‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 187 sur 325 · LIV. III · texte numérisé non relu

LIV. III

che. M. Leblanc conseille de traiter l'ophthalmie chronique par la cautérisation à l'aide d'un large cautère creux ayant la forme de l'œil; ou fait rougir ce cautère et ou l'approche à une petite distance de l'œil.

§ II. — Cataracte {dragon).

Cette maladie consiste dans l'opacité, soit du cristallin, soit de sa capsule, soit de ces deux parties à la fois; opacité qui s'oppose au passage des rayons lumineux et empêche la vision. Le cheval et le chien sont les animaux les plus sujets à cette affection, qui est très-souvent la suite d'ophthalmies répétées. On reconnaît la cataracte naissante a un obscurcissement d'abord léger de la vue; cet obscurcissement augmente par degrés jusqu'à cécité complète; dès le principe, l'œil malade présente presque toujours derrière la pupille une tache blanchâtre plus ou moins large; cette tache ne parait d'abord que sous la fonue d'un petit nuage dont la circoufiiirence peut à peine être aperçue, mais qui devient de plus en plus épais et facile à distinguer; quelquefois le cristallin, quoique obscurci, est encore brillant, plus ordinairement la tache est mate. Quand la cataracte est bien établie, cette tache offre des couleurs variées où paraît dominer le blanc divei-sement nuancé de jaunâtre, verdàtre ou bleuâtre. — La médecine ne possède aucun moyen de rendre au cristallin la transparence qu'il a perdue; toutes les pommades, tous les onguens ou collyres qui ont été proposés, ont échoué; en dernier ressort, quelques vétérinaires ont voulu recourir à l'opération qui se pratique à l'égard de l'homme. Mais à part les difficultés de cette opération, difficultés qui sont dues : \^ aux mouvemens de la troisième paupière (membrane clignotante) qui recouvre la face antérieure du globe de l'œil à l'approche des corps étrangers; 2" à la présence d'un muscle nommé droit postérieur (\\\i i^'existe pas chez l'homme, et qui, à la volonté de l'animal, relire le globe au fond de l'orbite; 3° au volume énorme du cristallin; 4" à l'impossibilité de fixer l'œil d'une manière invariable, condition néanmoins indispensable pour que l'opération puisse se faire avec succès; 5" à l'indocilité de l'animai pendant et après l'opération; à part, dis-je, toutes ces difficultés, l'opération dont il s'agit ne peut présenter aucun avantage, lors même que le succès serait aussi complet que possible; car l'animal opéré n'a pas comme l'homme la ressource des lunettes a verres convexes, destinées à augmenter la réfraction des rayons lumineux, età suppléer jusqu'à un certain point aux fonctions du cristallin : cette opération ne lui procure donc qu'une vue obscure, mauvaise, qui le rend lui-même ombrageux, effrayé, plus incommode et plus dangereux que lorsqu'il n'y voyait pas.

§ III. — Goutte sereine (amaurose).

L'amaurose consiste dans la perte complète ou presque complète de la vue, sans altération appréciable de l'œil ou des diverses parties qui le composent. Elle peut être produite par la

paralysie de la rétine, par celle du nerf optique, ou par l'atrophie de ce nerf; elle dépend aussi quelquefois de certaines affections du cerveau; mais elle n'est alors qu'un des symptômes de ces dernières affections, et elle cesse avec elles. La véritable aniaurose naît sous l'influence de rophthalmie chronique, de l'habitation des lieux bas et humides, froids et obscurs, delà mauvaise nourriture, etc. Elle peut être complète ou incomplète : dans le premier cas la pupille est très-dilatée et l'iris tout à fait immobile lorsqu'on fait passer l'animal de l'obscurité à la lumière, et vice versa; alors celui-ci est tout à fait aveugle, et il offre dans sa marche, ses allures, une incertitude facilement apercevable. Dans le second cas la pupille est très-dilatée, mais l'iris est encore susceptible de quelques mouvemens de dilatation et de resserrement : l'amaurose incomplète est Irès-difficile à reconnaître.

On a conseillé de combattre l'amaurose par les sétoûs derrière l'oreille, les purgatifs, les collyres excilans (u° 24), les vapeurs d'éther ou "d'ammoniaque sur les yeux, etc.; mais il faut avouer que ces moyens sont bien rarement suivis de succès, et que le plus souvent l'amaurose est incurable.

§ IV . — l3àc.{albugo, néphétion, nuage de la cornée).

Ces différens noms ont été donnés à un obscurcissement à la cornée transparente (vilre de l'œil) occupant toute l'étendue de cette membrane (albugo), ou seulement un point circonscrit (taie), et dans ces deux cas pouvant être entièrement opaque, ou bien demi-transparent (nuage, néphélion);lous ces cas, qui ne sont que des degrés différens d'une même maladie, peuvent être la suite de l'ophthalmie aiguë ou chronique; mais ils se manifestent surtout sous l'influence de coups sur l'œil. On traite les taies eu insufflant dans Vœil malade un collyre sec composé de sucre candi réduit en poudre impalpable, et mêlé à un peu de nitrate de potasse, de sulfate de zinc, ou d'os de sèche.

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