‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 197 sur 325 · CHAPITRE VI. — UE LA. FERRUHE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — UE LA. FERRUHE

La fei-rure est une des parties les plus importantes de l'hygiène des grands animaux domestiques employés comme bêtes de tirage ou de somme, car elle est tout à la fois un moyen de les conserver et de les utiliser, ou du moins de les rendre le plus utiles possible. Sans le fer protecteur dont on garnit le sabot de nos chevaux. seraienL-ils en effet longtemps ca- i pables de suffire à leurs travaux, dans les rues I

pavées de nos villes, et sur les routes pierreuses de nos campagnes? Non, sans doute ; les frottements de la marche auraient bientôt usé l'enveloppe cornée de leurs pieds et les rendraient pour longtemps incapables de satisfaire aux services qu'on en attend. Voyez pour preuve de cette assertion l'impossibilité où se trouvent de continuer leur marche les chevaux dont les pieds sont accidentellemeut

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dégarnis de leurs fers, et les accidens si fié queuls dans les nombreux troupeaux de bœufs qui a[>provisiounent les marchés des grandes villes. Combien ne voit-on pas de ces animaux dont les piedj; usés et endt)loris par une longue marche ne leur permettent pas de conlinnt'r leur roule !

La ferrure n'est pas seulement un moyen conservateur des pieds des animaux ; par son secours on parvient encore à obvier aux dt'fectuosités de leurs sabots, à la fausseté de leurs aplombs et à rendre aptes au service ceux qui, par suite d'une mauvaise conformation naturelle ou acquise, lui seraient tout à fait impropres. Enfin, parune ferrure appropriée, on peutarriver directement ou indirectement à la guérison de certaines maladies des pieds qui sans elle seraient incurables. Ainsi une ferrure raisonnée a pour importants résultats de conserver les pieds dans leur intégrité, de pallier leurs défectuosités et enfin de guérir leurs maladies.

Mais un art aussi utile ne doit pas être considéré comme un art tout manuel ou de pratique; il nécessite dans les hommes qui l'exercent ou dans ceux qui les dirigent, certaines connaissances sans lesquelles, loin d'être un moyen utile, il est au contraire nuisible et ruineux «nême pour les pieds des animaux On ne doit pas ignorer, lorsqu'on applique un fer sous le sabot d'un cheval, que celte enveloppe cornée, que l'on étreint ainsi par lui métal inflexible, contient des parties vivantes, douées d'une exquise sensibilité, et qu'elle jouit elle-même des mouvements et de l'élasticité nécessaires à l'exercice des fonctions des parties qu'elle renferme. Ces connaissances une fois acquises, le but auquel on don tendre dans l'aclitMi de ferrer est de resli'eindrti le moins possible la liberté des mouvements du sabot et <le bii conserver autant que possible l'intégrilé de sa forme et de ses fonctions. C'est parce que ces principes sont tout à fait méconni«s ou ignorés dans nos campagnes et dans la plupart des villes, que tant de chevaux sont, dans un âge même peu avancé, rendus tout à fait impropres auxsei'vices auxquels ils promett.Tient de suffire longtemps par leur constitution.

Puisque c'est sur la connaissance de la structure du sabot du cheval et de son élasticité que sont basées les règles fondamentales de la ferrure, nous sommes nécessairement conduits à faire précéder l'exposé de ces règles d'une description succincte du pied du cheval et du mécanisme de ses mouvements.

SECTiOIV I

Du pied du cheval.

Deux ordres de parties entrent dans la composition du pied : les unes, intérieures, sont vivantes; les autres, extérieures, sont des produits cornés qui enveloppent et protègent les premières.

§ I*"". — Des parties extérieures.

Les produits cornés forment dans leur enseuible une boile désignée sous le nom d'ongle ou de sabot. On y distingue quatre parties : la paroi f la sole, \di/ourchelte^ et ie périople. La

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