CHAPITRE IV. — PHARMACIE VÉTÉniiWIRE
On appelle médicament, toute substance qui, administrée à l'intérieur, ou appliquée à l'extérieur du corps des animaux, concourt à la guérison de leurs maladies.
L'action des médicaments est locale ou générale ; on appelle locale celle qu'ils exercent directement sur les parties sur lesquelles on les applique. Ainsi, les astringens, l'extrait de Saturne, par exemple, appliqués à la surface d'une plaie saignante, déterminent le resserremeni des ouvertures des petits vaisseaux qui fournissent le sang, et l'hémorragie est arrêtée.
L'action locale est dite révulsive, lorsqu'on agit sur une partie saine pour y appeler et y fixer une inflammation développée à l'intérieur sur un organe plus important à la vie.
On appelle générale l'action qui s'exerce sur tout le corps. Ainsi, quand on fait avaler à un animal un médicament excitant, du camphre, par exemple, il y a d'abord une action locale, qui résulte du contact de cette substance avec l'estomac ; mais bientôt il est absorbé, et porté avec le sang dans tout le corps, auquel il communique une excitation générale.
Les effets des médicamens sont frimilifs ou .secondaires. On nomme primitifs les changemens pi'oduits par l'action directe des médicamens sur les organes ; secondaires, les effets qui ne se produisent que plus tard, et qui sont la conséquence des primitifs. Par exemple, lorsqu'on brûle une plaie avec le sublimé corrosif, la désorganisation des tissus et la formation de l'escarre qui résultent immédiatement de l'application, sont les effets primitifs; l'inflammation et la suppuration qui suivent bientôt, et à l'aide desquelles l'escarre se détache, sont les effets secondaires.
Section i""^. — Des formes des médicamens.
On prépare les médicamens sous un grand nombre de formes; nous allons indiquer en quelques mots les plus usitées.
i§ \". — Médicamens solides.
On appelle espèces, des mélanges de plusieurs plantes ou parties de plantes, jouissant de propriétés analogues, séchées, coupées menues et mêlées soigneusement;
Poudre, toute substance solide réduite en particules fines par la pulvérisation.
§ II. — Préparations molles.
On appelle extrait, le produit mou de l'évaporation d'un liquide, obtenusoitparla simple expression des végétaux, soit par leur infusion, décoction ou macération dans l'eau, le vin ou l'alcool;
Electuaires des composés mous formés de poudres ou d'autres médicamens incorporés dans le miel, la mélasse ou un extrait végétal;
Pommade, tout médicament dissous ou mélangé dans la graisse de porc, ou une autre graisse ;
Cataplasmes, des mélanges de farines, de poudres ou de pulpes délayées dans un liquide bouillant, en général l'eau ou le lait, et qu'on applique à la surface du corps à l'aide d'un bandage. Lorsque la farine de moutarde fait la base du cataplasme, il prend le nom de sinapisme.
§ III. — Préparations liquides.
On désigne sous les noms de :
Boiisons, les liquides que les animaux prennent d'eux-mêmes sans aucun secours étranger ;
Breuvages, les médicamens liquides qu'on administre aux animaux à des doses et à des heures prescrites, à l'aide d'une bouteille, d'une corne, ou d'un autre instrument,
On appelle infusion, la dissolution de certains principes d'un corps, obtenue en versant sur ce corps de l'eau ou un liquide bouillant;
Décoction, la dissolution obtenue en faisant bouillir le corps avec le liquide;
Macération, celle qu'on obtient en plongeant un corps dans un liquide à la tempe-
ANIMAUX DOMESTIQUES : PHARMACIE VÉTÉRINAIRE