‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 18 sur 325 · DU PAVOT · texte numérisé non relu

DU PAVOT

avons été à même d'observer qu'elle se ressème d'elle-même à la fin de juin, et que lé plant qui naît à cette époque est f' rt beau.

Si l'on voulait encore tenter la cultui e de la Julienne sur une certaine échelle, uous conseillerions de recourir aux semis en rayi 'ms.

Sur 40 ares de bonne terre bien nettoyée, labourée et fumée , M. Gaujac a obtenu 770 kilogrammes de graines qui n'ont donné que 140 kilog. d'huile.

celle qu'on a cherché à propager pour en exti-aire de l'huile; mais, malgré limportance qu'on lui a donnée sousce rapport dans divers écrits, il semble désormais démontré par les faits que si sa culture a pu quelquefois donner en petit de belles espérances, elle est loin datlcindre,en grand, lesrésultats avantageux {[u'onavait annoncés. — Presque partout, à la suite d'essais plus ou moins répétés, elle a été abandonnée, et nous devons dire que nos observations personnelles S( nt daccord avec ce résultat.

Cette plante étant ordinairement vivacc, afin de lui faire occuper le sol le moins longtemps possible, on doit la semer en automne. — Elle réussit aussi au printemps, mais elle ne monte pas dans la même année. — Nous

Section vu. — Du Radis oléifère.

Le Radis oléifère ou Raijort de la Chine {Raphanus sativus oleifer ; angl. Oïl radish; ail. Oel rettig; it. Râpe oleifero) est encore une plante de la famille des Crucifères.

Ce radis, comme la julienne., a été fort vanté dans divers écrits, notamment pour la culture du midi, et pourtant nous ne croyons pas qu'il ait survécu, dans la pratique, à une vogue passagère. — Si l'abondance desessiliquesavait d'abord pu séduire, on s'est bientôt aperçu

Qu'elles ne contenaient souvent que très-pêu e bonnes graines, cas fort ordinaire dans tous les raiforts. — Ces graines sont d'ailleurs d'une extraction beaucoup plus difficile que celles du colza, et la plante semble redouter davantage encore les atteintes de l'altise.

D'un autre côté, Vhuile qu'on en obtient., et qui devait, disait-on , remplacer celle d'o- Ijve, d'après les expériences directes de l'un de nous (M. Vilmorin), est acre et à peine mangeable.

Dans le midi de la France., il faudrait semer le radis oléifère assez clair, en septembre, dans une terre franche, plutôt humide que sèche, et d'une certaine profondeur. — La récolte peut avoir lieu souvent dès la fin de mai. — Fers le Nord, les grands froids étant à redouter, il est nécessaire de ne semer qu'au printemps, quoiqu'alors on doive s'attendre a un moindre produit.

Dans tous les cas il est utile de sarcler, de biner et d'éclaircir, de manière que les plantes laissées sur le sol se trouvent à environ 1 pied (0 "^ 325) les unes des autres.

Section viii. — Du Cresson alénois.

Ajoutons, pour terminer ce que nous avons à dire des plantes oléagineuses de cette famille, qu'en Allemagne Schlbler a retiré en petit des graines du Cresson des jardins {Lepidiumsativum;An^\.Commoncress; ail. Kresse; it. Crescione o/e«o/j-; une huile bien plus abondante que des graines du colza, puisqu'elle a fourni au-delà de 50 p. 100.

Malheureusement, même en admettant un résultat si remarquable, nous devrions encore prévenir nos lecteurs que le cresson alénois craint singulièrement le ravage de l'altise, et que, de toutes les plantes cultivées pour leurs grainçs, c'est peut-être une de celles qui épuisent davantage le sol.

Vilmorin et O. Leclerc-Tiiouin.

Section ix. — Du Pavot.

LePavot, OEillette ou Oliette, plante de la famille des Papavéracées , à laquelle il a

donné son nom, présente à la grande culture trois espèces ou variétés principales.

Le Pavot ordinaire, à graines grises {Papaver somniferum; angl. JÙaiv ou Oilpoppy; ail. Mohn; il. Papavero commune ) {fig. 8 ), a des

rig. 9. Fig. 8.

racines pivotantes; — des tiges cylindriques, rameuses, glabres, haiiles de 3 à 4 pieds ( 1 " à I " 299 ); des feuilles alter/.es araplexicaules, plus ou moins dentées et plissées, épaisses, longues et glabi-es; — ses fleurs, ordinairement roug'^s ou lilas, mais de couleur variable, ont jusqu'à 4 pn. ( 0" Î08 ) de diamèlre; ses capsules sont globuleuses et percées latéralement à leur sommet, aux approches de Ja maturité, de plusieurs opercules.

Le Pavot aveugle ( Papaver somntferum inapertum ; il. Papavero ci cco) ^'x^ïhvK de l'espèce précédente |)ar la grosseur plus considérable de ses capsules {fig. 9) et l'absence des opercules.

Enfin le Pavot blanc 'Papaver somnijerum candidum ; ang\. IThite popp>y ; it. Papavero bianco), à capsules grosses et fermées comme cellesdu pa\ot aveugle, se distingue, en outre du pavot commun, par la couleur constamment blanche de ses fleurs et de ses graines.

UOEillette grise, par suite sans doute de la multiplicité plus grande de ses fleurs et de ses fruits, est généralement préférée dans nos départemens du nord pour la [)rodi!ction de l'buile. — Le Pavot blanc, au contraire, est à peu près exclusivement cultivé pour la récolle des têtes destinées à des usages médicinaux. La grosseur de ses capsules d'où les graines ne peuvent s'échapper avant et pendant la récolte, la saveur sensiblement plus douce de ces mêmes graines qui semblerait promettre une huile de qualité supérieure, n'ont peut-être pas été prisesjusqu'ici assez sérieusement en considération, et nous pensons que des essais comparatifs restent encore à faire.

DES PLANTES OLEAGINEUSES. lit. ir.

Un terrain doua:, léger, quoique substantiel^ profondémentameubli par les labours, et fumé à peu près comme nr>us l'avons dit pour le colza, convient particulièrement au pavot. — Dans les terres médiocres sa culture est rarement productive. — On peut en dire autant des terres argileuses, où la multiplicité des laçons absorbe le plus .souvent presque tout le bénéfice.

Uépoque des semis d'œillelte varie, selon les contrées ou les habitudes locales, du commencement de l'automne à la fiu du printemps.— Cette plante ayant peu à craindre de l'effet des gelées de notre climat, et donnant des pieds incomparablement plus forts, ton tes circonstances égales d'ailleurs, lorsqu'elle devient bisannuelle, ce dont chacun a pu se convaincre sans sortir de son jardin, nous serions disposés à recommander les semis de septembre, et nous croyons qu'on pourrait lesétendreavantageusementdii midiaucenlre et même plus avant vers le nord de la France. Toutefois, comme le sol peut n'êtrepastoujours con\enablement préparé dès cette époque, nous ne prétendons nullement proscrire les semis du prin temps don tune longue et heureuseexpérieuceasanctionnéla pratique dans l'Artois, la Flandreet une partie de l'Allemagne.

Pour semer en septembre ou octobre, on donne un premier labour immédiatement après la récolte dernière; un second peu de temps après; et on multiplie, coup sur coup, les hersages jusqu'à parfait ameublissement du sol. — On répand ensuite la semence à la volée dans la proportion de 4 à 5 livres (2 à 2 1/2 kil. ) à l'hectare; — on l'enterre, à uîie très-faible profondeur, par un dernier hersage;— enfin, dans beaucoup de lieux, on termine l'opération en faisant passer le rouleau.—Il est bon de faire observer que le pavot réussit incomparablement moins bien après une céréale qu'après un trèfle ou une luzerne, et que, dans ce dernier cas, le cultivateur est mieux à même de prendre son temps pour donner au sol les façons nécessaires.

M. DE DoMBASLE rccommandc de semer le pavot dans le courant de l'hiver, le plus tôt qu'il est possible d'entrer dans les terres. Parfois on peut le faire dès le mois de janvier; en général, d'après cet agronome, on ne doit pas passer celui de février. — En pareil cas on sème presque toujours sur un labour d'automne, suivi peu avant le semis des hersages nécessaires; mais alors la terre est rarement assez ressuyée pour permettre un bon travail, et les semis en rayons, si on voulait les essayer, seraient on peut dire impossibles dans presque tous les sols de consistance moyenne, par suite du piétinement qu'entraînent les hersages, le rayonnage et le semis au semoir.

Dans la Flandre on donne aussi un premier labour avant l'hiver. — Aux approches de mars, après la fumure, on en donne un second suivi de hersages répétés et quelquefois d'un roulage, qui précède immédiatement les semailles.— On enterre à la herse retournée et on roule de nouveau.

Assez souvent on sème avec le pavot des graines de carottes (\VLi remplissent utilement

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