammoniaque liquide, d'éther ou autre subtance médicamenteuse analogue.
On reconnaît qu'on peut enlever le tube lorsqu'il ne s'échappe plus de gaz par son ouverture, et que l'animal recommence à ruminer. On l'ôte alors; on nettoie bien les bords de la plaie, qu'on recouvre d'un large plumasseau ou linge enduit de cérat ou de térébenthine, et maintenu par une bande qui enlace circulairement l'abdomen. A moins d'accident particulier, il suffit d'un ou deux pansemens, et de soins de propreté pour que cette plaie se cicatrise : quelques vétérinaires m'ont assuré avoir souvent vu ces plaies se cicatriser toutaussi bien, sans application d'aucun appareil de pansement après l'enlèvement de la canule. Quoi qu'il en soit, il est prudent, lorsqu'on a ôté le tube et recouvert l'ouverture du flanc par un appareil, de visiter plusieurs fois l'animal dans le courant de la journée, pour s'assurer qu'il ne se gonfle pas de nouveau : de pareilles rechutes ayant lieu quelquefois quand on s'est trop hâté de retirer la canule. Si cela arrivait, on replacerait aussitôt cet instrument. — Quant aux accidens dont peut être suivie la ponction du rumen, ce sont, ou bien une inflammation du péritoine, ou bien des abcès qui se développent au niveau de la plaie ou à son voisinage. Je ne peux que conseiller, en pareil cas, de réclamer les secours d'un vétérinaire. — Lorsque la météorisation sur les hêtes à laine ne cède pas aux moyens simples, conseillés et usités en pareille circonstance, on peut et doit avoir recours, sans hésister, à la ponction du rumen, qu'on pi'atique aussi à la partie supérieure du flanc gauche. L'opération dans le mouton n'offre pas de règles particulières; seulement il est convenable d'employer un trocart de moitié moins grand que celui usité pour les bœufs.
Incision du rumen.
Il est des cas où la météorisation est produite à la fois, et par des gaz, et par une masse
CBAP. 3. DES SOINS ET OPER.iTIONS QUE NECESSITE L'ACCOUCHEMENT.
considérable de matières alimentaires qui se sont accumulées et durcies. On comprend qu'alors on n'aurait obtenu qu'un résultat fort incomplet de la ponction de cet organe, J'ouverture qu'elle produit ne pouvant servir qu'à l'issue des gaz, et ne débarrassant pas la panse de la surabondance de matières qu'elle renferme. On pratique alors à travers le liane gauche, et dans la direction verticale, une incision d'environ cinq pouces de longueur, et pénétrant dans le rumen. Par le moyen de cette ouverture, dans laquelle on introduit la main ou on fait introduire celle d'un entant, on retire avec précaution les matières qui engorgent le rumen; on ramollit et délaie ensuite le reste avec des liquides médicamenteux qu'on injecte par la même voie, et on parvient ainsi à sauver l'animal. Mais celle opération, beaucoup plusgrave que la précédente, ne saurait être bien faite que par un vétérinaire.
Lorsqu'on pratique ces opérations, un aide D {fig. 183) saisit la queue de la vache, qu'il fait passer à la face interne de la jambe, puis à sa partie antérieure; puis enfin au côté extern'é où il la maintient. On empêche ainsi l'animal de donner en avant et en dehors un coup de pied en -vache, et on garantit l'opérateur de tout accident.
Section xii. — Des soins et opérations que nécessite V accouchement laborieux ou con tre nature.
Quoique le plus souvent, chez les femelles doînestiques, l'accouchement se fasse avec facilité et sans secours étranger, il est des cas fréquens, où, par suite de l'existence de quelques obstacles, l'aide de l'homme devient utile pour que ce travail s'effectue. Ces obstacles dépendent , 1" de l'excès ou du défaut de force de la part de la mère, ou de l'excès de grosseur du petit animal {part laborieux)-^ 2° du volume disproportionnéou d'une fausse position du petit sujet, d'une mauvaise conformation du bassin de la mère, etc., toutes circonstances qui rendent impossible l'accouchement naturel {part contre nature). Mais pour mieux faire comprendre ce que nous avons à dire par la suite, disons d'abord quelques mots de la position naturelle du fœtus (c'est le nom qu'on donne au petit animal avant sa naissance).
Chez toutes les femelles domestiques, le foetus, lors de l'accouchement, doit, pour être bien placé, présenter la tète allongée et appuyée sur les deux membres de devant. De cette manière toutes ces parties ont dans leur ensemble une forme conique, laquelle est très-propre à favoriser la sortie totale du corps, soit que la mère se couche, soit qu'elle reste debout; sortie qui est d'ailleurs facilitée, d'un côté par les efforts de la mère, et de l'autre par la ruptiu'e de la poche des eaux, dont les débris constituent le délivre. C'est là la position naturelle; il y a pourtant quelques exceptions à cette règle; nous allons les passer en revue.
Part laborieux.
C'est celui qui est rendu difficile par des causes tout à fait indépendantes de la mau-
vaise conformation de la mère ou du fœtus, ou de lu mauvaise position de ce dernier. Le part laborieux dépend souvent d'un excès de force de la mère el de la tension qui en résulte dans l'ouverture de la matrice {part <«muitueux)\<\an?, d'autres cas, au contraire, il dépend d'un défaut de forces, apparent ou réel {part languissant).
Le part tumultueux se fait souvent remarquer chez les génisses et les jeunes jumens qui mettent bas pour la première fois; l'irritabilité pins grande de la matrice à cette époque de la vie détermine alors des efforts expulsifs prématurés et dont l'elfet est nul pendant un certain temps, à cause de la rigidité du col de la matrice qui n'est pas encore convenablement dilaté. Le plus souvent, dans ces cas, un retard dans l'accouchement est le seul inconvénient ({ui résulte de ces efforts prématurés; d'autres fois l'aggravement des souffrances devient te) qu'il nécessite des soins particuliers que nous ferons connaître.
Le défaut de forces, dans le part languissant., peut n'être qu'apparent, et résulter de l'accablement que produisent ordinairement les efforts réitérés du part tumultueux. Dans d'autres circonstances la faiblesse dépend de l'épuisement de la mère, causé par la vieillesse, des maladies ou une mauvaise alimentation. Il importe de bien distinguer cette faiblesse réelle de celle qui n'est qu'aj)parente. parce que les moyens de traitement sont tout à fait différens dans les deux cas.
Enfin, un fœtus un peu volumineux peut, quoique bien placé, ne sortir que difficilement, et constituer encore un cas de part laborieux.
Voyons maintenant par quels moyens on facilitera l'accouchement dans ces différens cas.
Une foule de personnes ignorantes croient que, toutes les fois qu'une femelle (vache, jument, truie, brebis, etc.) éprouve de la difficulté pour accoucher, il n'y a rien de mieux à faire que de prendre le fœtus par la tète et les pieds, et de tirer jusqu'à ce que le part soit effectué. Nous ne saurions trop blâmer cette méthode qui n'offre dans les parts ordinaires qu'un bien faible avantage, et peut être suivie, dans les accouchemens laborieux et contre nature, des plus fâcheux accidens.
Dans le part tumultueux, \ovs(i\u.Q^ la femelle est bien à terme, au lieu d'employer précipitamment les efforts de traction, le meilleur moyen est de pratiquer une saignée, afin de modérer et de favoriser les efforts expulsifs par le relâchement de l'entrée de la matrice qui en est toujours le résultat. On aura soin en même temps de tenir la bête chaudement, de lui donner de l'eau dégourdie et miellée pour apaiser la soif, ordinairement vive dans ces cas. Il est rare que quelques heures après ce traitement, l'accouchement ne s'effectue pas avec facilité.
Le part languissant par/aiblesse apparente, se montrant à la suite du part tumultueux, exige les mêmes soins que ce dernier. L'accablement est ordinairement de courte durée, et il disparait souvent presque aussitôt, ou du moins très-peu d'instaus après la saignée, qui, alors, a diminué l'accumulation du sang vers la matrice.
Lorsque, au contraire, la langueur de l'accouebenient dépend d'une faiblesse réelle, après en avoir reconnu ou soupçonné la cause ou cherche à augnienler l'intensité des elforts, en donnant en breuvage le vin blanc, le cidre, la bière, chauds et aromatisés avec la cannelle ou la muscade (une à deux bouteilles pour la vache et la jument; un à deu\ verres pour la truie et la brebis). Si ce inoven est insuffisant, on a recours à des efforts de traction sur le fœtus. Ces tractions, qui doivent toujoursétre exercées par des honnnes adroits, etautant que possible par des vétérinaires, doivent être très-modérées et s'exercer à la fois sur la tête et sur les membres du petit sujet. Elles sont surtout de la plus grande utilité, si la bète est couchée et ne peut se relever, et si l'on craint que la longueur de l'accouchement n'occasionne la mort du fœtus. On y a recours aussi lorsque la difficulté du part dépend de ce que le volume du petit animal excède uu peu la capacité du bassin de la mère.
Telles sont les principales circonstances où l'accouchement n'est que difficile; passons maintenant eu revue celles où il est tout à fait iiDpossible qu'il s'effectue sans les secours de l'homme.
Part contre nature.
L'accouchement est contre nature lorsqu'il est rendu impossible par l'existence de circonstances physiques, inhérentes au fœtus ou à la mère. De là uue division des paris contre nature: 1° en ceux qui sont la suile des mauvaises positions ou de la conformation vicieuse du fœtus ou de ses enveloppes ; 2° et en ceux qui tiennent à des alléraiious ou autres défauts dans la conformation du bassin de la mère, ou de la matrice.
A. Fausies posUions clujœtus.
Nous avons dit quelle était la véritable position naturelle; il y a quelques autres positions qui, sans offrir autant de facilité pour la parturition, la rendent cependant possible sans trop de travail. Les deux suivantes se trouvent dans cette catégorie.
1° Les deux membres de derrière se pré' sentent seuls ou avec la queue. Dans le premier cas, l'expulsion éprouve des difficultés, parce que la queue, ordinairement renversée sur la croupe, forme un léger obstacle. Mais lorsqu'elle se trouve pendante entre les fesses, l'accouchement se fait assez facilement; le bassin seul, par son volume, franchit plus !eutement le passage ; mais dès qu'il est sorti, le reste du corps suit rapidement, et raccouclienienl se trouve complet. Lorsqu'on voit qu'un fœtus se présente de cette manière, et que la queue ne parait pas, il est important de chercher à la ramener à sa position naturelle, et de tirer ensuite légèrement sur les deux jambes du petit sujet.
'r J.es jarrets- ne présentent que leur pointe. On est parvenu, dans plusieurs cas de ce genre, à opérer l'extraclion sans rien changer à la position du fœtus. INéanmoins il convient mieux de chercher à repousser tout le corps du petit sujet dans la matrice , et de
ramener ensuite les extrémités des membres de derrière et la queue.
Les autres positions exigent toujours que la partie du fœtus qui se présente soit repoussée dans la matrice, et qu'on cherche à faire sortir en même temps, soit les deux membres de devant et la tête, soit ceux de derrière et la queue. Mais ou aura soin, avant de repousser dans la matrice les parties qui se présentent (nous parlons ici des membres ou de la tète), d'y fixer un cordeau à nœud coulant, alin de |)ouvoir les retrouver quand on en aura besoin. Aux membi-es le cordeau se fixe dans le pli du paturon, et à la tête on l'attache à l'extrémité de la mâchoire inférieure. Ou pourrait sans beaucoup d'inconvénients fixer un seul cordeau aux deux membres de devant ou de derrière, mais il vaut mieux en attacher un à chaque membre, l'opérateur en a plus de liberté pour agir dans la matrice. Ces cordeaux, dont l'extrémité libre reste en dehors de la vulse, sont tenus par des aides.
3" La croupe se présente seule, et en introduisant la main dans la matrice on ne ramène que la queue du fœtiis. Il faut alors chercher à repousser la croupe le plus loin possible, afin de ramener les membres de derrière qui sont fléchis sous le ventre. Cette manœuvre est assez difficile ; aussi ne peut-elle être convenablement exécutée que par un homme très- exercé, et ayant les connaissances nécessaires.
4" Un membre de derrière se présente seul. Il faut, après y avoir fixé un cordeau, repousser le corps dans la matrice, et chercher l'autre membre tt la queue. Alors on fait tirer légèreujent sur les deux membres à la fois, et l'accouchement s'effectue facilement.
5° Les deux membres de devant se présentent, et par l'exploration on remarque que la tête est fléchie sous ces membres, au lieu d'être allongée et placée au-dessus d'eux. Ou cherche les bouts des mâchoires, et en tirant légèrement on finit par allonger assez la tête, pour qu'elle reprenne sa position naturelle On est quelquefois obligé d'attacher un cordeau à la mâchoire inférieure, pour faire maintenir la tête allongée.
6° Les deux membres antérieurs se présentent seuls. La tête étant alors renversée, soit sur l'un des côtés de la poitrine, soit en arrière sur le dos, fait que le petit sujet étouffe souvent, dans cette position. Il faut encore, comme il a été dit plus haut, repousser les membres dans la malrice, après y avoir attaché des cordeaux et aller chercher la tète. Mais la difficulté dans les manipulations est telle chez les grandes femelles, qu'on ne peut pas toujours ramener la tête dans sa véritable position, et qu'il ne reste d'autre moyen pour débarrasser la mère que d'arracher le fœtus par morceaux (embryotomie). Il est inutile de dire qu'un vétérinaire doit toujours être appelé dans ces sortes de cas.
7" Un membre antérieur et la tête se présentent. 11 n'y a alors qu'à aller chercher l'autre membre après avoir repoussé ce qui se présentait, pour rendre la position du petit sujet naturelle. La difficulté est plus grande lorsqu'un nicmbre de devant se présente seul, car alors il y a à ramener non-seulement l'autre membre, mais encore la tête, et celle-
cu\.». 3.
ci se trouve quelquefois repliée ou renversée. l)n procède alors con-me il a élé dit précédemment.
Il survient quelquefois un accident grave, lorsque l'un des membres de devant se présentant, l'autre est resté dans la matrice : c'est la déchirure de l'ouverture de la matrice à sa partie supérieure. Celle déchirure, qui n'a lieu que lorsque le membre resté se trou\e allongé et dirigé en haut, est le résultat des efforts de la mère pour expulser le fœtus. Souvent, alors, on est obligé d'avoir recours à l'embryotomie pour débarrasser la mère.
8" Les quatre membres réunis se présentent. Comme il est impossible que l'accouchement s'effectue de cette manière, il faut chercher à distinguer les membres de devant de ceux de derrière, puis placer des cordeaux à deux membres seulement (soit les antérieurs, soit les postérieurs), repousser le tout dans la matrice, ramener la tête ou la queue avec les membres fixés, et retenir les autres membres pour les empêcher de sortir en même temps. L'accouchement, dans ce cas, est toujours très difficile.