VII
ParaUsie.
Diminution ou abolition de la contraclililé des muscles d'une ou plusieurs parties du corps, avec ou sans lésion de la sensibilité; et par suite, diminution ou abolition complète de la faculté de mouvoir ces parties. Lorsque la paralysie est bornée au train de derrière, elle reçoit le nom du paraplégie. Ces maladies sont trop rares chez les animaux, et trop peu connues pour que je les décrive ici.
H. Maladies des yeux.
§ l**^.— Ophtbalnie {fluxion des yeux).
On nom.me ainsi l'inflammation des veux,
considérée d'une manière générale. Cette maladie offre plusieurs variétés qui sont relatives à son siège, à sa nature et à ses complications. Lorsque l'inflammation est bornée à la conjonctive (membrane qui tapisse les paupières et la face antérieure du globe de l'œil), on ladésignesous le novadCophthalmie externe et de conjonctivite; quand elle se propage aux parties constituantes du globe oculaire, l'ophthalmie porte le nom d'interne; enfin celte maladie, généralement aiguë dans le principe, peut persister après la disparition des symptômes inflammatoires, et devenir chronique. Examinons successivement ces trois variétés.
a. Ophthalmie aiguë externe, conjonctivite. Elle peut être produite par toutes les causes susceptibles d'exercerune action irritante sur la conjonctive; tels sont : les corps étrangers introduits entre les paupières et le globe, comme la poussière, les grains de sable, les moucherons, les brins de fourrage et d'ordure qui tombent (iesrâteliers,etc.; les coups de fouet, les contusions, le contact subit dun air très-froid, l'impression d'une vive lumière succédant à l'obscurité; l'action des gaz ammoniacaux qui se dégagent des fumiers, certaines émanations de marais, etc. Elle accompagne un grand nombre de maladies aiguës dont elle n'est alors qu'un des symptômes. Cette maladie débute quelquefois par un peu de fi'evre; les paupières se gonflent et se rapprochent lorsque l'œil est exposé à l'action de la lumière; la rougeur vient se joindre à ces symptômes, et des vaisseaux sanguins fins et ramifiés forment un réseau sur la conjonctive; la sécrétion des larmes est d'abord suspendue et la membrane est sèche; mais cette sécrétion ne tarde pas à se rétablir, et alors les larmes coulent en abondance, surchargent le bord des paupières, les débordent et coulent au dehors. Si l'ophthalmie est forte et que l'animal soil irritable, il peut survenir de la fièvre reconnaissable à la chaleur de la peau, la fréquence du pouls, la diminution de l'appétit, etc. Au bout de quatre ou cinq jours ces différens symptômes commencent à décroître; ou bien ils augmentent de force et annoncent une ophthalmie plus grave. Dans ce dernier cas, la matière des larmes a tant d'âcrelé qu'elle excorie superficiellement les parties sur lesquelles elle se répand: en même temps les yeux s'emplissent de chassie. Parfois la conjonctive se tuméfie tellement qu'elle écarte les paupières, se -prolonge sur la face antérieure de l'œil jusqu'à la cornée lucide, où elle forme un bourrelet circulaire d'une couleur écarlate. La maladie prend d'abord le nom de cy^e'/Tzojw, mais ce degré de gravité est assez rare.
Traitement. La première chose à faire est de s'assurer, s'il est possible, de la cause de l'ophthalmie; si elle dépend d'une cause externe, d'un corps étranger introduit entre les paupières el le bulbe de l'œil, il faut
s'efforcer de l'enlever, car sans cela tous les remèdes possibles deviendraient inutiles. Le plus souvent, lorsque la cause est écarlée,quelques lotions d'eau fraîche suffisent pourdissi-. per le mal; on peut cependant rendre la guérison plus rapide en instillant, plusieurs fnis par jour, dans l'œil malade quelcpies gouttes d'un collyre astringent (n°* 39, 40). Si l'oplithalmie est grave et que l'animal paraisse beaucoup souffrir, il est nécessaire d'avoir recours a une saignée générale, à une denii-dièle et à l'application sur l'œil de compresses imbibées d'un collyre calmant (n°' 6.5, 10). Lorsque l'inflammation est diminuée, on passe un selon derrière l'oreille, et on revient aux collyres asiringens.
b. Oj)hthaLmie «?>wë /«/rrwe. C'est celle qui intéresse les parties- constituantes du globe de l'œil. Elle peut résulter de la violence avec laquelle l'ophlbalmie externe parcourt ses périodes; elle peut encore être occasionnée par des coups violens et autres lésions physiques sur l'œil. La maladie commence constamment par une ophthalmie externe ; mais l'animal parait souffrir davantage de l'œil malade, dont la chaleur est très-grande. La suppuration, le trouble des humeurs, des abcès dans les chambres de l'œil, l'opacité de ses membranes internes et même la rupture du globe, tout est à craindre dans cette maladie; les moindres accidens qui en résultent trop souvent, sont des taches à la cornée lucide (taies, albugc). — Le traitement de cette maladie doit être entièrement antiphlogistique dans le début : ainsi les saignées générales, la diète, rap|)licalion de sangsues autour des yeux, l'usage des collyres atloucissans(n'" 10, 6.5), l'application sur les yeux de cataplasmes caïmans (n° 61), devront former la base de ce traitement, sur lequel il faudra insister tant que les symptômes inflammatoires ne seront pas calmés; puis on fera usage de collyres astringens (n"' 39 et 40). On a encore conseillé d'avoir recours aux purgatifs au début de la maladie; ces médicamens en agissant comme révulsifs, peuvent avoir leur utilité.
c. Ophthalmie chronique. Elle succède généralement à rophlhalmie aiguë et se manifeste surtout sous l'influence du froid humide et des causes d'irritation peu vives. mais agissant longtemps. Elle siège particulièrement sur la portion de conjonctive qui tapisse les paupières; la douleur qu'elle occasionne est peu intense, et la rougeur qu'elle .produit n'est bien sensible qu'au bord des paupières; du reste la sécrétion des larmes n'est pas considérablementaugmeutée, l'œil supporte assez facilement la lumière,, mais il est souvent chassieux. La durée de cette maladie est toujours très-longue, et souvent la conjonctive finit par s'épaissir et s'endurcir. Dans le traitement de cette ophthalmie, il faut avoir recours aux collyres astringens (n°' 39, 40), aux sétons derrière l'oreille, aux purgatifs et à un régime fortifiant. Si sous l'influence de ces moyens la maladie ne disparait pas, on peut faire usage de la pommade anti-ophthalmique de Janin, ou de celle de Desault. Un introduit, malin et soir, gros comme un pois de l'une de ces pommades entre les paupières et le bulbe /le l'œil, et deux ou trois heures après celte opération on lave les yeux avec de l'eau fraî-