‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 184 sur 325 · S IV · texte numérisé non relu

S IV

EbullitioD.

C'est une éruption de petits boutons plus ou moins nombreux et rapprochés, qui survient quelquefois sur le corps d^'s animaux domestiques, et qui se montre plus fréquemment sur le cheval. Cette éruption se développe particulièrement aux épaules, aux côtés de la poitrine, le long du dos,aux reins, à la croupe et au cou; ces boutons, qui surviennent souvent tout à coup, sont généralement larges, aplatis et indolens. Cette affection est peu grave; il est même rare qu'elle trouble la santé: elle disparait ordinairement d'elle-même au bout de vingt à trente heures. Ce|)endant elle s'accompagne quelquefois d'un petit mouvement de fièvre, qui cède souvent comme pai- enchantement à l'emploi d'une saignée. Lébullition est peu connue dans ses causes et dans sa nature; il est probable que l'on confond sous ce nom vulgaire plusieurs affections bien différentes les unes des autres, et qui auraient besoin d'être étudiées plus attentivement.

G Miiladies du système nerveux.

§ l". — Epilepsic {mal sacré, mal caduc, haut mal).

L'épilepsie est une maladie nerveuse, qui peut attaquer tous les animaux, et qui est caractérisée par des attaques plus ou moins éloignées de mouvemens convulsifs, généraux ou partiels, qui durent plus ou moins longtemps,et sont accomjiagnés de la suppression complète de la sensibilité et de l'exercice des différeus sens; ces atiaques surviennent tout d'un coup, et l'animal qui en est atteint tombe comme s'il était frappé de la foudre. — Les causes qui peu\ent y donner lieu sont presque toujours obscures; une des plus fréquentes est la présence de vers dans le canal intestinal. On admet encore parmi ellesThérédité, la fraveur, la colère, les plaies et les contusions sur le haut de la tète, les fractures du crâne, lesexostoses survenues à la face interne de cette cavité, l'inflammation chronique des enveloppes du cerveau. — Lafosse présume que les rrauvais fourrages, les maladies de la peau, la disparition sui)ite des éruptions qui caractérisent la gale et le farcin, sont capables de produire cette maladie.

Symptômes. Le cheval qui est atteint de cette affection est tout à coup saisi de tremblement et d'étourdissement, de l'abolition subite des fonctions des sens, et de convulsions générales qui déterminent bientôt sa chute : une fois qu'il est à terre, il présente les symptômes suivans : sa crinière est comme hérissée, ses yeux sontsaillans. fixes, tendus, pivotans dans l'orbite, où ils éprouvent une sorte de tournoiement. Les muscles de la tête se contractent et se relâchent de mille manières, et donnent à cette partie un aspect bizarreaienl hideux; l'encolure se roidit, se contracte

de manière à porter la tête en tous sens, et à la précipiter à coups redoublés contre terre. Il y a en même temps gi'incement de dents, bave écumeuse, dilatation des naseaux; les membres sont roides et en proie à de violentes convulsions; la respiration est très-accélérée et se fait par saccades ; l'animal est insensible à l'action de la lumière, des coups, des blessures, et le pouls est dur, fréquent e{ quelquefois irrégulier. Ces attaques durent trois a (juatre minutes, quelquefois davantage; puis bs convulsions diminuent, le calme renaît, l'animal se relève, parait stupide, étonné, lourd et fatigué; mais après quelques instans il se secoue, reprend son état habituel, et cherche à manger comme de coutume. — Chez le cJiien, le bœuf, la béte a laine, le porc, les symptômes de l'épilepsie sont, à peu de chose près, semblables à ceux que je viens de décrire. Les attaques reviennent à des époques indéterminées; ordinairement elles s'éloignent d'un mois, six semaines au plus; quelquefois, cependant, elles se font remarquer tous les jours et même plusieurs fois par jour; mais dans ce cas l'épilepsie est aiguë et prompteiiieiit mortelle. Voipi cite un cheval qui en offrait l'exemple deux ou trois fois en vingtquatre heures; 1\L le professeur Delafond a eu occasion d'observer l'épilepsie à l'état aigu sur l'espèce du porc : un de ces animaux offrait jusqu'à cinq ou six accès par heure.

Quel est le traitement à opposer à l'épilepsie? Je serais fort embarrassé pour le dire. Lorsqu'on })eut parvenir à connaître la cause de cette affection, il est possible, en faisant disparaître cette cause, d'espérer la disparition de l'effet : c'est ainsi que l'épilepsie qui est occasionnée chez les chiens par la présence de vers dans le canal intestinal, peut être guérie par l'administration des vermifuges. Mais comme le plus souvent la cause est inconnue, on est réduit à errer dans le vague et à agir au hasard. On a conseillé l'usage de l'opium, de la valériane, de la digitale pourprée, de l'éther, de l'extrait de narcisse des prés, etc.: mais il faut le dire, les quelques succès qui ont été obtenus sont plutôt dus au hasarc' qu'aux méthodes qui ont été successivemen préconisées. En résumé, l'épilepsie doit être considérée comme incurable.

§ II. — Tétanos (mal de Cerf.)

Cette rcaladie consiste dnnsune contraction permanente, et tout à fait indépendante de la volonté de l'animal, des muscles en général, et plus particulièrement des muscles extenseui^s; cette maladie, qui se montre plus particulièrement sur les solipèdes et les agneaux, peut affecter tous les muscles du corps, ou seulement une ou plusieurs régions; suivant les parties qu'elle occupe, elle a reçu différens noms empruntés à la médecine de l'homme : ainsi on l'a nommée trismus, quand elle se borne aux mâchoires; opisthotonos,\ovsqu'e]\e réside dans les muscles du cou et des membres antérieurs; pleurosthotonos. lorsqu'elle n'intéresse qu'un seul côté, etc. Mais la maladie se borne très-rai'ement à la partie primitivement attaquée; eile commence ordinaire-

GUAP. 5.

ment par les mâchoires et le cou, et ne tarde pas à devenir générale. — Les causes du lélanos sont nombreuses et variées ; la castration, surtout quand elle est faite à testicules couverts, est une des plus fréquentes. Les grandes plaies, et principalement les plaies coutuses et déchirées, l'exposition aux vents frais, aux pluies, aux orages; Timmersion dans une eau très-froide lorsque les anim.aux ont chaud; les blessures des nerfs, leur ligature à la suite d'une opéralion; les clous de rue pénétrans, les fractures, avec dilacéralion considérable despartiesmolIes,elc.,en sont les principales.

Symptômes. Le tétanos commence ordinairement par la l'oideur du cou et par la difficulté du mouvement des mâchoires; bientôt les muscles de la tête deviennent tendus, et les mâchoires se serrent tellement l'une contre l'autre qu'il est souvent impossible de les séparer; alors l'animal est dans l'impossibilité de prendre aucune nourriture; il a la pupille dilatée, l'œil fixe et fréquemment recouvert par la troisième paupière (corps clignotant); puis le couseroiditde plus en plus, les oreilles deviennent roides et immobiles, la tête est plus étendue sur le cou que dans l'état ordinaire, la respiration devient de plus en plus laborieuse; enfin tous les muscles se prennent, la roideur devient générale, et la marche trèsdifficile. L'animal ne peut se coucher; s'il se remue, c'est tout d'une pièce; et encore pour se déplacer, il ne fléchit pas les articulations, mais il porte ses membres d'abord en dehors, puis en avant. La maladie continuant à faire des progrès, le sujet s'affaiblit; il finit par tomber comme une masse, et les membres tellemeiit roides que, lorsque l'animal est à terre, ceux qui se trouvent en dessus ne touchent pas le sol. Vers l'approche des derniers momens, le pouls devient petit, fréquent, irrégulier, intermittent; des sueurs froides et copieuses se manifestent, et la mort ne tarde pas a arriver,

Traitemcnt.XJn grand nombre de moyens ont été proposés contre cette maladie ; lessaignées, les bains lièdes pour les petits animaux, les affusions tièdes et les fumigations d'eau bouillante sous le ventre, le corps étant au préalable entièrement recouvert d'une ample couverture ; les médicamens antispasmodiques les plus énergiques; les sudorifiques, les narcotiques et principalement l'opium ; les purgatifs, les vésicatoires sur les reins, aux fesses ; les lavemens irritans, etc., ont été tour à tour employés, et il faut le dire, presque toujours sans succès. Le tétanos est une de ces cruelles maladies qui font le désespoir des gens de l'art, et dont la terminaison, quoi que l'on fasse, est presque toujours mortelle; et il y a souvent pour cela une bonne raison: c'est que les mâchoires sont tellement serrées, qu'il est impossible de faire avaler le moindre remède à l'animal malade. Cependant, lorsque le trismus n'est pas complet, je pense que les purgatifs minoratifs (n°' 41, 45), les petites saignées répétées avec modération, les vésicatoires aux fesses peuvent avoir de bons effets. Mais une attention qu'il ne faut pas oublier, c'est de faire tous ses efforts pour rechercher la cause de la maladie, et de sousti"9ire, s'il est possible, l'animal à son inî]îs?fi\ce

PATHOLOGIE SPÉCIALE

§ lit. — Crampe.

C'est une contraction involontaire,de courte durée, survenant tout à coup, et accompagnée d'une sorte d'engourdissement douloureux de la partie qui en est le siège. La crampe se fait sentir plus particulièrement au jarret du cheval; elle survient surtout le matin, lorsc|ue l'animal qui y est sujet sort de l'écurie, et la roideur qu'elle occasionne est quelquefois si grande que l'animal ne peut fléchir la jambe. La crampe disparaît ordinairement lorsque le cheval a fait quelques pas; mais elle dure quelquefois au delà d'un quart d'heure. Pour en abréger la force et la durée, on a recours avec succès à de fortes frictions sèches sur le membre qui en est attaqué.

§ IV. — Convulsion.

On donne ce nom à tout mouvement désordonné, indépendant de la volonté de l'animal, et se reproduisant à de courts intervalles, ainsi qu'aux secousses ou contractions violentes et involontaires d'un plus ou moins grand nombre de muscles. Les convulsions se remarquent plus particulièrement sur le cheval, le chien et le cochon; elles ne constituent pas des maladies particulières, mais bien des symptômes qui se font remarquer dans le cours de certaines affections, telles que l'épiiepsie, les maladies vermineuses, les irritations gastro-intestinales, etc. C'est donc la maladie qui cause les convulsions qu'il faut rechercher et traiter; cependant ou seconde quelquefois avantageusement le traitement principal, à l'égard des petits animaux surtout, par les bains tièdes, les antispasmodiques (étlier, eau de fleur d'oranger), les narcotiques (opium et ses composés), l'ammoniaque liquide, etc.

§ V.— Rage.

La rage est une maladie nerveuse qui peut attaquer tous les animaux domestiques, mais qui se mon Ire plus fréquemment sur les chiens que sur les autres animaux; elle a pour caractère principal l'en vie qu'ont les malades de faire usage de leurs armes offensives. Ainsi les carnivores et la plupart des autres animaux enragés mordent, et eu outre le cheval attaque des j)ieds, le bœuf frappe des cornes, le mouton et la chèvre donnent des coups de tète, etc. A ces symptômes se joint l'horreur que les animaux éprouvent pour les corps polis et bril lans,et principalement pour l'eau.— La rage peut se développer spontanément sur le chien, le loup, le renard, le chat et la plupart des carnivores (rage spontanée); une fois qu'elle est développée chez ces animaux, ceuxci peuvent, par leurs moi-sures, la transmettre aux animaux de la même espèce, aux carnivores, aux herbivores, à l'homme, etc. (rage communiquée), au moyen d'un virus qui, selon quelques auteurs, réside dans la salive, et selon d'autres, dans le liquide que renfermeraient des pustules qui se développent, dit-on. à la face inférieure de la langue (lysses). Nous ne possédons pas encore de preuves bien constatées de la communication de cette ma-

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ANIMAUX DOMESÏIQL'KS aux autres animaux

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