‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 183 sur 325 · IX · texte numérisé non relu

IX

Sarcocèlc.

C'est une tumeur formée par le gonflement squirrheux ou cancéreux du testicule. Cette lésion, toujours grave, doit être considérée comme la suite ou le résultat des inflammations du testicule passées à l'état chronique; quelquefois, cependant, le sarcocèle se développe lentement, insensiblement, sans être précédé d'ime inflammation appréciable, et sous l'influence de causes très-obscures; mais au bout de plusieurs mois, et quelquefois de plusieurs années, le testicule a acquis un volume assez considérable pour que la maladie devienne apercevable à tous les yeux. Le testicule se présente alors sous la forme d'une

tumeur ovoïde ou sphéroïdale très-pesante, peu chaude, sans fluctuation, sans changement de couleur à la peau, d'une grosseut très-vax'iable, mais qui peut devenir énorme, puisqu'on en a vu chez les chevaux qui pesaient jusqu'à 50 livres. On a propose difléi-eus remèdes pour faire foudre le sarcocèle; mais ces remèdes sont presque toujours infructueux; le meilleur moyen à employer, consiste à faire l'ablation du testicule malade.

F. Maladies de la peau.

§ I". — Gale.

Maladie cutanée essentiellement contagieuse, consistant en des vésicules légèrement élevées au-dessus du niveau de la peau, constamment accompagnées de démangeaison, transparentes à leur sommet, contenant un liquide séreux et visqueux, et pouvant se développer sur toutes les parties du corps des animaux, mais se montrant plus fréquemment dans les plis des articulations, sur les côtés du garrot, de l'épine, des côtes, de l'encolure, etc. Cette maladie parait due à la présence d'un petit insecte du genre acarus, dont la piqûre produit les vésicules et qui se creuse à côté d'elle un sillon dans lequel il se loge et où l'on peut l'apercevoir à l'aide d'une loupe. — Tous les animaux domestiques sont sujets à la gale; mais le cheval, le mouton et le chien en sont beaucoup plus souvent attaqués que les autres.

Cames. La gale peut se développer spontanément par la malpropreté; elle se montre fréquemment sur les animaux qui travaillent beaucoup, qui ont une mauvaise nourriture, et sont exposés à toutes les intempéries. Une fois développée sur un animal, elle peut se communiqueraux autres animaux de la même espèce par contact immédiat, ou par l'intermède des objets oui ont été en rapport avec les animaux malades.

Symptômes. Chez tous les animaux la gale débute ordinairement par une démangeaison assez vive dans les parties où les vésicules doivent apparaître; cette démangeaison augmente le soir, et surtout la nuit par lachaleur des écuries. Bientôt les poils tombent dans des lieux variables et laissent à nu des portions plus ou moins étendues de la peau. Des pustules se montrent sur celle-ci et gagnent de proche en proche; la démangeaison est en rapport avec le nombre de ces pustules ; les animaux ne peuvent la supporter lorsqu'elles sont nombreuses; ils se frottent les uns contre les autres, ou contre les corps durs, ou bien ils se grattent avec les pieds, se mordent, se déchirent, augmentent ainsi l'irritation qui a précédé le développement des boutons; ceux-ci ne tardent pas à s'ouvrir et à donner écoulement au liquide visqueux qu'ils contenaient, liquide qui, en se concrétant, forme des petites croûtes minces, légères et peu adhérentes.

Chez le cheval. La gale se montre très-souvent à l'encolure des chevaux de trait entiers, lorsque ces animaux ont cette partie très- développée, et pourvue de nombreux plis dans la portion qui supporte la crinière; c'est sur-

tout dans ces plis que la gale survient. Crtle variété très-rebelle, tt résistant opiniâtrement à presque tous les Iraitemens que Ton niel eu usage, a reçu le nom particulier de rouxvieux.

Chez le mouton la gale apparaît le plus souvent sur le dos, la croupe et les flancs; de ces régions celte maladie se propage sur tout le corps. Si Ton écarte les toisons dans les places malades, on y trouve la peau rude, dure, tuméfiée et couverte de petites pustules dont le pincement excite l'animal à se défendre. La laine est allérée, sèche, cassante, sans élasticité; les bètes frappent du pied, mordent leur toison et se frottent contre les arbres.

Chez le chien la gale peut affecter deux formes : 1° celle d'une éi'uption miliaire de petits boulons rougeàtres, qui survient sur tout le corps, ou sur quelques-unes de ses parties, et principalement au plat des cuiss<;s, des avant-bras et sous le ventre : cette variété porte le nom de gale rouge ; 2** la seconde forme, qui se montre particulièrement sur le dos, est caractérisée par des écailles sècLes, grisâtres, que l'on aperçoit entre les poils,

a us deviennent eux-mêmes d'autant plus rues, plus gros et plus rares, que la maladie est plus ancienne c'est cette espèce de gale qui est appelée rogne ou roux-vieux.

Traitement. Chez tous les animaux jeunes, sanguins, chez lesquels la démangeaison parait considérable , et la gale accompagnée d'une forte inflammation de la peau, il est avantageux de débuter par une ou deux saignées générales, et par l'application, sur les places galeuses, de lotions émollientes; tandis que dans toutes les autres circonstances on |)eut mettre de suite en usage les moyens spéciaux que je vais indiquer.

Le soujre est sans contredit l'agent le plus généralement employé dans le traitement de la gale. On varie de mille manières les formes sous lesquelles on le met en usage; la plus simple est la pommade soufrée qui résulte du mélange d'une partie de soufre sur quatre de graisse de porc. On l'emploie en frictions, tous les jours, sur toutes les parties qu'occupe l'éruption. 'Lsl pommade d Helmc- /vcA, dont l'action est plus certaine que celle de la précédente, est composée comme je l'ai fait connaître à laformule v\? 78. On l'emploie aussi en frictions,en alternant celles-ci avec des lotionsfaitesaumoyend'unedissolutionde sulfure de potasse. — Le mercure est, après le soufre, l'agent le plus employé contre la gale. Il entre dans la composition de la pommade ciirine. de la pommade mercurielle., et'\ Celte dernière devient encore plus efficace dans le traitement de la gale, lorsqu'on y incorpore une partie de soufre sublimé, pnur quatre parties d'onguent mercuriel. — Un médicament peucoùleux et dontonaobtenu plusieurs fois des succès presque inespérés, est formé par un mélange à parties égales de goudron et de savon vert ; ou étend ce mélange sur les places galeuses.

Il y a encore une foule de médicamens qui ont été préconisés et employés avec avantage, dans le traitement de la gale; mais il en est un dont la formule m'appartient, et dont l'expérience m'a prouvé lefficacilé un grand nombre de fois. Voici sa composition :

ANLMAUX DOMESTIQUES : PATHOLOGIE.

Liv. m.

Prenez : Fleurs de soufre. . . 8 onces. Sulfure (l'antimoine. i onces.

Cantharides en poudre. . 1 once.

Euphorbe H once.

Mclci très-exactement et conserve! pour l'usage.

Lorsqu'on veut se servir de cette poudre antipsorique., on l'incorpore dans la graisse de porc dans la proportion d'une partie de cette poudre pour quatre de graisse, et l'on a une pommade anîipsorique., très-économique, d'un emploi très- facile, et dont l'efficacité ne s'est jamais démentie entre mes mains. Sous son influence j'ai même vu disparaître des roux-vieux très-anciens et trèsinvétérés; mais il a fallu, dans ces circonstances, persévérer pendant longtemps sur .son emploi ; en un mot je n'ai jamais eu qu'à me louer de ce médicament que j'emploie presque à l'exclusion de tout autre, et je n'hésite pas à prédire des succès certains aux personnes qui voudront le mettre en usage, et qui emploieront en même temps les moyens accessoires. Est-il nécessaire d'avoir recours à un traitement interne? Je ne le pense pas, et je crois que, dans l'immense majorité des cas. un traitement local, d'abord émollient puis spécial, doit suffire. Cependant lorsque la gale esltrès-ancienneet très-invétérée, que la peau est devenue épaisse et calleuse, que les poils sont ternes, piqués, enduits de crasse graisseuse, il est peut-être bon d'agir sur l'organe cutané, et de chercher à en ramener la souplesse et l'intégrité, par l'action de quelques médicamens diaphorétiques convenablement administrés. Dans ce cas les breuvages faits avec l'infusion de fleurs de sureau, l'administration du crocus d'antimoine et de la fleur de soufre (n ■' 72, 73, 75), peuvent avoir un bon résultat. Il y a des praticiens qui conseillent encore d'avoir recours à l'application d'un selon au poitrail et à l'action d'un purgatif avant et après le traitement de la gale invétérée. Je n'y vois pas d'inconvénient.

Ce que je viens de dire sur le traitement de la gale, s applique plus particulièrement au chei'al qu'aux autres animaux domestiques. — Les chiens, pouvant être placés et maintenus dans des baignoires, doivent d'abord être soumis à l'usage des bains émoUiens. puis des bains faits avec la dissolution de sulfure de potasse. A l'action de ces bainson doit joindre l'application d'une des pommades antipsoriques indiquées plus haut. — MM. Lebas et Leiongont conseillé de combattre la gale de ces animaux par l'usage d'une pommade dont j'ai donné la formule au n° 79.

Lorsque les moutons sont affectés de gale, et que celle-ci est peu étendue, les bergers se contentent ordinairement de gratter la surface galeuse, et dy ap|)liquer de la salive inq^régnée de tabac. Lorsqu'elle est plus étendue, ils ont quelquefois recours avec avantage soit à un mélange de quatre parties de graisse et d'une partie d'essence de térébenthine, soit à un topique composé de parties égales de fleurs de soufre, sel gris, poudre à canon, le tout bien broyé, et imi ensemble à l'aide d'un peu d'essence de lavande. J'ai vu employer avec avantage, par des bergers de la Brie, une pommade composée de graisse de porc, mercure et vert de gris; une once de chacune de i ces deux dernières substances bien mêlée

PATHOLOGIE SPÉCULE

telle est, aiitaut

dans huit onces de graisse que je puis me le rappeler, la fornuile de ce médicament. — Quelquefois on applique ces topiques en se contentant d'écarter la laine, d'autres fois il faut avoir préalablement recours à la tonte.

§ II. — Dartres.

Maladies de la peau, ordinairement clironiques,caractérisées par de petits boutons rouges,

f)ustuleu\, réunis en plaques plus ou moins arges et de formes très-variées. Ces plaques sont communément arrondies, s'accompagnent d'une grande démangeaison et se recouvrent soit d'une poussière farineuse, soit de croûtes ou d'écaillés, soit enfin d'une matière fétide. C'est cette différence d'aspect qui a fait diviser les dartres en sèches, humides, croûteuses et ulcéreuses. — 1° Les dartres sèches sont blanchâtres, peu saillantes, recouvertes d'une sorte de poussière ou de petites écailles trèsminces; elles sont ordinairement chroniques et toujours accompagnées de démangeaison et delà chute totale des poils delà partie malade; elles se remarquent plus particulièrement dans les endroits où la peau est adhérenteaux os ; elles attaquent le cheval et le chien, et surtout ce dernier animal. — 2" 'Le.?, dartres humides laissent suinter un liquide visqueux, séreux, qui rassemble les poils en mèches. Ces sortes de dartres, qui affectent principalement les chiens, se développent ordinairement à la tête, envahissent quelquefois plusieurs parties du corps et déterminent un amaigrissement considérable.— 3° Les dartres crouteuses sont caractérisées par des croûtes irrégulières, grisâtres, jaunâtres, qui recouvrent la peau et sont quelquefois parsemées de points humides ; elles ne produisent qu'une faible démangeaison. — 4° Enfin, dans les dartres ulcérées, la peau devient dure,inégale,raboteuse,s'ulcère et fournit xme matière fétide et grisâtre. Cette variété se remarque plus particulièrement chez les chiens; on la connaît sous le nom de dartre rongeante. — Les causes des dartres sont la malpropreté, la chaleur excessive de quelques étés, la mauvaise nourriture, les eaux malsaines, la disette, la misère, les travaux excessifs, les logemens humides et mal aérés, les localités basses, humides et marécageuses.

Traitement. Il faut d'abord rechercher les causes des dartres et mettre les animaux dans des condilions opposées; une bonne nourriture, de bons soins, la propreté la plus minutieuse sont des auxiliaires qu'il ne faut pas négliger. — Les plaques dartreuses devront être soumises au traitement suivant : Pendant plusieurs jours on les lotion nera fréquemment avec de l'eau émolliente (n" 6), et on insistera d'autant plus sur ce moyen que les dartres s'accompagneront d'une inflammation plus forte. Les chiens, et en général tous les petits animaux, pourront avec avantage être placés dans des bains tièdes. Après quelques jours de ce traitement, les lotions émoUientes seront remplacées par des lotions ou des bains antipsoriques (n° 76) et par des onctions de topiuues antidartreux : le mélange à parties égales ae goudron et de savon vert, l'onguent mercuriel soufré, le mélange d'onguent mercuriel double et d'onguent vésicatoire, la pommade

de précipité blanc, etc. , peuvent très-bien convenir. Pendant toute la durée du traitement il est bon d'administrer tous les jours aux animaux des breuvages diaphorétiques (n" 7.5) et de les soumettre aux boissons nitrées; on peut même avoir recours avec avantage à l'usage d'un purgatif (n°' 4t, 43, 44, 45, 46, 47, 48) au commencement et à la fin du traitement.

§111. — Erysipèle.

C'est une maladie de la peau, aiguë, superficielle, souvent très étendue, sans gonflement sensible, susceptible de se déplacer, caractérisée par une rougeur jaunâtre, irrégulière, que Ton aperçoit en écartant les poils ou la laine. L'animal éprouve d'abord de la démangeaison, puis de la douleur quand l'inflammation est à son plus haut degré; quelquefois des vésicules remplies de sérosité jaunâtre se forment à la surface de la peau. Dans quelques cas l'inflammation se propage au tissu cellulaire sous-cutané; il y a alors gonflement considérable, rougeur et douleur très-développées, et l'érysipèle prend le nom de phlegmoneux. Enfin l'inflammation peut être accompagnée du développement de sérosité qui se dépose dans le tissu cellulaire sous-cutané; dans ce cas l'impression du doigt sur la peau persiste quelque temps, et l'érysipèle est dit œdémateux. Toutes les fois qu'il y a seulement démangeaison, chaleur, douleur, rougeur, développement de petites vésicules pleines de sérosité jaunâtre, on dit que l'érysipèle est simple. Cette dernière variété est la plus commune; elle change souvent de siège, se porte de la tête à la croupe, d'un membre à un autre, peut affecter toutes les parties du corps, mais se montre principalement à la tête et aux jambes. Lorsque cette maladie ne dépend pas d'une autre affection, elle suit une marche régulière, et se termine après quelques jours de durée, en ne laissant, comme trace de son apparition, que de petites écailles farineuses qui ne tardent pas à tomber.

Le cheval, le bœuf, le chien et le mouton peuvent être attaqués de l'érysipèle; mais ce dernier animal y est plus sujet que les autres. — Les causes de cette maladie sont les erreurs de régime, l'usage des alimens excitans et des eaux altérées et croupies des marais et des mauvaises mares, la suppression brusque de quelque écoulement habituel, les piqûres d'insectes à aiguillons, la malpropreté, etc. Outre cela, l'érysipèle s'associe souvent au phlegmon, à l'œdème, à de grandes plaies et a diverses maladies aiguës.

Traitement. L'érysipèle qui ne dépend pas d'une autre maladie cède souvent aux applications émoUientes secondées par une demidiète; s'il est intense, on doit essayer de le faire avorter dès le début par la saignée générale, les applications émoUientes (n°' 3, 6) et l'usage des boissons acidulées (n°' 12, 13); les onctions d'onguent mercuriel ont été vantées comme de bons abortifs de cette affection. On a conseillé de fixer l'érysipèle ambulant au moyen de vésicatoires; mais on voit très-souvent la maladie s'étendre et faire des progrès malgré l'emploi de ce moyen. — L'érysipèle phlegmoneux se termine souvent par suppuration; il faut donner issue au pus aussitôt

qu'il est formé et réuni en abcès. Lorsque rérjsipèle dépend d'une autre maladie, au traitement local que je viens de faire connaître, doit se joindre un autre traitement qui varie suivant la nature de Talfection à laquelle on a affaire.

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