I.IV. lU
cipe,
flammatoires ont une certaine intensité; puis en breuvages de décoction de graines de lin légèrement nitrée; on applique un sachet émollient sur les reins, on tient les animaux chaudement et on les met à la diète.— ^ Quand ils vent mieux on leur donne de l'eau blanche et une petite quantité de bon foin. Ce traitement procure ordinairement la guérison en moins de huit jours.
S V. — Tourois {lourd, lourderie, tournoiement).
Maladie particulière aux bêtes à cornes et aux bêtes à laine, et déterminée par la présence, dans le cerveau, du Cœnure cérébral ( Tœiiia cerebralis)^ espèce de ver hydatide. — Les causes qui amènent l'apparition de ce ver vésiculeux ne sont pas connues. — Les symptômes qui en signalent la présence sont les suivans : nonchalance, lenteur dans les mouvemens, tète un peu inclinée d'un côté ou de l'autre; au bout de quelques semaines, l'animal, abandonné à lui-même dans une cour ou un pâturage, tourne en cercle du côté où existent les cœnures; ce dernier signe est tout à fait caractéristique. Lorsque l'animal rentre à l'étable, il est rare qu'il trouve sa place. Quand la maladie est très-avancée (5 à (isemaines),ranimal devient très-faible, pousse avec la tête ou le poitrail contre la crèche, mange peu, chancelle quand on le fait sortir; enfin il devient tout à fait paralysti du côté affecté, reste constamment couché, et finit par mourir si l'on ne prévient pas celle terminaison en le vendant pour la basse boucherie.
Le traitement du tournis ne peut être efficace qu'autant que l'on a extrait le cœnure qui exerce une compression sur le cerveau. On peut y parvenir à l'aide d'opérations chirurgicales qui ne peuvent être faites que par une main exercée, et dont la description ne peut trouver place ici.
Affection ulcéreuse du pied, ayant son siège entre les deux onglons, attaquant la peau de cette partie, et s'étendant souvent jusqu'au ligament inlerdigité. Cette maladie peut être occasionnée par la malpropreté, les graviers, les fumiers, les boues acres qui séjournent entre les onglons ; elle est rare chez les génisses et les taureaux et plus commune chez les bœufs de travail. La limace débute par une légère inflammation de la peau interdigitée, et par un gonflement que l'on aperçoit à la face antérieure de la réunion des onglons. La partie enflammée, d'abord rouge et rugueuse, blanchit et se recouvre d'une matière de consistance butireuse d'une odeur fétide. Bientôt il se forme des crevasses qui ne tardent pas à dégénérer en ulcères, dont les bords sont calleux. Cette plaie augmente en profondeur, finit par mettre à découvert le ligament interdigité, le corrode, et donne lieu h: des souffrances qui occasionnent une forte fièvre de réaction et empêchent l'animal de s'appuyer sur le pied malade.
Traitement. La limace est une maladie trèsopiniâtre, qui résiste souvent aux traitemens que l'on met en usage. Lorsque l'affection est à son début, les soins de propreté, les bains de rivière, peuvent avoir de bons effets. Si l'inflammation est développée, il faut avoir recours aux cataplasmes émoUiens (n" 3) et insister sur leur usage tant que l'inflammation persiste et que la forme ulcéreuse ne se prononce pas. Lorsqu'il y a du mieux, aux émoiliens on substitue les astringens et les dessiccatifs (extrait de Saturne, solution de vitriol bleu). Si, malgré ces moyens, la plaie passe à l'état d'ulcère, il faut la panser avec de l'onguent égyptiac que l'on rend plus énergique au besoin, en y ajoutant un peu de sublimé corrosif. Une cautérisation légère avec un cautère à pointe mousse produit parfois de bons effets. Lorsqu'on est parvenu à donner à la plaie un meilleur aspect, on abandonne les. caustiques et on panse avec des plumasseaux. imbibés d'eau-de-vie ou de teinture d'aloès. Lorsque le ligament interdigité est attaqué, le bœuf reste quelquefois boiteux pour toujours.
§ VU. — Eiigravée.
Maladie du pied ainsi nommée, parce qu'elle est ordinairement produite par des graviers qui s'enchâssent dans l'ongle. Elle connnence par une irritation des tissuj sous-cornés, qui détermine du gonflement, de la douleur et de la chaleur dans le pied. La bêle engravée feint d'abord, et finit par boiter de plus en. plus; la douleur occasionne quelquefois de la fièvre et de la tristesse. Si dans cet élat on contraint le bœuf à marcher, il devient bientôt fourbu et incapable de se soutenir; c'est ce que Ton observe fréquemment sur les bœufs que l'on amène de très-loin à Paris. L'engravée produit constamment l'usure et l'amincissement de l'ongle,et occasionne souvent des bleimes à la sole et aux talons ; assez ordinairement elle détermine la tuméfaction des couronnes et des paturons, ou donne lieu
CBuv. 5. MALADIES
à la fourbure, dont la chute des sabots est parfois une conséquence.
Traitement. L'engravée récente et exempte de complications graves cède facilement au repos, aux bains de pieds et aux cataplasmes émolliens; toutefois la guérison n'est complète que lorsque la corne a acquis assez d'épaisseur pour redonner au pied sa solidité première. La ferrure doit être employée tant pour guérir la maladie que pour en éviter la récidive. Les onglons pourvus de fers bien faits se trouvent à labri des impressions douloureuses, qui sont la suite d'une longue marche sur les terrains durs.
§ VHI. — Fourbure.
Celte maladie, considérée chez les bêtes à cornes, présente les mêmes considérations que la fourbure du cheval (voyez page 337).
§ IX. — Vaccine (picotte, cowpox).
Maladie éruptive qui se manifeste sur le trayon des vaches, et dont la transmission à l'homme imprime à ce dernier la faculté de résister à la contagion de la petite- vérole. Cette maladie, ordinairement bénigne et ne réclamant aucun traitement, est caractérisée par des boutons plus ou moins étendus qui naissent, suppurent, se dessèchent et tombent; elle est contagieuse. La vaccine n'a été que très-rarement observée en France.
ART. IV. — Maladies particulières aux moutons.
S f"". — Claveau ( clai'clre, clfwilière, picote, rougeole, variole, gramadure, liard, mal rouge, pustulade, e/c-, etc.).
Tous ces noms, et une foule d'autres que j'omets à dessein, servent à désigner une maladie qui consiste principalement dans une éruption de boutons, et dont les causes sont encore ignorées. Cette affection est éminemment contagieuse. Les circonstances qui ont le plus souvent part à sa transmission sont : i° l'introduction dans un troupeau d'une ou plusieurs bêtes atteintes de la maladie; 2" le passage d'un troupeau sain sur les traces d'un troupeau malade, même après plusieurs jours, et surtout l'introduction des bêtes saines dans un pâturage qui a servi à des bêtes malades; 3° la circulation des bouchers, des bergers et de leurs chiens, des maréchaux, des guérisseurs, des compères, des marchands i de moutons qui parcourent les campagnes en Kisitant et maniant les bêtes saines, après 'avoir visité et manié des bêtes malades; 4" le transport des laines, des peaux, des fumiers ■ el des différens objets qui ont pu servir ou 1 se trouver en contact avec des moutons infectés;.5" le voisinage d'un parc, d'une bergerie, d'un pâturage ou d'un cantonnement servant à un troupeau malade, surtout lorsque ce troupeau se trouve au-dessus du vent et à peu de distance des troupeaux sains. — Lorsqi.e !a clavelée pénètre dans un troupeau,
»elle n'attaque jamais toutes les bêtes à la fois; elle commence par se déclarer sur quelques individus, chez lesquels elle parcourt ses pé-
DES MOUTONS. 311
riodes avec assez de régularité. Cette première attaque dure environ un mois; puis la maladie, qui semblait se calmer, se déclare sur la majeure partie du troupeau, et est ordinairement plus grave qu'à la première attaque. Enfin, vers le troisième mois, la partie du troupeau qui avait jusqu'alors résisté à la contagion est atteinte à son tour. On donne vulgairement le nom de boufjées ou de lunes à chacune de ces trois époques. — La clavelée, considérée sur les individus et non sur les troupeaux, peut être n'gulière et bénigne, ou irrégulière et maligne.
Symptômes et marche de la clavelée régulière. La marche de la clavelée peut être divisée en 4 périodes distinctes. — La 1'^ est celle de Vincubatisn ; c'est celle qui succède à la contagion. Le virus claveleux n'a pas encore produit d'effet apparent, et les bêtes paraissent jouir d'une santé parfaite ; cette période dure, terme moyen, quatre jours en été, et cinq à six jours en hiver. — La 2'' période est celle de Kéru])tion des boutons : elle s'annonce par la tristesse, l'abattement, la perle de l'appétit, la chaleur de la peau, la soif, l'agitation des flancs, la rougeur des yeux, la fréquence du pouls. Au bout de trois ou quatre jours de cet état de fièvre, les boutons apparaissent dans les endroits privés de laine; ils connnencent par de petites taches violacées qui s'élèvent et grossissent; leur bord est bien marqué, bien distinct, et leur centre est aplati; leur grosseur varie depuis celle d'un grain d'orge jusqu'à celle d'une pièce de vingt sous; ils sont peu nombreux dans la clavelée régulière, et séparés les uns des autres; ils sont quelquefois entourés d'une auréole rouge. La fièvre tombe ordinairement dès que les boutons sont développés. — Celte éruption dure cinq à six jours environ; puis commence la période de suppuration, qui s'annonce de nouveau par de la fièvre, de l'abattement et la perte de l'appétit. Les boutons blanchissent à leur sommet, et il se forme dans leur intérieur une sérosité roussâtre et transparente, qui suinte de tous les points de la surface du boulon, lorsqu'on a enlevé la pellicule qui les recouvre. C'est cette sérosité qui constitue le viru'i claveleux propre à l'inoculation de la maladie; il ne conserve sa pureté et sa limpiditéquependanttrois ou quatre jours. — Enfin, douze à quinze jours après le développement de la maladie, les boutons se dessèchent, forment croûte et se détachent ; c'est ce qui constitue la 4'' et dernière période de la clavelée. Alors l'animal, débarrassé jx)ur toujours de cette maladie, et désormais à l'abri de ses atteintes, ne tarde pas à reprendre de l'appétit, de la gaieté et son état habituel de santé.
Symptômes de la clavelée irrégulière. Ici la fièvre, la difficulté de respirer, la fétidité de rhaieine et la faiblesse, sont quelquefois portées à l'excès; la laine vient à lamoindre traction, la bouche est sèche et la soif ardente; il s'établit un écoulement abondant de bave par la bouche, et un flux par le nez d'une humeur épaisse, jaunâtre, sanguinolente, fétide, qui forme parfois à l'entrée des narines des croûtes qui augmentent la difficulté de respirer. Les yeux sont enflammés et toute la tête se gonfle. Si l'éruption survient, la fièvre ne diminue pas, et les boutons, au lieu d'élre
isolés et en petit nombre, sont très-nombreux, peu distincts, confluens et réunis de manière a former de larges plaques raboteuses. Si la maladie se prolonge avec ces fàclieux symptômes, les lianes se retroussent, la faiblesse devient très-grande, les boutons s'affaissent, la diarrhôe survient et r.inimal meurt. Quelquefois la gangrène fait tomber les lèvres, les oreilles, et des plaques ou moins larges de différ''ntes parties du corps.
Traiti'inent. Lorsque la clavelée est rc'gulière (et elle l'est presque toujours lorsqu'elle est la suite de la cLcwelisation ; voyez ce mot à l'article Chirurgie), elle ne demande aucun traitement; on doit, dans ce cas, se contenter d'éloigner toutes les causes qui peuvent entraver le travail de la nature et la marche naturelle de la niahidie. Loger les animaux à l'aise dans des bergeries sèct\es, faire parquer si le temps le permet, diminuer un peu la nourriture, la donner bonne et choisie, faire sortir le troupeau xwm^ ou deux fois par jour s'il fait beau, éviter l'action du froid Iiumide, aiguiser l'eau qui seit de boisson avec du sel ou un peu de vinaigre : tels sont en résumé les soins à prendre. Les bêtes affectées gravement doivent être mises à part. Lorsque l'éruption languit, il faut administrer quelques toniques (un peu de vin, une infusion de petite centaurée). M. Hiizard (ils conseille d'administrer aux bétes atteintes de clavelée irrégulière, deux verres par jour d'un mélange à parties égales de vin et d'une infusion aromatique, que l'on aiguisera avec un huitième d'eau -de-vie.
La c lavé lis ation (vaccination) faisant presque toujours développer une clavelée trèsbénigne, (|ui, de même que la clavelée naturelle, met à tout jamais les animaux à l'abri d'une récidive, et par conséquent les préserve d'une contagion, il est bon de claveliser les troupeaux lorsque l'on redoute le développement de cette maladie.
§ II.— Viviogne {A'oir-inusenii).
Maladie ayant de l'analogie avec la gale et les dartres, et siégeant ordinairement sur le museau, d'où elle s'éter.d (luelquefois aux côtés de la tête juscju'aux oreilles; on la reconnaît à des croûtes brunes plus ou moins larges. La malpropreté en est la cause la plus ordinaire. On remédie au noir-museau en frottant les parties malades avec une pommade composée d'une partie de fleur de soufre et deux parties de graisse, il est bon de mettre à part les bétes qui sont attaquées de cette maladie, car elle est considérée comme contagieuse.
§ III. — Muguet des agneaux.
C'est une espèce d'aphlhe ou de chancre qui survient dans la bouche de ces je-mes animaux, et ([ui les tourmente au point de les empêcher de téter, et parfois de les faire mourir, faute de nourriture, [.es causes en sont à peu près inconnues. M. Tessier conseille de faire un mélange de poivre, de sel et de vinaigre, et de cautériser fortement la bouche et les lèvres de l'agneau avec un pinceau trempé dans ce mélange; ce remède procure
ANIMAUX DOMESTIQUES : PATIÎGLOGIF.
MV. Wl.
en même
ordinairement la guérison. Mais temps, il est nécessaire de faire avaler du lait à ces jeunes animaux, afin de les empêcher de mourir de faim.
§ IV. — Araigocc ( mal de pis ).
(Voyez Injlammation des mamelles, page 313.)
§ V. — Gencstade.
(Voyez Catarrhe vésical, page 314.)
§ VI. — Maladie des bois.
Cette maladie, qui attaque plus fréquemment les bêtes à cornes, a été décrite à propos des maladies particulières à ces derniers animaux. [Voyez page 339. )
§ VII. — Sang de rate [maladie de sang, coup de sang, lu clialtur, mourois rouge).
Maladie inflammatoire ou apoplectique, remarquable par la rapidité de sa marche et par la promptitude avec laquelle elle frappe de mort les individus qui en sont atteints. Kien ne peut faire prévoir qu'un animal va être frappé de celte terrible affection : il parait jouir d'une santé parfaite, et tout à coup il s'arrête, paraît étourdi, chancelle, trébuche, ouvre la bouche, écume et rend du sang avec les excrémens et les ui'ines; bientôt il tombe à la renverse, bat du flanc, râle et meurt, quelquefois dans l'espace d'une demi-heure, d'un quart d'heure et même de quelques instans. Alors on voit sortir de sa bouche et de ses narines un sang noir et épais ; son corps ne tarde pas à se gonfler et à hc tuméfier. Si ou en fait l'ouverture, on voit tous les vai.sseaux de la peau injectés, les cliairs violettes et la rate volumineuse, et gorgée de sang. C'est ordinairement pendant les mois de juin, juillet et août que celte maladie fait le plus de ravages; la mortalité est plus commune dans les années sèches, les fortes chaleurs et les jours d'orage; elle se ralentit dans les temps frais et après les pluies; elle semble sévir de préférence sur les animaux robustes et vigoureux. On attribue généralement celte maladie à l'influence d'une nourriture trop substantielle, des grandes chaleurs et des sécheresses prolongées.
Traitement préservatif. Il n'y a rien à attendre d'une bête qui tombe attaquée du sang de rate; tout remède est inutile, car la maladie est inévitablement mortelle. INIais l'examen que l'on fait de son corps, et l'avertissement que donne un premier accident, indiquent qu'il est nécessaire de soumettre le troupeau à un traitement préservatif. Il n'y a pas un moment à perdre : on doit saigner surle-champ tous les individus qui, par leur force, ou par la couleur vermeille des yeux, des lèvres et de la bouche, annoncent un état de pléthore. On se tromperait peu sur le choix, si l'on pratiquait cette opération sur les animaux qui marchent toujours à la tête du troupeau. En même temps il est nécessaire de mettre les troupeaux à l'abri de l'ardeur du soleil, de leur faire boire de l'eau dans laquelle on a fait dissoudre un peu de couperose verte,
MALADIES DES I\IOUTO.\S.
lie leur faire manger de la provende dans la-
quelle on a m
èlé du
sel egruge, dans la pro-
portion de 2 livres par jour pour cent bêtes d'une taillt; moyenne. Dans ces derniers temps ou a conseillé, à litre de préservatif, l'oxyde d'antimoine suU'uré demi - \itreux (crocus d'antimoine), à la dose d'une livre par jour pour cent bêtes du poids de 25 à 30 livres, et d'une livre et demie pour les bètcs plus fortes. Cette dose doit être mêlée dans uti boisseau de son. Pour éviter les causes éloignées, il faut avoir soin de faire boire fréquemment les troupeaux pendant l'été, si les animaux paissent sur des terrains secs, de leur donner en hiver de l'orge, préférableinent à tout autre grain, et d'y mêler des feuilles ou racines aqueuses, telles que choux, carottes, navets, topinambours, pommes de terre, betleraves; de ne pas tenir les animaux chaudement dans les bergeries, de leur faire manger du vert au printemps le plus tôt possible, et de ne les mener dans les chaumes de blé, immédiatement après la moisson, qu'avec la précautioH de ne pas les y laisser longtemps.
§ VIII. — Falcre.
On a donné ce nom à une maladie qui paraît n'êli-c autre chose qu'une indigestion gazeuse. Voyez Tympaniie des runiinans , page 305.)
Malailic de Si)logne ( maladie rouge, maladie d'été, mal rouge).
Cette maladie, ainsi que son premier nom l'indique, est enzooliquedans l'ancienne province de Sologne (département du Cher, de Loir-et-Cher); on la voit ordinairement paraître au mois de mai; elle est dans toute sa force au mois de juin, et elle s'éteint insensiblement à la fin de juillet et au commencement d'août. Cette maladie est annoncée par la tristesse, le dégoût, la lenteur dans la marche; bientôt les yeux deviennent larmoyans et ternes, la bouche estlivide, les naseaux sont bouchés par une matière épaisse, les urines coulent lentement; la tète et les membres de devant paraissent gonflés. Les animaux sont très-faibles, cherchent l'ombre pour se garantir des mouches qui se jettent en grand nombre sur eux sans qu'ils fassent d'efforts pour les chasser; ils refusent d'aller aux 'champs ou bien ils s'y perdent. Dans les derniers temps de la maladie, ils boivent abondamment, et il sort de leur bouche une bave écumeuse; plusieurs rendent par le nez ou par l'anus une petite quantité de sang peu foncé; près de mourir, ils offrent généralement un flux extraordinaire d'i;rine. La maladie dure de six à dix jours; les bêtes qui ont bavé, l'endudu sang ou bu abondamment, meurent toutes; la fraîcheur du temps paraît augmenter la mortalité. L'afi'cci ion exerce plus particulièrement ses ravages sur les agneaux et les antenais.
TjCs causes de la maladie de Sologne se déduisent de la manière dont on conduit les bêtes à laine dans ce pays. On les mène aux champs pendant toute l'année, quelque (emps qu'il fasse; on ne les nourrit pas à la bergerie, ou bien on leur donne si peu de nourriture, qu'elles souffrent souvent de !a faim; les
agneaux naissent faibles, et ne trouvent pas assez de lait aux pis de leur mère pour se nourrir: au mois de mai, on commence à traire les brebis, ce qui dimiiuie encore la nourriture des agneaux. Comment ces animaux aui'aieut-ils une bonne constitution? D'ailleurs le pays est humide, les bergeries y sont basses et les herbes aqueuses.
Traitement. Les saignées et les rafraîchissans sont nuisibles dans cette maladie; les toniques produisent de bons effets. Un régime d herbes sèches, des breuvages composés avec la décoction d'écorce moyenne du sureau, ou d'hysope, de sauge, de pouliot,et légèrement nitrés (1 ou 2 gros de sel de nitre par pinte), ont amené des guérisons lorsque la maladie ne faisait (|ue commencer; mais ces cas sont assez rares et l'affection est trop souvent mortelle. C'est donc aux préservatifs qu'il faudrait recourir; mais ces préservatifs ne pourront être trouvés que lorsqu'on aura rendu le pays salubre et fertile, et c'est le gouvernement seul qui peut entreprendre cette tâche.
§ X. -7- Ilbunie.
(Voyez Coryza, page 308.)
§ XI. — Maladie folle ( maladie com'ulsivc).
L'animal qui est attaqué de celte maladie a de temps en temps des mouvemens extraordinaires; il marche au hasard, chancelle, tombe, et a les membres agités comme dans l'épilepsie; puis l'accès passe, pour revenir quelque temps après. Cette affection, que je ne fais que mentionner ici en passant, esttrèspi'u connue dans sa nature, dans ses causes et son traitement.
§XII. — Pourriture {caeh?xie aqueuse, foie pourri, fuie douve, liyd-opisie, boule, bouteille, ganier, ganacite, goitre, cloche, jaunisse, etc.).
Tous ces noms et une foule d'autres servent à désigner une maladie chroni(|ue, non contagieuse, assez cou.mune dans les pays humides, et régnant souvent d'une manière épizootique ou enzootique. Les progrès de celte affection sont très-lents ; la bête qui en est menacée a une démarthe languissante, tous ses mouvemens sont faibles; elle mange peu et rumine d'une manière irrégulière. Plus tard les signes de la maladie deviennent j)lus évidens; les yeux et la bouche sont décolorés, l'animal ne résiste pas quand on lui prend un membre de derrière, la laine se délache à la moindre traction; si la maladie est plus avancée, l'animal a !e soir sous la ganache une tumeur que l'on nomme bouieUie ou goitre, et qui se dissipe pendant la nuil. Ce symptôme est tout à fait caraclérislique de la maladie qui nous occupe. Peu à peu l'animal tombe dans le marasme et périt. Si on en fait l'ouverture, on trouve les chairs livides, les viscères blafards, les membres infiltrés, les cavités du ventre et de la poitrine contenant de la s^-rosité, un grand nombre de vers dans les intestins, d'hydatides dans les poumons, l'épiploou et le mésentère, et des douves dans le foie. — Cette maladie est particulièrement occasionnée par l'humi-
dite des prairies et dos bergeries, la rosée, les brouillards, la nourriture aqueuse. Il n'est pas vrai que certaines plantes, telles que les espèces de renoncules qui portent le nom de douves, fassent naître la pourriture; ce qui a pu donner lieu à celte croyance, c'est que ces plantes croissent en abondance dans les pâturages humides où les bêtes à laine prennent souvent le germe de cette maladie; mais c'est à l'humidité que celle-ci est due, et non pas à l'action des renoncules, dont les bêtes à laine ne font pas leur nourriture.
Traitement. On peut éviter le développement de la pourriture, en évitant d'ex|joser les animaux aux influences des causes qui la font nailre. Aux premiers indices de cette maladie on mettra du fer dans la boisson des bêtes à laine, on leur fera boire des décoctions aromatiques, telles que celles de feuilles de sauge, de lavande, d'hyso|)e, de thym, de baies de genièvre, ou mieux encore du vin que l'on donnera par trois ou quatre cuillerées à la fois. L'usage du sel de cuisine dans les provendes ne peut être que fort avantageux. Les baies de genièvre réduites en poudre et mêlées à la nourriture, le sulfate de 1er (couperose verte) en dissolution dans les baquets qui contiennent la boisson des animaux, peuvent également avoir leur utilité. Mais une nourriture sèche et de bonne qualité convient par-dessus toutes choses. Ces moyens ne peuvent être employés que contre la pourriture commençante, car celle qui est avancée est inévitablement mortelle.
§ XIII. — Tournis.
Cette affection, qui est produite par la présence du Cœnure cérébral dans le cerveau, est tout à fait identique au tournis des bêtes à cornes (/^ or. page 340); elle n'attaque guère que les agneaux et les antenais.
§ XIV. — Mctéorisation.
(^T'oy. Tympanile des ruminans, page 305.)
§ XV. — OE-trcs du nez.
Il y a une espèce de larve qui naît et croît dans le nez des bêtes à laine; elle est le produit d'une mouche qui dépose ses œufs à l'entrée de celte cavité. Cette larve, dès qu'elle est éclose, s'enfonce dans les cornets où elle grossit en incommodant beaucoup le mouton. On s'en aperçoit par les efforts qu'il fait pour s'en débarrasser; il baisse la tête, l'élève, la remue, s'ébroue de temps en temps, et quelquefois tourne comme s'il était atteint du tournis: bien des personnes y sont trompées. Ces larves, nommées œstre.'!, sont courtes, arrondies, blanches avec une tache brune à la tête. Quelquefois les bêles à laine les rendent à force d'éternuer; pour en faciliter la sortie, ou du moins pour les faire mourir, on expose les individus qui en ont à la vapeur de l'essence de térébenthine, ou mieux de l'huile empyreumatique. On peut se procurer commodément celte dernière vapeur en brûlant de vieux cuirs, de vieux souliers dans une bergerie étroite, bien bouchée, d où l'on renferme les bêles que l'on veut traiter. Si ces
larves meurent dans les cornets et ne peuvent en sortir, leur présence peut occasionner une inflammation dont on triomphe facilement en enlevant les larves au moyen d'ouvertures pratiquées à l'aide du trépan.
§ XVI. — Chancre de la bouche.
Ce chancre, éminemment contagieux, ne doit pas être confondu avec le muguet des agneaux et lesaphthes; il se montre sur la gencive inférieure, en dehors des dents; de là il gagne promptement la gencive intérieure, et plus souvent sur le devant de la bouche que sur les côtés. Il attaque aussi la gencive supérieure, et il peut s'étendre sur le palais, et même extérieurement sur le museau et sur les lèvres. Ce chancre, dont M. Morel de Vindé a donné une bonne description, commence par une tumeur qui se gonfle promptement, et dont le sommet présente une violente inflammation et une excessive rougeur; en moins de 24 heui'es cette tumeur s'élargit, se creuse intérieurement, puis s'ouvre et présente une plaie profonde qui s'étend avec rapidité; les dents se déchaussent des deux côtés, et les cavités qui les logent se corrodent. Aux diverses époques où ce chancre a àép. exercé ses ravages, il y a eu de nombreux exemples d'agneaux qui ont perdu toutes leurs dents, et qui ont même péri de la gangrène qui a suivi les plaies résultant de cette cruelle maladie. —On peut combattre avantageusement cette affection par la cautérisation avec l'acide nitrique ( eau forte du commerce). Ce moyen, proposé par M. Morel de Vindé, a été suivi du plus heureux succès dans une circonstance où la maladie dont il s'agit avait attaqué 32 bêtes en 5 à G jours. Celte cautérisation doit se faire, non-seulement sur les chancres bien développes, mais encore sur ceux qui sont à l'état de tumeur commençante; il faut alors fendre ces derniers avec le bistouri. Le point touché avec l'acide forme une escarre qui tombe bientôt, et qui laisse le plus souvent sous elle une plaie vermeille qui ne tarde pas à cicatriser. Lorsqu'après la chute de l'escarre, la plaie fournit encore du pus, il faut cautériser de nouveau avec l'eau forte, et continuer ainsi jusqu'à guérison parfaite : celle-ci ne se fait pas attendre plus de huit jours.
§ XVII- — Feu Saint-Anfoine [feu xncré, mal des nrdcns, érysipèle gangreneux ).
Maladie épi zootique très-grave, presque toujours mortelle, très-contagieuse, qui parait avoir exercé de grands ravages autrefois dans les troupeaux, mais qui est devenue extrêmement l'are de nos jours. Sa rareté et son incurabilité bien reconnue m'engagent à ne pas la décrire.
§ XVIII. — Pictin.
Maladie du pied consistant dans le développement d'un ulcère qui intéresse d'abord exclusivement le sabot et altère progressivement les parties intérieures. Cette affection commence par un décollement de l'ongle vers le biseau et du côté du talon. Si l'on enlève