CHEVAL
paroi, encore appelée plus vulgairement la muraille {fg. 198), est la seule partie du sabot
eh
Fis;. 198.
Fig. 20i. Fig. 199.
que l'on puisse apercevoir lorsque le pied est posé sur le sol. C'est une large bande de corne qui enveloppe la circonférence du pied et dont les extrémités qui sont postérieures se conîournent en dedans et se dirigent vers le centre ( Gfg. 2U0 ),
Les extrémités rentrantes de la paroi constituent les barres ou arcs-boutanls. Les angles d'inflexion forment les talons. Cette bande de corne que nous venons de voir former la paroi et les barres est épaisse et élevée à la parlie antérieure du pied, et diminue graduellement d'épaisseur et d'élévation jusqu'à ses extrémités. Cette diminution ne se fait pas d'une manière égale des deux côtés du pied; toujours, et ceci est bien remarquable, le côlé interne est plus droit et moins épais que le côlé externe. Il est également important d'observer que du côlé interne la paroi est plus molle, plus flexible, qu'elle est moins contournée, moins en saillie que du côté externe.
La paroi est oblique non-seulement de haut en bas et d'arrière en avant, mais encore du centre à la circonférence, ce qui donne au pied une forme un peu conique. Les barres sont égaiemini obliques de haut en bas et de dedans en dehors. La face externe de la paroi est d'autant plus lisse, plus vernissée, que le pied est plus sain et que le cheval habile un pays plus sec. On l'a divisée en plusieurs régions qui ont reçu chacune un nom On a a\i\)e- \é pincf{C?,fig-.VMi) la partie la plus antérieure et la plus haute de la paroi; mamelles {Y, fig 200) les dii\\\ régions correspondantes de chaque côlé de la pince, et enfin quartiers L les deux parties situées en arrière des mamelles. La face interne est garnie d'une grande quantité de lames longitudinales, molles et élastiques, toutes parallèles entre elles t.'t disposées comme les feuillets d'un livre : c'est le tissu feuilleté des anciens qui s'engrène avec \\i\ tissu extrêmement vasculaire, disposé aussi par feuillets, que l'on trouve à la surface de l'os du pied. Les feuillets du tissu Jeuilleie existent aussi à la face externe des barres.
Le bord supérieur de la reiiraille {Afig. 198) est taiiié eu biseau aux dépt^ns de sa face interne. 11 ne forme pas un plan parfaileinent
tltx)it; il est légèrement déprimé dans le sens de sa hauteur, et sa concavité sert à loger la portion renflée de la peau que Ton désigne sous le nom de bourrelet ou cutidure. 11 est marqué à sa surface d'une grande quantité de porosités qui correspondent à des filaments veloutés existant à l.i surface du bourreli^t. Le bord inférieur ou plantaire n'offre rien de remarquable; c'est par lui que la paroi est unie à la sole. La couleur de la paroi peut être noire ou blanche, elle est constamment en rapport avec celle de la peau du membre au-dessus du sabot. On a remarqué que la corne noire était de meilleure nature que la blanche.
La sole {fîg. 199) concourt avec la fourchette à former le plan inférieur du sabot; c'est une plaque de corne à peu près circulaire, plus ou moins incurvée en haut et fortement échanrrée à sa partie postérieure. Sa grande circonférence est embrassée par le bord inférieur de la paroi, et son échanerure est bordée par les barres : la corne dont elle est formée est moins souple et plus friable que celle de la paroi.
La fourchette {Yifig. 201) est une espèce de cône de corne placé entre les barres et prolongeant son sommet juscfu'au centre de la sole. Elle forme à la face inférieure du pied une projection plus ou moins prononcée dans les différents sabots. Sa base est creusée d'une l-icune longitudinale qui la divise en deux branches.
I,e périople ou encore bande coronaire (P, y%. 201) est un ruban de corne qui ceint le bord supérieur de la jiaroi et s'étend sur chaque îalon, où il forme un élargissement que l'on désigne sous le nom de glômes (G fig. 200); sa largeur, dans le reste de son étendue, est ordinairement celle du biseau; il sert avec le vernis qui revêt la paroi à prolt^ger le sabot contre les influences atmosphériques.
L'ensemble de ces différentes parties que nous venons d'examiner séparément constitue le sabot. Dans un animal bien conformé et dont les pieds sont vierges encore de ferrure, le sabot dont les dimensions sont en harmonie' avec celles du corps est lisse sur la face antérieure, sans élévations ni dépressions, et semble revêtu d'un vernis protecteur. A sa face inférieure, le bord de la paroi est taillé net et sans écaille, la sole est incurvée en haut, et la fourchelte, grande et bien dessinée, s'avance en projection jusque passé le centre de la sole. Si l'on pose sur un plan un sabot ainsi conformé {Jig. 198), et qu'on examine ses points de tangence avec la surface qui le supporte, on voil : V' pour le bord inférieur de la paroi, que les talons, les quartiers et les mamelles seuls sont en contact avec le plan, et que la pince en est un peu éloignée; 2" pour la sole, qu'elle touche le plan dans toute l'étendue de sa périphérie en bord de cloche, si ce n'est en pince, où elle s'en éloigne un peu ; 3" enfin, pour la fourchette, qu'elle est tangente au plan par ses branches et son corps. Il existe quelques différences pour la conformation et le mode de poser entre les sabots pes pieds antérieurs et ceux des pieds postérieurs. Les sabots antérieurs sont plus larges et [ilus évasés, la circonférence de leur surface plantaire se rapproche plus de la forme d'un
IS : DE LA FERRURE. liv. m.
cercle; les talons en sont plu» bas et plus écartés, la fourchette mieux développée, et la sole moins profonde; l'appui s'y fait principalement en talons, en quartiers et en mamelles. La pince se trouve éloignée du sol de deux lignes à peu prés.
Les pieds postérieurs sont plus étroils latéralement, plus allongés dans le sens antéropostérieur, la sole en est un peu plus creuse, les talons plus hauts et plus rapprochés, et la fourchette généralement moins volumineuse. Dans le poser sur un plan, le bord inférieur de la paroi est tangent principalement en pince, en mamelles et en quartiers; mais les talons sont un peu relevés. Dans ces pieds, l'appui se fait plus sur le côté externe que sur l'interne.
§ H. — Des parties internes du sabot.
La boîte cornée qui constitue le sabot sert à protéger les parties organisées et sensibles qu'elle contient. La première de ces parties t]ui se présente à l'œil de l'observateur, lorsqu'on a enlevé le sabot , est une membrane coniplexe, prolongement de la peau, et revêtant différents caractères, suivant les régions oii on l'examine. Supérieurement au niveau du bord de la paroi, elle présente un renflement logé dans la cavité circulaire qui sillonne ce bord ; ce renflement a reçu le nom de bout-relet ou cutidure. En bas du bourrelet, la membrane sous-jaceute à la paroi offre une succession de lames longitudinales, disposé» s exactement comme celles de la face interne de la paroi, avec lesquelles elle s'engrène; c'est le l\ss\.\ podoph} lieux oufeuilleté qui, dans l'animal vivant, jouit d'une exquise sensibilité. Enlin,à la face plantaire du pied, la membrane sous-jaccnte à la sole présente une multitude de petits filaments vasculaires analogues à ceux qui s'élèvent de la trame du velours, d'où elle a été appelée membrane veloutée. Audessous de cette membrane, on rencontre une base osseuse constituée par le troisième phalangien, une partie du second et le petit sésanioide.
Le troisième phalangien est un os trèsspongieux dont la forme est à peu près, mais en petit, celle du sabot qui le contient; de chaque côté, le troisième phalangien, plus connu en raaréchalerie sous le nom à'os du pied, se trouve surmonté et comme prolongé en haut par une production cartilagineuse qui dépasse d'un demi-pouce à peu près le bord supérieur de la paroi. Ces cartilages se plongent en dedans dans l'épaisseur des talons, et se continuent avec le coussinet plantaire. On désigne sous ce nom une saillie de nature fibrograisseuse qui s'élève à la face solaire de l'os du pied, et se trouve logée à la face supérieure de la fourchette sur laquelle elle se moule.
Le petit sésamoide, encore appelé os na\<iculaire, est situé au-dessus du coussinet plantaire et au-dessous de l'os du pied, au niveau de sou articulation avec le second phalangien. Il corxvspond à la face inférieure du sabot, au niveau à peu près du milieu du corps de la fourchette, en avant de sa lacune médiane.
Nous ne pouvons pas entrer ici dans les développements que comporte l'examen des rapports existant entre les parties internes et
CHAP. 6. t>U PIED DU
externes du pied. Il doit suffire d'indiquer que chacune des parties différentes de la membrane sous-jacente au sabot joue, par rapport à cette enveloppe, un rôle différent. Ainsi le bourrelet doit être considéré comme l'organe générateur, ou, en d'autres ternif s, comme la matrice de la paroi, le tissu podopln lieux ne remplissant qu'un rôle secondaire dans sa formation ; de même, le tissu velouté qui revêt la surface inférieure de l'os du pied et le coussinet plantaire doit être aussi envisagé comme l'organe producteur de la sole et de la fourchette. Ceci étant posé, on doit nécessairement comprendre que toute modification active survenue dans les tissus formateurs doit avoir une influence immédiate sur les produits formés. La pathologie fournit des preuves nombreuses à l'appui de cette assertion. Ainsi, plus de sang abonde-t-il dans les tissus feuilletés et veloutés, comme dans le cas de fourbure, le sabot change de forme, se sillonne de cercles, se détache des parties sous-jacentes ; les tissus sous-jacens à la corne sont-ils trop fortement étreiuts et trop longtemps comprimés par ime ferrure mal raisonnée, le sabot se resserre, comprime à son tour les tissus sensibles, et met un obstacle désormais insurmontable aux mouvemcns libres de l'animal.
§ III. — De l'élasticité du sabot du cheval.
Le sabot du cheval n'est pas, comme on l'a cru longtemps, une enveloppe inflexible qui élreint et comprime les parties qu'elle contient. Loin de là : il est doué de mouvemens de dilatation et de resserrement alternatifs, et
f»eut être considéré, en quelque sorte, comme e rouage complémentaire de cet appareil élastique des membres dont nous avons étudié le mécanisme dans l'article £.ztérieur.ljes preuves abondent à l'ajjpui de cette proposition. Et d'abord, si nous jugeons par analogie, pourquoi le cheval serait-il de tous les animaux le seul dont le pied ne jouirait d'aucune flexibilité? Dans tous les animaux, en effet, la dureté des réactions sur le sol se trouve amortie non-seulement par l'agencement des différées rayons osseux de leurs membres, mais encore par la disposition de leurs pieds. Chez tous, cet organe jouit d'une élasticité qui résulte de la possibilité d'écarlement de leurs doigts et de la présence, à la face plantaire du pied, de coussinets flexibles qui s'affaissent sous le poids. Le cheval ne peut faire exception à cette règle : son pied , quoique non divisé et partout recouvert de corne, doit jouir encore des mêmes propriétés mécani-
aues. A l'appui de cette preuve tirée de la loi 'analogie, s'en présentent d'autres que l'observation et le raisonnement fournissent.
Observez en effet l'empreinte que laisse sur un sol humide le jeune poulain dont les pieds sont encore vierges de ferrure. Si vous prenez la mesure de cette empreinte, et que vous en compariez les dimensions à celles de la face plantaire du pied, vous trouverez que ces dernières sont sensiblement plus petites; donc le pied s'est élargi dans la marche ; donc le sabot jouit de mouvemens de dilatation.
Autre preuve encore : examinez la surface supérieure d'un vieux fer dont on vient de