MALADIES DES BOEUFS
des agens extérieurs, en lacouvrant d'uneélou- I)ade imbibée d'extrait de Saturne, ou recou- \erle d'onguent égyptiac, et niaintenne en place au moyen d'éclisses. — La fourchette |)Ourrie dont le traitement est néglige peut dégénérer en crapaud.
Pour terminer riiisloire des maladies du pied, il me resterait à parler desyVnY/A^c, des spinics^ du crapaud^ des bleimes, des ceriyes, de Voigfwrty des clou-de-rue et autres accidens analogues, de la sole brûlée^ etc. ; mais ces différentes maladies réclamant toutes des opérations chirurgicales plus ou moins graves, qui ne peuvent être pratiquées que par des vétérinaires expérimentés, leur description serait déplacée ici.
ART. III. — Maladies particulières aux bœufs.
§ V'. — Pomniclière [phlkide tuberculeuse, phthisie calcaire ).
Maladie affectant plus particulièrement les vaches laitières que les autres bêtes à cornes, et consistant principalement dans le dépôt de matière tuberculeuse dans les poumons. Cette maladie parcourt lentement ses périodes et amène peu à peu les animaux qui en sout atteints au dernier degré de consomption. La maigreur générale et une petite toux sèche, rauque, peu forte et particulière, en sont dans le commencement les principaux signes ; à une époque plus avancée, la sécrétion du lait dmiinue et les vaches engraissent, mais quelque temps après le lait tarit tout à fait, la respiration devient plus gênée, la maigreur survient de nouveau, l'animai a des momens alternatifs de bien et de mal, la toux devient plus fréquente, plus petite; enfin, il survient du dégoût, de la tristesse, une maigreur extrême, des frissons et la mort.— Une fois la pommelière développée, il est presque impossible d'en arrêter les progrès ; c'est à la prévenir, en plaçant les animaux dans des circonstances opposées à celles qui déterminent son développement, que doivent surtout tendre les efforts des propriétaires et des praticiens.— On attribue généralement la pommelière à l'influence des élables basses, humides, chargées de vapeurs et de miasmes, privées de lumière et de bon air, et encombrées de fumier; au repos continuel dans lequel on fait languir les vaches laitières, à la mauvaise nourriture et aux boissons malsaines qu'on leur administre.
§11. — Maladie des bois [mal de brou).
On nomme ainsi une maladie que des vétérinaires regardent comme une gastro-entérite, que quelques autres considèrent comme une indigestion gangreneuse, et qui provient de ce que les animaux ont mangé de jeunes feuilles d'arbres, et surtout des bourgeons de chêne. --Les symptômes qui annoncent l'invasion du mal sont : la chaleur de la bouche, la soif, la constipation, la difficulté d'urmer, la concentration des urines, la force et la fré-
quence du pouls, la rougeur des yeux, la diminution du lait et la sécheresse du mulle. Au bout de 3 à 4 jours la soif dtvient inextinguible, la rumination est suspendue, l'air expiré est très-chaud, lesyeu\ sont larmoyans, les excrémens sont rares, durs et enveloppés de glaires teintes de sang fétide; les animaux sont abattus, ont la peau sèche et adhérente, le pouls fréquent et intermittent, et les flancs retroussés. Bientôt il survient des frissons, l'animal chancelle, a la tète basse, la peau froide, la bouche écumeuse, les yeux étincelans, de la dysenterie, de l'anxiété; enfin, il se plaint, s'étend et succombe. La mort survient le plus ordinairement du 10' au 20^ jour.
Il est possible de prévenir le mal de brou au moyen des attentions suivantes : 1 on n'enverra les animaux au bois qu'après qu'ils auront commencé à se rassasier d'autres alimens. surtout de son bouilli, de racines cuites ou d'herbe verte; T on ne les y laissera séjourner que deux ou trois heures le malin et autant le soir; 3" si l'on est forcé de nourrir les animaux dans les bois, il faudra les abreuver sou'.eiit d'eau blauchie par le son ou la farine d'orge, et contenant de la gomme en solution; il taudra également leur faire avaler de temps en temps des décoctions de graines de lin, leur administrer des lavemens émolliens, et leur faire de petites saignées de précaution. Si la maladie se déclare, il est nécessaire de soustraire immédiatement les animaux à la cause de l'alfeclion, de les saigner jusiiu'à ce que le-> symptômes inflammatoii es aient disparu, d'achninistrer des breuvages émolliens et acidulés (n"4, 5, 12, 13), des lavemens émolliens, des gai'garismes avec de l'eau vinaigrée miellée, et de soumettre les animaux à la diète et à de fréquens bouchonnemens. S'il survient un peu de mieux, on peut appliquer un ou deux sétons au poitrail, et donner au malade quelques alimens de facile digestion, tels que des pommes de terre ou autres racines cuites et brovées.
Le mal de brou peut aussi attaquer les solipèdes et les moutons; mais les grands ruminans étant de tous les quadrupèdes domestiques ceux <)ui sont le plus fréquemment exposés aux causes de cette malaaie, j'ai du décrire celle-ci parmi les affections particulières aux bêtes à cornes.
§ III. — Méléorisation {gorjlement, indigestion gazeuse).
Voyez Tympanite des rurtiinans, page 305.
§ IV. — pis:>ement de sang.
Le pissemenl de sang est plutôt un symptôme qu'ime maladie; cependant, chez les bêtes àcornes, il survient quelquefois un pissenient de sang dont la nature u"est pas encore bien connue, et que l'on ne peut lapporter sûrement ni à une aifection des reins, ni à une njaladie de la vessie. Cet accident survient surtout chez les bêles qui apjjarlienuent aux cultivateurs qui, n'ayant pas de prairies artificielles, sont habitués à envoyer des le mois d'avril leurs bestiaux dans des prés où ils mangent la pointe diierbe, et sont eu-
suite obligés, pour avoir du foin, de retirer
les bestiaux des prés vers le lô^ mai, et de les § VI. —Limace,
envoyer dans de maigres pâtures où ces animaux sont fréquemment réduits à brouter les feuilles et les jeunes pousses des haies, composées généralement de hêtre, de chêne et de charme. Cette alimentation dure jusqu'au mois d'août; aussi est-ce depuis le milieu de mai jusqu'au commencement d'août que l'on a occasion de remarquer cette maladie.— Les principaux syinpiomes qui accompagnent l'affection qui nous occupe, sont les suivans : tristesse, diminution de l'appélit, de la rumination et de la sécrétion du lait ; pouls fréquent, sensibilité de l'épine, voussure du dos, constipation, pâleur de la peau et des muqueuses apparentes; sortie fréquente d'une urine d'abord jaune -rougeâtre, puis tout à fait sanguinolente; au bout de quelques jours il y a perte complète de l'appélit, suspension de la rumination, faiblesse excessive qui force les animaux à rester couchés; enfin la mort survient, si un traitement convenable ne vient pas s'y opposer.
Le traitement est simple : il consiste en une ou deux petites saignées dans le prinet seulement quand les symptômes in-